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dimanche, 09 janvier 2022

9 janvier 2022. Dimanche de L'Epiphanie.

- Dimanche de l'Epiphanie de Notre Seigneur Jésus-Christ ; Sainte Famille.

Extraits de L'année liturgique de dom Prosper Guéranger :


L'adoration des mages. Rogier van der Weyden. XVe.

A LA MESSE

C’est encore la Royauté du divin Enfant que l'Eglise proclame en tête des Cantiques qui doivent accompagner la célébration du saint Sacrifice, en ce Dimanche dans l'Octave de l'Epiphanie. Elle chante le Trône de l'Emmanuel, et s'unit aux concerts des Anges qui célèbrent son empire éternel. Adorons aussi avec les Esprits bienheureux le Roi des siècles, dans son Epiphanie.

INTROÏT



Lorenzo Monaco. XVe.

" Sur un trône élevé, j'ai vu assis un homme ; la multitude des Anges l'adorent, répétant en chœur : C'est lui dont l'Empire est éternel.
Ps. Jubilez à Dieu, habitants de la terre ; servez le Seigneur dans l'allégresse. Gloire au Père. Sur un trône élevé."


COLLECTE

Les vœux que la sainte Eglise exprime au Père céleste dans la Collecte, sont d'avoir part à la lumière de notre divin Soleil, qui seul peut nous révéler la voie où nous devons marcher, et par sa chaleur vivifiante nous donner les forces pour arriver jusqu'à lui.

" Recevez, Seigneur, dans votre céleste bonté, les vœux et les supplications de votre peuple ; et faites que vos fidèles connaissent ce qu'ils doivent faire, et deviennent forts pour accomplir ce qu'ils auront connu. Par notre Seigneur Jésus-Christ."

Mémoire de l'Epiphanie

" Ô Dieu, qui avez manifesté aujourd'hui, par une étoile, votre Fils unique aux Gentils ; faites, dans votre bonté, que nous qui vous connaissons déjà par la foi, nous arrivions un jour à contempler l'éclat de votre gloire. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur.
"

EPÎTRE

Epître du bienheureux Apôtre Paul aux Romains. CHAP. XII.



Joos van Wassenhove. Flandres. XVe.

" Mes Frères, je vous conjure, parla miséricorde de Dieu, de lui offrir vos corps comme une hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, capable d'un culte spirituel. Ne vous conformez point au siècle présent ; mais soyez transformés par le renouvellement de votre esprit, pour reconnaître la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable à ses yeux et parfait. Je vous exhorte donc vous tous, par la grâce qui m'a été donnée, de ne point être sages plus qu'il ne faut être sage ; mais d'être sages avec sobriété, chacun selon la mesure du don de la foi que Dieu vous a départie. Car, comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres, et que tous ces membres n'ont pas la même fonction : ainsi, quoique nous soyons plusieurs, nous ne sommes néanmoins qu'un seul corps en Jésus-Christ, étant réciproquement les membres les uns des autres, en Jésus-Christ notre Seigneur."

L'Apôtre nous invite à faire notre offrande au Dieu nouveau-né, à l'exemple des Mages ; mais l'offrande que désire ce Seigneur de toutes choses n'est pas une offrande inerte et sans vie. Il se donne tout entier, lui qui est la Vie ; en retour, présentons-lui, dans notre cœur, une hostie vivante, sainte, agréable à Dieu, dont l’obéissance à la grâce divine soit raisonnable, c'est-à-dire fondée sur l'intention formelle de s'offrir. Comme les Mages encore qui revinrent dans leur patrie par un autre chemin, évitons tout rapport avec les idées de ce siècle, c'est-à-dire du monde, ennemi secret de notre aimable Roi. Réformons notre vaine prudence sur la divine sagesse de Celui qui, étant la Sagesse éternelle du Père, peut bien, sans doute, être aussi la nôtre. Comprenons que nul ne fut jamais sage sans la foi, qui nous révèle que l'amour doit nous unir tous pour ne former qu'un même corps en Jésus-Christ, participant de sa vie, de sa sagesse, de sa lumière et de sa royauté.

GRADUEL

Dans les chants qui suivent, l'Eglise continue d'exalter l'ineffable merveille du Dieu avec nous, la paix et la justice descendues du ciel sur nos humbles collines.

" Béni notre Seigneur, le Dieu d'Israël, qui seul opère de telles merveilles à jamais.

V/. Que les montagnes de votre peuple soient visitées par la paix ; que les collines reçoivent la justice."

ALLELUIA

" Alleluia, alleluia.
V/. Jubilez à Dieu, habitants de la terre ; servez le Seigneur dans l'allégresse. Alleluia.
"

EVANGILE

Suite du saint Evangile selon saint Luc. CHAP. II.



Adoration des rois mages. Gérard David. Flandres. XVIe.

" Jésus étant âgé de douze ans, Marie et Joseph montèrent à Jérusalem, selon qu'ils avaient accoutumé à cette fête. Comme ils s'en retournaient, les jours de la fête étant passés, l'Enfant Jésus demeura dans Jérusalem ; et ses parents ne s'en aperçurent pas. Mais, pensant qu'il serait avec ceux de leur compagnie, ils marchèrent durant un jour, et ils le cherchaient parmi leurs parents et ceux de leur connaissance. Et ne l'ayant pas trouvé, ils retournèrent a Jérusalem pour l'y chercher. Et il arriva que, après trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Or, ceux qui l'entendaient étaient dans la surprise de sa sagesse et de ses réponses. Lors donc qu'ils le virent, ils furent dans l'étonnement, et sa mère lui dit : Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi envers nous ? Voilà votre père et moi qui vous cherchions tout affligés. Et il leur dit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois vaquer à ce qui regarde le service de mon Père ? Et ils ne comprirent pas cette parole qu'il leur disait. Et il descendit avec eux et vint à Nazareth; et il leur était soumis. Et sa mère conservait dans son cœur toutes ces paroles. Et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce, devant Dieu et devant les hommes."



Albrecht Dürer. XVIe.

C'est ainsi, Ô Jésus, que pour nous enseigner vous êtes venu du ciel La faiblesse de l'enfance, sous les traits de laquelle vous vous montrez à nous, n'arrête point votre ardeur à nous faire connaître le seul Dieu qui a fait toutes choses, et vous, son Fils, qu'il a envoyé. Etendu dans la crèche, d'un seul regard vous avez instruit les bergers ; sous vos humbles langes, dans votre silence volontaire, vous avez révélé aux Mages la lumière qu'ils cherchaient en suivant l'étoile.

A douze ans, vous expliquez aux docteurs d'Israël les Ecritures qui rendent témoignage de vous ; peu à peu vous dissipez les ombres de la Loi par votre présence et par vos paroles. Pour accomplir les ordres de votre Père céleste, vous ne craignez pas d'inquiéter le cœur de votre Mère, en cherchant ainsi des âmes à éclairer. Votre amour pour les hommes transpercera bien plus durement encore ce tendre cœur, au jour où, pour le salut de ces mêmes hommes, Marie vous verra suspendu au bois de la croix, expirant dans toutes les douleurs. Soyez béni, ô Emmanuel, dans ces premiers mystères de votre enfance, où vous apparaissez déjà uniquement occupé de nous, et préférant à la société même de votre Mère ces hommes pécheurs qui doivent un jour conspirer votre mort.

OFFERTOIRE

Pendant l'Offrande, l'Eglise continue de faire entendre les cantiques de joie que lui inspire la présence de l'Enfant divin.

" Jubilez à Dieu, habitants de la terre : servez le Seigneur dans l'allégresse : entrez en sa présence avec des transports de joie ; car ce Seigneur Enfant c'est Dieu lui-même."

SECRETE

" Faites, Seigneur, que le Sacrifice qui vous est offert nous vivifie et nous fortifie à jamais. Par notre Seigneur Jésus-Christ."

Mémoire de l'Epiphanie

" Regardez, s’il vous plaît, d'un œil favorable, Seigneur, les dons de votre Eglise, qui ne vous offre pas de l'or, de l'encens et de la myrrhe, mais Celui-là même qui est figuré par ces présents, et qui maintenant est immolé et donné en nourriture, Jésus-Christ votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec vous.

En distribuant le Pain de vie descendu du ciel, l'Eglise répète les paroles de Marie à son divin Fils : qu’avez-vous fait ? Votre père et moi, nous vous cherchions. Le bon Pasteur, qui nourrit ses brebis de sa propre chair, répond qu'il se doit aux ordres de son Père céleste. Il est venu pour être notre Vie, notre lumière, notre nourriture : voilà pourquoi il quitte tout pour se donner à nous. Mais les docteurs du Temple ne firent que le voir et l'entendre, et nous, dans ce Pain vivant, nous le possédons, et nous goûtons sa douceur."

COMMUNION

" Mon Fils, pourquoi avez-vous agi ainsi envers nous ? Voici votre père et moi qui vous cherchions, tout affligés. — Pourquoi me cherchiez-vous ? ne saviez-vous pas que je dois vaquer à ce qui regarde le service de mon Père ?"

POSTCOMMUNION

La sainte Eglise, qui vient de voir ses enfants ranimés par cette nourriture d'un si haut prix, demande pour eux la grâce de devenir agréables à Celui qui leur donne la preuve d'un si grand amour.

"Nous vous supplions humblement, Dieu tout-puissant, de faire que ceux que vous nourrissez par vos Sacrements, vous puissent servir par une vie et des actes qui vous soient agréables. Par Jésus-Christ notre Seigneur."

Mémoire de l'Epiphanie

" Faites, s'il vous plaît, Dieu tout-puissant, que, par l'intelligence d'un esprit purifié, nous puissions goûter le Mystère que nous célébrons parce solennel service. Par Jésus-Christ notre Seigneur."

9 février. Sainte Apolline, ou Apollonie, vierge et martyre. 249.

- Sainte Apolline, ou Apollonie, vierge et martyre. 249.

Pape : Saint Fabien. Empereur romain : Gordien III.

" La raison et la foi s'accordent à nous faire penser que les saints qui ont plus particulièrement souffert en quelque partie de leur corps ont aussi une compassion particulière pour ceux qui souffrent de la même manière."


Sainte Apolline. Francisco de Zurbaran. XVIIe.

Sainte Apolline ou Apollonie était d'Alexandrie ; au milieu de la corruption générale, elle y passait pour un modèle de vertu et de modestie chrétienne. Cette héroïque jeune fille ne se contenta pas de consacrer au Seigneur ses premières années, sa jeunesse et son existence entière, elle voulut encore lui offrir le sacrifice de sa vie.

L'an 248, sous l'empereur Dèce, une persécution sanglante éclata dans la cité à l'instigation d'un magicien qui détestait les chrétiens et qui attisa de toute son influence la fureur des païens. Cette fureur contre les chrétiens ne connut point de bornes. On pilla les maisons et on exerça contre les personnes les plus horribles violences. Apolline, déjà avancée en âge, loin de prendre la fuite, demeura toujours à Alexandrie, sans craindre la perte de ses biens ni de sa vie, heureuse, au contraire, d'attendre l'occasion de couronner ses vertus par un glorieux martyre.


Piero della Francesca. XVIe.

Un jour, elle fut arrêtée ; les bourreaux se jetèrent sur elle, la frappèrent si rudement avec des cailloux, qu'ils lui rompirent les mâchoires et lui brisèrent les dents ; puis, l'ayant entraînée hors de la ville, ils allumèrent un grand feu, résolus de l'y jeter, si elle ne renonçait pas à Jésus-Christ. La Sainte demanda quelques moments comme pour réfléchir à ce qu'elle devait faire.

Les païens espérèrent un instant qu'elle allait reculer devant l'horrible supplice du feu. Mais Apolline, profitant de cet instant de liberté, s'échappa de leurs mains, et poussée par l'ardeur de l'amour divin qui embrasait son coeur, elle s'élança elle-même impétueusement dans le feu, au grand étonnement de ses bourreaux stupéfaits de voir une fille plus hardie et plus prompte à souffrir la mort qu'eux-mêmes à la lui faire endurer.


Sainte Apolline. Détail d'un retable de Ghirlandaio. XVe.

Eprouvée déjà par différents supplices, cette courageuse martyre ne se laissa pas vaincre par la douleur des tourments qu'elle subissait, ni par l’ardeur des flammes, car son coeur était bien autrement embrasé des rayons de la vérité. Aussi ce feu matériel, attisé par la main des hommes, ne put détruire dans son cour intrépide l’ardeur qu'y avait déposée l’oeuvre de Dieu.

Oh ! La grande et l’admirable lutte que celle de cette vierge, qui, par l’inspiration de la grâce de Dieu, se livra aux flammes pour ne pas brûler, et se consuma pour ne pas être consumée ; comme si elle n'eût pas été la proie du feu, et des supplices! Elle était libre de se sauvegarder, mais sans combat, elle ne pouvait acquérir de gloire. Cette vierge et martyre intrépide de Notre Seigneur Jésus-Christ méprise les délices mondaines, foule par ses mépris les joies d'ici-bas, et sans autre désir que de plaire au Christ, son époux, elle reste inébranlable dans sa résolution de garder sa virginité, au milieu des tourments les plus violents.


Heures à l'usage de Paris. XVe.

Ses mérites éminents la font distinguer au milieu des martyrs pour le glorieux triomphe qu'elle a heureusement remporté. Assurément il y eut dans cette femme un courage viril, puisque la fragilité de son sexe ne fléchit point dans une lutte si violente. Elle refoule la crainte humaine par l’amour de Dieu, elle se saisit de la croix du Christ comme d'un trophée ; elle combat et remporte plus promptement la victoire avec les armes de la foi qu'elle n'aurait fait avec le fer, aussi bien contre les passions que contre tous les genres de supplices.

L'enlumineur, Jean Fouquet, a mis en scène le martyre de sainte Apolline comme un mystère. Un rideau d'arbres doublé d'un clayonnage limite le devant de la scène. Avec des gestes démonstratifs, les bourreaux, sur l'ordre de Dèce, ligotent la martyre, lui immobilisent la tête en tirant ses cheveux et lui arrachent les dents. Tandis qu'un fou, au geste obscène, déambule avec sa marotte, le régisseur, baguette en main, dirige l'ensemble du jeu et les musiciens. Décor et tribunes ferment le théâtre : à gauche le paradis, au centre les spectateurs et à droite, l'enfer.


Martyre de sainte Apolline. Heures d'Étienne Chevalier.
Jean Fouquet. XIVe.

Son corps, comme un holocauste pur et sans tache, fut bientôt dévoré par les flammes, et son âme généreuse et pure s'envola dans les Cieux, l'an 249 de Notre-Seigneur, le 9 février. L'exemple étonnant de sainte Apolline serait répréhensible si elle avait obéi à la précipitation de la nature ; mais l'Église, en l'admettant au nombre des martyrs, nous oblige à croire qu'elle obéit à l'impulsion de l'Esprit divin. Sainte Apolline a toujours été regardée par la dévotion populaire comme secourable contre le mal de dents, sans doute à cause du premier supplice qu'elle avait enduré.

Le courage de cette vierge, allant elle-même au-devant des supplices, est une éclatante condamnation de notre lâcheté au service de Dieu. Daigne nous accorder aussi cette grâce celui qui avec le Père et le Saint-Esprit règne dans les siècles des siècles.

Une église de Rome est sous son invocation et il s'y fait un pélerinage très populaire. Des pélerinages se font aussi en Provence, dans l'Ouest de la France et en particulier en Bretagne.


Heures à l'usage de Bayeux. XVe.

PRIERE

" Quelle ardeur est la vôtre, Ô Apolline ! La flamme du bûcher, loin de vous effrayer, vous attire, et vous y courez comme à un lieu de délices. En face du péché, la mort vous semble douce; et vous n'attendez pas que la main barbare des hommes vous y précipite. Ce courage étonne notre faiblesse ; et cependant le brasier que vous avez préféré à l'apostasie, et qui, dans peu d'instants, devait vous enfanter à un bonheur sans fin, n'est rien auprès de ces feux éternels que le pécheur brave à toute heure, parce qu'il ne les sent pas encore. Il ose défier ces flammes vengeresses, s'y exposer, pour une satisfaction passagère. Avec cela, les mondains se scandalisent des saints ; ils les trouvent exagérés, emportés, fanatiques, parce que les saints voient plus loin qu'ils ne voient eux-mêmes.


Sainte Marguerite et sainte Apolline foulant le démon.
Rogier van der Weyden. Flandres. XVe.

Réveillez en nous, Ô Apolline, la crainte du péché qui dévore éternellement ceux qui meurent avec lui. Si le bûcher qui fut pour vous comme un lit de repos nous semble affreux, que l'horreur de la souffrance et de la destruction serve du moins à nous éloigner du mal qui entraîne les hommes dans cet abîme, du fond duquel, comme parle saint Jean, la fumée de leurs tourments monte dans les siècles des siècles . Ayez pitié de nous, Ô Vierge ! priez pour les pécheurs. Ouvrez-leur les yeux sur les périls qui les menacent. Faites-nous craindre Dieu, afin que nous puissions éviter ses justices, et que nous commencions enfin à l'aimer."

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9 janvier. Saint Julien et sainte Basilisse, mariés, religieux, vierges et martyrs, et leurs compagnons, martyrs. 313.

- Saint Julien et sainte Basilisse, mariés, religieux, vierges et martyrs, et leurs compagnons, martyrs. 313.

Pape : Saint Mechiade. Empereur romain d'Orient : Maximin Daïa II. Empereur romain d'Occident : Constantin Ier.

" Et ecce ego morior !"
" Quel bonheur de mourir !"

1 Reg., XIV, 43.


Saint Julien d'Antioche. Jean Hey ou Jean Pichore.
Heures à l'usage de Rome. XVe.

Avant que de donner quelques éléments de la vie de saint Julien, notons au préalable que nous avons un peu plus de soixante saints portant le prénom de Julien.

Il se peut donner sans difficulté à saint Julien et à sainte Basilisse les quatre titres de mariés, de vierges, de religieux et de martyrs, quoique sainte Basilisse ait fini ses jours en paix et dans la ferveur de la prière : mais elle beaucoup souffert pour Notre Seigneur Jésus-Christ et disposé une infinité de personnes à mourir pour la foi qui lui a valu cette qualité de martyre.

Saint Julien d'Antioche naquit de parents riches qui le voulurent marier. Il fit voeux de rester chaste et d'engager son épouse à le demeurer, ce qu'elle fit aussi. Il choisirent d'ailleurs de ne pas demeurer ensemble.


Sainte Basilisse, associée à saint Julien l'Hospitalier,
avec saint Jacques le Majeur dans une barque.
Eglise Saint-Fuscien et Saint-Gentien. Fléchy. Picardie. XVe.

Leurs parents respectifs étant mort, ils héritèrent tous deux de grands biens qu'ils vendirent pour le soulagement des pauvres et pour fonder chacun des établissements destinés à leur soulagement.
Plusieurs jeunes hommes demandèrent rapidement à venir seconder saint Julien dans ses oeuvres et de même de nombreuses jeunes filles voulurent suivre l'exemple de sainte Basilisse.

Bientôt, Maximin II renouvella, après Dioclétien, la persécution en Orient. L'empereur envoya à Antioche un lieutenant appelé Marcien, homme particulièrement cruel. Il fit comparaître Julien devant son tribunal et ne pouvant le réduire, fit mettre le feu aux quatre coins de la batisse qui servait de maison aux novices. De là ils montèrent au Ciel.

Marcien fit à nouveau comparaître saint Julien. La constance de notre saint fut la même, et avec une grande fermeté, il supporta d'être battu avec des cordes nouées (guérissant au passage un des soldats qui avait reçu accidentellement un coup de corde qui lui avait fait perdre un oeil). Marcien fit ensuite traîner saint Julien dans Antioche, chargé de fers, et le fit tourmenter tout au long du chemin.


Mariage de saint Julien d'Antioche et de sainte Basilisse.
Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Il se trouve que le fils de Marcien, âgé de sept ans, Celse, était avec d'autres écoliers pas les rues d'Antioche. Touché par l'héroïque constance du saint, il s'approcha de lui et lui demanda d'être admis dans la société de Notre Seigneur.

Marcien fit mettre saint Julien et son propre fils dans une basse-fosse afin d'essayer de venir à bout de leur patience. A peine arrivé dans ce lieu, une lumière divine vint les éclairer et l'odeur épouvantable de la fosse se changea en un parfum admirable. Ce fut la cause de la conversion de la vingtaine de gardes que Marcien avait préposé à leur surveillance. Marcien fit ensuite préparer un brasier fait d'huile et de résine afin d'exterminer cette sainte troupe.

Comme des Gentils passaient avec un mort sur le chemin qui menait des geoles au lieu du supplice, Marcien demanda à saint Julien qu'il ressucitât ce mort s'il le pouvait. Saint Julien, après avoir prié le Maître de Vie, le ressucita en effet. Le ressucité dit à l'instant du retour de sa vie terrestre, que Jésus-Christ était bien le seul et vrai Dieu et qu'il emploierait le restant de sa vie à expier ses péchés.

Marcien ne se laissa pas plus toucher par ce miracle que par les précédents. Il fit conduire la troupe au lieu du supplice et on mit le feu au brasier. Aussitôt, ce feu fut changer en une agréable source de raffraîchissement, et Marcien fut obliger de reconduire nos saints en prison.


Miracle de saint Julien d'Antioche. Speculum historiale.
V. de Beauvais. XVe.

Marcien envoya alors son épouse, Marcionille, visiter son fils Celse afin de l'engager à revenir aux idoles. Elle fut tellement touchée par la compagnie de nos saints qu'elle demanda le baptême et Celse fut choisi pour être le parrain de sa mère. Marcien fit alors décorer le temple le plus majestueux temple d'Antioche, dédié à Jupiter, et fit préparer une cérémonie solennelle. Il dit à saint Julien de demander à son Dieu qu'Il lui plût, s'il Lui était possible, de détruire le temple. Aussitôt, la terre souvrit et engloutit le temple et les prêtres de Satan qui étaient là.

Renvoyés en prison, la sainte troupe en fut retirée le lendemain et jetée aux bêtes féroces, qui ne voulurent toucher nos saints que pour les lécher et se faire caresser. Marcien finit par leur faire couper la tête, en même temps que des criminels de droit commun.


Martyre de saint Julien d'Antioche et de ses compagnons.
Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Sainte Basilisse put terminer ses jours, avec les religieuses qui l'entouraient, dans la paix du Seigneur, non sans avoir été tourmentée sa vie durant il est vrai.

La France, et particulièrement, le diocèse de Sens, fut honorée d'avoir le crâne de saint Julien d'Antioche. L'abbaye de Morigny le conservait. Malheureusement, l'invasion des abbés commandataires au XVIIe siècle, encouragée par le petit-fils de l'usurpateur Bourbon Henri de Navarre, produisit la ruine puis l'abandon de cette abbaye.


Tour de Brunehaut et chapelle Saint-Julien. Morigny. Etampois.
Anciennement au diocèse de Sens. Gravure du XVIIIe.

Cette insigne relique se trouve probablement toujours au trésor de la cathédrale de Sens.

Rq : On trouvera des détails intéressants sur ces saintes reliques sur lien suivant : http://www.corpusetampois.com/che-17-fleureau-b10.html 

On lira et méditera avec fruit le magnifique sermon sur saint Julien de saint Jean Chrysostome : http://hodiemecum.hautetfort.com/archive/2011/01/09/saint...

 

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