mardi, 27 octobre 2026
27 octobre. Saint Elesbaan, roi d'Ethiopie. 523.
- Saint Elesbaan, roi d'Ethiopie. 523.
Papes : Saint Homisdas (523 +) ; Jean Ier. Empereur romain d'Orient : Justin Ier.
" Un Chrétien doit comprendre qu'il doit accomplir son titre par les bonnes oeuvres plutôt que par le nom."
Saint Augustin.

Saint Elesbaan, roi d'Ethiopie, sur le commandement de l'empereur
Justin, va porter la guerre contre l'usurpateur Danaan et libérer
ainsi les Chrétiens yéménites persécutés par cette bête féroce.
Chronique historique. Manuscrit du XIXe.
Les Ethiopiens Axumites, dont les possessions s'étendaient depuis la côte occidentale de la mer Rouge jusque fort avant dans le Continent, étaient un peuple très florissant au 6ème siècle. Le roi, qui les gouvernait sous l'empereur Justin l'Ancien, se nommait Elesbaan. Ce prince, dans toutes ses actions et dans toutes ses entreprises, ne se proposait d'autre but que le bonheur de ses sujets et la gloire de Dieu. Quelques auteurs prétendent qu'il avait été converti de l'idolâtrie au Christianisme. Quoi qu'il en soit, ses vertus montrèrent combien une nation est fortunée lorsqu'elle a des maîtres qui ont su s'affranchir de l'esclavage des passions. Si Elesbaan prit les armes, ce ne fut que pour défendre la cause de la justice, et il fit servir la victoire au triomphe de l'une et de l'autre.
Les Homérites, parmi lesquels il y avait un grand nombre de Juifs, habitaient sur la côte orientale de la mer Rouge, au Yemen. Ils étaient gouvernés, dans le temps dont nous parlons, par Dunaan ou Danaan, que les Syriens et Arabes appelent Dsunowa. C'était un Juif qui s'était emparé du pouvoir. La haine qu'il portait au Christianisme le rendit persécuteur des amis du Christ. Il bannit en 526 saint Grégence, Arabe de naissance, et archevêque de Taphar, métropole du pays.

Saint Elesbaan. Psautier éthiopien d'Abbadie. Vers 1450.
Il fit décapiter saint Aréthas avec 4 autres Chrétiens (nommé au 27 juillet) qui avaient confessé généreusement la Foi. Saint Aréthas, nommé aussi Harith ou Haritz, était gouverneur de la ville de Nagran, l'ancienne capitale du Yémen. Non seulement il refusa de sauver sa vie en apostasiant, mais il exhorta tous les autres Chrétiens à rester fidèlement attachés à Dieu. On l'enleva de la ville, et on le conduisit sur le bord d'un ruisseau, où il fut exécuté en 523.
Duma, ou plutôt Reuma ou Remi, sa femme, et ses filles souffrirent également la mort pour la même cause. On les honore comme martyrs, avec 340 autres Chrétiens que Dunaan condamna aussi à mort. Ils sont nommés au 24 octobre dans les calendriers d'Occident et d'Orient ainsi que dans celui des Moscovites.
L'empereur Justin, dont les Chrétiens persécutés avaient imploré la protection, engagea saint Elesbaan à porter ses armes dans l'Arabie et à chasser l'usurpateur. Ce prince zélé déféra aux justes désirs de l'empereur ; il attaqua et défit le tyran. Mais il usa de la victoire avec beaucoup de modération. Il rétablit le Christianisme, rappela saint Grégence, et fit rebâtir l'église de Taphar. Il mit sur le trône Abraamius ou Ariat, Chrétien fort zélé, qui se conduisit par les conseils de saint Grégence. Ce saint évêque eut une conférence publique avec les Juifs, où la vraie Foi triompha. Il écrivit aussi contre les vices un livre que nous avons encore en grec, et qui est dans la bibliothèque impériale de Vienne. Il mourut le 19 décembre 552.

Notre Dame et son divin Fils. Psautier éthiopien d'Abbadie. Vers 1450.
Saint Elesbaan, suivant Baillet, ne fut pas plus tôt de retour dans ses Etats, qu'il abdiqua la couronne. Mais on lit dans la légation de Nonnus, qu'il régnait à Axuma, capitale de l'Ethiopie, plusieurs années après la guerre dont nous venons de parler. Ce bon prince, dégoûté enfin du monde, laissa le gouvernement à son fils, qui fut héritier de son zèle et de sa piété.
Il envoya son diadème à Jérusalem ; puis, s'étant déguisé, il sortit de la ville pendant la nuit, et alla se renfermer dans un monastère situé sur une montagne déserte. Il n'emporta avec lui qu'une coupe pour boire et une natte pour se coucher. Il ne vécut plus désormais que de pain, auquel il joignait de temps en temps quelques herbes crues. L'eau devint son unique boisson. Il voulut être traité comme les autres frères, et il était toujours le premier aux différents exercices. Il n'eut plus de communication avec les personnes du monde, afin de se livrer tout entier à la prière et la contemplation. Il est nommé en ce jour dans le martyrologe romain.
On le représente quelquefois comme solitaire, agenouillé devant une croix, et la couronne à terre près de lui.
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lundi, 26 octobre 2026
26 octobre. Saint Evariste, pape et martyr. 105.
- Saint Evariste, pape et martyr. 105.
Papes : Saint Clément Ier (prédécesseur) ; saint Alexandre Ier (successeur). Empereur romain : Trajan.
" L'espérance est, au milieu des maux de la vie, un gage de consolation."
Saint Innocent III.

Saint Evariste, pape. Bréviaire romain. Clermont-Ferrand. XVe.
Tandis que Jean le bien-aimé voyait enfin venir à lui le Seigneur et quittait pour le ciel son séjour d'Ephèse, Rome, sous Evariste, achevait d'arrêter les dispositions du long pèlerinage qui ne se terminera pour elle qu'au dernier des jours.
La période bénie des temps apostoliques est définitivement close ; mais la Ville éternelle accroît sans fin son trésor de gloire. Le pontificat nouveau voit la vierge Domitile cimenter dans le sang des Flavii, par son martyre, les fondations de cette Jérusalem qui remplace la première, détruite par les siens.
Puis c'est saint Ignace d'Antioche, apportant " à l'Eglise qui préside dans la charité " (Ignat. Epist. ad Romanos.) le témoignage suprême ; " froment du Christ ", la dent des fauves du Colisée donne satisfaction à son désir et fait de lui " un pain vraiment pur " (Ibid.).
Le successeur de saint Anaclet sur le trône de saint Pierre (83 - 96) fut élu pendant que la seconde persécution générale sévissait avec le plus de fureur. Domitien ne sut pas sans doute que le pontificat chrétien se perpétuait ainsi dans l'ombre des catacombes. La main de Dieu allait bientôt s'appesantir sur ce prince impie.

Saint Evariste ordonne deux diacres. Gravure du XVIIIe.
Evariste, né en Grèce, d'un père juif nommé Juda, de la cité de Béthléem, siégea treize ans, six mois et deux jours, sous les règnes de Domitien, de Nerva et de Trajan, depuis le consulat de Valens et Veter (96), jusqu'à celui de Gallus et Bradua (108).
Ce pontife partagea entre les prêtre les titres de la ville de Rome. Il établit par une constitution sept diacres qui devaient assister l'évêque et lui servir de témoins authentiques. En trois ordinations célébrées au mois de décembre, il promut six prêtres, deux diacres et cinq évêques destinés à diverses Eglises.
Ce fut aussi saint Evariste qui interdit, sauf cas très exceptionnel, qu'un autel - a fortiori un maître-autel - fût fait de bois.
Saint Evariste recut la couronne du martyre. Il fut enseveli près du corps du bienheureux Pierre, au Vatican, le 6 des calendes de novembre (25 octobre 108). Le siège épiscopal demeura vacant dix-neuf jours.
Une épée et une crêche, tels sont les attributs de saint Evariste dans l'art populaire. L'épée parce qu'il fut décapité, la crêche parce que, son père étant Juif de Béthléem, on a imaginé - et peut-être était-ce vrai - qu'il était né près de l'endroit où était né Notre Seigneur Jésus-Christ.
PRIERE
" Vous êtes le premier des Pontifes à qui l'Eglise se trouva confiée, quand disparurent les derniers de ceux qui avaient vu le Seigneur. Le monde maintenant pouvait dire, sans aucune restriction : " Si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus désormais de cette sorte "(II Cor. V, 16.).
L'exil devenait plus absolu pour l'Epouse ; et à cette heure, qui n'était pas sans périls ni angoisses, c'était vous que l'Epoux daignait charger de lui apprendre à poursuivre seule sa route de foi, d'espérance et d'amour.
Vous sûtes justifier l'attente de l'Homme-Dieu. Reconnaissance spéciale vous est due de ce chef par la terre, Ô Evariste, comme spéciale sans doute est aussi votre récompense. Veillez toujours sur Rome et sur l'Eglise. Enseignez-nous " qu'il faut savoir jeûner ici-bas, se résigner à l'absence de l'Epoux " (Matth. IX, 15.) quand il se dérobe, et ne l'en servir pas moins, et ne l'en aimer pas moins " de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces, de tout notre esprit " (Luc. X, 27.), tant que dure ce monde et qu'il lui plaît de nous y laisser."
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