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lundi, 20 mars 2017

20 mars. Saint Wulfran (ou Vulfran), archevêque de Sens, apôtre des Frisons, patron d'Abbeville. 720.

- Saint Wulfran (ou Vulfran), archevêque de Sens, apôtre des Frisons, patron d'Abbeville. 720.
 
Papes : Théodore, Grégoire II. Rois de France : Clovis II, Chilpéric II.

" Heureux celui qui a été trouvé sans tâche et qui n'a point courru après l'or."
Eccl. XXXI.


Saint Wulfran. Majus Chronicon Fontanellense. XIe.

Saint Wulfran était fils d'un officier du roi Dagobert ; il passa quelques années à la cour, mais il n'échoua point contre les écueils où la vertu des grands fait si souvent naufrage, et sut allier toujours les devoirs de son état avec la pratique des maximes de l'Évangile.


Cathédrale Saint-Etienne de Sens. Vue du Portail de Moïse (Sud).

Élevé sur le siège archiépiscopal de Sens, il se livra tout entier aux oeuvres de son saint ministère. Après avoir gouverné son diocèse pendant deux ans et demi à peine, il se sentit intérieurement sollicité d'aller prêcher l'Évangile aux Frisons. Il s'embarqua avec plusieurs religieux décidés à courir tous les dangers de son apostolat. Les Frisons se livraient à des pratiques horribles et en particulier faisaient de cruels et monstrueux sacrifices humains.


Collégiale Saint-Vulfran à Abbeville. XVe, XVIIe.
La construction de la collégiale commença par la façade. Les
Huchiers picards furent longtemps réputés pour la maîtrise de leur art.

Pendant la traversée, un fait miraculeux fit connaître le mérite de l'évêque missionnaire. Comme il disait la Messe sur le navire, celui qui faisait l'office de diacre laissa tomber la patène à la mer ; Wulfran lui commanda de mettre la main à l'endroit où la patène était tombée, et aussitôt elle remonta du fond des eaux jusque dans sa main, à l'admiration de tous.


Détail de la collégiale Saint-Vulfran à Abbeville.

A force de miracles, le courageux apôtre opéra chez les sauvages Frisons de nombreuses conversions. Wulfran, son oeuvre à peu près terminée, alla passer le reste de ses jours dans un monastère ; sa sainte mort arriva vers l'an 720. Saint Wulfran a toujours été très honoré en Picardie, et de nombreuses faveurs ont été obtenues de Dieu par son intercession.


Eglise Saint-Wulfran. Pays de Caux. Normandie.

RELIQUES

Ses reliques, après avoir été longtemps en Frise, furent transportées en 1058 dans l'église Notre-Dame d'Abbeville. A la demande de Louis XIII, on détacha deux ossement afin que la ville de Sens pût avoir une relique de son saint évêque.

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dimanche, 19 mars 2017

19 mars 2017. IIIe dimanche de Carême.

- IIIe dimanche de Carême.



Notre Seigneur Jésus-Christ délivrant un possédé.
Sermons. Maurice de Sully. XIVe.

Le troisième Dimanche de Carême est appelé Oculi, du premier mot de l'Introït de la Messe.

Dans l'Eglise primitive, on le nommait le Dimanche des scrutins, parce que c'était en ce jour que l'on commençait l'examen des Catéchumènes qui devaient être admis au Baptême dans la nuit de Pâques. Tous les fidèles étaient invités à se présenter à l'église pour rendre témoignage de la vie et des mœurs de ces aspirants à la milice chrétienne. A Rome, ces examens, auxquels on donnait le nom de Scrutins, avaient lieu en sept séances, à raison du grand nombre des aspirants au Baptême ; mais le principal Scrutin était celui du Mercredi de la quatrième semaine. Nous en parlerons plus loin.

Le Sacramentaire Romain de saint Gélase nous donne la forme de la convocation des fidèles pour ces assemblées ; elle est conçue en ces termes :
" Frères très chers, vous savez que le jour du Scrutin dans lequel nos élus doivent recevoir l'instruction divine est proche; vous voudrez donc bien vous réunir avec zèle tel jour de cette semaine, à l'heure de Sexte, afin que nous soyons en mesure, avec l'aide de Dieu, d'accomplir sans erreur le mystère céleste qui ouvre la porte du royaume des cieux, et anéantit le diable avec toutes ses pompes."

Cette invitation se répétait, s'il était besoin, chacun des Dimanches suivants. Dans celui que nous célébrons aujourd'hui, le Scrutin ayant déjà procuré l'admission d'un certain nombre de candidats, on plaçait leurs noms dans les diptyques de l'autel, ainsi que ceux de leurs parrains et marraines, et on les récitait au Canon de la Messe.



Notre Seigneur Jésus-Christ chassant le diable.
Pontifical à l'usage de Beauvais adapté à l'usage de Lisieux. XIIIe.

A LA MESSE

Ce Dimanche est célèbre, dans l'Eglise grecque, par la solennelle adoration de la Croix qui précède la semaine appelée Mésonestime, c'est à-dire milieu des jeûnes.

La Station avait lieu et se tient encore dans la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-murs. On voulait, en reveillant le souvenir du plus célèbre des Martyrs de Rome, rappeler aux Catéchumènes quels sacrifices la foi dans laquelle ils allaient s'enrôler pourrait exiger d'eux.

ÉPÎTRE

Lecture de l'Epître de saint Paul, Apôtre, aux Ephésiens. Chap. V.



Bestiaire divin. Guillaume Le Clerc. XIIIe.

" Mes Frères, soyez les imitateurs de Dieu, comme ses enfants bien-aimés, et marchez dans la charité comme Jésus-Christ nous a aimés, et s'est livré lui-même pour nous, s'offrant à Dieu comme une oblation et une victime d'agréable odeur. Qu'on n'entende même pas nommer parmi vous la fornication, ni quelque impureté que ce soit, ni l'avarice, ainsi qu'il convient à des saints. Qu'on n'entende chez vous ni paroles déshonnêtes, ni propos insensés, ni bouffonneries, ce qui ne convient pas à votre état, mais plutôt les paroles d'actions de grâces. Car sachez que nul fornicateur, nul impudique, nul avare, ce qui est une idolâtrie, ne sera héritier du royaume de Jésus-Christ et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c'est pour ces choses que la colère de Dieu tombe sur les enfants de l'infidélité. N'ayez donc rien de commun avec eux. Car vous étiez autrefois ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme les fils de la lumière. Or le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité."

L’Apôtre, s'adressant aux fidèles d'Ephèse, leur rappelle qu'ils étaient autrefois ténèbres, et qu'ils sont devenus lumière dans le Seigneur. Quelle joie pour nos Catéchumènes d'apprendre que le même sort leur est réservé! Jusqu'à présent, ils ont vécu dans la dépravation païenne, et maintenant ils possèdent les arrhes de la sainteté par leur admission au Baptême. Asservis naguère à ces faux dieux dont le culte était l'aliment du vice, ils entendent aujourd'hui l'Eglise exhorter ses enfants à imiter la sainteté du Dieu des chrétiens ; et la grâce qui les rendra capables d'aspirer à reproduire en eux les perfections divines est sur le point de leur être communiquée.



Verrière de la cathédrale Notre-Dame. Chartres.

Mais il leur faudra combattre pour se maintenir à cette élévation ; et deux ennemis surtout chercheront à se relever : l'impureté et l'avarice. Le premier de ces vices, l'Apôtre ne veut même pas qu'il soit nommé désormais; le second, il le tiétrit en le comparant au culte des idoles, auquel les élus vont renoncer. Tels sont les enseignements que l'Eglise prodigue à ses futurs enfants ; mais nous qui avons été sanctifiés dès notre entrée en ce monde, sommesnous demeurés fidèles à notre Baptême ? Nous avons été lumière ; pourquoi sommes-nous ténèbres aujourd'hui ? que sont devenus les traits de la ressemblance divine qui avait été imprimée en nous ? Hâtons-nous de les faire revivre, en renonçant à Satan et à ses idoles ; et faisons en sorte que la pénitence nous rétablisse dans cet état de lumière dont le fruit consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité.

EVANGILE

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. XI.



Ivoire. Ve siècle. Italie.


" En ce temps-là, Jésus chassa un démon, et ce démon était muet. Et lorsqu'il eut chassé le démon, le muet parla, et la foule fut dans l’admiration. Mais quelques-uns d'entre eux dirent :
" C'est par Béelzébuth, prince des démons, qu'il chasse les démons."
Et d'autres, pour le tenter, lui demandaient un signe du ciel. Mais lui, ayant vu leurs pensées, leur dit :
" Tout royaume divisé contre lui-même sera dévasté, et toute maison divisée contre elle-même s'écroulera. Si donc Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il debout ? Cependant vous dites que c'est par Béelzébuth que je chasse les démons. Mais si je chasse les démons par Béelzébuth, par qui vos enfants les chassent-ils ? C'est pourquoi ils seront vos juges. Que si je chasse les démons par le doigt de Dieu, le royaume de Dieu est donc venu jusqu'à vous. Lorsque le fort armé garde sa maison, tout ce qu'il possède. Mais s'il survient un plus fort que lui qui le surmonte, il emporte toutes ses armes dans lesquelles il se confiait, et il distribue ses dépouilles. Qui n'est pas avec moi est contre moi, et qui ne recueille pas avec moi dissipe. Lorsqu'un esprit immonde est sorti d'un homme, il s'en va errant par des lieux arides, cherchant le repos ; et comme il ne le trouve pas, il dit : " Je retournerai dans ma maison d'où je suis sorti ". Et quand il revient, il la trouve nettoyée et parée. Alors il s'en va prendre avec lui sept autres esprits plus méchants que lui, et, étant entrés dans cette maison, ils y demeurent. Et le dernier état de cet homme devient pire que le premier."
Comme il disait ces choses, une femme élevant la voix du milieu de la foule, lui dit :
" Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont nourri !"
Et Jésus dit :
" Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la pratiquent !"


Le démon dont Jésus délivra le possédé de notre Evangile rendait cet homme muet ; et la sortie de l'esprit de ténèbres affranchit la langue du malheureux qu'il tyrannisait. Ce fait nous donne une image du pécheur captif de son redoutable vainqueur, et réduit par lui au mutisme. Si ce pécheur parlait pour confesser ses fautes, pour demander grâce, il serait délivré. Que de démons muets, répandus de toutes parts, empêchent les hommes de faire cet aveu salutaire qui les sauverait ! Cependant, la sainte Quarantaine avance dans son cours, les jours de grâce s'écoulent ; profitons du temps favorable ; et si nous sommes dans l'amitié de Dieu, prions instamment pour les pécheurs, afin qu'ils parlent, qu'ils s'accusent et qu'ils soient pardonnés.



Notre Seigneur Jésus-Christ chassant le diable.
Pontifical à l'usage de Beauvais adapté à l'usage de Lisieux. XIIIe.

Ecoutons aussi dans une religieuse terreur ce que nous apprend le Sauveur sur nos ennemis invisibles. Avec leur puissance, leur adresse, leurs moyens de nuire, qui pourrait subsister devant eux, si Dieu ne nous soutenait pas, s'il n'avait pas député ses Anges pour veiller sur nous et pour combattre avec nous ? Par le péché cependant, nous nous étions livrés à ces impurs et odieux esprits ; nous avions préféré leur empire tyrannique au joug si suave et si léger de notre compatissant Rédempteur. Maintenant nous sommes affranchis, ou nous allons bientôt l'être ; remercions notre libérateur ; mais prenons garde de ne plus retomber au pouvoir de ces hôtes infernaux.

Le Sauveur nous avertit du péril qui nous menace. Ils reviendront, ils essaieront de forcer la demeure de notre âme sanctifiée par l'Agneau de la Pâque. Si nous sommes vigilants, si nous sommes fidèles, ils se retireront pleins de confusion ; mais si nous étions tièdes et lâches, si nous perdions de vue le prix de la grâce et les obligations qui nous enchaînent à celui qui nous a sauvés, notre perte serait certaine ; et. selon la terrible parole de Jésus-Christ, " le second état deviendrait pire que le premier ".

Voulons-nous éviter un si grand malheur ? méditons cette autre parole du Sauveur dans notre Evangile : " Qui n'est pas avec moi est contre moi ". Ce qui fait que l'on retombe dans les liens du démon, que l'on oublie tout ce que l'on doit au divin libérateur, c'est qu'on ne prend pas franchement parti pour Jésus-Christ en présence des occasions où le devoir exige que le chrétien se prononce avec fermeté. On ménage, on dissimule, on temporise : cependant l'énergie de l'âme s'affaiblit ; Dieu ne donne plus qu'avec mesure ses grâces d'abord si abondantes ; et la rechute devient imminente. Marchons donc d'un pas ferme et assuré, et souvenons-nous que le soldat de Jésus-Christ doit toujours se faire honneur de son divin Chef.



Bible. Constantinople. XIIe.

COMMENTAIRE

La sainte Eglise, qui, au premier Dimanche de Carême, nous a proposé la tentation de Jésus-Christ au désert pour sujet de nos méditations, afin de nous éclairer sur la nature de nos propres tentations, et sur la manière dont nous en devons triompher, nous fait lire aujourd'hui un passage de l'Evangile de saint Luc, dont la doctrine est destinée à compléter notre instruction sur la puissance et les manœuvres de nos ennemis invisibles. Durant le Carême, le chrétien doit réparer le passé et assurer l'avenir ; il ne pourrait se rendre compte du premier, ni défendre efficacement le second, s'il n'avait des idées saines sur la nature des périls auxquels il a succombé, et sur ceux qui le menacent encore. Les anciens liturgistes ont donc reconnu un trait de la sagesse maternelle de l'Eglise dans le discernement avec lequel elle propose aujourd'hui à ses enfants cette lecture, qui est comme le centre des enseignements de la journée.

Nous serions assurément les plus aveugles et les plus malheureux des hommes, si, environnés comme nous le sommes d'ennemis acharnés à notre perte et très supérieurs à nous en force et en adresse, nous en étions venus à ne pas songer souvent à leur existence, peut-être même à n'y réfléchir jamais. Tel est cependant l'état dans lequel vivent un nombre immense de chrétiens de nos jours : tant " les vérités sont diminuées parmi les enfants des hommes " (Psalm. XI, 2.).

Cet état d'insouciance et d'oubli sur un objet que les saintes Ecritures nous rappellent à chaque page, est tellement répandu, qu'il n'est pas rare de rencontrer des personnes aux yeux desquelles l'action continue des démons autour de nous n'est rien autre chose qu'une croyance gothique et populaire qui n'appartient point aux dogmes de la religion. Tout ce qu'en racontent l'histoire de l'Eglise et la vie des Saints est pour eux comme s'il n'existait pas. Pour eux, Satan semble n'être qu'une pure abstraction sous laquelle on aurait personnifié le mal.



Notre Seigneur Jésus-Christ exorcisant un possédé.
Gustave Doré. XIXe.

S'agit-il d'expliquer le péché en eux-mêmes ou dans les autres ? ils vous parlent du penchant que nous avons au mal, du mauvais usage de notre liberté ; et ils ne veulent pas voir que l'enseignement chrétien nous révèle en outre dans nos prévarications l'intervention d'un agent malfaisant, dont la puissance est égale à la haine qu'il nous porte. Cependant, ils savent, ils croient sincèrement que Satan a conversé avec nos premiers parents et les a entraînés dans le mal, en se montrant à eux sous la forme d'un serpent. Ils croient que ce même Satan a osé tenter le Fils de Dieu incarné, qu'il l'a enlevé par les airs jusque sur le sommet du temple, et de là sur une haute montagne. Ils lisent aussi dans l'Evangile et ils croient qu'un des malheureux possédés qui furent délivrés par le Sauveur était assiégé d'une légion entière d'esprits infernaux, que l'on vit, sur la permission qu'ils en reçurent, fondre sur un troupeau de porcs et le précipiter dans le lac de Génézareth. Ces faits et mille autres sont l'objet de leur foi ; et avec cela tout ce qu'ils entendent dire de l'existence des démons, de leurs opérations, de leur adresse à séduire les âmes, leur semble fabuleux. Sont-ils chrétiens, ou ont-ils perdu le sens ?

On ne saurait répondre, surtout lorsqu'on les voit se livrerde nos jours à desconsultations sacrilèges du démon, à l'aide de moyens renouvelés des siècles du paganisme, sans qu'ils paraissent se rappeler, ni même savoir qu'ils commettent un crime que Dieu, dans l'ancienne loi, punissait de mort, et que la législation de tous les peuples chrétiens, durant un grand nombre de siècles, a frappé du dernier supplice.

Mais s'il est une époque de l'année où les fidèles doivent méditer ce que la foi et l'expérience nous apprennent sur l'existence et les opérations des esprits de ténèbres, c'est assurément ce temps où nous sommes, durant lequel nous avons tant à réfléchir sur les causes de nos péchés, sur les dangers de notre âme, sur les moyens de la prémunir contre de nouvelles chutes et de nouvelles attaques. Ecoutons donc le saint Evangile. Il nous apprend d'abord que le démon s'était emparé d'un homme, et que l'effet de cette possession avait été de rendre cet homme muet. Jésus délivre ce malheureux, et l'usage de la parole revient aussitôt que l'ennemi a été chassé. Ainsi, la possession du démon non seulement est un monument de l'impénétrable justice de Dieu ; mais elle peut produire des effets physiques sur ceux qui en sont l'objet.



Notre Seigneur Jésus-Christ exorcisant un possédé.
Guiard des Moulins, Bible historiale. XIVe.

L'expulsion du malin esprit rend l'usage de la langue à celui qui gémissait sous ses liens. Nous n'insistons pas ici sur la grossière malice des ennemis du Sauveur, qui veulent attribuer son pouvoir surles démons à l'intervention de quelque prince de la milice infernale; nous voulons seulement constater le pouvoir des esprits de ténèbres sur les corps, et confondre par le texte sacré le rationalisme de certains chrétiens. Qu'ils apprennent donc à connaître la puissance de nos adversaires, et qu'ils évitent de leur donner prise sur eux, par l'orgueil de la raison.

Depuis la promulgation de l'Evangile, le pouvoir de Satan sur les corps s'est trouvé restreint par la vertu de la Croix, dans les pays chrétiens ; mais il reprend une nouvelle extension, si la foi et les œuvres de la piété chrétienne diminuent. De là toutes ces horreurs diaboliques qui, sous divers noms plus ou moins scientifiques, se commettent d'abord dans l'ombre, sont ensuite acceptées dans une certaine mesure par les gens honnêtes, et pousseraient au renversement de la société, si Dieu et son Eglise n'y mettaient enfin une digue. Chrétiens de nos jours, souvenez-vous que vous avez renoncé à Satan, et prenez garde qu'une ignorance coupable ne vous entraîne dans l'apostasie. Ce n'est pas à un être de raison que vous avez renoncé sur les fonts baptismaux: c'est à un être réel, formidable, et dont Jésus-Christ nous dit qu'il a été homicide dès le commencement (Johan. VIII, 44.).

Mais si nous devons redouter l'affreux pouvoir qu'il peut exercer sur les corps, et éviter tout intact avec lui dans les pratiques auxquelles il préside, et qui sont le culte auquel il aspire, nous devons aussi craindre son influence sur nos âmes. Voyez quelle lutte la grâce divine a dû engager pour l'arracher de votre âme. En ces jours, l'Eglise nous offre tous ses moyens pour triompher de lui : le jeûne uni à la prière et à l'aumône. Vous arriverez à la paix ; et votre cœur, vos sens purifiés, redeviendront le temple de Dieu. Mais n'allez pas croire que vous ayez anéanti votre ennemi. Il est irrité ; la pénitence l’a expulsé honteusement de son domaine, et il a juré de tout tenter pour y rentrer. Craignez donc la rechute dans le péché mortel ; et pour fortifier en vous cette crainte salutaire, méditez la suite des paroles de notre Evangile.



Notre Seigneur Jésus-Christ exorcisant un possédé.
Gravure du XVIIe.

Le Sauveur nous y apprend que cet esprit immonde, chassé d'une âme, s'en va errant dans les lieux arides et déserts. C'est là qu'il dévore son humiliation, et qu'il sent davantage les tortures de cet enfer qu'il porte partout avec lui, et dont il voudrait se distraire, s'il le pouvait, par le meurtre des âmes que Jésus-Christ a rachetées. L'Ancien Testament nous montre déjà les démons vaincus, réduits à fuir dans des solitudes éloignées : c'est ainsi que le saint Archange Raphaël relégua dans les déserts de l'Egypte supérieure l'esprit infernal qui avait fait périr les sept maris de Sara (Tob. VIII, 3.). Mais l'ennemi de l'homme ne se résigne pas à rester ainsi toujours éloigné de la proie qu'il convoite. La haine le pousse, comme au commencement du monde, et il se dit :
" Il faut que je retourne à ma maison d'où je suis sorti."

Mais il ne viendra pas seul ; il veut triompher, et pour cela il amènera, s'il le faut, avec lui sept autres démons plus pervers encore. Quel choc se prépare pour la pauvre âme, si elle n'est pas vigilante, fortifiée ; si la paix que Dieu lui a rendue n'a pas été une paix armée! L'ennemi sonde les abords de la place; dans sa perspicacité, il examine les changements qui se sont opérés pendant son absence. Qu'aperçoit-il dans cette âme où il avait naguère ses habitudes et son séjour ? Notre Seigneur nous le dit : le démon la trouve sans défense, toute disposée à le recevoir encore; point d'armes dirigées contre lui. Il semble que l'âme attendait cette nouvelle visite. C'est alors que, pour être plus sûr de sa conquête, l'ennemi va chercher ses renforts. L'assaut est donné ; rien ne résiste ; et bientôt, au lieu d'un hôte infernal, la pauvre âme en recèle une troupe ; et, ajoute le Sauveur, " le dernier état de cet homme devient pire que le premier ".

Comprenons l'avertissement que nous donne la sainte Eglise, en nous faisant lire aujourd'hui ce terrible passage de l'Evangile. De toutes parts, des retours à Dieu se ménagent ; la réconciliation va s'opérer dans des millions de consciences ; le Seigneur va pardonner sans mesure ; mais tous persévéreront-ils ? Lorsque le Carême reviendra dans un an convoquer les chrétiens à la pénitence, tous ceux qui, dans ces jours, vont se sentir arraches à la puissance de Satan, auront-ils maintenu leurs âmes franches et libres de son joug ? Une triste expérience ne permet pas à l'Eglise de l'espérer. Beaucoup retomberont, et peu de temps après leur délivrance, dans les liens du péché. Oh ! S'ils étaient saisis par la justice de Dieu en cet état ! Cependant, tel sera le sort de plusieurs, d'un grand nombre peut-être. Craignons donc la rechute ; et pour assurer notre persévérance, sans laquelle il nous eût peu servi de rentrer pour quelques jours seulement dans la grâce de Dieu, veillons désormais, prions, défendons les abords de notre âme, résignons-nous au combat ; et l'ennemi, déconcerté de notre contenance, ira porter ailleurs sa honte et ses fureurs.

19 mars. Saint Joseph, époux de la très sainte Vierge Marie, mère de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ier siècle.

- Saint Joseph, époux de la très sainte Vierge Marie, mère de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ier siècle.

Empereur romain : Tibère.

" Si vous cherchez Joseph, vous l'y trouverez avec Jésus et Marie."
Origène. Homil. XVIII in Luc.

" Le juste fleurira comme le lis ; sa fleur conservera son éclat et son parfum éternellement devant le Seigneur."
Brév. rom., 19 mars, office de saint Joseph.

" Vous pouvez conjecturer quel personnage fut saint Joseph d'après la seule interprétation de son nom, qui veut dire augmentation."
Saint Jean Chrysostome.


L’Apparition de l’Ange à saint Joseph. Georges de La Tour. XVIIe.

Saint Joseph descendait de la race royale de David. On croit généralement qu'en vue de la mission sublime que le Ciel lui destinait, il fut sanctifié avant sa naissance. Nul ne peut douter que Joseph ne fût préparé à son sublime ministère, quand la Providence, qui dirige tous les événements, unit son sort à celui de Marie.

L'Évangile est sobre de détails sur saint Joseph, et on y voit tout résumé en ces mots (Matth. I, 19.) : " Il était juste ".

En quoi consiste cette vertu de justice ? Donnons deux saints docteurs afin d'en appréhender l'essentiel :
" La justice n'est pas seulement cette vertu spéciale attribuant à chacun ce qui lui appartient, c'est encore cette rectitude générale de l'âme consistant dans la réunion de toutes les vertus."
Saint Thomas d'Aquin.
" Le nom de juste que l'Esprit-Saint accorde à saint Joseph, signifie accompli dans toutes les vertus."

Saint Jean Chrysostome.


Le repentir de saint Joseph. Alessandro Tiarini. XVIIe.

Mais que ces mots couvrent de merveilles, puisque les docteurs s'accordent à dire que saint Joseph tient le premier rang après Marie parmi tous les Saints !

Ainsi Suarez n'hésite-t-il pas à écrire (De Incarnat., part. III, quaest. 29, disp. 8, sect. 2.) :
" Il n'est pas téméraire, c'est même une opinion vraisemblable, et inspirée par la piété, que saint Joseph, entre tous les saints, a tenu le premier rang dans l'état de la grâce."

Et d'ailleurs dans la prière à saint Joseph - qui est aussi le patron des causes difficiles - ne récite-t-on pas :
" Ô Vous qui êtes si puissant auprès de Dieu qu'on a pu dire : " Au ciel, Joseph commande plutôt qu'il ne supplie ", etc. " ?


La Nativité. Le Carravage. XVIe siècle.

Son père l'éleva, d'après la tradition, dans l'état modeste de charpentier ; il pouvait avoir, selon de sérieux auteurs, une cinquantaine d'années, et il avait gardé une chasteté parfaite, lorsque la Volonté de Dieu lui confia la Très Sainte Vierge. Cette union, belle devant les anges, dit saint Jérôme, devait sauvegarder l'honneur de Marie devant les hommes.

Dieu voulut que le mystère de l'Annonciation demeurât quelques temps caché à saint Joseph, afin de nous donner, dans le trouble qui plus tard s'empara de lui, lorsqu'il s'aperçut de la grossesse de Marie, une preuve de la virginité de la Mère et de la conception miraculeuse du Fils. L'avertissement d'un ange dissipa toutes ses craintes.


La Nativité. Giorgio Martini Di Francesco. XVe.

Sur la virginité de saint Joseph, nous nous contenterons de citer l'un des ses plus dévots serviteurs, Isidore de Lille (Summa de beato Josepho, part. IV, chap. 1.) :
" Les Docteurs catholiques n'hésitent plus aujourd'hui à décerner à saint Joseph l'auréole de la virginité : d'abord, parce qu'ils regardent comme vérité démontrée que ce grand saint fut vierge d'esprit et de corps, par voeu et par état ; ensuite, parce qu'il fut le premier à suivre et à imiter le Reine des vierges ; enfin, parce que l'époux et l'épouse doivent être parés des mêmes ornements."


La fuite en Egypte. Cosimo di Domenico di Bonaventura Tura. XVe.

Qui dira ce que Joseph, depuis lors, montra de respect, de vénération, de tendresse pour Celle qui bientôt allait donner au monde le Sauveur ? Combien Joseph fut utile à Marie dans le voyage de Bethléem ! Combien plus encore il lui fut utile dans la fuite en Égypte ! Saint Joseph se montra pour la Mère de Dieu l'ami fidèle, le gardien vigilant, le protecteur dévoué.

Imaginons-nous les progrès en vertu que dut faire saint Joseph, vivant dans la compagnie de Jésus et de Marie. Quel délicieux intérieur ! Quelle sainte maison que cette modeste demeure ! Que de mystères dans cette vie cachée où un Dieu travaille sous la direction d'un homme, où un homme se sanctifie sous l'influence d'un Dieu visible à ses yeux et devenu son Fils adoptif ! Après la plus heureuse des vies, Joseph eut la plus heureuse des morts, car il rendit son dernier soupir entre les bras de Jésus et de Marie.


Notre Seigneur Jésus-Christ dans l'atelier de saint Joseph.
Eglise Saint-Paul Saint-Louis. Paris.

Il est permis de croire, après saint François de Sales qui l'affirme, que saint Joseph est dès maintenant au Ciel en corps et en âme, avec Jésus et Marie. C'est à bon droit que saint Joseph porte le titre glorieux de Patron de l'Église universelle, et que son nom, dans la dévotion chrétienne, est devenu inséparable des noms de Jésus et de Marie.

On l'invoque aussi comme Patron de la bonne mort, parce que, disent les hymnes en son honneur :
" Il s'endormit d'un doux sommeil, en présence de Jésus et de Marie."
(Hymne Quicumque).

Psautier cistercien. XIIIe.

C'est une pieuse croyance, adoptée par de pieux évrivains et souvent reproduite dans les ouvrages les plus savants (voir par ex. Suarez, t. XIX), que saint Joseph ressuscita et apparut à Jérusalem en même temps que Jésus-Christ sortit victorieux du tombeau, et qu'il fut du nombre de ceux que l'Evangile dit avoir été rappelés à la vie. Le saint Patriarche, sorti miraculeusement du tombeau, se serait montré plusieurs fois à Marie. Quarante jours après il aurait pris son essor vers les cieux, le jour de l'Ascension triomphante du Sauveur, et l'aurait accompagné lorsqu'Il alla prendre possession de son trône, à la droite du Père céleste.

Cependant, cette pieuse et consolante croyance n'est pas consignée dans la liturgie.


Saint Joseph et Notre Seigneur Jésus-Christ.
Georges de La Tour. XVIIe.

RELIQUES

Aucune église ne se glorifie de posséder les reliques proprement dites de saint Joseph.
- A Florence, les religieux du monastère des Anges conservent son bâton parmi les objets les plus précieux de leur trésor.
- A Rome, dans l'église de Sainte-Anastasie, on voit un de ses bâtons et son manteau.
- A Joinville-sur-Marne, dans le diocèse de Langres, on montre, avec un juste orgueil, " la vraye et véritable ceinture de saint Joseph, conservée chèrement dans l'église Notre-Dame ".

Cette ceinture consiste en un tissu plat, de fil ou d'écorce assez gros et de couleur grisâtre ; elle est longue d'un mètre et porte en largeur de 30 à 45 centimètres ; aux extrémités est attaché un fermoir en ivoire, jauni par le temps ; une boutonnièrese trouve aussi à l'un des bouts ? Confectionnée, suivant la tradition, par par les mains de la Sainte Vierge, on peut croire qu'elle lui resta, comme un souvenir bien cher, à la mort de son chaste époux, et que plus tardelle fut remise à saint Jean ou à quelque autre apôtre.

Au XIIIe siècle, elle fut rapportée de Palestine par l'historien de saint Louis, et placée dans son château de Joinville où elle resta jusqu'à la révolution : à cette époque néfaste, des mains pieuses la reccueillirent avec tous ses authentiques.

On voit toujours aujourd'hui cette noble et très-sainte ceinture dans un reliquaire dans l'église Notre-Dame de Joinville. Cette ceinture est dans un état de conservation remarquable.


Reliquaire et la ceinture de saint Joseph.
Eglise Notre-Dame de Joinville-Le-Pont. Champagne.

Saint Joseph est l'un des patrons de la Belgique, de l'Espagne, de Naples, de la Westphalie et de la ville de Verdun.
Les missions de Chine sont confiées à sa puissante tutèle.

Rappelons enfin que les corps des charpentiers, des menuisiers et des ébénistes sont placés sous son haut patronage.

PRIERE

" Nous vous louons, nous vous glorifions, heureux Joseph. Nous saluons en vous l'Epoux de la Reine du ciel, le Père nourricier de notre Rédempteur. Quel mortel obtint jamais de pareils titres ? et cependant ces titres sont les vôtres, et ils ne sont que la simple expression des grandeurs qu'il a plu à Dieu de vous conférer. L'Eglise du ciel admire en vous le dépositaire des plus sublimes faveurs ; l'Eglise de la terre se réjouit de vos honneurs, et vous bénit pour les bienfaits que vous ne cessez de répandre sur elle.

Royal fils de David, et en môme temps le plus humble des hommes, votre vie semblait devoir s'écouler dans cette obscurité qui faisait vos délices ; mais le Seigneur voulut vous associer au plus sublime de ses actes. Une noble Vierge, de même sang que vous, fait l'admiration du ciel, et deviendra la gloire et l'espérance de la terre ; cette Vierge vous est destinée pour épouse. L'Esprit-Saint doit se reposer en elle comme dans son tabernacle le plus pur ; c'est à vous, homme chaste et juste, qu'il a résolu de la confier comme un inestimable dépôt.Devenez donc l'Epoux de celle " dont le Seigneur lui-même a convoité la beauté " (Psalm. XLIV, 12.).

La mort de saint Joseph. Dessin. Jean André. XVIIe.

Le Fils de Dieu vient commencer ici-bas une vie d'homme ; il vient sanctifier la famille, ses liens et ses affections. Votre oreille mortelle l'entendra vous nommer son Père ; vos yeux le verront obéir à vos commandements. Quelles furent, Ô Joseph, les émotions de votre cœur, lorsque, pleinement instruit des grandeurs de votre Epouse et de la divinité de votre Fils adoptif, il vous fallut remplir le rôle de chef, dans cette famille au sein de laquelle le ciel et la terre se réunissaient ! Quel souverain et tendre respect pour Marie, votre Epouse ! Quelle reconnaissance et quelles adorations pour Jésus, votre enfant soumis ! Ô mystère de Nazareth ! Un Dieu habite parmi les hommes, et il souffre d'être appelé le Fils de Joseph !

Daignez, Ô sublime ministre du plus grand de tous les bienfaits, intercéder en notre laveur auprès du Dieu fait homme. Demandez-lui pour nous l'humilité qui vous a fait parvenir à tant de grandeur, et qui sera en nous la base d'une conversion sincère. C'est par l'orgueil que nous avons péché, que nous nous sommes préférés à Dieu ; il nous pardonnera cependant, si nous lui offrons " le sacrifice d'un cœur contrit et humilié " (Psalm. L, 19.). Obtenez-nous cette vertu, sans laquelle il n'est pas de véritable pénitence. Priez aussi, ô Joseph, afin que nous soyons chastes. Sans la pureté du cœur et des sens, nous ne pouvons approcher du Dieu de toute sainteté, qui ne souffre près de lui rien d'impur ni de souillé. Par sa grâce, il veut taire de nos corps des temples de son Saint-Esprit : aidez-nous à nous maintenir à cette élévation, à la rétablir en nous, si nous l'avions perdue.

Saint Joseph. Jean-Baptiste Bérangier. Chambéry. Savoie. XVIIIe.

Enfin, Ô fidèle Epoux de Marie, recommandez-nous à notre Mère. Si elle daigne seulement jeter un regard sur nous en ces jours de réconciliation, nous sommes sauvés : car elle est la Reine de la miséricorde, et Jésus son fils, Jésus qui vous appela son Père, n'attend, pour nous pardonner, pour convertir notre cœur, que le suffrage de sa Mère. Obtenez-le pour nous, Ô Joseph ! Rappelez à Marie Bethléhem, l'Egypte, Nazareth, où son courage s'appuya sur votre dévouement; dites-lui que nous vous aimons, que nous vous honorons aussi : et Marie daignera reconnaître par de nouvelles bontés envers nous les hommages que nous rendons à celui qui lui fut donné par le ciel pour être son protecteur et son appui."

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samedi, 18 mars 2017

18 mars. Saint Cyrille de Jérusalem, évêque de Jérusalem, Docteur de l'Eglise. 386.

- Saint Cyrille de Jérusalem, évêque de Jérusalem, Docteur de l'Eglise. 386.

Papes : Saint Sylvestre Ier, saint Sirice. Empereurs : Constantin, Licinius, Valentinien II.
 
" Si jamais notre foi s'alarme, qu'il suffise de ces paroles de notre divin Maître pour calmer nos inquiétudes : " Le ciel et la terre passeront, mais ma parole ne passera pas "."
Matth., XXIV, 35.


Saint Jérôme apparaissant à saint Cyrille de Jérusalem.
(Détail). Sano di Pietro. Sienne. XVe.
 
Il était juste qu'en ces jours consacrés à l'instruction des catéchumènes, la sainte Eglise honorât le Pontife dont le nom rappelle, mieux qu'aucun autre, le zèle et la science que doivent déployer les pasteurs dans la préparation de ses futurs membres au baptême.

Longtemps cependant, la chrétienté latine borna ses hommages envers un si grand Docteur à la mention faite de lui, chaque année, en son martyrologe. Mais voici qu'à l'antique expression de sa reconnaissance pour des services rendus en des temps éloignés déjà de quinze siècles, se joint chez elle aujourd'hui, vis-à-vis de Cyrille, la demande d'une assistance rendue maintenant non moins nécessaire qu'aux premiers âges du christianisme Le baptême, il est vrai, se confère aujourd'hui dès l'enfance ; il met l'homme, par la foi infuse, en possession de la pleine vérité avant que son intelligence ait pu rencontrer le mensonge. Mais trop souvent, de nos jours, l'enfant ne trouve plus près de lui la défense dont ne peut se passer sa faiblesse ; la société moderne a renié Jésus-Christ, et son apostasie la pousse à étouffer, sous l'hypocrite neutralité de prétendues lois, le germe divin dans toute âme baptisée, avant qu'il ait pu fructifier et grandir.

En face de la société comme dans l'individu, le baptême a ses droits cependant ; et nous ne pouvons honorer mieux saint Cyrille, qu'en nous rappelant, au jour de sa fête, ces droits du premier Sacrement au point de vue de l'éducation qu'il réclame pour les baptisés. Durant quinze siècles les nations d'Occident, dont l'édifice social reposait sur la fermeté de la foi romaine, ont maintenu leurs membres dans l'heureuse ignorance de la difficulté qu'éprouve une âme pour s'élever des régions de l'erreur à la pure lumière. Baptisés comme nous à leur entrée dans la vie, et dès lors établis dans le vrai, nos pères avaient sur nous l'avantage de voir la puissance civile défendre en eux, d'accord avec l'Eglise, cette plénitude de la vérité qui formait leur plus grand trésor, en même temps qu'elle était la sauvegarde du monde.

La protection des particuliers est en effet le devoir du prince ou de quiconque, à n'importe quel titre, gouverne les hommes, et la gravité de ce devoir est en raison de l'importance des intérêts à garantir ; mais cette protection n'est-elle pas aussi d'autant plus glorieuse pour le pouvoir, qu'elle s'adresse aux faibles, aux petits de ce monde ? Jamais la majesté de la loi humaine n'apparut mieux que sur les berceaux, où elle garde à l'enfant né d'hier, à l'orphelin sans défense, sa vie, son nom, son patrimoine. Or, l'enfant sorti de la fontaine sacrée possède des avantages qui dépassent tout ce que la noblesse et la fortune des ancêtres, unies à la plus riche nature, auraient pu lui donner. La vie divine réside en lui ; son nom de chrétien le fait l'égal des anges ; son patrimoine est cette plénitude de la vérité dont nous parlions tout à l'heure, c'est-à-dire Dieu même, possédé par la foi ici-bas, en attendant qu'il se découvre à son amour dans le bonheur de l'éternelle vision.
 
Mort de saint Jérôme. Saint Jérôme apparaissant à
saint Cyrille de Jérusalem. Sano di Pietro. Sienne. XVe.
 
Saint Cyrille naquit à Jérusalem ou aux environs. Il s'adonna diligemment dès l'âge le plus tendre à l'étude des divines Ecritures, et il fit tant de progrès dans leur connaissance, qu'il devint pour la foi orthodoxe un vaillant défenseur. Formé à la discipline monastique, il s'astreignit à la continence perpétuelle et au plus sévère genre de vie. Il se rendit la sainte doctrine si familière, que ses discours, même ceux qu'il n'écrivait pas, n'étaient qu'un tissu de passages des Livres inspirés. Il joignit à cette étude celle des saints Pères et même celle des auteurs profanes, où il trouvait de puissantes armes contre l'erreur et pour la défense de la vérité.
 
Saint Maxime, Evêque de Jérusalem, l'ordonna prêtre et lui confia la charge de prêcher la parole de Dieu aux fidèles et d'instruire les catéchumènes. Ce fut avec la plus grande gloire qu'il s'en acquitta et composa ces Catéchèses vraiment admirables, dans lesquelles, embrassant avec abondance et clarté toute la doctrine de l'Eglise, il établit solidement tous les dogmes de la religion contre les ennemis de la foi. Il y parle avec tant d'évidence et de précision, que non seulement les hérésies déjà nées, mais celles encore à venir y sont réfutées comme par une sorte de présage, par exemple dans son affirmation de la présence réelle du Corps et du Sang de Jésus-Christ au merveilleux sacrement de l'Eucharistie.


Saint Cyrille de Jérusalem. Francesco Bartolozzi. XVIIIe.

Saint Maxime étant mort, il fut établi en sa place par les évêques de la province. Dans son épiscopat, non moins que saint Athanase, son contemporain, il subit pour la cause de la foi de nombreuses injustices et des persécutions de la part des Ariens. Souffrant impatiemment la véhémence de Cyrille contre l'hérésie, ils le poursuivirent de leurs calomnies, et, l'ayant déposé dans un conciliabule, le chassèrent de son siège. Pour se soustraire à leur fureur, il s'enfuit à Tarse de Cilicie et supporta la rigueur de l'exil tout le temps que vécut Constance. Après la mort de celui-ci, Julien l'Apostat étant devenu empereur, il put revenir à Jérusalem où il employa toute l'ardeur de son zèle à retirer son troupeau de l'erreur et du vice.

Mais sous l'empire de Valens, il dut de nouveau prendre la route de l'exil, jusqu'à ce que Théodose le Grand eût rendu la paix à l'Eglise et réprimé la cruauté et l'audace des Ariens. Cet empereur reçut Cyrille avec de grands honneurs, comme le très courageux athlète du Christ, et le rendit à son siège. Avec quelle force et quelle sainteté il accomplit les devoirs de son sublime office, c'est ce qui ressort nettement de l'état prospère alors de l'Eglise de Jérusalem, tel que le décrit saint Basile qui, étant venu vénérer les saints lieux, y demeura quelque temps.

Saint Cyrille de Jérusalem et la destruction du Temple
rebâti sur les ordres de Julien l'Apostat. Gravure. XVIIe.

Dieu fit ressortir la sainteté du vénérable Pontife par des signes célestes dont la mémoire est venue jusqu'à nous. On compte parmi eux la merveilleuse apparition d'une croix plus brillante que les rayons du soleil, qui illustra les commencements de son épiscopat. Ce prodige eut les païens et les chrétiens pour témoins oculaires avec Cyrille lui-même, qui, en ayant rendu grâces à Dieu dans l'église, le raconta ensuite par lettre à l'empereur Constance.

Non moins digne d'admiration est ce qui arriva aux Juifs, lorsque, par l'ordre impie de l'empereur Julien, ils voulurent relever le temple que Titus avait renversé. Car il se fit sentir un violent tremblement de terre, et, d'immenses tourbillons de flammes sortant de terre, le feu dévora tous les travaux, de telle sorte que les Juifs et Julien épouvantés durent renoncer à l'entreprise, selon que Cyrille l'avait prédit comme devant arriver infailliblement.
 
Enfin, peu de temps avant sa mort, il assista au concile œcuménique de Constantinople, dans lequel fut condamnée l'hérésie de Macédonius et, de nouveau, celle des Ariens. De retour à Jérusalem, il mourut saintement presque septuagénaire, la trente-cinquième année de son épiscopat.


Saint Athanase et saint Cyrille de Jérusalem.
Questions d'Athanase d'Alexandrie, réponses de Cyrille de Jérusalem.
Proche-Orient. XVIIe.

Il nous reste de lui vingt-trois instructions familières sur l'ensemble des vérités chrétiennes, le symbole de la foi et les sacrements. Ces instructions sont une de ses gloires les plus pures, car c'est un arsenal où l'apologiste chrétien trouve, même aujourd'hui, des armes puissantes et invincibles. Nous y voyons en particulier, que l'usage de faire le signe de la Croix était connu dès les premiers siècles :
" Ne rougissez pas, disait-il, de la Croix de Jésus-Christ ; imprimez-la sur votre front, afin que les démons, apercevant l'étendard du Roi, s'enfuient en tremblant. Faites ce signe, et quand vous mangez, et quand vous buvez, et quand vous êtes debout ou assis, quand vous vous couchez, quand vous vous levez et quand vous marchez ; en un mot, faites-le dans toutes vos actions."

La gloire de saint Cyrille est d'avoir été l'ami et le défenseur de saint Athanase et du dogme chrétien contre les hérétiques. Trois fois exilé de Jérusalem, dont il était devenu évêque, trois fois rétabli sur son siège, il restera comme l'un des beaux modèles de la fermeté pastorale.

Le Souverain Pontife Léon XIII a ordonné qu'on en célébrât l'Office et la Messe dans l'Eglise universelle.


Saint Augustin et saint Cyrille de Jérusalem.
Enluminure d'un manuscrit du XVIe.

PRIERE

" Vous avez été, Ô Cyrille, un vrai fils de la lumière (Eph. V, 8.). La Sagesse de Dieu avait dès l'enfance conquis votre amour ; elle vous établit comme le phare éclatant qui brille près du port, et sauve, en l'attirant au rivage, le malheureux ballotté dans la nuit de l'erreur. Au lieu même où s'étaient accomplis les mystères de la rédemption du monde, et dans ce IVe siècle si fécond en docteurs, l'Eglise vous confia la mission de préparer au baptême les heureux transfuges que la victoire récente du christianisme amenait à elle de tous les rangs de la société. Nourri ainsi que vous l'étiez des Ecritures et des enseignements de la Mère commune, la parole s'échappait de vos lèvres, abondante et pure, comme de sa source ; l'histoire nous apprend qu'empêché par les autres charges du saint ministère de consacrer vos soins exclusivement aux catéchumènes, vous dûtes improviser ces vingt-trois admirables discours, vos Catéchèses, où la science du salut se déroule avec une sûreté, une clarté, un ensemble inconnus jusque-là et, depuis lors, jamais surpassés. La science du salut, c'était pour vous, saint Pontife, la connaissance de Dieu et de son Fils Jésus-Christ, contenue dans le symbole de la sainte Eglise ; la préparation au baptême, à la vie, à l'amour, c'était pour vous l'acquisition de cette science unique, seule nécessaire, profonde d'autant plus et gouvernant tout l'homme, non par l'impression d'une vaine sentimentalité, mais sous l'empire de la parole de Dieu reçue comme elle a droit de l'être, méditée jour et nuit, pénétrant assez l'âme pour l'établir à elle seule dans la plénitude de la vérité, la rectitude morale et la haine de l'erreur.

Sûr ainsi de vos auditeurs, vous ne craigniez point de leur dévoiler les arguments et les abominations des sectes ennemies. Il est des temps, des circonstances dont l'appréciation reste aux chefs du troupeau, et où ils doivent passer par-dessus le dégoût qu'inspirent de telles expositions, pour dénoncer le danger et tenir leurs brebis en garde contre les scandales de l'esprit ou des mœurs. C'est pour cela, Ô Cyrille, que vos invectives indignées poursuivaient le manichéisme au fond même de ses antres impurs ; vous pressentiez en lui l'agent principal de ce mystère d'iniquité (II Thess. II, 7.) qui poursuit sa marche ténébreuse et dissolvante à travers les siècles, jusqu'à ce qu'enfin le monde succombe par lui de pourriture et d'orgueil. Manès en nos temps règne au grand jour ; les sociétés occultes qu'il a fondées sont devenues maîtresses. L'ombre des loges continue, il est vrai, de cacher aux profanes son symbolisme sacrilège et les dogmes qu'il apporta de Perse jadis ; mais l'habileté du prince du monde achève de concentrer dans les mains de ce fidèle allié toutes les forces sociales. Dès maintenant, le pouvoir est à lui ; et le premier, l'unique usage qu'il en fasse, est de poursuivre l'Eglise en haine du Christ. Voici qu'à cette heure il s'attaque à la fécondité de l'Epouse du Fils de Dieu, en lui déniant le droit d'enseigner qu'elle a reçu de son divin Chef ; les enfants mêmes qu'elle a engendrés, qui déjà sont à elle par le droit du baptême, on prétend les lui arracher de vive force et l'empêcher de présider à leur éducation.


Papyrus grec de saint Cyrille. IVe, Ve.

Ô saint Cyrille, vous qu'elle appelle à son secours en ces temps malheureux, ne faites pas défaut à sa confiance. Vous compreniez si pleinement les exigences du sacrement qui fait les chrétiens ! Protégez le saint baptême en tant d'âmes innocentes où l'on veut l'étouffer. Soutenez, réveillez au besoin, la foi des parents chrétiens ; qu'ils comprennent que si leur devoir est de couvrir leurs enfants de leur propre corps plutôt que de les laisser livrer aux bêtes, l'âme de ces chers enfants est plus précieuse encore. Déjà plusieurs, et c'est la grande consolation de l'Eglise en même temps que l'espoir de la société battue en brèche de toutes parts, plusieurs ont compris la conduite qui s'imposait a mute âme généreuse en de telles circonstances : s'inspirant de leur seule conscience, et forts de leur droit de pères de famille, ils subiront la violence de nos gouvernements de force brutale, plutôt que de céder d'un pas aux caprices d'une réglementation d'Etat païen aussi absurde qu'odieuse. Bénissez-les, Ô Cyrille ; augmentez leur nombre. Bénissez également, multipliez, soutenez, éclairez les fidèles qui se dévouent à la tâche d'instruire et de sauver les pauvres enfants que trahit le pouvoir ; est-il une mission plus urgente que celle des catéchistes, en nos jours ? En est-il qui puisse vous aller plus au cœur ?

La sainte Eglise nous rappelait, tout à l'heure, l'apparition de la Croix qui vînt marquer les débuts de votre épiscopat glorieux. Notre siècle incrédule a été, lui aussi, favorisé d'un prodige semblable, lorsque, à Migné, au diocèse d'Hilaire, votre contemporain et votre émule dans la lutte pour le Fils de Dieu, le signe du salut parut au ciel, resplendissant de lumière, à la vue de milliers de personnes. Mais l'apparition du 7 mai 351 annonçait le triomphe : ce triomphe que vous aviez prévu sans nul doute pour la sainte Croix, lorsque sous vos yeux, quelques années plus tôt, Hélène retrouvait le bois rédempteur; ce triomphe qu'en mourant vous laissiez affermi par le dernier accomplissement des prophéties sur le temple juif. L'apparition du 17 décembre 1826 n'aurait-elle, hélas ! Annonce que défaites et ruines ? Confiants dans votre secours si opportun, nous voulons espérer mieux, saint Pontife ; nous nous souvenons que ce triomphe de la Croix dont vous fûtes le témoin heureux, a été le fruit des souffrances de l'Eglise, et que vous dûtes l'acheter pour votre part au prix de trois dépositions de votre siège et de vingt ans d'exil. La Croix, dont le Cycle sacré nous ramène les grands anniversaires, la Croix n'est point vaincue, mais grandement triomphante au contraire, dans le martyre de ses fidèles et leurs épreuves patiemment supportées ; c'est victorieuse à jamais qu'elle apparaîtra sur les ruines du monde, au dernier jour."
 
Rq :
- On trouvera une notice très complète sur notre Saint dans les Petits Bollandistes : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30733g
- On trouvera les Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem ainsi que les cinq Mystagogiques et quelques autres monuments dans le tome I de la Patrologie de M. l'abbé Migne établie par M. l'abbé Sevestre (pp. 1183 à 1205) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209868f.pagination

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vendredi, 17 mars 2017

17 mars. Saint Patrick, apôtre de l'Irlande. 464.

- Saint Patrick, apôtre de l'Irlande. 464.

Papes : Saint Damase, saint Célestin Ier, saint Léon le Grand, saint Hilaire. Rois d'Irlande : Lóegaire Mac Neill ; Oilioll Molt Mac Dathí.

" J'enverrai les héraut de ma parole en Grèce, en Italie et jusque dans les îles les plus reculées, vers ceux qui n'ont pas entendu parler de moi et n'ont pas vu ma gloire."
Isaïe. LXVI, 19.

" Je suis Patrick, pécheur, très peu instruit, le moindre de tous les fidèles et extrêmement méprisé par beaucoup."
" Et j'allais par la Force de Dieu qui dirigeait bien ma voie."

Confession de saint Patrick.


Saint Patrick devant le purgatoire.
Leganda aurea. Bx J. de Voragine. XVe.

Nous donnons ici des éléments sur saint Patrick paraphrasés de " l'Hymne de Saint Patrick " par saint Fiacc. Saint Fiacc, commémoré le 12 octobre, fut barde avant que saint Patrick ne le fît évêque.

Saint Patrick naquit à la fin du IVe siècle. Son père était Calpurnius, un Breton et un diacre ; sa mère, Concess, était Franque et de la proche parenté de saint Martin de Tours. A l'âge de 16 ans, Patrick et nombre d'autres furent enlevés dans la propriété familiale près de Bannavem Taburniae (certains disent que c'était dans l'ouest de la Grande-Bretagne, d'autres disent que c'était en Bretagne), par sept revanchards, des fils exilés d'un roi des Bretons. Ceci eut lieu après que Rome eut exigé que tous les soldats Britanniques sous l'autorité Romaine viennent à Rome pour défendre la ville contre les barbares, abandonnant la Grande-Bretagne sans armée ni police, comme le rapporte saint Bède. Nombre d'actes de violence et d'extorsions eurent lieu à cette époque, ce que saint Bède appelle une terrible honte pour la Grande-Bretagne, un pays qui avait été longtemps Chrétien.

Le père de Patrick fut tué ; sa soeur disparut. Patrick fut vendu comme esclave en Irlande. Sa vie se transforma de l'insouciance de la jeunesse en une leçon pour nous tous. Il fut un esclave, mais obéit à son maître. Il ne parlait pas avant qu'on ne le lui eût permis.

C'est par des miracles que s'accomplit l'évasion de saint Patrick hors de l'esclavage. Il fut visité en songe par un Ange de la forme d'un oiseau, Victor, le conquérant, qui lui arrangea une fuite miraculeuse. Patrick dit qu'il avait besoin de la permission de son maître pour rentrer chez lui, mais son maître exigea une rançon d'or aussi grosse que sa tête. L'Ange dit à Patrick de suivre un sanglier. En fouinant, le sanglier lui sortit l'or dont il avait besoin comme rançon. L'Ange l'emmena à la côte maritime à 60 miles de là en une seule journée, à la rencontre d'un navire, mais au lieu de cela, le seigneur du port vendit Patrick aux autres. Et là, le paiement de la trahison, une douzaine de chaudrons en cuivre, tourmenta le traître et sa famille. Pendant qu'ils admiraient les chaudrons, leurs mains s'attachèrent au métal. Le seigneur du port se repentit, et fut pardonné par Patrick. Il se convertit à la volonté de Dieu, racheta Patrick des esclavagistes, et renvoya Patrick à la maison. Plus tard, il fut baptisé par Patrick, après le retour du saint. Patrick avait été esclave 6 ans durant.

Saint Patrick avait fait un rêve lui disant qu'il devrait prêcher l'Evangile aux Irlandais, mais Victor lui dit de chercher à être éduqué d'abord. Il trouva sa formation auprès de saint Germain d'Auxerre, qui vivait dans la partie sud des Gaules qui était proche de la Mer Méditerranée.

La ville de Saint-Patrick près de Tours affirme qu'elle fut visitée par saint Patrick au milieu de l'hiver. Il était épuisé et frigorifié, et l'aubépinier couvert de givre sous lequel il dormait se mit à fleurir, se couvrant de douces et chaudes fleurs au dessus de lui. En décembre, chaque année, jusqu'à ce que l'arbre soit détruit, les " Fleurs de saint Patrick " y fleurissaient. Les archéologues Français et sociétés d'agriculture ont attesté la vérité de ce phénomène jusqu'à ce siècle.


Saint Patrick prêchant. Vies de saints. Jeanne de Montbaston. XIVe.

Saint Germain emmena son élève vers la Grande-Bretagne pour sauver ce pays des erreurs du Pélagianisme. Rappelons que l'erreur du Pélagianisme est la croyance qu'on pourrait atteindre le Salut à travers nos propres efforts sans l'aide de Dieu, comme si l'image de Dieu en nous était complètement séparée de l'aide de l'Esprit Saint, la grâce du Dieu vivant. Cette hérésie se retrouve de nos jours en confondant l'Esprit Saint avec les caprices ou les émotions de la foule ; zeitgeist au lieu d'Esprit Saint.

Saint Fiacc note que Patrick travailla en Grande-Bretagne sous saint Germain afin de montrer l'avancement de sa capacité à diriger saintement, mais saint Patrick, dans sa Confession, ne le mentionne pas, peut-être parce que le centre d'intérêt de l'oeuvre de sa vie se trouvait en Irlande. Saint Germain, avec un groupe de prêtres dont Patrick, voyagea à travers la Grande-Bretagne pour convaincre les gens de se tourner vers Dieu, rejetant les faux prêtres Pélagiens en les reconnaissant comme des serpents. Saint Bède rapporte cela dans son Histoire Ecclésiastique du Peuple Anglais que cela fut réalisé en accomplissant de grands miracles de guérison. Saint Patrick suggéra de jeûner pour détourner une ville de son hérésie, mais elle ne s'en détourna pas, et durant les offices nocturnes de la 3e nuit, la terre avala la ville.

Plus tard, l'endroit où saint Germain et saint Patrick avaient jeûné avec leur groupe deviendra le lieu où les clercs viendront pour jeûner. Patrick, qui obéissait à la volonté de Dieu, défendit la révérence envers la grâce de Dieu qui est nécessaire pour le Salut.


Saint Patrick et le roi Laoghaire.
Legenda aurea. Bx. J. de Voragine. R. de Monbaston. XIVe.

Saint Patrick expliqua à saint Germain qu'il avait souvent entendu la voix des enfants Irlandais l'appelant :
" Viens, saint Patrick et fais que nous soyons sauvés."

Saint Germain dit que Patrick aurait à aller à Rome auprès du pape Célestin (évêque de Rome de 422 à 432), pour être consacré, qu'il devait en être ainsi. Mais un autre avait été envoyé pour être évêque d'Irlande avant lui (l'évêque Pallade), et saint Patrick eut à attendre. L'évêque Pallade commença ses missions, mais il ne vécut pas longtemps.

Saint Patrick partit pour l'île d'Alanensis sur la mer Méditerranée, dans le district de Lérins, appelé Saint-Honorat, près de Cannes en France. Il y alla pour prier, et reçut le propre bâton de Jésus-CHrist sur le Mont Arnum pour le soutenir. Une pierre gravée sur le côté du monastère principal sur l'île rapporte que saint Patrick, Apôtre de l'Irlande, vint là au Ve siècle pour y étudier les sciences sacrées en préparation de sa mission en Irlande. Le bâton de Jésus-Christ fut brûlé publiquement à Dublin en 1548 durant le règne du roi Henri VIII d'Angleterre. En 432, saint Patrick revint auprès de saint Germain, lui rapportant sa vision et le bâton. Saint Patrick avait alors la soixantaine.


Saint Colomban, saint Patrick, sainte Brigitte :
trois grands saints d'Irlande. Gravure du XIXe.

Il fut envoyé au pape Célestin, qui avait entendu dire que Pallade était mort. Le principal consécrateur de saint Patrick fut l'évêque Amateur d'Autissiodorens. Le pape Célestin ne vécut que 6 semaines après la consécration de Patrick, puis reçut Sixte III (432-440) comme successeur. Célestin donna à saint Patrick des reliques et nombre de livres.

En 432, Pâques coïncida avec la fête païenne des Druides. Il était interdit d'allumer un feu autre que l'illumination du nouveau feu païen. Mais saint Patrick alluma la flamme Pascale le premier. La tradition rapporte qu'on avertit le roi Laoghaire que si ce feu n'était pas éteint, jamais on n'arriverait à l'éteindre en Eirin.

Le roi invita l'évêque Patrick à Tara le lendemain. Patrick était occupé à réciter sa prière du Bouclier, " Le cri du daim ", pendant qu'il était en chemin de Slane à Tara le Dimanche Pascal. Le roi Laoghaire avait stationné des soldats au long du chemin, afin d'intercepter Patrick avant qu'il n'arrive à Tara. La Vie Tripartie dit :
" Saint Patrick partit avec huit jeunes clercs et saint Benen (9 novembre) comme accompagnateur aidant, et saint Patrick leur donna sa bénédiction avant le départ. Une profonde obscurité les enveloppa, de sorte qu'on ne put en voir aucun. Au même moment, l'ennemi qui les attendait en embuscade vit huit daims passer devant, suivis par un faon qui portait un colis sur son dos. C'était saint Patrick et ses huit compagnons, et saint Benen derrière avec ses tablettes sur son dos."
La Vie Tripartite est un livre du VIIIe siècle, en 3 parties, qui devait être lu durant les 3 jours de la célébration du Jour de Saint Patrick.


Statue de saint Patrick à Tara. Irlande.

Avant l'époque de saint Patrick, les devins (Druides) avaient prédit qu'une " tête d'hermine " viendrait sur la mer déchaînée (chevelure blanche), portant un manteau ouvert pour laisser passer la tête (et non pas comme les vêtements enveloppant les Druides), son bâton avec une tête recourbée (Le bâton pastoral des pasteurs de Jésus-Christ et non pas tout droit comme la canne des Druides), sa table dans la partie antérieur de sa maison (un autel), et toute sa maisonnée (l'Eglise) répondrait toujours " Amen, Amen !". Ils dirent au roi qu'ils ne lui cacheraient pas la vérité, que la postérité de cet homme demeurerait jusqu'au Jour du Jugement, parce qu'il est le héraut du Prince de la Paix.

Saint Patrick fut appelé par le Seigneur et partit pour l'Irlande. Il enseigna que la Trinité était toujours avec nous pour nous soutenir, même quand tout autour n'était que misère. Il savait tout à l'avance. Il enseigna que Dieu nous aime, malgré les déferlements de violence du monde.

Saint Patrick s'appliqua à la tâche jusqu'à sa mort. Il chassa l'iniquité. Il prêcha, il baptisa, il pria, il loua constamment Dieu avec les Psaumes, il chantait 100 Psaumes chaque nuit, il dormait sur une dalle de pierre nue avec une couverture humide sur lui, et son oreiller était une pierre. Il prêcha 30 ans durant, compte tenu des années avant sa consécration comme évêque, quand il était prêtre sous saint Germain. Saint Secundinus rapporte dans son Hymne que saint Patrick portait les stigmates du Christ dans sa chair de juste.


Saint Patrick devant le purgatoire.
Vies de saints. Maître de Fauvel. XIVe.

Le peuple d'Irlande adorait les " si-de " (esprits). Ils ne croyaient pas dans la véritable Divinité de la vraie Trinité. Mais quand saint Patrick eut terminé, toute l'Irlande croyait dans la Sainte Trinité, croyait en Jésus-Christ, ne suivant plus les esprits de la nature, et la court de Tara fut remplacée par la court du Christ à Armagh. Dans sa Confession (voir la notice reproduisant ce testament que notre saint écrivit à la fin de sa vie), saint Patrick dit qu'il était le débiteur de Dieu pour la grande grâce d'avoir pu baptiser tant de milliers de gens, pour tous ces gens nés de nouveau en Dieu puis confirmés, et pour ces clercs ordonnés pour eux un peu partout. " Ne voulant pas ennuyer ses lecteurs ", saint Patrick ne donne que peu de détails sur les persécutions endurées, jusque dans les fers, les dangers dans sa vie, et nombre de complots contre lui. Par exemple, saint Odran (19 février), conducteur de chariot pour Patrick, fut avertit d'un danger imminent et prétendit se sentir mal, ce qui fit que Patrick prit les rennes du chariot, et Odran à la place d'honneur fut tué par la lance qui était destinée à Patrick.

Quand Saint Patrick tomba malade, il décida de partit pour Armagh. Il fut visité par un Ange, qui l'emmena voir Victor, et Victor, parlant de lui hors d'un buisson en feu, dit :
" Primauté pour Armagh ; au Christ rendre grâce. Bientôt au Ciel tu iras. Tes prières ont été exaucées : l'hymne que tu as choisie durant ta vie sera une cuirasse pour tous. Ceux d'Irlande qui sont avec toi, au jour du Jugement seront à tes côtés."

Concernant le clergé, saint Tassach (14 avril) demeura avec lui et lui donna la Communion. Saint Fiacc rappelle Joshua : si le soleil pouvait demeurer immobile dans le ciel pour la mort du maudit, à plus forte raison, pour la clarté, il sera approprié de briller à la mort des saints. Les clercs d'Irlande vinrent par toutes les routes pour veiller saint Patrick ; le son du chant (des Anges) les vit se prosterner. Ils dirent que l'endroit était envahit d'oiseaux chantants : comme Victor était apparu sous la forme d'un oiseau, ils pensèrent que les Anges ailés étaient des oiseaux. L'âme de saint Patrick s'était séparée de son corps après les souffrances. Les Anges de Dieu veillèrent dessus la première nuit, sans discontinuer.


Quand il partit, il alla vers l'autre saint Patrick (de Glastonbury, appelé Patrick l'Ancien, 24 août), parce que Patrick, fils de Calpurnius, avait promis à Patrick l'Ancien qu'il partiraient ensemble au Ciel. On dit que du 18 mars jusqu'au 23 août, jusqu'à la fin du premier mois d'automne, saint Patrick était avec les Anges à attendre le vieux Patrick, et ensemble ils s'élevèrent vers Jésus, le Fils de Marie.

Saint Fiacc a donné de notre saint ce bel hommage :
" Saint Patrick, sans faire preuve de vaine gloire, méditait bien et bon. Etre au service du Fils de Marie, telle était la pieuse circonstance pour laquelle il était né."

PRIERE

" Votre vie, Ô Patrice, s'est écoulée dans les pénibles travaux de l'Apostolat ; mais qu'elle a été belle, la moisson que vos mains ont semée, et qu'ont arrosée vos sueurs ! Aucune fatigue ne vous a coûté, parce qu'il s'agissait de procurer à des hommes le précieux don de la foi ; et le peuple à qui vous l'avez confié l'a gardé avec une fidélité qui fera à jamais votre gloire. Daignez prier pour nous, afin que cette foi, " sans laquelle l'homme ne peut plaire à Dieu " (Heb. XI, 6.), s'empare pour jamais de nos esprits et de nos cœurs. " C'est de la foi que le juste vit " (Habac. II, 4.), nous dit le Prophète ; et c'est elle qui, durant ces saints jours, nous révèle les justices du Seigneur et ses miséricordes, afin que nos cœurs se convertissent et offrent au Dieu de majesté l'hommage du repentir. C'est parce que notre foi était languissante, que notre faiblesse s'effrayait des devoirs que nous impose l'Eglise. Si la foi domine nos pensées, nous serons aisément pénitents. Votre vie si pure, si pleine de bonnes œuvres, fut cependant une vie mortifiée ; aidez-nous à suivre de loin vos traces.


Image commémorative des 1500 ans de la venue de saint Patrick en Irlande. 1932.

Priez, Ô Patrice, pour l'Ile sainte dont vous êtes le père et qui vous honore d'un culte si fervent. De nos jours, elle est menacée encore ; plusieurs de vos enfants sont devenus infidèles aux traditions de leur père. Un fléau plus dangereux que le glaive et la famine a décimé de nos jours votre troupeau ; Ô Père ! Protégez les enfants des martyrs, et défendez-les de la séduction. Que votre œil aussi suive jusque sur les terres étrangères ceux qui, lassés de souffrir, sont allés chercher une patrie moins impitoyable. Qu'ils y conservent le don de la foi, qu'ils y soient les témoins de la vérité, les dociles enfants de l'Eglise ; que leur présence et leur séjour servent à l'avancement du Royaume de Dieu. Saint Pontife, intercédez pour cette autre Ile qui fut votre berceau ; pardonnez-lui ses crimes envers vos enfants ; avancez par vos prières le jour où elle pourra rentrer dans la grande unité catholique. Enfin souvenez-vous de toutes les provinces de l'Eglise ; voire prière est celle d'un Apôtre ; elle trouvera accès auprès de celui qui vous a envoyé."


Rq : Nous engageons vivement le lecteur à lire la notice très complète et pleine de détails précieux dans les Petits Bollandistes : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30733g

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jeudi, 16 mars 2017

16 mars. Saint Julien de Lescar, premier évêque connu de Lescar ou Béarn. 400.

- Saint Julien de Lescar, premier évêque connu de Lescar ou Béarn. 400.

Pape : Saint Anastase. Empereur d'Occident : Honorius.

" Non destitit laborare ut denarium a Domino mereretur accipere."
" Il travaillait sans cesse pour mériter de recevoir des mains du Seigneur le denier de chaque jour."
Brév. de Lescar (1541), Légende de saint Léonce de Trèves.


Saint Julien guérissant un enfant. Missel. XVe.

Voici ce que rapporte une ancienne tradition, recueillie par le vieux Bréviaire de Lescar, imprimé en 1541 :

En la cité de Trèves, capitale de la Gaule Belgique, qui fut fondée par Trebeta, frère de Ninus, roi d'Assyrie - s'il faut en croire les vieilles histoires - et qui fut évangélisée par Valère, disciple du bienheureux Pierre, il y eut un évêque, du nom de Léonce, homme distingué par la noblesse de sa race et la gravité de ses moeurs, appliqué aux saintes oeuvres et désireux de cultiver la vigne du Seigneur, par l'extirpation de l'idolâtrie, jusque dans les contrées les plus lointaines. Il avait un disciple admirablement vertueux, Julein, très diligent imitateur d'un si bon Maître.

Or, saint Léonce, qui savait qu'une partie des Gaules était livrée au culte des démons et qui, dans sa grande douleur, trouvait injuste et indécent que le prince des ténèbres régnât sur les créatures de Dieu, apprit que le pays de Béarn (patria bearnica), loin d'avoir reçu l'Evangile du Christ " qu'on y avait semé de mille manières ", gémissait encore dans la fange des superstitions et de l'incrédulité. Un jour donc, que le bienheureux Julien était auprès de lui, il lui parla en ces termes :
" Bienheureux Frère, il nous faut observer les préceptes du Seigneur, et, pour l'éternelle récompense, travailler beaucoup dans la vigne du Christ. C'est pourquoi, Ô homme excellent et très miséricordieux, écoutez mes conseils et ceignez vos reins ; hâtez-vous et courez pour amener à la religion véritable ce peuple qui sert les démons."


Voyage de saint Julien de Trèves à Lescar. Vies de saints. XIIIe.

Le bienheureux Julien brûlait lui-même du désir d'arracher à la gueule du dragon les âmes que le Christ a rachetées de son sang. Docile aux avis de son maître, il prit avec lui deux prêtres, Austrilien et Alpinien, et se mit en route avec autant de joie que de promptitude.

Mais bientôt il advint que l'un de ses compagnons, Austrilien, passa de vie à trépas. Sur quoi, saint Julien, rebroussant chemin, courut en toute hâte raconter son malheur au serviteur de Dieu. Celui-ci lui dit :
" Repartez au plus tôt, et, prenant en main mon bâton, vous en toucherez le cadavre de votre frère défunt."
Saint Julien repartit, et, arrivé au lieu où le prêtre Austrilien avait été enseveli, il toucha du bâton, suivant la parole de l'homme de Dieu, le corps du défunt qui revont à la vie. Alors, redoublant d'ardeur, le bienheureux Julien continua sa route. Enfin, il arriva à Beneharnum ; il y confessa le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, y enseigna hautement la loi de Dieu, et, par sa douceur non moins que par ses miracles, il amena à la foi du Christ la nation béarnaise, si grandement aveugle jusque-là.


Saint Julien ressuscitant un mort.
Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Les miracles en effet vinrent confirmer la prédication du bienheureux Julien. Il guérit un boiteux, du nom de Cisternanus, et ses deux fils ; il donna la vue à trois frères, aveugles de naissance, Amilien, Nicet et Ambroisien ; purifia deux lépreux, Valentin et Urbain ; rendit l'ouïe à quatre sourds et sauva sept hommes dont les eaux du Gave emportait la nacelle (Gave est le nom générique de tous les cours d'eau ou torrents dans les Pyrénées ; gave ou gaba signifie, en basque, sombre et profond. Ce mot a passé dans le langage populaire de certaines provinces, où l'on dit encore se gaver d'eau pour signifier se gorger).

Dieu voulut donner une vierge martyre à cette église naissante. Une noble fille, nommée Valérienne, avait été promise en mariage à un Gentil : mais comme celui-ci, résistant aux conseils de Julien, ne voulut pas abjurer ses faux dieux, Valérienne refusa de l'épouser ; ce que voyant, le jeune homme donna la mort à sa fiancée, qui ontint ainsi deux couronnes, l'une blanche pour sa virginité, l'autre de pourpre pour son martyre.

C'est de cette manière que le bienheureux Julien conduisit à la vérité le peuple du Béarn et qu'il fonda une nouvelle Eglise, dont le siège épiscopal fut fixé dans la ville qui porte aujourd'hui le nom de Lescar.

Notons au passage que Lescar a succédé à la ville de Beneharnum, qui a donné son nom à la province de Béarn. Cette province correspond aux arrondissements de Pau, d'Orthez et d'Oloron. La ville des Béarnais subsista jusque l'an 845, époque à laquelle les Normands la détruisirent. Les ducs de Gascogne la relevèrent de ses ruines vers l'an 1000, et ce n'est qu'à partir de cette époque qu'elle s'appela Lescar, c'est-à-dire entourée de ruisseaux. Son évêché, en dernier lieu, n'était composé que de quarante paroisses, tandis que celui d'Oloron en comptait deux cents et plus ; mais la circonscription spirituelle de Lescar était beaucoup plus étendue au temps de saint Julien et comprenait, comme nous l'avons vu, tout le Béarn. Oloron ne fut, plus tard, qu'un démembrement de ce diocèse primitif.


Saint Julien. Enseigne de pèlerinage. Etain moulé. XIVe.

Cependant, le saint évêque de Trèves, Léonce, avait entrepris, malgré son extrême vieillesse, le pèlerinage de Saint-Jacques. Sur sa route se trouvait la cité de son disciple. Il s'y arrêta, et, quand il vit les triomphes remportés par Julien sur les ténèbres de l'erreur, il rendit à Dieu d'immenses actions de grâces, puis continua son pieux voyage, en traversant la cité d'Iluro et la vallée d'Aspe.

A son retour, saint Léonce repassa par Beneharnum, où il sentit s'affaiblir ses membres octogénaires. Bientôt l'agonie se déclara ; il reçut les sacrements du Seigneurs ; on vit une nuée blanche envelopper son lit, et il rendit son âme à Dieu en proférant de saintes paroles. Le bienheureux Julien lui fit de magnifiques funérailles, que Dieu illustra par des miracles, entre autres la résurrection de trois morts et la guérison de dix aveugles. Au moment où le clergé entonnait l'office des morts, une voix d'anges se fit entendre, disant avec transport : " Réjouissez-vous dans le Seigneur ", comme pour déclarer que le Saint évêque de Trèves était déjà au ciel.

A propos de l'état de l'Eglise de cette région, disons que lorsqu'en 406, c'est-à-dire six ans après que la sainte mort de saint Julien, sur laquelle nous n'avons pas de détail en dehors de sa date, Wallia, à la tête de ses Goths de l'Ouest ou Wisigoths, dépeupla tout ce qui appartient à l'Aquitaine et aux neuf peuples ; le pays où il campait était catholique.

Les neuf peuples en question, dans l'Aquitaine, étaient les Tarbelli (Dax et Bayonne), les Ausci (Auch et Armagnac), les Bigorrais, les Cocozates (Bazas), les Eluzates (Eauze), les Tarusates (Tartas et Chalosse), les Convenae (Comminges et Conserans), les Benharni (Lescar, Oloron, Aspe, Ossau, Barétous, Soule) et les Garites, dont le nom est rappelé par Garis, village de la Basse-Navarre.


La Novempopulanie et ses principaux peuples au Ve siècle.

Sidoine Apollinaire nous apprend que Bordeaux, Bazas, Comminges, Auch et beaucoup d'autres cités touchaient à leur ruine spiritelle par la mort de leurs pasteurs, moissonnés sans qu'on établît de nouveaux évêques... Dans les diocèse et dans les paroisses, tout était négligé. Sidoine Apollinaire, dans ce passage, distingue les paroisse rurales des paroisses urbaines. D'après saint Grégoire de Tours, ce furent surtout les villes des deux Aquitaines et de la Novempopulanie qui se firent dépeuplées par cette horrible tempête.

Ajoutons que, plus loin dans le temps, les actes du concile d'Agde, tenu en 506, et auquel la Novempopulanie fut représentée par onze évêques, dont celui de Lescar, saint Galactoire, et celui d'Oloron, saint Grat, nous apprennent que dès les premières années du VIe siècle, il y avait dans les contrées du midi des couvents d'hommes et de femmes, que le clergé possédait des propriétés, que les diocèses étaient divisés en paroisses.

On peut aisément conclure de tout cela qu'à l'arrivée des Wisigoths, au commencement du Ve siècle, l'Eglise était partout et hiérarchiquement constituée.

La ville de Lescar fête saint Julien à la fin août à l'occasion des fêtes patronales.

Saint Julien de Lescar est invoqué pour la guérison de plusieurs maladies et handicaps.


Eglise Saint-Julien-de-Lescar. Lescar. Béarn.

L'église Saint-Julien de Lescar à Lescar

L’Evêché de Lescar existait donc dès le Ve siècle avec une église cathédrale, Saint-Julien, dans la Basse-ville. Détruite par les Normands, rebâtie au XIIIe siècle, elle fut de nouveau détruite en 1569 par les bêtes féroces protestantes de Montgomery. Reconstruite une troisième et dernière fois au XVIIe siècle, seul le clocher pignon de l’église romane a survécu. Saint-Julien ne fut donc cathédrale que durant la deuxième moitié du premier millénaire.

Curiosité, la ville de Lescar fut baptisée au alentours du XIIIe siècle " ville septénaire ", car elle comportait 7 églises, 7 portes, 7 fontaines, 7 tours, 7 moulins, 7 vignes et 7 bois.


Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption. Lescar. Béarn.

La cathédrale Notre Dame de l'Assomption de Lescar

Au Xe siècle, il subsistait dans la Haute-ville un baptistère dédié à Saint-Jean-Baptiste. Un soldat repenti, " Loup-Fort ", construisit à sa place une chapelle et un monastère sous le vocable de Sainte-Marie.

En 1062, cette chapelle fut consacrée cathédrale et Lescar devint Évêché. L'augmentation de l'édifice débuta en 1120 par le chœur à l'instigation de son évêque Guy de Lons. La cathédrale fut elle aussi saccagée par les bêtes féroces calvinistes de Montgomery sous le règne de Jeanne d'Albret.

D'importantes restaurations aux XVIIe et XVIIIe siècles sauvèrent le chœur de la ruine. Le chevet a conservé une architecture romane. La nef est voûtée en berceau plein cintre, les bas-côtés en berceaux transversaux. Sur les chapiteaux romans on peut reconnaitre des scènes du cycle de Daniel, de la naissance du Christ ou encore le sacrifice d'Abraham. Le sol du chœur est pavé d'une mosaïque du XIIe siècle représentant une scène de chasse.


Mosaïque du choeur de la cahédrale Notre-Dame-de-l'Assomption
de Lescar signalant et honorant l'inhumation
de son évêque Guy de Lons. XIIe.

Guy de Lons, l'évêque bâtisseur de la cathédrale, Henri II d'Albret, Catherine de Foix, Marguerite d'Angoulême, soeur de François Ier, François Phébus y sont notamment inhumés.

Sous la révolution, en 1791, l'évêché de Lescar fut supprimé et rattaché à celui de Bayonne, en même temps que celui d’Oloron Sainte-Marie.

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mercredi, 15 mars 2017

15 mars. Saint Longin, soldat et martyr. Ier siècle.

- Saint Longin, soldat et martyr. Ier siècle.
 
Pape : Saint Pierre. Empereur romain : Caligula ; Claude Ier.

" Aimez vos ennemis : faites du bien à ceux qui vous haïssent ; priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient."
Matth., V, 14.


Adoration des Bergers avec saint Longin portant la sainte lance
et le précieux sang de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Giulio Romano. XVIe.

Beaucoup d'auteurs pensent que saint Longin est ce centurion qui s'écria au moment de la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ :
" Celui-ci était véritablement le Fils de Dieu."

Selon d'autres, c'est ce soldat qui ouvrit d'une lance son côté sacré, et qui en fit couler le sang et l'eau.

Quelques-uns même soutiennent qu'il fut l'un et l'autre ; mais est-il croyable, se sont demandé quelques âmes pieuses, qu'après avoir confessé sa divinité, il eût osé porter la lance dans son adorable poitrine ?

Nous pensons avec saint Augustin (De Consensu Evangelii, lib. III, ch. XX.), que quand le centenier reconnut Jésus-Christ pour Fils de Dieu, il ne donnait pas à cette expression l'étendue du sens qu'elle renferme ; il voulait faire entendre qu'il le prenait pour un homme divin, et qu'il remarquait en lui quelque chose d'extraordinaire, de surnaturel. Cette première lueur de la grâce ne l'aura pas empêché d'accomplir sa tâche jusqu'au bout et de percer le flanc du Sauveur. La pieuse croyance du Moyen Age semble confirmer notre manière de voir aux termes de la légende, le sang de Jésus-Christ jaillit sur le visage du centurion, au moment où il lui perça le côté, et guérit ses yeux malades ; manière naïve de dire que la foi ouvrit les yeux de son âme aux pieds de la croix.


Saint Longin. Le Bernin. Basilique Saint-Pierre. Rome. XVIIe.

D'ailleurs l'acte qu'accomplit Longin en perçant le côté du Sauveur, loin d'être contraire à sa foi naissante, était un acte d'humanité, puisqu'en faisant sortir du sang et de l'eau du coeur du Sauveur, il épargnait à son corps adorable le brisement des jambes que l'on faisait subir aux suppliciés à qui il restait un souffle de vie. Dans les peintures et sculptures du Moyen Age, Longin est à genoux et dans une position si respectueuse, que la foi semble déjà née dans son coeur. À cause de ce ministère si honorable et de sa qualité de chevalier romain, saint Longin était en grand honneur parmi les hommes d'armes d'autrefois.


Fra Angelico. Couvent San-Larco. Florence. Toscane. XIVe.

Quoi qu'il en soit, d'après Métaphraste et son Office dans la Liturgie grecque, saint Longin, ayant reçu l'ordre de garder le tombeau du Sauveur après sa sépulture, fut témoin des grands miracles qui se firent au moment de sa résurrection, et, par là, de plus en plus confirmé dans sa croyance. Il vint raconter aux chefs des prêtres, aux Scribes et aux Pharisiens ce qu'il avait vu et entendu : ce qui les mit en grande peine.


Livre des merveilles. Maître de la Mazarine. XVe.

Craignant que le nom du Sauveur ne devînt plus illustre que jamais, ils s'efforcèrent de corrompre Longin par de riches présents et par de belles promesses ; ils lui voulaient faire dire que, ses soldats étant endormis, les Disciples de Jésus-Christ avaient dérobé son corps (cf Evangile de saint Matthieu). Le saint soldat, qui était déjà tout changé et rempli de la lumière divine, refusa absolument d'être le ministre de cette imposture ; au contraire, il publia hautement la vérité, et fut un très fidèle témoin de la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Les Juifs, voyant sa constance, résolurent de se venger de lui ; le pieux Longin, ayant découvert leur dessein, quitta la milice, et, abandonnant la Judée, il s'en alla de Jérusalem en Cappadoce, accompagné de 2 soldats. Renonçant donc à l’état militaire, et instruit par les apôtres, il passa vingt-huit ans dans la vie monastique à Césarée de Cappadoce, et convertit beaucoup de monde à la foi par sa parole et ses exemples.
 
Là, il commença à prêcher ce qu'il avait vu, et attira, par ses actions vertueuses et par ses paroles, plusieurs infidèles à la connaissance du Dieu vivant ; de sorte que la Foi s'y accrut notablement, au grand opprobre des Juifs qui l'avaient crucifié.
 

Saint Longin et sa lance aux pieds de Notre Seigneur ressuscité.
Légende dorée. Bx. Jacques de Voragine. R. de Monbaston. XIVe.

Ces impies firent tous leurs efforts pour faire condamner à mort cet admirable prédicateur, en l'accusant comme traître ; ils pressèrent tant Pilate, gouverneur de la Judée, qu'il envoya de ses archers en Cappadoce, pour le prendre et le faire mourir. Les soldats y allèrent pleins de fureur et d'impiété ; mais Dieu permit qu'ils s'adressassent à Longin même, sans le connaître, et qu'ils lui découvrissent le sujet de leur voyage.
 
Cette nouvelle le réjouit extrêmement ; même il les reçut et les traita splendidement dans sa maison, les assurant qu'il leur mettrait bientôt entre les mains celui qu'ils cherchaient, sans qu'ils se missent en peine de s'en informer davantage. Après leur avoir prodigué pendant 3 jours l'hospitalité la plus cordiale, comme il brûlait du désir de répandre son sang pour Celui dont il avait fait couler le sang par un coup de lance, il se découvrit à eux, et leur dit :
" Je suis Longin que vous cherchez : je suis prêt à endurer la mort, et si vous me la donnez, vous me paierez avec usure le bon traitement que je vous ai fait, car vous ne saurez me récompenser mieux."

Ces soldats ne le pouvaient croire, tant cette résolution leur paraissait nouvelle et surprenante ; et, lorsqu'ils furent assurés que c'était effectivement Longin, ils sentirent une extrême répugnance à le faire mourir. Mais le désir qu'il témoignait de souffrir pour Jésus-Christ, et la crainte qu'eux-mêmes avaient d'être maltraités de Pilate, s'ils retournaient sans avoir exécuté ses ordres, les y fit enfin résoudre. Il commanda donc à un serviteur de lui apporter un habit blanc pour solenniser la fête des noces célestes, auxquelles il se voyait invité, puis il exhorta les 2 soldats ses compagnons à la persévérance.
 

Saint Longin aux pieds de la croix de Notre Seigneur.
Bible historiale. Guiard des Moulins. XIIIe.

Ayant été conduit devant le gouverneur et refusant de sacrifier, celui-ci lui fit arracher toutes les dents et couper la langue. Cependant Longin ne perdit pas l’usage de la parole, mais saisissant une hache, il brisa toutes les idoles en disant :
" Si ce sont des dieux, nous le verrons."
Les démons étant sortis des idoles, entrèrent dans le gouverneur et tous ses compagnons. Alors se livrant à toutes sortes de folies, et sautant comme des chiens, ils vinrent se prosterner aux pieds de Longin qui dit aux démons :
" Pourquoi habitez-vous dans les idoles ?"
Ils répondirent :
" Là où le Christ n'est pas nommé ni son signe placé, là est notre habitation."
Or, quand le gouverneur furieux, eut perdu la vue, Longin lui dit :
" Sache que tu ne pourras être guéri qu'après m’avoir tué. Aussitôt en effet que j'aurai reçu la mort de ta main, je prierai pour toi et t'obtiendrai la santé du corps et de l’âme."
 
Et à l’instant le gouverneur lui fit trancher la tête ; après quoi, il alla, près de son corps, se prosterna avec larmes et fit pénitence. Aussitôt il recouvra la vue avec la santé et finit sa vie dans la pratique des bonnes œuvres.
 

Martyr de saint Longin. Vie des saints. R. de Monbaston. XIVe.

Dans la suite, les bourreaux portèrent son vénérable chef à Pilate, qui le fit mettre sur la porte de la ville, pour donner satisfaction aux Juifs ; depuis, on le jeta à la voirie : mais Dieu l'on fit retirer d'une manière miraculeuse. Une femme de Cappadoce, pauvre et aveugle, n'ayant pour consoler son veuvage qu'un fils qui la menait par la main, entreprit le voyage de Jérusalem, pour y prier Notre Seigneur Jésus-Christ de la guérir et de la délivrer des calamités dont elle était accablée ; mais à peine fut-elle arrivée, que son fils mourut et la laissa sans guide et dans une désolation qui ne se peut exprimer. L'ennui dont elle était accablée, l'assoupit enfin et la fit dormir. Durant son sommeil, saint Longin lui apparut et la consola, lui remontrant que les peines que Jésus-Christ avait souffertes pour nos péchés, étaient incomparablement plus grandes que les siennes. Ensuite, il lui commanda d'aller chercher son chef, qui était couvert de fumier, l'assurant qu'en le touchant elle recouvrerait la vue ; il lui promit aussi qu'il lui ferait voir son fils, dont elle pleurait amèrement la perte.

La femme, encouragée par cette vision, se fit conduire à l'endroit qui lui était marqué, et, tirant ce précieux trésor du lieu infect où il était, elle reçut la grâce qui lui avait été promise. La nuit suivante, saint Longin lui apparut encore, et, lui montrant son fils revêtu d'une merveilleuse clarté, il lui dit :
" Ne pleurez plus comme malheureux ceux qui sont couronnés de gloire et qui bénissent éternellement Dieu. Prenez ma tête et ensevelissez-la avec le corps de votre fils, dans un même cercueil, et ne cessez de louer Dieu dans ses Saints."
 
Après cette vision, la pieuse femme prit ce vénérable chef, avec le corps de son fils, et les inhuma honorablement dans un village appelé Sardial, qui était le lieu de la naissance du saint Martyr.
 

Copie très exacte du fer de la Sainte Lance faite sur l'original
qui était conservé à la Sainte-Chapelle. Le fer de la sainte lance a
" évidemment " disparu aux heures tragiques pendant lesquelles
les bêtes féroces révolutionnaires profanèrent tout ce qu'elles
pouvaient trouver de saint. Trésor des Habsbourg. Vienne.

Pour le fer de la lance, dont on dit que saint Longin perça le côté de Notre Seigneur Jésus-Christ, il se gardait religieusement avant la Révolution en France, en la Sainte-Chapelle, à Paris, où le roi saint Louis le mit avec les autres instruments de la Passion, que sa piété lui avait donné moyen de recouvrer de divers endroits de la chrétienté.

Saint Longin est représenté en armes, le casque en tête, l'épée au côté, au pied de la Croix. Plusieurs peintres anciens lui font porter la main gauche à ces yeux, pendant que de la droite, il dirige sa pique vers le corps du crucifié, par allusion à sa guérison corporelle et spirituelle tout à la fois. Il aurait eu les yeux crevés avant sa décollation. Dans la posture de condamné à mort qu'on lui donne, il a donc quelquefois les yeux arrachés. Il passe aussi pour avoir terrassé un dragon : c'est sans doute par allusion à la prédication de l'Evangile qu'il fit dans la Cappadoce.


Le Sacré Coeur transperçé par la sainte lance.

Il porte quelquefois un vase de cristal dans lequel se trouvent 2 ou 3 globules qui s'expliquent comme on va le voir. La ville de Mantoue se glorifiait de posséder, avec le corps de saint Longin, quelques gouttes du sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, recueillies par le Saint qui avait percé son côté. - Le reliquaire du saint sang figure sur plusieurs monnaies anciennes de la cité de Mantoue : la découverte de ce trésor, au commencement du IXe siècle, donna lieu à l'érection d'un siège épiscopal dans cette ville.
 
Saint Longin parait avec cet attribut du reliquaire et des gouttes de sang dans un tableau du Louvre, peint par Jules Romain pour Mantoue.

La mémoire de saint Longin est marquée en ce jour dans le martyrologe romain, comme il parait par la traduction que nous en avons donnée : l'on y voit approuvée l'ancienne tradition, que c'est lui qui perça d'un coup de lance le côté du Sauveur mort, d'où coula du sang et de l'eau, ainsi qu'il est écrit dans saint Jean. Saint Hésychius, prêtre de Jérusalem, a composé son histoire, et les continuateurs de Bollandus en rapportent les Actes tirés d'un ancien manuscrit de la bibliothèque de l'Etat du Vatican.

On trouve à Prague une Rotonde (une chapelle-oratoire) qui est dédiée à Saint Longin.
 

Rotonde-oratoire Saint-Longin à Prague.

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