22.07.2007
22 juillet. Saint Jean Cassien, ermite en Egypte puis prêtre. 433.
- Saint Jean Cassien, ermite en Egypte, puis prêtre, fondateur de l'abbaye Saint-Victor à Marseille. 433.
" Les ouvrages de Cassien ont immortalisé son nom, et sont restés au premier rang des codes de la vie monastique."
Montalembert.

Saint Jean Cassien.
Jean Cassien, prêtre, fondateur et abbé du célèbre monastère de Saint-Victor, à Marseille, naquit vers 350, selon les uns en Egypte, selon les autres en Scythie, suivant le plus grand nombre dans les Gaules. Il s'accoutuma, dès sa jeunesse, aux exercices de la vie ascétique, dans un monastère de Bethléem.
La haute réputation de sainteté qu'avaient les solitaires qui habitaient les déserts de l'Egypte l'engagea, vers l'an 390, à aller les visiter. Il fut accompagné par Germain, son parent et son compatriote. Frappés l'un et l'autre des beaux exemples de vertu qu'ils avaient sous les yeux, ils passèrent plusieurs années dans la solitude de Scété et dans la Thébaïde. Ils allaient nu-pieds comme les moines du pays, étaient pauvrement vêtus, et n'avaient pour subsister que le travail de leurs mains. Leur vie était fort austère, et ils mangeaient à peine par jour 2 pains de 6 onces chacun.

Petite crypte dite aussi " confessional de saint Lazare ". Abbaye Saint-Victor. Marseille.
En 403, ils se rendirent tous deux à Constantinople, et y entendirent les instructions que faisait saint Jean Chrysostome. Cassien fut ordonné diacre et employé au service de l'église de cette ville. Le saint archevêque ayant été exilé, Cassien et Germain allèrent à Rome. Ils étaient, au rapport de Pallade, porteurs des lettres dans lesquelles le clergé de Constantinople prenait la défense de son pasteur persécuté. Cassien fut élevé au sacerdoce dans l'Occident, après quoi il se retira à Marseille, où il fonda, vers 413, deux monastères, l'un pour les hommes et l'autre pour les femmes.
Saint-Victor de Marseille (Sanctus Victor Massiliensis) est une très-ancienne et illustre abbaye qui passera quelques siècles après à l'Ordre de Saint-Benoît, double, comme nous venons de le faire remarquer. Celui des hommes fut bâti dans le lieu où était anciennement " la Confession " ; celui des femmes fut consacré sous le titre de Saint-Sauveur.
L'église du premier était appelée Basilique des Apôtres Pierre et Paul. L'église inférieure, ou la petite église, était dédiée en l'honneur de la Sainte Vierge et de saint Jean-Baptiste.
Cet antique monastère, après avoir été tour à tour dévasté par les Vandales, les Normands et les Sarrasins, fut reconstruit, vers l'an 1040, par les soins de Pans II, évêque de Marseille.
On conservait, dit-on, dans l'église inférieure, la croix de saint André, enchâssée d'abord dans du fer, puis dans de l'argent, et qui avait été révélée par un Ange au sacristain saint Hugues, après avoir été enfouie sous terre, près de la rivière de la Veaune, par crainte des Sarrasins.
Abbaye de Saint-Victor. Marseille.
Les rois de France, Pépin, Charlemagne, Louis le Pieux et Lothaire, ainsi que les évêques et les vicomtes de Marseille, enrichirent tour à tour l'abbaye de Saint-Victor de biens, de dignités et de priviléges. Mais sa principale gloire est d'avoir été la mère d'une multitude d'autres monastères, même hors des Gaules. L'observance régulière s'y étant maintenue florissante, les abbayes qui avaient besoin de réforme étaient soumises au régime des abbés de Saint-Victor. Aujourd'hui il reste encore de cet antique monastère une église et quelques autres débris que l'on contemple avec un religieux respect.
Ce fut dans le cloître que le bienheureux Cassien composa ses Conférences spirituelles et ses autres ouvrages. Il mourut en odeur de sainteté, vers l'an 533. On voyait à Saint-Victor de Marseille un ancien tableau qui le représentait. Sa tête et son bras droit, renfermés dans des châsses, y étaient exposés à la vénération publique, en conséquence d'une permission accordée par le pape Urbain V. Le reste de son corps était sous une tombe de marbre qui se voyait dans une chapelle souterraine. La même église, par un privilège spécial, honore Cassien le 23 de juillet.
Rq : Quelques écrits de saint Jean Cassien :
http://membres.lycos.fr/orthodoxievco/ecrits/peres/cassie...
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20.07.2007
20 juillet. Saint Wulmer, fondateur de l'abbaye de Samer au diocèse d'Arras. 689.
- Saint Wulmer (ou Wilmer ou encore Wilmar), fondateur de l'abbaye de Samer au diocèse d'Arras. 689.
" C'est ravir une belle proie au monde que de travailler à s'arracher de lui."
S. Eus. Emiss., serm. de Castigat.
Au commencement du VIIe siècle de l'ère Chrétienne, sur le territoire du Boulonnais, et dans un lieu nommé " Sylviacum ", aujourd'hui " Samer " (Pas-de-Calais), naquit de parents Chrétiens et nobles un homme que ses vertus éclatantes et sa sainteté admirable devaient placer au rang des Saints. Walhert et Dude, ses parents, avaient encore un autre fils, auquel ils avaient donné le nom de Wamer.
La jeunesse du Saint se passa dans la résidence féodale de ses pères, au milieu des occupations toutes barbares encore des anciens Francs. Mais Dieu, dont les secrets sont impénétrables, se sert de toutes sortes de moyens pour parvenir à ses fins : comme il avait dessein de couronner un jour Wilmar d'une gloire immortelle, il l'humilia d'abord pour l'élever ensuite à ce haut degré d'honneur.
Le jeune franc rechercha en mariage une noble fille nommée Osterhilda, ignorant qu'elle avait été promise à Wilmer, un de ses compatriotes. Il était au moment de voir ses voeux accomplis, quand, en vertu du droit des fiançailles, son rival recourut au roi des Francs.
Celui-ci le soutint dans ses prétentions, et, sur son ordre, Wilmar dut renoncer à celle que son coeur avait choisi. Froissé dans ses plus tendres affections, le jeune homme prit en dégoût le monde, qui s'ouvrait à lui avec de telles déceptions; et, brisant tout ce qui pouvait encore l'attacher à la vie du siècle, il résolut de se consacrer à Dieu dans la nuit et l'obscurité du cloître.
Ainsi donc, la Providence l'humilia aux yeux du monde, pour l'exalter à la vue des Anges, s'emparer entièrement de son coeur et l'attirer plus fortement au service de Jésus-Christ.
Wilmar partit sur-le-champ et se rendit en Hainaut, vers le monastère de Hautmont, où l'abbé le reçut avec la plus grande bienveillance (642). A peine fut-il revêtu des livrées du Seigneur, que l'on put remarquer en lui un changement extraordinaire.
Ce n'était plus ce barbare au regard fier et audacieux, ce courtisan assidu de son prince ; cet homme qui avait de vaines complaisances pour le siècle. Prosterné aux pieds des autels du Christ, son véritable roi et son maître, il apprenait à mourir aux choses de la terre. C'était alors qu'il pouvait dire, avec le grand Apôtre : " Le monde est crucifié au fond de mon coeur, et je le suis au monde ".

Eglise Saint-Martin de Samer. Boulonnais.
Voilà quels durent être les sentiments de Wilmar nouvellement converti ; mais ce n'était que le commencement d'un changement si heureux. Pour éprouver le jeune novice, et voir si sa vocation venait d'en haut, l'abbé s'appliqua d'abord à lui faire pratiquer les vertus les plus difficiles : l'humilité de Jésus-Christ, le mépris de soi-même, et le renoncement à sa propre volonté.
Il avait bien compris qu'à l'ombre du cloître il n'était plus question de rang ou de condition, que là il n'y avait plus de pauvre ni de riche, de serf ni de suzerain ; parce qu'entre l'âme de l'esclave et celle de l'homme libre, il n'y a point de différence devant Dieu. Aussi, soumis et obéissant à ceux qui devaient le guider dans la voie du salut, pratiquait-il avec bonheur les conseils les plus sublimes de la perfection évangélique.
Son supérieur lui donna la conduite des boeufs et lui confia le soin d'aller chercher tout le bois nécessaire pour les besoins du monastère. Wilmar s'acquitta de ces pénibles fonctions avec tant de joie et de ferveur, que toute la communauté en fut extrêmement édifiée.
Son zèle alla plus loin encore ; car, se levant la nuit et entrant doucement dans la grande chambre du dortoir, il enlevait les chaussures des frères, pour les nettoyer. L'abbé, à qui ceux-ci donnèrent connaissance du fait, fut fort édifié de tant de simplicité de coeur et de charité. Voulant en connaître l'auteur, il veilla lui-même secrètement, et parvint à le découvrir. Wilmar, en effet, s'étant approché de la cellule de son supérieur, pour lui rendre furtivement le même service, fut aussitôt saisi par la main, et reçut l'ordre de déclarer à l'instant qui il était. Interdit et confus à celte demande, mais pressé par l'obéissance qu'il devait à son supérieur, le serviteur de Dieu répondit à regret qu'il était ce jeune homme venu des bords de la mer, et à qui il avait donné depuis quelque temps le saint habit de la religion.
L'abbé, heureux de voir tant de modestie dans un si jeune religieux, lui dit : " Allez, mon fils, faites ce que vous souhaitez ". C'était l'autoriser à continuer son humble et pieux exercice. Toutefois, pour ne pas offenser sa modestie, il ne révéla cette action qu'après le départ de Wilmar.
Telles étaient donc chaque jour les occupations par lesquelles l'athlète du Christ s'exerçait à la pratique des vertus chrétiennes, dans l'abbaye de Hautmont. Mais le Ciel, qui avait sur lui des vues plus grandes, et qui voulait le réserver pour la conduite des âmes et la fondation d'un nouveau monastère, ne permit pas qu'il restât plus longtemps chargé de ces humbles fonctions. L'Esprit-Saint, qui s'était fait de cet homme un temple choisi, lui inspira la pensée de se livrer à l'étude des lettres, afin de le mettre à même de rendre de plus grands services à l'Eglise de Dieu. Wulmer, docile à l'inspiration de la grâce, se fit initier par les frères à cette étude, dont il ignorait même les premiers principes. Sans se relâcher en rien de son exactitude à accomplir les autres travaux qui lui étaient imposés, il donnait à ce nouveau genre d'occupation tout le soin dont il était capable.
Un jour cependant, selon son habitude, conduisant son chariot dans la forêt voisine, il marchait devant ses boeufs, tenant en main ses tablettes et étudiant avec ardeur. La méditation profonde dans laquelle il était plongé l'absorbait tellement, que son chariot s'arrêta sans qu'il s'en aperçût. Après avoir ainsi cheminé seul quelque temps, il tourna instinctivement la tête, et vit ce qui lui était arrrivé. Alors, comprenant l'avertissement qui lui venait d'en haut, il retourne sur ses pas, ramène son attelage, et s'occupe uniquement du labeur qui lui était confié. L'abbé, ayant appris le fait, et reconnaissant l'impossibilité d'allier ensemble le travail des mains et celui de l'esprit, donna à un autre le soin d'aller chercher le bois, et ordonna à Wilmar de s'appliquer exclusivement à l'étude des lettres. Les progrès rapides qu'il fit en peu de temps, ainsi que les bons exemples qu'il donnait à la communauté, par son humilité et sa douceur, engagèrent l'abbé à l'élever à la dignité sacerdotale.
Quand, prosterné sur les dalles du sanctuaire, le front incliné sous la main du pontife consécrateur, Wilmar se releva prêtre, il sentit tout le poids du fardeau que cette dignité faisait peser sur lui. Le grand honneur et le profond respect que sa sainteté lui attirait de la part des frères, effrayait son humilité.
Dès ce moment, une résolution sublime fut prise par Wilmar. Le silence du cloître, l'abnégation de la vie cénobitique, ne suffisaient plus à son âme. Consacré désormais au service de Jésus crucifié, il sentait le besoin de se retremper dans une vie plus dure et plus solitaire. C'est pourquoi il pria fortement son abbé de lui permettre de se retirer dans quelque affreuse solitude, pour ne penser qu'à Dieu seul et y vivre inconnu de tous. Sa vertu et son mérite lui firent obtenir facilement ce qu'il souhaitait avec tant d'ardeur. Aussi, après s'être prosterné aux pieds de son supérieur pour recevoir sa bénédiction, il partit emportant les regrets de tous les religieux.
Le Seigneur, dans ses desseins merveilleus pour l'accroissement de son Eglise et la civilisation des peuples, inspirait aux hommes de ce temps le désir de fonder partout de nombreux monastères. Les immenses forêts qui couvraient alors la surface de la France furent ainsi peu à peu défrichées : l'abbaye devint partout un centre de population, quand elle ne donna pas naissance à une cité, à une capitale. Saint Wilmar, guidé par l'Esprit de Dieu, se dirigea alors vers les contrées boisées de la Flandre, n'emportant avec lui que les objets nécessaires au saint sacrifice, et une hache pour se frayer une route dans l'épaisseur des bois. Dès qu'il fut arrivé dans ces forêts, il se cacha dans le creux d'un chêne (Le village d'Ecke, dans les environs d'Hazebrouck, conserve le souvenir du séjour de saint Wilmar. Ecke, en flamand, signifie " chêne ") , où il jeûna 3 jours et 3 nuits, aspirant en longs désirs l'éternelle félicité, et dévoilant à Dieu les dernières craintes de son âme.
Mais le Seigneur, qui n'abandonne jamais les siens dans le besoin, prit soin de ce noble reclus, de cet illustre pénitent. Apparaissant en songe à un homme de qualité qui vivait près de là, il lui dit : " Vous vous préparez des mets délicieux et des vins exquis, pendant que mon serviteur Wilmar meurt de faim, dans le creux d'un arbre où il s'est caché ".
Celui-ci fut extrêmement surpris d'entendre un tel langage ; il en eut une frayeur si grande, qu'il communiqua sa vision à son épouse. Cette dame, dont la vertu était plus grande encore que la noblesse, l'engagea fortement à ne pas différer d'obéir à la voix qui lui avait parlé. Elle-même mit avec joie la main à l'oeuvre, et prépara sur-le-champ quelque nourriture pour le serviteur de Dieu. Puis, elle pressa son mari de partir, pour aller soulager cet illustre solitaire ; mais, ne connaissant ni la forêt ni la retraite de celui que la voix mystérieuse lui avait annoncé, ce seigneur était dans un grand embarras. Montez sur votre coursier, lui dit la noble et pieuse dame, et celui qui a parlé vous conduira.
Alors, persuadé par les conseils de son épouse, il sortit de sa demeure et se confia à la Providence.
Après avoir traversé la plaine, sa monture, se dirigeant vers la forêt voisine, s'avança jusqu'au plus épais du bois. Là, il entendit une voix qui chantait les louanges de Dieu.
" Est-ce vous, s'écria-t-il, qui êtes le serviteur de Jésus-Christ ? Est-ce vous que le Seigneur m'a ordonné de chercher ?"
Surpris de se voir découvert, Wilmar répondit :
" Vous me demandez si je suis le serviteur de Jésus-Christ ? Hélas ! que puis-je vous répondre ? Je suis un criminel, qui fait pénitence de ses fautes, et un pauvre inconnu, qui est bien éloigné de la qualité glorieuse que vous lui donnez."
Ce noble chevalier attendri lui exposa alors le motif de sa démarche, le priant de descendre pour prendre la nourriture que le Ciel lui envoyait. Le Saint se vendit à ses désirs.
Après que Wilmar eut pris sa réfection, le gentilhomme, cédant aux inspirations de l'Esprit-Saint, lui dit :
" Puisque vous faites profession d'être le serviteur de Dieu, travaillez donc aux intérêts de sa gloire. Venez sur mes terres instruire mes nombreux vassaux; je vous donnerai une partie de mon héritage, où vous pourrez bâtir une cellule et conquérir des âmes à Jésus-Christ."
Le saint fit d'abord de grandes difficultés, pour quitter sa chère solitude. Cependant il céda aux instances du pieux gentilhomme, et lui dit :
" Retournez en votre demeure, et demain venez me prendre, je ferai tout ce que vous désirez."
Le jour suivant, selon sa promesse, Wilmar suivit son généreux bienfaiteur, et reçut de cet homme fidèle un emplacement convenable pour la construction d'une église. Ses bons exemples, ses prédications continuelles, firent la plus grande impression sur les habitants de ce pays. Le succès en fut tel, que le chevalier lui confia son propre fils, pour l'instruire et l'élever dans les choses qui regardent le service de Dieu. Bien plus, voyant qu'il opérait les plus grands prodiges de conversion, dans toute l'étendue de son domaine, il lui donna tous les biens qu'il possédait, exemple qui fut bientôt suivi par 2 de ses frères et quelques autres seigneurs du même pays.
Mais là n'était pas le terme que le Seigneur avait fixé à la carrière de Son serviteur. Il est des peuples auxquels le divin Pasteur des âmes dispense Ses grâces avec plus de largesses, ses bienfaits avec plus d'abondance. La plus grande partie des bénédictions que le Ciel semait sur les pas d'un si grand saint devait revenir de droit à la Morinie, qui lui avait donné naissance. Aussi l'Esprit de Dieu, qui dispose toutes choses pour la plus grande gloire de l'Eglise, inspira-t-il à Wilmar la résolution de se soustraire encore au commerce des hommes et de s'enfoncer de nouveau dans les bois les plus solitaires.
S'apercevant qu'on le respectait et qu'on le considérait beaucoup, à cause des nombreux miracles que Dieu opérait par son ministère, il songea de nouveau à la retraite. " Wilmar, Wilmar, se disait-il, toi qui te fais gloire d'être disciple de Jésus-Christ, ne t'attache point à ce monde, ni la vaine estime des hommes. Le Maître te dit qu'il a vécu inconnu au monde, car il est écrit : Il était dans le monde, et le monde a été fait par Lui, et le monde ne L'a point connu."
Aussi, fuyant les louanges et les honneurs dont il était entouré, il vint se cacher dans cette vaste étendue de forêts, qui couvrait toute la contrée actuellement comprise entre Desvres et Tingry, et qui, alors, faisait partie des possessions territoriales de ses pères.
Heureux dans cette retraite, qui pour lui était le vestibule du Ciel, heureux d'être mort pour le monde et d'ouvrir son âme aux contemplations de la solitude et aux visins de la Cité Sainte, Wilmar vivait dans le calme et le repos du coeur. Sa prière continuelle, ses jeûnes assidus, les mortifications sans nombre qu'il pratiquait, montaient sans cesse, comme un encens d'agréable odeur, vers le trône de l'Agneau. Mais Dieu, qui le destinait à de plus grandes choses, ne le laissa pas longtemps livré à lui-même.
Pendant que, retiré dans une cabane qu'il s'était bâtie, il se livrait à ces pieux exercices de pénitence, il arriva qu'un jour son frère, allant à la chasse, le rencontra sans le reconnaître; mais, étonné de voir un si vénérable solitaire, établi dans son domaine, sans qu'il l'eût appris, il lui demanda qui il était, d'où il venait, qui lui avait permis d'habiter les terres de sa seigneurie. A ces questions le Saint répondit, non sans quelque émotion, qu'il était un pauvre pécheur qui se cachait pour faire pénitence, et qu'il le priait, au Nom de Dieu, dont il était le ministre, de vouloir bien le garder dans son domaine.
" Seigneur, Lui dit-il, priant Dieu pour les hommes, je me nourris des herbes qui croissent dans vos bois, j'étanche ma soif aux ruisseaux qui y coulent, et n'ai point d'autre lit que la terre : Ayez donc la bonté de me laisser où le Ciel m'a conduit."
Wamer, que cette réponse ne satisfaisait pas, le pressa plus vivement de lui dire qui il était. " Puisque vous attachez tant d'importance, lui dit le solitaire, à savoir qui je suis, il faut céder à vos instances et à la violence que vous me faites ; sachez donc que je suis né en ces lieux, que je m'appelle Wilmar."
Wamer interdit se jeta dans ses bras, et l'engagea à retourner avec lui dans la demeure de ses ancêtres. Mais le solitaire fut inflexible, et, malgré tout le bonheur qu'il aurait eu à revoir une mère inconsolable depuis son départ, il refusa d'accéder à sa demande.
Wamer, de retour, apprit à la noble châtelaine l'arrivée de Wilmar dans ses bois et l'entretien qu'il avait eu avec lui. Aussitôt celle-ci, transportée d'une joie indicible, lui ordonna de porter à son frère toutes les choses dont il pouvait avoir besoin. Wamer partit sur-le-champ, mais ne trouva plus le solitaire dans l'endroit où il l'avait laissé. Alors il se mit à parcourir la forêt, en faisant tout retentir du nom de Wilmar, qui vint avec bonté à la rencontre de son frère.
Après avoir pris avec lui quelque nourriture, le grand saint saisit cette occasion de l'entretenir de l'obligation indispensable qu'il avait de travailler au grand ouvrage de son salut. Il lui parla de la soumission respectueuse qu'il devait avoir pour la loi de Dieu, et le toucha tellement que Wamer sortit de cette entrevue tout pénétré des vérités que son bienheureux frère venait de lui dévoiler. Souvent il revint goûter cette nourriture spirituelle de la parole sainte, que le serviteur de Dieu dispensait avec tant de suavité.
D'autres, à son exemple, voulurent être instruits dans la foi de Jésus-christ, et se rendirent auprès de Wilmar. Mais le Saint, qui avait besoin d'un temps spécial pour se livrer à la prière et à la contemplation, résolut de régler les moments où il pourrait, sans trop quitter sa solitude, leur prêcher les sublimes préceptes du saint Evangile ; et, pour épargner à ses auditeurs l'embarras de la chercher dans la forêt, il attacha à un arbre voisin une tablette et un maillet de bois.
" Quand vous voudrez, leur dit-il, que je vienne auprès de vous, frappez sur cette tablette : à ce signal connu, je me rendrai à vos pieux désirs."
Cependant, de tous côtés, riches et pauvres, seigneurs et vassaux, se pressent autour de sa cellule ; tous veulent apprendre à devenir les imitateurs de sa vie et les copies fidèles de sa pénitence. Pour satisfaire au saint empressement avec lequel plusieurs d'entre eux aspiraient à devenir les compagnons de ses travaux dans-le service de Dieu, le saint bâtit quelques cellules, où il pourrait s'exercer avec eux à la pratique des vertus monastiques ; et, après avoir éprouvé leur vocation, il les revêtit de l'habit religieux.
Sous la conduite d'un tel maître, ils devinrent en peu de temps de dignes serviteurs de Jésus-Christ ; et bientôt il les envoya prêcher partout dans les domaines et les dépendances du château de son père. Leurs discours étaient si animés, leurs paroles si pleines d'éloquence et de foi, et en même temps si bien soutenues par la sainteté de leur vie, que les habitants abandonnèrent le sentier de l'erreur ; et, guidés par la Lumière Céleste, s'avancèrent avec plus d'assurance dans la voie droite du Salut.
Par suite de ces prédications, la foule de ceux qui désiraient se placer sous la direction de Wilmar s'accrut de jour en jour, à tel point que la chapelle et les cellules qu'il avait bâties n'étaient plus suffisantes pour les contenir. Le pieux abbé forma le dessein de construire un monastère plus vaste et plus en rapport avec le nombre de ses religieux. Il mit aussitôt la main à l'oeuvre, et plaça sous le patronage de la Reine des anges et des apôtres Pierre et Paul la nouvelle abbaye que la munificence des peuples lui permit d'achever en peu de temps.
Sur ces entrefaites, Ceadwalla, roi de Wessex, en Angleterre, traversait la Morinie, pour se rendre auprès du pape de Rome et recevoir de sa main le sacrement de baptême. Ayant appris le rare mérite et la sainteté de Wilmar, il voulut le voir, et recueillir de sa bouche quelques instructions propres à le guider dans la voie du Salut et à le fortifier dans une aussi pénible et aussi glorieuse entreprise.
Wilmar répondit à l'honneur que lui faisait ce monarque, d'une manière si grave, si noble et si digne de la religion, que ce prince lui offrit d'immenses trésors pour achever son monastère. Mais le saint abbé les refusa, montrant autant de modestie et de générosité, que le monarque avait déployé de libéralité et de magnificence. Cependant, sur les instances réitérées du royal néophyte, il accepta 30 sous d'or, qui devaient être employés à la décoration de sa basilique. Le prince prit alors congé de l'homme de Dieu ; et, arrivé heureusement à Rome, il fut baptisé, la veille de Pâques, dans l'église de Saint-Pierre (688).
Au milieu de toutes ces nouvelles institutions, Wilmar voulait encore donner à Dieu des servantes fidèles et affectionnées à son service, et une retraite aux saintes filles qui, abandonnant la vie du siècle, voulaient se consacrer entièrement au service du Seigneur. C'est pourquoi il éleva, dans un village appelé Wileria (Wierre-aux-Bois), un monastère de femmes, dont il confia le soin à sa nièce Bertane ou Heremberthe.
En choisissant la fille de son frère, Wilmar ne se laissa point déterminer par des considérations de parenté : il ne fit que rendre justice à la piété et à la vertu. La soeur montra qu'il ne s'était pas trompé, car Heremberthe se conduisit avec tant de sagesse, qu'elle devint le parfait modèle de ses soeurs, et mérita, après sa mort, d'être glorifiée éternellement dans le Ciel.
Ranimant leur foi et leur courage par l'exemple de ses vertus et par ses vives exhortations, le saint contribua beaucoup au Salut de ces pieuses filles. Si quelquefois les aliments venaient à leur manquer, il les rassurait, les engageant à se fier en la providence du Dieu tout-puissant.
" Ne vous embarrassez pas, mes enfants, leur disait-il, ne vous embarrassez pas des choses de ce monde; tournez toujours votre coeur du côté de Dieu : c'est le Père de miséricorde qui ne vous abandonnera jamais."
Et ces paroles répandaient les plus douces consolations dans ces coeurs craintifs, encore préoccupés des choses de la terre. Mais Dieu, veillant sur ces sanctuaires de bonheur et de paix, soutenait les efforts de son serviteur. Aussi, avant la fin des persuasives exhortations de Wilmar, le Seigneur suscitait-Il souvent des âmes charitables, qui venaient apporter à la communauté des pains et des présents. Alors tout le monastère retentissait d'actions de grâces, et la Semence Céleste germait avec plus de fruit dans les coeurs.
La paternelle bonté du bienheureux Wutmer ne s'étendait pas seulement sur ses enfants ; tous ceux qui l'approchaient, même ses ennemis, en ressentirent plus d'une fois l'influence. Un voleur, ayant dérobé un cheval aux frères, erra toute la nuit sans pouvoir retrouver sa demeure ; et, après avoir parcouru toute la campagne voisine, il se retrouva le matin devant la porte de l'abbaye. Deux religieux, qui sortaient alors pour se rendre à leurs travaux habituels, le saisirent aussitôt et prièrent le saint de le retenir en prison. Mais celui-ci n'en voulut rien faire, et se contenta de prècher au malfaiteur la parole de Dieu. Puis il le renvoya, sans chercher à le punir d'aucune autre manière.
Ainsi se passaient, dans la pratique de toutes les vertus, les jours du bienheureux serviteur de Jésus-Christ. Ses exhortations devenaient de jour en jour plus vives et plus pressantes.
" Qu'elle est petite la porte, disait-il souvent à ses religieux, qu'elle est étroite la voie qui conduit à la vie, et combien peu la trouvent ! Vous, sur le chemin du Ciel et éloignés de la vie du monde, vous avez des actions de grâces immenses à rendre à la Providence."
C'était surtout par ses exemples que le saint abbé les guidait dans le chemin de la vertu. Simple dans son intérieur, ardent à la prière et à tous les exercices de la communauté, toujours occupé de bonnes oeuvres, il mettait en pratique ces paroles du Psalmiste : " Je bénirai en tout temps le Seigneur, sa louange sera toujours dans ma bouche".
Enfin, vieux et plein de jours, le glorieux athlète du Christ allait recevoir la couronne que lui méritaient ses travaux. Dieu lui fit connaître que sa fin approchait. Alors, rassemblant ses disciples, il les exhorte à persévérer avec confiance dans le service du Seigneur.
" Depuis longtemps, leur dit-il, j'aspire à la mort, et maintenant je sens qu'elle est proche. Les jours de mon pèlerinage sont passés, je quitte enfin cette terre d'exil mais, prosterné au pied du trône de Dieu, je ne vous oublierai jamais."
Dès que les religieuses de Wierre eurent appris cette nouvelle, elles désirèrent voir une dernière fois leur bienfaiteur et leur père. Mais, afin de ne s'occuper que des choses du Ciel et d'abandonner à cet instant suprême toutes les affections terrestres, le saint abbé refusa de se rendre à leurs voeux et protesta que jamais aucune femme ne serait admise à le voir. La nuit suivante, le bienheureux Wilmar, rendant à Dieu d'innombrables actions de grâces, expira dans les bras de ses disciples.
La désolation fut grande dans les 2 monastères. Tous pleuraient ce maître excellent, dont la parole éloquente les avait tirés du sentier de l'erreur, ce pasteur plein de bonté, qui avait dirigé leurs pas dans l'étroite voie du Salut.
Bientôt, au milieu d'un immense concours de peuple, on célébra les funérailles du serviteur de Dieu. Le corps de Wilmar était placé, la face découverte, dans un cercueil autour duquel se pressait une foule avide de contempler encore une fois la douce sérénité de son visage. Mais, par par merveilleux décret de la volonté divine, les religieuses ne purent avoir cette consolation. Un épais nuage dérobait à leurs yeux le corps du bienheureux fondateur. Enfin, au milieu des psaumes et des cantiques, les Frères confièrent à la terre la dépouille mortelle du saint abbé ; et de nombreux miracles vinrent attester la gloire dont il jouissait dans le Ciel.
Le monastère de Samer ne déchut en rien du haut degré de gloire auquel l'avait porté la pieuse sollicitude de saint Wilmar. La mémoire des paternelles exhortations du bienheureux abbé resta longtemps, avec le souvenir de ses vertus, gravée dans le coeur des pieux cénobites. Et comment auraient-ils pu oublier les instructions d'un homme dont les miracles, se continuant sous leurs yeux, étaient une prédication toujours nouvelle ?
C'était un paralytique qui recouvrait, au tombeau du Saint, l'usage de ses mouvements ; c'était un enfant perclus, dont les membres retrouvaient leur agilité; un sourd-muet, dont la langue déliée chantait les louanges de Dieu, dont l'oreille, désormais accessible aux sons de la parole, écoutait avec ravissement, de la bouche des vieillards, le récit des actes de son bienfaiteur.
On le représente vivant dans le creux d'un arbre ou avec quelques disciples, dans un petit ermitage enfoncé dans une forêt profonde.
Il est patron de Samer, au diocèse d'Arras.
CULTE ET RELIQUES - ABBAYE DE SAMER
La fête de saint Wilmar était célébrée avec la plus religieuse exactitude. Tous suspendaient, ce jour-là, leurs travaux et se rendaient en foule au sépulcre du saint fondateur, pour y déposer le tribut de leurs louanges et l'hommage de leurs prières. Ceux qui, par une coupable avarice, se livrèrent à des oeuvres serviles, ressentirent plus d'une fois les justes effets de la colère de Dieu.
Cependant, les hommes du Nord, ces terribles pirates du Moyen-Age, s'abattaient sur notre pays. Saccageant les villes, pillant les monastères, rançonnant le pauvre peuple, ils ne laissaient rien debout sur leur passage. L'abbaye de Samer s'abîma dans la tourmente ; le couvent de Wierve fut enseveli sous les cendres (881) ; les religieux de Samer, dispersés dans les bois, errants et fugitifs, périrent la plupart de faim et de fatigue.

Bâtiment conventuel de l'abbaye de Samer. Ils sont aujourd'hui transformés en habitations.
Quelques années plus tard, ceux des Frères qui avaient échappé à tous ces désastres parvinrent à rétablir l'ancienne basilique. Le corps de saint Wilmar, qui avait été soustrait à la fureur de ces barbares, fut remis en possession de son ancien culte ; mais ce précieux dêpôt ne resta pas longtemps à Samer. Le comte de Flandres, Arnoul le Vieux, suzerain de Boulonnais, craignant avec raison une seconde invasion des Normands, le fit transporter à Gand, avec toutes les saintes reliques qui reposaient dans les villes maritimes de son domaine (944).
L'abbaye fut longtemps à reprendre son antique splendeur. Le malheur des temps, la difficulté d'entretenir des relations suivies avec les autres communautés, firent qu'à la fin du XIe siècle, l'état déplorable dans lequel elle était tombée inspira la plus grande compassion aux comtes de Boulogne.
Eustache III, frère de Godefroy de Bouillon, comprenant l'impuissance où il était de réformer le monastère de Samer, résolut de le mettre sous la direction et la dépendance de saint Hugues, abbé de Cluny. Sous l'influence d'une telle réforme, la religion ne tarda pas à refleurir dans ces lieux, illustrés par les vertus héroiques de saint Wilmar.
Les biens que les comtes de Boulogne donnèrent à l'abbaye de Samer furent immenses ; et le pape de Rome, voulant aussi favoriser la pieuse congrégation, accorda à son abbé la préséance sur tous les autres abbés de la Morinie, dans les synodes diocésains. Etienne, comte de Boulogne, roi d'Angleterre, lui accorda les plus grandes franchises et ajouta à ses possessions un grand nombre de villages, situés sur ses terres de France et même d'Angleterre.
Malgré toutes les adversités au milieu desquelles elle eut à passer durant les siècles qui suivirent, l'abbaye de Samer se conserva florissante et pure jusqu'à l'apparition de la réforme. C'est alors que Pierre Disque, dernier abbé régulier de Saint-Wulmer aux Bois, céda en commende son abbaye à son frère, François, chancelier du roi, protonotaire apostolique et archidiacre de Chartres (1539).
Pendant le cours du XVIe siècle, outre la perte de leur liberté, les religieux de Saint-Wulmer eurent encore à déplorer un malheur irréparable. Les reliques de leur saint fondateur, restées à Gand, depuis 944, et quelques parties de ces ossements sacrés, que gardaient à Boulogne les chanoines réguliers de Saint-Augustin, furent livrées aux flammes et indignement profanées par les bêtes féroces calvinistes.
Cependant l'abbaye, dévorée par la commende, s'affaissait peu à peu sur elle-même. En vain, Mgr François de Perrochel, évêqué de Boulogne, y introduisit-il la réforme de Saint-Maur, en 1658, le nombre des religieux continua de décroitre, et l'on n'en comptait plus que 7 à la fin du XVIIe siècle.
Les ordres monastiques, dépouillés de tous leurs moyens d'action, dèconsidérés dans l'esprit des peuples, n'attendaient plus que le châtiment réservé aux serviteurs inutiles. La révolution française vint consommer les iniquités de la commende, en confisquant l'abbaye de Samer, ses revenus et ses dépendances. Depuis lors, l'église et les lieux claustraux ont été transformés en habitations partculières ; les ossements des abbés de Saint-Wilmar ont été jetés aux vents ; la riche bibliothèque fut dispersée, livrée au pillage.
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19.07.2007
19 juillet. Saint Vincent de Paul, confesseur, fondateur des Lazaristes. 1660.
" L'oraison est l'âme de la dévotion : vous vous plaignez d'être aride, aimez et vous serez bientôt fervent ; l'oraison est laplus excellente occupation de l'âme ; quand on y cherche Dieu, on ne se rassasie point de le faire."
Saint Vincent de Paul.

Ce Saint, dont le nom est devenu synonyme de charité, est l'une des plus pures gloires de la France et de l'humanité tout entière. Il naquit à Pouy (aujourd'hui Saint-Vincent-de-Paul), près de Dax, le 24 août 1576. Ses parents faisaient valoir une petite ferme et vivaient du travail de leurs mains. Les premières années de Vincent se passèrent à la garde des troupeaux. Un jour qu'il avait ramassé jusqu'à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l'envoyaient au moulin, s'il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion.

Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce : " Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le coeur tendre ". A vingt ans, il étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur.
Un an après son ordination au sacerdoce, il se rend à Marseille pour recueillir un legs que lui a laissé un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il est pris par des pirates et emmené captif en Afrique. Sa captivité, d'abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté. C'est alors que Vincent va se trouver dans sa voie.

Les circonstances le font nommer aumônier général des galères, et il se dévoue au salut de ces malheureux criminels avec une charité couronnée des plus grands succès. La Providence semble le conduire partout où il y a des plaies de l'humanité à guérir.
A une époque où la famine et les misères de toutes sortes exercent les plus affreux ravages, il fait des prodiges de dévouement ; des sommes incalculables passent par ses mains dans le sein des pauvres, il sauve à lui seul des villes et des provinces entières. Ne pouvant se multiplier, il fonde, en divers lieux, des Confréries de Dames de la Charité, qui se transforment bientôt dans cette institution immortelle et incomparable des Filles de la Charité, plus connues sous le nom des Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul. Nulle misère ne le laisse insensible ; il trouve le moyen de ramasser lui-même et de protéger partout des multitudes d'enfants, fruits du libertinage, exposés à l'abandon et à la mort, et mérite le nom de Père des enfants trouvés.
On se souvient de la réponse cinglante de saint Vincent de Paul au cardinal Mazarin qui se moquait de son saint dévouement aux pauvres :
" Les pauvres sont notre plus grand trésor ! Les pauvres sont nos maîtres !"
Le roi Louis XIII, à l'agonie, expira dans les bras de notre saint.

Verrière représentant Louis XIII à l'agonie avec saint Vincent de Paul à son chevet. Eglise Saint-Séverin. Paris.
Il a formé des légions d'anges de charité ; mais il lui faut des légions d'apôtres, et il fonde les Prêtres de la Mission, destinés à évangéliser la France et même les peuples infidèles.
Son corps intact est conservé dans la chapelle des Lazaristes, au 95 de la rue de Sèvres à Paris.

Corps de saint Vincent de Paul. Chapelle des Lazaristes. Paris.
Enfin, notons que notre triste époque, qui est le reflet de l'inversion morale la plus cynique, nous a donnés en 2005 de constater que rien, ou si peu, n'échappe aux horreurs du prince de ce monde.
L'on a " découvert ", le jour de la saint Louis 2005, à l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, fondé par lui pour le secours et l'accueil des enfants trouvés, 450 foetus (!!!) dans la chambre mortuaire de l'hôpital.
Ils avaient manifestement été l'objet d'expériences épouvantables.
Le parquet avait ouvert une enquête administrative.
En octobre 2005, un rapport de l'Igas (inspection générale des affaires sociales) décrivait « 353 corps entiers et 87 corps partiels (dont 20 têtes) » et ajoutait que « la plupart des corps étaient éviscérés. Sur certains le cerveau avait été retiré, sur d'autres on avait enlevé la colonne vertébrale. » Le rapport pointait « des dérives réelles et préoccupantes. »
Hier, mercredi 18 juillet 2007, veille donc de la fête de notre saint, l'affaire a été classée sans suite... " Cette enquête préliminaire n'a pas révélé d'infraction pénale ", selon le procureur de la République Jean-Claude Marin.
Rq : Oeuvres complètes et vie de saint Vincent de Paul (on privilégiera la vie de saint Vincent par Abelly) :
http://www.jesusmarie.com/vincent_de_paul.html
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19 juillet. Saint Jérôme Emilien, confesseur, fondateur des Clercs réguliers Somasques. 1537.
" La charité est véritable non quand elle se traduit par des paroles et des politesses, mais quand elle se manifeste par des oeuvres et des bienfaits."
Saint Jean Chrysostome.
Jérôme (Girolamo) naquit à Venise de la famille patricienne des Miani de Emiliani (ou Aemiliani ou Miani) par son père et des Morocini par sa mère. Soldat dès sa première adolescence, il fut, en des temps difficiles pour la République, préposé à la défense de Castelnovo sur le territoire de Quero dans les monts de Trévise.

La forteresse ayant, été prise, il fut lui-même jeté, pieds et poings liés, dans une affreuse prison. Dénué de tout secours humain, il tourne vers la bienheureuse Vierge ses prières ; elle, clémente, vient à lui, délie ses chaînes, et, par le milieu des ennemis qui occupaient toutes les routes, le conduit sain et sauf en vue de Trévise. Entré dans la ville, en témoignage du bienfait reçu, il suspend à l'autel de la Mère de Dieu devenue sa Dame les menottes, les entraves et les chaînes qu'il avait apportées avec lui. De retour à Venise, on le vit s'adonner avec ferveur aux inspirations de la piété et d'une admirable charité pour les pauvres ; mais sa miséricorde se porta surtout sur les enfants qui, privés de parents, erraient par la ville misérables et sordides : il les recueillit dans des maisons louées à ses frais, pour les nourrir et les former aux mœurs chrétiennes.

En ces jours abordaient à Venise le bienheureux Gaétan et Pierre Caraffa qui fut plus tard Paul IV. Ils approuvèrent l'esprit de Jérôme et sa nouvelle entreprise de recueillir les orphelins ; en même temps ils l'introduisirent à l'hôpital des incurables, où sa charité devait trouver à s'exercer également et simultanément à l'éducation des enfants abandonnés et au soin des malades. Bientôt, sur leurs conseils encore, gagnant le continent, il éleva des orphelinats à Brescia d'abord, puis à Bergame et à Côme ; Bergame surtout bénéficia de son zèle: car, outre deux établissements dont l'un pour les garçons et l'autre pour les filles, il y ouvrit, nouveauté inconnue dans ces régions, un asile pour les femmes perdues converties à pénitence.
S'arrêtant enfin à Somasque, humble village du territoire de Bergame aux confins des possessions Vénitiennes, il y fixa le siège de la Congrégation qu'il établit alors et qui reçut à cause de cela le nom de Somasque. Elle s'accrut et se propagea par la suite ; au gouvernement des orphelins, au soin des édifices sacrés, elle joignit, pour la plus grande utilité de la république chrétienne, l'éducation des jeunes gens dans les lettres et les bonnes mœurs, fondant pour cette fin des collèges, académies et séminaires. Saint Pie V l'admit parmi les Ordres religieux, et les autres Souverains Pontifes l'honorèrent par des privilèges.
Tout entier à la pensée des orphelins, Jérôme partit pour Milan et Pavie, et, avec l'aide de nobles personnages, il pourvut de demeure, de nourriture, de vêtement, de maîtres, les troupes d'enfants qu'il rassembla dans les deux villes.
Rentré à Somasque, tout à tous, il ne répugnait à rien de ce qu'il prévoyait devoir tourner au bien du prochain. Il se mêlait dans les champs aux villageois faisant la récolte, et, tout en les aidant dans leurs travaux, leur expliquait les mystères de la foi ; on le voyait prendre soin des enfants avec une patience qui allait jusqu'à nettoyer leurs têtes teigneuses et repoussantes, et tel était le succès avec lequel il s'employait au pansement des plaies putrides des paysans, qu'on le regardait comme doué de la grâce des guérisons.
Avant trouvé sur la montagne qui domine Somasque une grotte écartée, il s'y cachait et là, se flagellant, passant à jeun des jours entiers, en prière la plus grande partie des nuits et ne prenant que sur le roc nu un court sommeil, il expiait ses fautes et celles d'autrui. Dans l'intérieur de cette grotte coule goutte à goutte de la pierre aride une eau obtenue, d'après une constante tradition, par les prières du serviteur de Dieu ; jamais tarie jusqu'à nos jours, et portée en divers pays, elle obtient souvent la santé aux malades.

Saint Jérôme Emilien pendant une extase. Antonio Magatti. XVIIe.
Enfin, dans une contagion qui ravageait toute la vallée, et où il se dépensa, servant les malades et portant les morts sur ses propres épaules à la sépulture, le mal l'atteignit lui-même. Il avait cinquante-six ans.
Sa précieuse mort, que peu auparavant il avait prédite, arriva le 8 février 1537 sur le territoire de Bergame, au service des pestiférés, laissant donc la Congrégation des Clercs Réguliers Somasques pour continuer son oeuvre.
Illustré par de nombreux miracles durant sa vie et après sa mort, Benoît XIV et Clément XIII l'inscrivirent solennellement, le premier au nombre des Bienheureux, le second dans les fastes des Saints.
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16.07.2007
16 juillet. Notre Dame du Mont-Carmel et le saint Scapulaire. 1251.
- Notre Dame du Mont Carmel et le saint Scapulaire. 1251.
" Celui qui mourra revêtu du saint Scapulaire, sera préservé des feux éternels ; c'est un signe de salut, une sauvegarde dans les périls et le gage d'une paix et d'une protection spéciale jusqu'à la fin des siècles."
Paroles de Notre Dame à saint Simon de Stock.
L'Ordre du Carmel a une origine aussi ancienne que glorieuse ; cet Ordre n'est que la continuation de l'école des prophètes établie au mont Carmel par le prophète Élie. Les disciples de cette école furent au premier rang parmi les convertis au christianisme naissant, et le Carmel devint le berceau de la vie monastique depuis Jésus-Christ.
Après la dispersion des Apôtres, l'an 38, ils bâtirent une chapelle en l'honneur de Marie et se vouèrent tout spécialement à célébrer Ses louanges. Plus tard, ils eurent beaucoup à souffrir des Sarrasins et des Musulmans.

Notre Dame du Mont-Carmel remettant le saint Scapulaire à saint Simon de Stock.
C'est à l'occasion des épreuves subies par l'Ordre du Carmel au temps des Croisades que les Carmes vinrent en France avec le roi saint Louis. Ils y établirent plusieurs maisons et allèrent même s'implanter en Angleterre, où ils eurent le bonheur de voir saint Simon de Stock embrasser leur Institut. Ce grand Saint devint, en 1245, supérieur général des Carmes, et n'oublia rien pour rallumer la dévotion à Marie dans son Ordre.
La fête de Notre-Dame du Mont-Carmel a pour but de rappeler une grâce insigne accordée par Marie à l'Ordre du Carmel et par lui à toute l'Église.
Dans la nuit du 16 juillet, Simon Stock demandait, avec une ferveur toute spéciale, la protection de la Sainte Vierge sur son Institut. Au lever de l'aurore, Marie lui apparut, accompagnée d'une multitude d'anges, environnée de lumière et vêtue de l'habit du Carmel. Son visage était souriant ; dans ses mains Elle tenait le scapulaire de l'Ordre. Devant le saint, Elle s'en revêtit Elle-même, en disant :
" Reçois, mon cher fils, ce Scapulaire de ton Ordre comme le signe distinctif de ma confrérie et la marque du privilège que j'ai obtenu pour toi et les enfants du Carmel.
Celui qui mourra revêtu de cet habit sera sauvé, il ne souffrira jamais les feux éternels. C'est un signe de salut. Une sauvegarde dans les dangers, un gage de paix et d'éternelle alliance."
Le Saint fit des miracles pour confirmer la réalité de cette vision. Ce fut l'origine de la Confrérie de Notre-Dame du Mont-Carmel, pour les chrétiens qui, ne pouvant embrasser la Règle, veulent attirer sur eux les bénédictions promises au scapulaire. Le privilège le plus considérable accordé à la confrérie du Mont-Carmel après celui que Marie fit connaître à saint Simon Stock, est celui qui fut révélé au Pape Jean XXII : la délivrance du purgatoire, le samedi après leur mort, des confrères du Mont-Carmel qui auront été fidèles à l'esprit et aux règles de la Confrérie.
Outre ces deux privilèges, il y a de nombreuses indulgences attachées au scapulaire.
La signification profonde du Scapulaire est éminemment consolante. En effet, il s'agit de sauver les âmes de l'enfer en les unissant à son Ordre dont la Vierge est la Reine et les aidera à aller au Ciel.
Pie XII, dans la lettre " Neminem profecto " du 11 février 1950, écrivait à ce sujet :
" II ne s'agit pas d'une chose de peu d'importance, mais bien d'acquérir la vie éternelle en vertu de cette promesse de la Bienheureuse Vierge que la tradition rapporte ; il s'agit donc d'une affaire de toutes la plus importante et de la manière de la conduire à terme en toute sécurité. Le Scapulaire comme vêtement de la Vierge, c’est le signe et le gage de la protection de la Mère de Dieu."
Le 6 août 1950, le même Pape ajoutait :
" Combien d'âmes, en des circonstances humainement désespérées, ont dû leur suprême conversion et leur salut éternel au Scapulaire dont ils étaient revêtus ! Combien aussi, dans les dangers du corps et de l'âme, ont senti, grâce à lui, la protection maternelle de Marie !"

Un exemplaire de scapulaire.
Le Scapulaire est un vêtement, c'est l'habit de la Vierge. Dans la Sainte Écriture, le vêtement est signe d'une dualité : il symbolise la chute originelle de l'homme déchu de la grâce et la possibilité pour lui de revêtir une gloire perdue (cf. Gn 3). Par là même, le vêtement est le signe de la nature spirituelle de l'homme et de sa destinée surnaturelle. Le prophète Isaïe (61, 10) chante dans son action de grâce :
" Je suis plein d'allégresse dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu, car il m’a revêtu de vêtements de salut, il m’a drapé d’un manteau de justice, comme l’époux qui se coiffe d’un diadème, comme la fiancée qui se pare de ses bijoux."
Le fils prodigue, à son retour, a été revêtu par son père de la plus belle robe, signe de pardon (Lc 15, 22).
L'apôtre saint Paul nous montre quels sont les vêtements du bon soldat du Christ : " Mettez tous vos soins à vous revêtir de L’armure de Dieu... Ceignez vos reins de la ceinture de la chasteté... Revêtez la cuirasse de la justice... Prenez Le bouclier de la foi... Couvrez-vous la tête du casque du salut " (Ep 6).
L'Apocalypse de saint Jean nous montre au jugement dernier une foule immense devant l’Agneau, vêtue de robes blanches (Ap 7, 14).
Le Scapulaire est lui aussi un vêtement de salut, une cuirasse et un bouclier spirituels, une robe d'innocence dont nous revêt la Mère de Dieu. L'habit est un signe d'appartenance de celui qui le porte à la personne de qui il l'a reçu, et, en retour, de la protection de cette personne.
Le Scapulaire manifeste donc, de la part de celui qui le porte, la consécration et l'appartenance volontaire à Marie, et de la part de Notre-Dame, l'engagement à secourir celui qui le porte en toute occasion, particulièrement à l'heure de la mort.
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, donne aux dévots serviteurs de Marie (au nombre desquels ceux qui portent le Scapulaire auront à coeur d'être comptés) un programme de vie en l'honneur de la Mère de Dieu :
" Faire toutes nos actions par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie », afin de les faire plus parfaitement par Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, en Jésus et pour Jésus " (n. 43).
A propos du port du scapulaire mais aussi des autres vraies dévotions et instruments de dévotions extérieures, le même saint Louis-Marie nous encourage :
" Les pratiques extérieures bien faites aident les intérieures, soit parce qu'elles font ressouvenir l'homme, qui se conduit toujours par les sens, de ce qu'il fait ou doit faire ; soit parce qu'elles sont propres à édifier le prochain qui les voit, ce que ne font pas celles qui sont purement intérieures.
Qu'aucun mondain donc ne critique ni ne mette ici le nez pour dire que la vraie dévotion est dans le coeur, qu'il faut éviter ce qui est extérieur, qu'il peut y avoir de la vanité, qu'il faut cacher sa dévotion, etc...
Je leur réponds avec mon Maître : " que les hommes voient vos bonnes oeuvres, afin qu ils glorifient votre Père qui est dans les cieux (Mt 5, 16), non pas, comme dit saint Grégoire, qu'on doive faire ses actions et dévotions extérieures pour plaire aux hommes et en tirer quelques louanges, ce serait vanité ; mais on les fait quelquefois devant les hommes, dans la vue de plaire à Dieu et de le faire glorifier par là, sans se soucier des mépris ou des louanges des hommes "."
Plus loin, le même saint remarque : " Une des raisons pourquoi si peu de chrétiens pensent à leurs voeux du saint baptême et vivent avec autant de libertinage que s'ils n'avaient rien promis à Dieu, comme les païens, c'est qu'ils ne portent aucune marque extérieure qui les en fasse ressouvenir ".
Ô COMBIEN DE MIRACLES ET DE GRÂCES !
- Le Vénérable François de Yepes, tertiaire du Carmel, voyait souvent des démons qui s'efforçaient de le tenter. Un jour, alors qu'il baisait respectueusement son Scapulaire avant de le mettre, Satan s'approcha de lui, portant une chaîne d'or, et lui dit : " Allons donc, porte plutôt cette chaîne d'or, et jette loin de nous cet objet qui nous est insupportable et ne sert qu'à nous tourmenter. Et cesse de persuader tant de personnes de le vénérer et de le porter ". Une nuit où il avait fait tomber son Scapulaire en se donnant la discipline, il vit les démons s'approcher de lui, et, tandis qu'il remettait le manteau de Marie, lui crier avec fureur : " Enlève, enlève cet habit qui nous fait perdre tant d'âmes : car elles nous échappent, celles qui, en étant revêtues, meurent pieusement ". François de Yepes leur fit avouer que trois choses les tourmentaient et leur étaient insupportables : " le Nom de Jésus, le Nom de Marie et le Scapulaire du Carmel ".
- Saint Alphonse de Liguori était mort en 1787 avec le Scapulaire du Mont-Carmel. Or, quand, au cours de son procès de béatification, on ouvrit sa tombe, on constata que le corps du saint évêque était réduit en poussière, ainsi que ses vêtements. Seul son Scapulaire était parfaitement intact ! Cette relique précieuse est aujourd'hui exposée au Monastère Saint Alphonse de Rome. Un siècle plus tard, le même phénomène de conservation miraculeuse du Scapulaire fu constaté lorsqu'on examina les reliques de saint Jean Bosco.
- Un vieil homme est amené, inconscient, à l'hôpital Saint-Simon de Stock, à New-York. L'infirmière, voyant sur sa chemise un Scapulaire brun, appelle un prêtre. Pendant que celui-ci récite les prières des agonisants, le malade ouvre les yeux et murmure :
" Mon Père, je ne suis pas catholique.
- Pourquoi alors portez-vous le Scapulaire ?
- J'ai promis à des amis de le porter et de dire chaque jour un Je vous salue, Marie.
- Vous êtes mourant, lui dit le prêtre. Voulez-vous devenir catholique ?
- Oui, mon Père. Toute ma vie, je l'ai désiré."
Le prêtre le prépare rapidement, puis le baptise et lui donne les derniers sacrements. Peu de temps après, le vieil homme mourait doucement. La Bienheureuse Vierge Marie avait pris sous sa protection cette âme revêtue de son Habit.
QUESTIONS PRATIQUES CONCERNANT LE SCAPULAIRE
1. On devient membre de la Confrérie du Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel par la réception du Scapulaire, qui doit obligatoirement être " imposé " , c'est à dire placé autour des épaules, en utilisant le rituel prévu à cet effet.
En cas d'urgence (péril de mort) et s'il était impossible de trouver un prêtre, un laïc pourrait imposer, à lui-même ou à un autre, en récitant une prière à la Sainte Vierge, un scapulaire précédemment bénit par un prêtre.
2. Tout prêtre ou diacre peut désormais faire l'imposition du Scapulaire (il n'est plus nécessaire, comme par le passé, d'une autorisation spéciale de l'Ordre des Carmes déchaux). Il faut pour cela utiliser une des formules de bénédiction prévues par le Rituel romain. Certains laïcs, munis des pouvoirs nécessaires donnés par l'Ordre du Carmel, peuvent également l'imposer.
3. Le Scapulaire du Mont Carmel est composé de deux morceaux de laine brune de forme rectangulaire ou carrée, non tricotés mais tissés, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l'autre sur le dos. L'image de la Sainte Vierge n'est pas nécessaire, mais c'est une pieuse et louable coutume qu'elle y soit attachée.
4. Le Scapulaire doit être porté de manière moralement continuelle (donc aussi pendant la nuit) ; on peut bien sûr l'enlever pour se laver, sans cesser de bénéficier de la promesse. Il peut être dissimulé sous les vêtements. Il est bénit une fois pour toutes lors de l'imposition. Lorsqu'un Scapulaire est sali ou usé, on peut donc le remplacer sans aucune nouvelle cérémonie de bénédiction ou d'imposition (la bénédiction du premier Scapulaire passe aux suivants).
5. La médaille du Scapulaire.
Le Pape Saint Pie X a concédé la faculté de remplacer le Scapulaire de tissu par une médaille, surtout en raison de la rapide corruption de l'étoffe dans les pays chauds. Cette concession a été depuis étendue au monde entier. On peut donc avec la médaille du Scapulaire bénéficier des trois promesses de la Très Sainte Vierge :
- préservation des flammes éternelles,
- libération du purgatoire (privilège sabbatin),
- protection contre les dangers de l'âme et du corps.
Il faut toutefois remarquer que la médaille ne peut être imposée. Il est donc indispensable de recevoir, selon les normes prescrites ci-dessus, un premier Scapulaire en tissu : seulement après, on peut le remplacer par la médaille (préalablement bénite avec la formule de bénédiction du Scapulaire, ou par un simple signe de croix).
La médaille doit représenter d'un côté Notre Seigneur montrant son Coeur, de l'autre la Sainte Vierge. On peut porter la médaille du Scapulaire autour du cou ou sur soi d'une autre manière. Si l'on change de médaille, il n'est pas nécessaire que la nouvelle médaille reçoive une bénédiction.
Cependant, il faut insister sur le fait que l'Église préfère le Scapulaire en étoffe, parce que celui-ci représente mieux le vêtement donné par la Sainte Vierge à saint Simon Stock.
La concession de la médaille n'est qu'une dispense, et les papes saint Pie X et Benoît XV qui l'ont octroyée, ont ajouté qu'ils désiraient que les fidèles continuent à porter, si possible, le Scapulaire en laine.
On peut d'ailleurs remédier à l'inconvénient de l'usure du tissu, en protégeant le Scapulaire avec une enveloppe en plastique, ou plus simplement en changeant souvent de Scapulaire. Le Scapulaire usé doit être brûlé ou jeté enveloppé, de manière à ne pas risquer d'être profané.
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14.07.2007
14 juillet. Saint Bonaventure, de l'ordre des Frères mineurs, cardinal-évêque d'Albano, docteur de l'Eglise. 1274.
- Saint Bonaventure, de l'ordre des Frères mineurs, cardinal-évêque d'Albano, docteur de l'Eglise. 1274.
" Le Seigneur lui a ouvert la bouche au milieu de l'Eglise, et il l'a rempli de l'esprit de sagesse et d'intelligence."
Eccli. XV, 5.
Saint Bonaventure.

Bagnoreggio. Ville qui vit naître saint Bonaventure.
Giovanni di Fidanza, évêque et docteur de l'église (le docteur séraphique), est né en 1221 à Bagnoreggio (Toscane) près d'Ovieto. Il avait reçu au baptême le nom de Jean ; mais à l'âge de quatre ans, il tomba si dangereusement malade que les médecins désespéraient de sa guérison ; sa mère le recommanda aux prières de François d'Assise, promettant, s'il guérissait, de le mettre au nombre des religieux que ce saint dirigeait. François pria pour l'enfant et le voyant guéri, il s'écria : " O Buona ventura !"

Saint Bonaventure d'après son vrai visage ; constaté lors d'une exposition de son corps conservé intact.

Guérison de Jean de Fidenza par saint François d'Assise. Francesco de Herrera. 1628.
De là, le nom qui remplaça celui de Jean de Fidanza, On s'appliqua à entretenir en lui le souvenir de cette guérison et de la promesse qui l'avait précédée. En 1243, à l'âge de vingt-deux ans, il entra dans l'ordre des frères mineurs, autant pour répondre à l'appel de Notre Seigneur que pour accomplir le voeu de sa mère.

Entrée de saint Bonaventure dans l'Ordre franciscain. F. de Herrera. XVIIe.
Il fut envoyé étudier à Paris, où les franciscains occupaient une des douze chaires de la faculté de théologie ; il y eut pour maître Alexandre de Hales, surnommé " Doctor irrefragabilis " et " Fons vitae " (mort en 1245). Ce maître, admirant l'innocence des moeurs de son élève, disait : " Il semble que le péché d'Adam n'a point passé dans Bonaventure ".
Jean de Rochelle remplaça Alexandre et lui-même fut remplacé par Bonaventure (1253). Trois ans auparavant, celui-ci avait déjà obtenu la permission de faire des leçons sur les Sentences de Pierre Lombard. C'est en 1254 qu'il fut reçu docteur.

St Bonaventure recevant la communion des mains d'un ange. F. de Herrera. XVIIe.
Bonaventure enseigna la philosophie et la théologie avec un succès égal a celui du dominicain saint Thomas d'Aquin. Il faut noter que quoique appartenant à des ordres rivaux et suivant des méthodes différentes, ces deux docteurs étaient unis par une amitié qu'aucun dissentiment ne troubla jamais.
Leurs succès et la prétention des ordres auxquels ils appartenaient de refuser, à raison de leurs privilèges, de se soumettre aux statuts de l'Université, émurent les professeurs séculiers. Guillaume de Saint-Amour attaqua l'institution même des ordres mendiants dans plusieurs traités, dont le plus important, " De periculis novissorum temporum ", composé en 1256, signale avec habileté et avec vigueur les dangers et les abus résultant de cette institution, qu'il ne nomme pourtant pas. Saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure répondirent ; la réponse de ce dernier est contenue dans les traités " Libellus apologeticus in eos qui ordini fratrum minorum adversantur et De paupertate Christi, adversus magis trum Guillelmum ".
Saint Bonaventure se signala aussi, et entre autres, par un combat aussi érudit qu'acharné, et toujours victorieux, contre les Avéroïstes et les Talmudistes.

Saint Bonaventure. Vittore Crivelli. XIVe.
En cette même année, saint Bonaventure, qui n'était encore âgé que de trente-cinq ans, fut élu général de son ordre en remplacement de Jean de Parme, qui l'avait désigné pour son successeur. S'empressant de tenir compte de quelques-uns des reproches de Guillaume de Saint-Amour, il écrivit à tous les supérieurs des franciscains (23 avril 1257), pour réclamer le retour à la règle, et ordonner de réprimer la cupidité, l'oisiveté et le vagabondage qu'on imputait aux frères ; dans une autre lettre, il réprimandait les religieux, à cause de leurs empiétements sur les droits des prêtres séculiers et de leurs obsessions auprès des malades pour obtenir des legs.
Cependant, malgré son mysticisme, il fut le constant adversaire de la tendance des franciscains dits spirituels. A l'égard d'une autre tendance fort différente, il convient de noter que ce fut sur ses ordres qu'on empêcha Roger Bacon de donner des leçons à Oxford et qu'on le mit en surveillance à Paris.
En 1263, Bonaventure sollicita sans succès Urbain IV de décharger les franciscains de la direction des religieuses de sainte Claire, en souvenance, dit-on, de ces paroles de saint François d'Assise : " Dieu nous a ôté les femmes, mais j'appréhende fort que le diable ne nous ait donné des soeurs pour nous tourmenter ".
Nommé archevêque d'York par Clément IV, il obtint de lui la permission de ne pas accepter cet office. Après la mort de ce pape (1268), le siège apostolique resta vacant pendant près de trois ans, les cardinaux ne pouvant s'accorder sur l'élection de son successeur. On rapporte qu'en fin ils s'engagèrent à nommer celui que saint Bonaventure désigrerait. Il désigna Thibaud Visconti, archidiacre de Liège, qui était alors en terre sainte et qui prit le nom de Grégoire X.
En 1273, ce pape lui imposa l'évêché d'Albano et, peu après, le nomma cardinal prêtre. A cette occasion, les envoyés du pape lui signifiant son élévation le trouvèrent, lui, général de l'Ordre, occupé, avec plusieurs frères, à laver la vaisselle.

Saint Bonaventure au concile de Lyon. Ecole flamande. XIVe.
En 1274, il fut envoyé comme légat au concile de Lyon ; il y prêcha la seconde et la troisième session ; mais il mourut trois jours avant la fin du concile. On lui fit des funérailles magnifiques, auxquelles tous les membres du concile, le pape lui-même et des rois assistèrent.
Son oraison funèbre fut prononcée par Pierre de Tarentaise, évêque d'Ostie. Dante l'avait placé dans le paradis ; Sixte IV le canonisa en 1482 ; Sixte V, en 1587, le mit, sixième en rang, au nombre des docteurs de l'Eglise, et lui confirma le titre de " Doctor Seraphicus ", le plaçant ainsi au-dessus de saint Thomas d'Aquin, qui n'était que " Doctor Angelicus ". Ce pape était franciscain lui-même.

Exposition du corps intact de saint Bonaventure au XVIIe. F. de Zurbaran. XVIIe.
Oeuvres spirituelles de saint Bonaventure :
- http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bonaventure ;
- http://www.jesusmarie.com/bonaventure.html.
Les ouvrages de saint Bonaventure ont été recueillis et imprimés pour la première fois à Rome, sur l'ordre de Sixte V et par les soins de Buonafocco Farnara, franciscain (1588-1596, 7 vol. in-fol.). C'est sur cette édition qu'a été faite celle de Lyon, 1668 (7 vol. in-fol.). Autres éditions : Mayence, 1609 (7 vol. in-fol.) ; Venise, 1751-1756 (14 vol. in-quart.) ; Paris, 1863-1872 (14 vol. gr. in-oct.) ; Florence, 1884, nouvelle édition publiée par les franciscains.

Saint Bonaventure. Eglise de Bagnoreggio, ville natale de notre saint.
Les Oeuvres spirituelles ont été traduites par le P. Berthomier (Paris, 1855, 6 vol. in-oct.). Parmi les reproductions partielles et les traductions on peut aussi placer l'ouvrage suivant : Alix, Théologie séraphique, extraite et traduite des oeuvres de saint Bonaventure (Paris, 1853-1856, 2 vol.). Dans l'ordre de l'édition de Lyon, les oeuvres de saint Bonaventure comprennent Méditations, expositions et sermons (3 vol.) ; Commentaires sur les Sentences de Pierre Lombard (2 vol.) ; traités divers, opuscules et hymnes (2 vol.) : en totalité, quatre-vingt-huit ouvrages.
L'authenticité de quelques-uns des écrits qui lui sont attribués, est fortement contestée, et tout particulièrement celle du Psautier de la sainte Vierge. La Somme théologique qui porte son nom a été composée par le P. Trigose, capucin (2e édition, Lyon. 1616).
Quoique les franciscains aient toujours grandement prisé l'honneur de posséder le Docteur Séraphique, la doctrine caractéristique de leur ordre procède, non de Bonaventure, mais de Duns Scot, qui représente une méthode et une tendance fort différentes.
Bonaventure visait à l'édification infiniment plus qu'aux subtilités de la scolastique ; et son oeuvre tient une place beaucoup plus grande dans l'histoire des développements de la dévotion et du culte que dans celle des disputations théologiques.
Reprenant la tradition de l'école de Saint-Victor, qui s'était efforcée d'unir à l'explication dialectique de la doctrine ce qui sert à la piété et conduit à la contemplation, et de tenir le milieu entre une spéculation sans onction et sans chaleur, et une mysticité sans lumière, il joignit à l'emploi. de la scolastique dans l'étude de la théologie celui du mysticisme, dans un but d'édification.
II fit de la théologie une " scientia affectiva ", constituant une sorte de mysticisme à la fois pratique et spéculatif. Pour lui, le but suprême, c'est l'union avec Dieu dans la contemplation et dans un intense et absorbant amour. Ce but ne peut être complètement atteint dans cette vie ; mais il doit former la souveraine espérance de l'avenir, et il faut que tout y tende.
Saint Bonaventure part de ce principe, qu'on ne peut parvenir à la complète intelligence des choses divines au moyen du raisonnement et des définitions : ce qui la donne, c'est la lumière surnaturelle qu'un cour pur obtient par une foi profonde, une pieuse contemplation et l'exercice des vertus chrétiennes. Des idées mystiques et ascétiques forment le fond de la plupart de ses écrits.

Saint Bonaventure. Pierre-Paul Rubens. XVIIe.
A la théologie scolastique appartiennent les Commentaires sur le Maître des sentences et un court traité, Breviloquium ; son Centiloquium, ainsi dénommé a cause des cent chapitres dont il se compose, est un manuel pour les commençants.
L'exposé systématique de ses conceptions est présenté sommairement dans la Reductio artium ad theologiam.
Pour revenir à Dieu, dont il a été séparé par la chute, l'humain doit franchir quatre degrés :
- au premier, il est éclairé par la lumière extérieure, d'où viennent les arts mécaniques ;
- au second, par la lumière inférieure, celle des sens, qui procure les notions expérimentales ;
- au troisième, par la lumière intérieure, celle de la raison, qui, par le moyen de la réflexion, élève l'âme jusqu'aux choses intelligibles ;
- au quatrième par la lumière supérieure, qui ne vient que de la grâce et qui seule révèle les vérités qui sanctifient.
La raison naturelle, en commençant par l'observation empirique et en s'élevant de plus en plus par le raisonnement, peut parvenir jusqu'aux limites extrêmes de la nature créée ; mais, pour atteindre aux réalités surnaturelles, elle n'a d'autre guide que la foi.
C'est ainsi que toutes les sciences sont ramenées à la théologie, qui est leur couronnement. Il y a donc deux domaines, celui de la philosophie et celui de la foi. La philosophie ne donne pas la certitude ; la foi seule peut la procurer ; et, même dans l'ordre naturel, une assertion secundum pietatem est tenue par saint Bonaventure pour plus certaine que celle qui est présentée au nom de la science.
Dans son Commentaire sur les quatre livres des Sentences et dans quelques autres de ses traités, Bonaventure expose et défend amplement les doctrines et les institutions du Moyen âge, et tout particulièrement les plus récentes : transsubstantiation, communion sous une seule espèce, et il fait l'apologie du célibat des prêtres et de la vie monastique, qu'il considérait comme le plus sûr moyen de grâce.
Enthousiaste de la virginité, qu'il estimait une sorte de vertu théologale, il avait voué à Marie une très profonde dévotion, et il contribua puissamment à développer ce culte.
Dans un chapitre général tenu à Pavie, il ordonna aux religieux de saint François d'exhorter le peuple à adresser à la sainte Vierge une prière, au son de la cloche du soir (Angelus).
Les principaux de ses ouvrages mystiques sont l'Itinerarium mentis ad Deum et le traité De septem gradibus contenplationis. Il y décrit, d'après Richard de Saint-Victor, le chemin qu'il faut suivre pour connaître Dieu dans la pureté de son essence et arriver au point suprême de l'intelligence, où, délivré de toute image et de toute notion, l'humain sort de lui-même pour ne plus voir que Dieu et le posséder dans l'extase d'une sainte contemplation.
En dédiant à une religieuse de sainte Claire ses Méditations sur le vie de Jésus-Christ, Bonaventure lui écrivait : " Je vous raconterai les actions de Notre Seigneur Jésus-Christ, de la manière dont on peut se les représenter par l'imagination ; car rien n'empêche de méditer ainsi, même l'Ecriture sainte ".
En effet, il y a énormément d'imagination dans les Méditations, ainsi que dans la Biblia pauperum, et dans la plupart des ouvrages d'édification de Bonaventure.
Non seulement il appliquait aux textes authentiques un système appuyé d'interprétation allégorique, permettant d'y trouver tout ce qu'il y mettait ; mais beaucoup des faits qu'il cite ne sont ni dans l'Ancien ni dans le Nouveau Testament, repris souvent dans les apocryphes, dans la tradition et les légendes ; peut-être même quelques-uns dans les visions de ses extases.
Suivant le même goût, sont choisis ses titres imagés : Carquois, Arbre de vie, Couronne de Marie, Miroir de la sainte Vierge, Diète du salut, les Six ailes des Chérubins, les Six ailes des Séraphins, les Vingt pas des novices, Aiguillon de l'amour divin. C'est par là surtout qu'il a fait école dans la littérature dévote. Il mit en vers les sentences des quatre livres de Pierre Lombard ; on lui attribue la prose Lauda, Sion, Salvatorem.
En philosophie, il professe l'existence des universaux ante rem, suivant la formule platonicienne : idées que Dieu avait produites d'abord dans son intelligence, comme des types d'après lesquels les diverses choses ont été créées. Il tient la matière pour une pure potentialité, qui ne reçoit son existence propre que de la puissance formative de Dieu; elle ne peut être considérée séparément de la forme. L'individuation résulte de l'union de la forme et de la matière.
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