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mercredi, 20 janvier 2021

20 janvier. Saint Sébastien, martyr, surnommé le défenseur de l'Eglise. 288.

- Saint Sébastien, martyr, surnommé le défenseur de l'Eglise. 288.

Pape : Saint Caïus. Empereur romain d'Occident : Maximien-Hercule. Empereur romain d'Orient : Dioclétien.

" Seigneur adorable, à l’instant où le sang du bienheureux martyr Sébastien est répandu pour la confession de votre nom, vos merveilles sont manifestées parce que vous affermissez la vertu dans l’infirmité, vous augmentez notre zèle, et par sa prière vous conférez du secours aux malades."
Saint Ambroise de Milan.

" Saint Sébastien, défendez-nous de la contagion des mauvais exemples et de l'envahissement des maximes mondaines qui se glissent sous un faux air de christianisme."
Dom Prosper Guéranger.


Saint Sébastien et un saint franciscain. Le Perugin. XVe.

Sébastien, Sebastianus, vient de sequens, suivant, beatitudo, béatitude ; astin, ville et ana, au-dessus ; ce qui veut dire qu'il a suivi la béatitude de la cité suprême et de la gloire d'en haut. Il la posséda et l’acquit au prix de cinq deniers, selon saint Augustin, avec la pauvreté, le royaume ; avec la douleur, la joie ; avec le travail, le repos ; avec l’ignominie, la gloire et avec la mort, la vie.

Sébastien viendrait encore de basto, selle. Le soldat, c'est le Christ ; le cheval, l’Église et la selle, Sébastien ; au moyen de laquelle Sébastien combattit dans l’Église et obtint de surpasser beaucoup de martyrs. Ou bien Sébastien signifie entouré, ou allant autour : entouré, il le fut de flèches comme un hérisson ; allant autour, parce qu'il allait trouver tous les martyrs et les réconfortait.


Andrea Mantegna. XVe.

Sébastien était un parfait Chrétien, originaire de Narbonne (son père était de cette ville) et citoyen de Milan (sa mère était milanaise). Il fut assez heureux pour recevoir une éducation chrétienne et il n'oublia jamais de mettre en pratique les leçons de foi et de vertus qu'il avait apprises dans sa jeunesse, lors même qu'il s'était engagé dans la profession des armes sous l'empereur Carus et ses successeurs.

Il fut tellement chéri des empereurs Dioclétien et Maximien-Hercule qu'ils lui donnèrent le commandement de la première cohorte (il fut fait capitaine de première compagnie de la garde prétorienne, charge qui ne se donnait qu'à de grands seigneurs et à des personnes fort illustres tant par leurs qualités que par leur naissance) et voulurent l’avoir constamment auprès d'eux.

Or, il portait l’habit militaire dans l’unique intention d'affermir le coeur des Chrétiens qu'il voyait faiblir dans les tourments.
Quand les très illustres citoyens Marcellien et Marc, frères jumeaux, allaient être décollés pour la foi de Notre Seigneur Jésus-Christ, leurs parents vinrent pour arracher de leurs coeurs leurs bonnes résolutions. Arrive leur mère, la tête découverte, les habits déchirés, qui s'écrie en découvrant son sein :
" Ô chers et doux fils, je suis assaillie d'une misère inouïe et d'une douleur intolérable. Ah, malheureuse que je suis ! Je perds mes fils qui courent de plein gré à la mort : si des ennemis me les enlevaient, je poursuivrais ces ravisseurs au milieu de leurs bataillons ; si une sentence les condamnait a être renfermés, j'irais briser la prison, dussé-je en mourir. Voici une nouvelle manière de périr : aujourd'hui on prie le bourreau de frapper, on désire la vie pour la perdre, on invite la mort à venir. Nouveau deuil, nouvelle misère ! Pour avoir la vie, des fils, jeunes encore, se dévouent à la mort et des vieillards, des parents infortunés sont forcés de tout subir."


Marc, Marcellien et leurs parents. Speculum historiale.
V. de Beauvais. François et collaborateurs. XVe.

Elle parlait encore quand le père, plus âgé que la mère; arrive porté sur les bras de ses serviteurs. Sa tête est couverte de cendres ; il s'écrie en regardant le ciel :
" Mes fils se livrent d'eux-mêmes â la mort ; je suis venu leur adresser mes adieux et ce que j'avais préparé pour m’ensevelir, malheureux que je suis! je l’emploierai à la sépulture de mes enfants. Ô mes fils ! Bâton de ma vieillesse, double flambeau de mon coeur, pourquoi aimer ainsi la mort ? Jeunes gens, venez ici, venez pleurer sur mes fils. Pères, approchez donc, empêchez-les, ne souffrez pas un forfait pareil : mes yeux, pleurez jusqu'à vous éteindre afin que je ne voie pas mes fils hachés par le glaive."

Le père venait de parler ainsi quand arrivent leurs épouses offrant à leurs yeux leurs propres enfants et poussant des cris entremêlés de hurlements :
" A qui nous laissez-vous ? Quels seront les maîtres de ces enfants ? Qui est-ce qui partagera vos grands domaines ? Hélas! Vous avez donc des coeurs de fer pour mépriser vos parents, pour dédaigner vos amis, pour repousser vos femmes, pour méconnaître vos enfants et pour vous livrer spontanément aux bourreaux !"

A ce spectacle, les coeurs de ces hommes se prirent à mollir. Saint Sébastien se trouvait là ; il sort de la foule :
" Magnanimes soldats du Christ, s'écrie-t-il, n'allez pas perdre une couronne éternelle en vous laissant séduire par de pitoyables flatteries."
Et s'adressant aux parents :
" Ne craignez rien, dit-il, vous ne serez pas séparés ; ils vont dans le ciel vous préparer des demeures d'une beauté éclatante : car dès l’origine du mondé, cette vie n'a cessé de tromper ceux qui espèrent en elle ; elle dupe ceux qui la recherchent ; elle illusionne ceux qui comptent sur elle ; elle rend tout incertain, en sorte qu'elle ment à tous. Cette vie, elle apprend au voleur, ses rapines ; au colère, ses violences ; au menteur, ses fourberies. C'est elle qui commande les crimes, qui ordonne les forfaits, qui conseille les injustices ; cette persécution que nous endurons ici est violente aujourd'hui et demain elle sera évanouie. Une heure l’a amenée, une heure l’emportera ; mais les peines éternelles se renouvellent sans cesse, pour sévir ; elles entassent punition sur punition, la vivacité de leurs flammes augmente sans mesure. Réchauffons nos affections dans l’amour du martyre. Ici le démon croit vaincre ; mais alors qu'il saisit, il est captif lui-même quand il croit tenir, il est garrotté ; quand il vainc, il est vaincu ; quand il tourmente, il est tourmenté ; quand il égorge, il est tué ; quand il insulte, il est honni."


Saint Sébastien et saint Polycarpe prêchant à Marc, Marcellien
et à leurs parents. Speculum historiale. V. de Beauvais.
François et collaborateurs. XVe.

Or, tandis que saint Sébastien parlait ainsi, tout à coup, pendant près d'une heure, il fut environné d'une grande lumière descendant du ciel, et, au milieu de cette splendeur, il parut revêtu d'une robe éclatante de blancheur ; en même temps il fut entouré de sept anges éblouissants. Devant lui apparut encore un jeune homme qui lui donna la paix et lui dit :
" Tu seras toujours avec moi."

Alors que le bienheureux Sébastien adressait ces avis, Zoé, femme de Nicostrate, dans la maison duquel les saints étaient gardés, Zoé, dis-je, qui avait perdu la parole, vint se jeter aux pieds de Sébastien en lui demandant pardon par signes. Alors Sébastien dit :
" Si je suis le serviteur de Notre Seigneur Jésus-Christ, et si tout ce que cette femme a entendu sortir de mes lèvres est vrai, si elle le croit, que celui qui a ouvert la bouche de son prophète Zacharie ouvre sa bouche."
A ces mots, cette femme s'écria :
" Béni soit le discours de votre bouche, et bénis soient tous ceux qui croient ce que vous avez dit : j'ai vu un ange tenant devant vous un livre dans lequel tout ce que vous disiez était écrit."

Son mari, qui entendit cela, se jeta aux pieds de saint Sébastien en lui demandant de le pardonner ; alors il délia les martyrs et les pria de s'en aller en liberté. Ceux-ci répondirent qu'ils ne voulaient pas perdre la couronne à laquelle ils avaient droit. En effet une telle grâce et une si grande efficacité étaient accordées par le Seigneur aux paroles de Sébastien, qu'il n'affermit pas seulement Marcellien et Marc dans la résolution de souffrir le martyre, mais qu'il convertit encore à la foi leur père Tranquillin et leur mère avec beaucoup d'autres que le prêtre Polycarpe baptisa tous.


Martyres de saint Sébastien, saint Marc et saint Marcellien.
Speculum historiale. V. de Beauvais. François et collaborateurs. XVe.

Quant à Tranquillin, qui était très gravement malade, il ne fut pas plutôt baptisé que de suite il fut guéri. Le préfet de la ville de Rome, très malade lui-même, pria Tranquillin de lui amener celui qui lui avait rendu la santé. Le prêtre Polycarpe et Sébastien vinrent donc chez lui et il les pria de le guérir aussi. Sébastien lui dit de renoncer d'abord à ses idoles et de lui donner la permission de les briser ; qu'à ces conditions, il recouvrerait la santé.

Comme Chromace, le préfet, lui disait de laisser ce soin à ses esclaves et de ne pas s'en charger lui-même, Sébastien lui répondit :
" Les gens timides redoutent de briser leurs dieux ; mais encore si le diable en profitait pour les blesser, les infidèles ne manqueraient pas de dire qu'ils ont été blessés parce qu'ils brisaient leurs dieux."
Polycarpe et Sébastien ainsi autorisés détruisirent plus de deux cents idoles. Ensuite ils dirent à Chromace :
" Comme pendant que nous mettions en pièces vos idoles, vous deviez recouvrer la santé et que vous souffrez encore, il est certain que, ou vous n'avez pas renoncé à l’infidélité, ou bien vous avez réservé quelques idoles."

Alors Chromace avoua qu'il avait une chambre où était rangée toute la suite des étoiles, pour laquelle son père avait dépensé plus de deux cents livres pesant d'or ; et qu'à l’aide de cela il prévoyait l’avenir. Sébastien lui dit :
" Aussi longtemps que vous conserverez tous ces vains objets, vous ne conserverez pas la santé."
Chromace ayant consenti à tout, Tiburce, son fils, jeune homme fort distingué, dit :
" Je ne souffrirai pas qu'une oeuvre si importante soit détruite ; mais pour ne paraître pas apporter d'obstacles à la santé de mon père, qu'on chauffe deux fours, et si, après la destruction de cet ouvrage, mon père n'est pas guéri, que ces hommes soient brûlés tous les deux."
Sébastien répondit :
" Eh bien ! soit !"
Et comme on brisait tout, un ange apparut au préfet et lui déclara que Notre Seigneur Jésus-Christ lui rendait la santé ; à l’instant il fut guéri et courut vers l’ange pour lui baiser les pieds ; mais celui-ci l’en empêcha, par la raison qu'il n'avait, pas encore reçu le baptême. Alors lui, Tiburce, son fils, et quatre cents personnes de sa maison furent baptisées.


Legenda aurea. Bx J. de Voragine. Mâcon. XVe.

Pour Zoé, qui était entre les mains des infidèles, elle rendit l’esprit dans des tourments prolongés. A cette nouvelle, Tranquillin brava tout et dit :
" Les femmes sont couronnées avant nous. Pourquoi vivons-nous encore ?"
Et quelques jours après, il fut lapidé.

On ordonna à saint Tiburce ou de jeter de l’encens en l’honneur des dieux sur un brasier ardent, ou bien de marcher nu-pieds sur ces charbons. Il fit alors le signe de la croix sur soi, et il marcha- nu-pieds sur le brasier :
" Il me semble, dit-il, marcher sur des roses au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ."
Le préfet Fabien se mit à dire :
" Qui ne sait que le Christ vous a enseigné la magie ?"
Tiburce lui répondit :
" Tais-toi, malheureux ! car tu n'es pas digne de prononcer un nom si saint et si suave à la bouche."
Alors le préfet en colère le fit décoller.

Marcellien et Marc sont attachés à un poteau, et après y avoir été liés, ils chantèrent ces paroles du Psaume :
" Voyez comme il est bon et agréable pour des frères d'habiter ensemble, etc."
Le préfet leur dit :
" Infortunés, renoncez à ces folies et délivrez-vous vous-mêmes."
Et ils, répondirent :
" Jamais nous n'avons été mieux traités. Notre désir serait que tu nous laissasses attachés pendant que nous sommes revêtus de notre corps."


Heures de Marguerite d'Orléans. XVe.

Alors le préfet ordonna que l’on enfonçât des lances dans leurs côtés, et ils consommèrent ainsi leur martyre. Après quoi le préfet fit son rapport à Dioclétien touchant Sébastien. L'empereur le manda et lui dit :
" J'ai toujours voulu que, tu occupasses le premier rang parmi les officiers de mon palais, or tu as agi en secret contre mes intérêts, et tu insultes aux dieux."
Sébastien lui répondit :
" C'est dans ton intérêt que toujours j'ai honoré Notre Seigneur Jésus-Christ, et c'est pour la conservation de l’empire Romain que toujours j'ai adoré le Dieu qui est dans le ciel."
Alors Dioclétien le fit lier au milieu d'une plaine et ordonna aux archers qu'on le perçât à coups de flèches. Il en fut tellement couvert, qu'il paraissait être comme un hérisson ; quand on le crut mort, on se retira.

Mais ayant été hors de danger quelques jours après, il vint se placer sur l’escalier, et reprocha durement aux empereurs qui descendaient du palais les maux infligés par eux aux chrétiens. Les empereurs dirent :
" N'est-ce pas là Sébastien que nous avons fait périr dernièrement à coups de flèches ?"
Sébastien reprit :
" Le Seigneur m’a rendu la vie pour que je pusse venir vous reprocher à vous-mêmes les maux dont vous accablez les chrétiens. Les pontifes de vos temples vous abusent, Ô empereur ! Ils inventent plusieurs choses contre les Chrétiens, disant qu'ils sont ennemis de votre empire ; ce sont les Chrétiens au contraire, qui le maintiennent par les prières qu'ils font pour sa conservation."
Alors l’empereur le fit fouetter jusqu'à ce qu'il rendît l’esprit ; il ordonna de jeter son corps dans le cloaque pour qu'il ne fût pas honoré par les chrétiens comme un martyr.


Sainte Lucile et sainte Irène emportent saint Sébastien inconscient.
Gustave Moreau. XIXe.
 
Mais saint Sébastien apparut la nuit suivante à sainte Lucine, lui révéla le lieu où était son corps et lui commanda de l’ensevelir auprès des restes des apôtres : ce qui fut exécuté. Le lieu où fut enseveli saint Sébastien était voisin de la catacombe de Saint-Calixte ; il prit le nom de cimetière de Saint-Sébastien. Plus tard sur son tombeau, par ordre du pape Damase, on éleva une belle basilique ; une magnifique statue en marbre blanc du saint décore le tombeau.

Le martyre de saint Sébastien eut lieu le 20 janvier, l'an 288, le quatrième de l'empire de Dioclétien ; l'Eglise célèbre sa fête ce jour, avec office double. Cette fête était autrefois chômée par le peuple chrétien en plusieurs diocèse du monde.


Le corps de saint Sébastien jeté dans la Cloaca Maxima.
Ludovico Carracci. XVIIe.

Saint Sébastien est le patron des aiguilletiers (fabricants de galons pour les uniformes militaires), des arbalétriers, archers, arquebusiers et des marchands de ferrailles.
On l'invoque non seulement contre la peste en général, mais en Anjou par exemple, on a recours à lui contre les épizooties (pestes du bétail).

Saint Sébastien est représenté percé de flèches et attaché à un tronc d'arbre ; on voit quelque fois au-dessus de sa tête un ange tenant une couronne. On trouve aussi notre Saint en tenue militaire, tenant deux flèches d'une main, et de l'autre une couronne : ses traits doivent être ceux d'un vieillards.


Andrea Mantegna. XVe.

RELIQUES

Saint Grégoire rapporte, au premier livre de ses Dialogues, qu'une femme de Toscane, nouvellement mariée, fut invitée à se rendre à la dédicace d'une église de saint Sébastien ; et la nuit qui précéda la fête, pressée par la volupté de la chair, elle ne put s'abstenir de son mari. Le matin, elle partit, rougissant plutôt des hommes que de Dieu. Mais à peine était-elle entrée dans l’oratoire Où étaient les reliques de saint Sébastien, que le diable s'empara d'elle, et la tourmenta en présence de la foule.

Alors un prêtre de cette église saisit un voile de l’autel pour en couvrir cette femme, mais le diable s'empara aussitôt de ce prêtre lui-même. Des amis conduisirent la femme à des enchanteurs afin de la délivrer parleurs sortilèges.
" Mais à l’instant où ils l’enchantaient, et par la permission de Dieu, une légion composée de 6666 démons entra en elle et la tourmenta avec plus de violence. Un personnage d'une grande sainteté, nommé Fortunat, la guérit par ses prières."

On lit dans les Gestes des Lombards qu'au temps du roi Gombert, l’Italie entière fut frappée d'une peste si violente que les vivants suffisaient à peine à ensevelir les morts ; elle fit de grands ravages, particulièrement à Rome et à Pavie. Alors un bon ange apparut sous une forme visible à une foule de personnes, ordonnant au mauvais ange qui le suivait et qui avait un épieu à la main, de frapper et d'exterminer.
Or, autant de fois il frappait une maison, autant il y avait de morts à enterrer. Il fut révélé alors, par l’ordre de Dieu, à une personne, que la peste cesserait entièrement ses ravages si l’on érigeait à Pavie un autel à saint Sébastien. Il fut en effet élevé dans l’église de Saint-Pierre-aux-liens. Aussitôt après, le fléau cessa. Les reliques de saint Sébastien y furent apportées de Rome.


Martyre de saint Sébastien. Psautier cistercien. Besançon. XIIIe.

Une des translations les plus importantes se fit en France sous Louis le Débonnaire. Ce prince obtint du pape Eugène II la permission de faire transpporter à Saint-Médard de Soissons une part importante des reliques de saint Sébastien. Ce riche trésor fut placé solennellement par l'évêque Rothade dans la célèbre abbaye Saint-Médard, le deuxième dimanche de l'Avent, au neuvième jour de décembre de l'an 826.
 
En 1564, les bêtes féroces calvinistes jetèrent les reliques dans les fossés de l'abbaye, mais de pieux fidèles les sauvèrent avec celles de saint Grégoire le Grand et de saint Médard. On les conserva confondues jusqu'en 1793, partie dans l'église Notre-Dame, partie dans Saint-Médard.
Ruinée et dévastée par d'autres bêtes féroces (les révolutionnaires de 1792), l'abbaye Saint-Médard de Soissons perdit définitivement ces précieuses reliques.

Il se trouvent des fragments, détachés des trésors de Saint-Médard et de Notre-Dame de Soissons, à Amiens et à Meaux.

Statue du Bernin. Basilique Saint-Sébastien. Rome. XVIIe.

HYMNE

Les anciens livres liturgiques contiennent de nombreuses pièces en l'honneur de saint Sébastien ; nous donnerons seulement l'Hymne suivante, qui appartient au Bréviaire Ambrosien :

" En ce jour dédié à l'honneur de Sébastien Martyr, notre concitoyen illustre, rendons-lui gloire dans nos chants unanimes.

Ce noble athlète du Christ, plein de l'ardeur du combat, abandonne sa patrie, qui pour lui a moins de dangers, et vient dans Rome affronter la lutte.

C'est là que, sectateur d'une doctrine sublime, repoussant l'idolâtrie, il aspire aux trophées d'un glorieux martyre.

Des nœuds multipliés l'enchaînent au tronc d'un arbre ; c'est là que sa poitrine, comme un bouclier suspendu, sert de but aux traits des archers.

Les flèches se réunissent sur son corps comme une forêt ; mais son âme, plus ferme que l'airain, insulte à la mollesse du fer, et demande à ce fer d'être plus meurtrier.

A voir le sang qui baigne le corps du Martyr, on croirait qu'il a expiré ; mais une chaste femme est venue panser ces plaies enflammées.

Ces blessures profondes inspirent un courage céleste au soldat du Christ ; il va provoquer encore le tyran, et bientôt il expire sous les coups meurtriers.

Maintenant, assis dans les hauteurs du ciel, vaillant guerrier ! éloignez la peste, et gardez même les corps de vos concitoyens.

Au Père, au Fils, et à vous, Esprit-Saint, comme toujours, soit à jamais gloire dans tous les siècles.

Amen."


Tryptique de Saint-Sébastien. Détail. Givanni del Biondo. XIVe.

ORAISON

Cette Oraison se lit au Missel Gothique :

" Ô Dieu qui, par votre très heureux Martyr Sébastien, avez fortifié les cœurs de vos fidèles, et sous la chlamyde d'un empire terrestre, l'avez rendu un soldat parfait de votre Nom ; accordez-nous de militer constamment pour votre gloire ; armez notre bouche des enseignements de votre justice, éclairez notre cœur par le charme de votre amour, et, arrachant notre chair aux passions, fixez-la par les clous de votre croix.
Amen."


Mathias Grünewald. Retable d'Issenheim. XVIe.

PRIERE

Cette très belle prière nous vient à nouveau de dom Prosper Guéranger dans son Année liturgique :

" Vaillant soldat de l'Emmanuel ! Vous vous reposez maintenant à ses pieds. Vos blessures sont guéries, et vos palmes sont toujours verdoyantes. Du haut du ciel, jetez les regards sur la chrétienté qui applaudit à vos triomphes. A cette époque de l'année, vous nous apparaissez comme le gardien fidèle du berceau de l'Enfant divin ; l'emploi que vous remplissiez à la cour des princes de la terre, vous l'exercez maintenant dans le palais du Roi des rois. Daignez y introduire et y protéger nos vœux et nos prières.

Avec quelle faveur l'Emmanuel écoutera vos requêtes, lui que vous avez aimé d'un si invincible amour ! Dans l'ardeur de verser votre sang pour son service, un théâtre vulgaire ne vous suffisait pas ; il vous fallait Rome, cette Babylone enivrée du sang des Martyrs, comme parle saint Jean. Mais vous ne vouliez pas cueillir seulement une palme, et monter en hâte dans les cieux ; votre zèle pour vos frères vous rendait inquiet sur leur constance. Vous aimiez à pénétrer dans les cachots où ils rentraient tout brisés par les tortures ; et vous veniez raffermir entre leurs mains la palme chancelante. On eût dit que vous aviez reçu l'ordre de former la milice prétorienne du Roi céleste, et que vous ne deviez entrer au ciel que dans la société des guerriers choisis par vous pour la garde de sa personne.

Enfin, le moment est venu où vous devez songer à votre propre couronne ; l'heure de la confession a sonné. Mais, pour un athlète comme vous, Ô Sébastien, un martyre unique ne suffit pas. En vain les archers ont épuisé leurs carquois sur vos membres ; la vie est restée en vous tout entière ; et la victime demeure aussi tout entière pour une seconde immolation. Tels furent les chrétiens du premier âge, et nous sommes leurs fils.


Retable de Saint-Sébastien. Hans Holbein. XVIe.

Donc, Ô guerrier du Seigneur, considérez l'extrême faiblesse de nos cœurs où languit l'amour du Christ ; prenez pitié de vos derniers descendants. Tout nous effraie, tout nous abat, et trop souvent nous sommes, même à notre insu, les ennemis de la croix. Nous oublions trop souvent que nous ne pouvons habiter avec les Martyrs, si nos cœurs ne sont pas généreux comme le fut le cœur des Martyrs. Nous sommes lâches dans la lutte avec le monde et ses pompes, avec les penchants de notre cœur et l'attrait des sens ; et quand nous avons fait avec Dieu une paix facile, scellée du gage de son amour, nous croyons qu'il ne nous reste plus qu'à cheminer doucement vers le ciel, sans épreuves et sans sacrifices volontaires. Arrachez-nous à de telles illusions, Ô Sébastien ! Réveillez-nous de notre sommeil ; et pour cela ranimez l'amour qui dort dans nos cœurs.

Défendez-nous de la contagion des mauvais exemples et de l'envahissement des maximes mondaines qui se glissent sous un faux air de christianisme.


Plaquette de bronze doré. Galeazzo Mondella. XVe.

Rendez-nous ardents pour notre sanctification, vigilants sur nos inclinations, zélés pour le salut de nos frères, amis de la croix, et détachés de notre corps. Par ces flèches qui ont percé vos membres généreux, éloignez de nous les traits que l'ennemi nous lance dans l'ombre.

Armez-nous, ô soldat du Christ, de l'armure céleste que nous décrit le grand Apôtre dans sa Lettre aux Ephésiens ; placez sur notre cœur la cuirasse de la justice, qui le défendra contre le péché ; couvrez notre tête du casque du salut, c'est-à-dire de l'espérance des biens futurs, espérance éloignée également de l'inquiétude et de la présomption ; placez à notre bras le bouclier de la foi, dur comme le diamant, et contre lequel viendront se briser tous les traits de l'ennemi qui voudrait égarer notre esprit pour séduire notre cœur; enfin, mettez à notre main le glaive de la parole de Dieu, par lequel nous dissiperons toutes les erreurs et renverserons tous les vices ; car le ciel et la terre passent, et la Parole de Dieu reste, comme notre règle et notre espérance.

Défenseur de l'Eglise, ainsi appelé par la bouche d'un saint Pape Martyr, levez votre épée pour la défendre encore. Abattez ses ennemis, dissipez leurs plans perfides ; donnez-nous cette paix que l'Eglise goûte si rarement, et durant laquelle elle se prépare à de nouveaux combats. Bénissez les armes chrétiennes, au jour où nous aurions à lutter contre les ennemis extérieurs. Protégez Rome qui honore votre tombeau ; sauvez la France, qui se glorifia longtemps de posséder une partie de vos sacrés ossements. Eloignez de nous les fléaux de la peste et les maladies contagieuses ; écoutez la voix de ceux qui, chaque année, vous implorent pour la conservation des animaux que le Seigneur a donnés à l'homme pour l'aider dans ses labeurs. Enfin, par vos prières, assurez-nous le repos de la vie présente, mais surtout les biens de l'éternité."


Girolamo Genga. XVIe.

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20 janvier. Saint Fabien, pape et martyr. 250.

- Saint Fabien, pape et martyr. 250.

Papes : Saint Antère (prédécesseur, 236+) ; Saint Corneille (successeur). Empereur romain (période de l'anarchie militaire) : Trajan Dèce.

" Il est digne ! Il est digne !"
Acclamation des électeurs à l'élection de saint Fabien.


Election de saint Fabien. Jacques Huguet l'Ancien. XVe.

L'un des deux grands Martyrs qui partagent, sur le Cycle, les honneurs de cette journée, saint Fabien (l'autre étant saint Sébastien), fut Pontife de l'Eglise de Rome. Saint Fabien reçut la couronne du martyre l'an 250, sous la persécution de Trajan Dèce. Considérons les mérites de cet deux athlètes du Christ.

A l'exemple de ses prédécesseurs, saint Clément et saint Anthéros, le saint Pape Fabien prit un soin particulier de faire rédiger les Actes des Martyrs ; mais la persécution de Dioclétien, qui nous a privés d'un si grand nombre de ces précieux monuments condamnés aux flammes par les édits impériaux, nous a ravi le récit des souffrances et du martyre de notre saint Pontife. Quelques traits seulement de sa vie pastorale sont arrivés jusqu'à nous ; mais nous pouvons prendre une idée de ses vertus, par l'éloge que fait de lui saint Cyprien, qui l'appelle un homme incomparable, dans une Lettre qu'il écrit au Pape saint Corneille, successeur de Fabien.

L'évêque de Carthage célèbre aussi la pureté et la sainteté de la vie du saint Pontife, qui domina d'un front tranquille les orages dont l'Eglise fut agitée de son temps. On aime à contempler cette tête calme et vénérable sur laquelle une colombe alla se reposer, pour désigner dans Fabien le successeur de Pierre, le jour où le peuple et le clergé de Rome étaient réunis pour l'élection d'un Pontife, après le martyre d'Anthéros. Ce rapport avec le Christ désigné pour le Fils de Dieu, dans les eaux du Jourdain, par la divine colombe, rend plus sacré encore le touchant caractère de Fabien. Dépositaire de la puissance de régénération qui réside dans les eaux depuis le baptême du Christ, il eut à cœur la propagation du Christianisme ; et parmi les Evêques qu'il sacra pour annoncer la foi en divers lieux, l'Eglise des Gaules en reconnaît plusieurs pour ses principaux fondateurs.


Saint Fabien et saint Sébastien. Paolo di Giovanni. XIVe.

Fabien, comme on dirait fabriquant la béatitude suprême, c'est-à-dire se l’acquérant à un triple droit, d'adoption, d'achat et de combat.

Saint Fabien, romain d'origine, était fils de Fabius. Le pontificat de saint Antère, dit saint Eusèbe de Césarée, n'avait duré qu'un mois. On rapporte qu'après le martyr de ce pape, Fabien revenait de la campagne avec quelques amis, lorsqu'il fut soudain et par une merveilleuse disposition de la grâce divine, appelé inopinément à la tête du clergé. Fabien entra dans l'Eglise au moment où tous les frères étaient réunis pour procéder à l'élection. Nul ne songeait à l'élire.

Plusieurs se préoccupaient de donner leurs suffrages à quelque nobles et illustres personnages. En effet, Gordien (le père), procclamé empereur par les légions campées en Afrique, était entré, par son mariage avec Fabia Orestia, dans cette grande famille des Fabii, dont le pape saint Fabien était lui-même un mùembre. On conçoit dès lors comment l'élection pontificale des catacombes, coïncidant avec l'acclamation de l'armée, du Sénat et du peuple en faveur des deux empereurs Gordien, pouvait être, au point de vue humain, d'une humilité immense pour l'Eglise.


Saint Fabien et saint Sébastien. Graduel à l'usage de
l'abbaye Notre-Dame de Fontevrault. XIIIe.

Tout à coup, une colombe, descendue par un des lucernaires de la catacombe, vint se reposer sur sa tête. Elle semblait rappeler celle dont l'Esprit-Saint avait revêtu la forme pour descendre sur le Sauveur, aux rives du Jourdain. L'assemblée, émue à ce spectacle et manifestement inspirée de l'Esprit de Dieu, poussa dans un transport d'allégresse l'acclamation unanime :
" Il est digne ! Il est digne !"
Malgré la résistance de Fabien, on l'entera et on le fit asseoir sur le trône pontifical.

Saint Fabien fut le premier pape élu simple laïque, pour être élevé au sommet de la hiérarchie sacrée. Il justifia par toute sa vie ce choix miraculeux. Il assigna un diacre à chacune des sept régions de la Rome chrétienne, et y plaça aussi un sous-diacre pour diriger les notaires chargés de reccueillir intégralement les Actes des Martyrs.

Saint Fabien défendit que les juges séculiers se mêlassent des causes ecclésiastiques. Il interdit aussi le mariage par affinité aux personnes alliées jusqu'au cinquième degré ; n'entendant néanmoins pas que les mariages dans le quatrième degré, faits et consommés, fussent rompus.

Il ordonna que les fidèles communiassent au moins aux trois fêtes principales fêtes de l'année.

Il statua également que, tous les ans, au jour de la Cène du Seigneur, on renouvellerait le saint Chrême, après avoir brûlé l'ancien.

Par ses ordres, de nombreuses constructions furent exécutées dans les cimetières et les galeries des catacombes.


Saint Fabien et Philippe l'Arabe. Legenda aurea.
Bx J. de Voragine. R. de Montbaston. XIVe.

La fin du pontificat de saint Fabien correspondait au règne de Philippe l'Arabe, qui était chrétien ainsi que sa femme, l'impératrice Severa. Mais le César eut peur d'agir en chrétien. Dieu ne voulait pas qu'un homicide arborât le premier le drapeau pacifique de la Croix sur le monde. Philippe, en arrivant au trône avait mis à mort le fils de son ancien maître ; c'est pourquoi la veille de Pâques, quand il se présenta à l'Eglise d'Antioche, le patriarche saint Babylas refusa de lui en ouvrir les portes. L'empreur se soumit. Pourtant il ne rendit de services à l'Eglise qu'en ce sens qu'il ne la persécuta point, et même, lors de la célébration du premier millésime romain, il ne permit ni les combats de gladiateurs, ni les massacres du cirques ; le souffle chrétien avait visiblement inspiré l'empereur.

Saint Fabien profita de la paix qui régnait alors pour répandre de plus en plus les lumières de l'Evangile. Allié par la naissance à la famille impériale des Gordiens et à presque toutes celles de l'ancien patriarcat de Rome, il dut étendre les conquêtes de la foi dans les plus hauts rangs de la société, où l'on voyait, à la fin du IIIe siècle, un si grand nombre d'illustres Chrétiens. Les églises, ruinées pendant les persécutions précédentes, furent réparées et ornées avec le plus de décence possible.

Haymon rapporte que l’empereur Philippe, voulant assister aux vigiles de Pâques et participer aux mystères, il lui résista et ne lui permit d'y assister qu'après avoir confessé ses péchés et être resté parmi les pénitents.


Décollation de saint Fabien.
Benvenuto di Giovanni di Meo del Guasta. XVe.

Enfin, Dèce ayant usurpé l'empire, et désirant mettre la main sur les trésors qu'on lui fit entendre avoir été laissé par son prédecesseur à l'Eglise, renouvela les persécutions qui avaient cessé et arrosa la terre du sang des fidèles. Alors, dit saint Cyprien, commença une suite interminable de tortures de la part des bourreaux.

Les poursuites n'avaient plus seulement pour fin la condamnation, et pour consolation la mort. On graduait la cruauté par une série de raffinements, de façon que la victime survécût aux supplices. On ne voulai pas lui accorder trop tôt la couronne. On la fatiguait dans l'espoir de fléchir son courage, et s'il lui arrivait, grâce à la miséricorde de Dieu, de mourir avant l'heure prévue, les bourreaux se croyaient trompés.

Telle fut la septième persécution générale. Sa première victime fut le pape saint Fabien qui eut la tête tranchée le treize des calendes de février (le 20 janvier). Il fut enseveli au cimetière de Calliste, sur la voie Appienne.

Ce martyre, qui rouvrait avec éclat l'ère des luttes sanglantes, eut un grand retentissement dans la chrétienté. Le clergé de Rome en informa les autres églises ; le fait est certain ; nous connaissons même un des messagers. Le sous-diacre Crementius fut envoyé à Carthage avec une lettre authentique des prêtres et des diacres romains, dans laquelle la mort glorieuse du pontife était, pour l'édification générale, relatée dans tous ses détails ( nous n'avons plus ce récit hélas, mais une épître de saint Cyprien en fait foi).

Saint Fabien siégea quinze ans et quatre jours. Il fit cinq ordinations au mois de décembre, et il créa vingt-deux Prêtres, sept Diacres, et onze Evêques pour divers lieux.

On lui donne pour attribut l'épée, instrument de son martyre et la colombe qui le désigna au choix du peuple chrétien.

L'Eglise a toujours solennisé la fête de saint Fabien avec celle de saint Sébastien, comme il paraît dès le temps de saint Grégoire le Grand. Son office n'était autrefois que semi-double ; mais le pape Pie V, en la réformation du bréviaire, en 1550, l'a ordonné double, ainsi qu'il se célèbre.

Des reliques de notre saint pape étaient encore conservées au début du XXe siècle à l'Hôtel-Dieu d'Amiens.


Décollation de saint Fabien. Jacques Huguet l'Ancien. XVe.

PRIERE

" Ainsi se sont écoulés les jours de votre Pontificat, longs et orageux, Ô Fabien ! Mais, pressentant l'avenir de paix que Dieu réservait à son Eglise, vous ne vouliez pas que les grands exemples de l'âge des Martyrs fussent perdus pour les siècles futurs, et votre sollicitude veillait à leur conservation. Les flammes nous ont ravi une grande partie des trésors que vous aviez amassés pour nous ; à peine pouvons-nous formuler quelques détails de votre propre vie ; mais nous en savons assez pour louer Dieu de vous avoir choisi dans ces temps difficiles, et pour célébrer aujourd'hui le glorieux triomphe que remporta votre constance. La colombe qui vous désignait comme l'élu du ciel, se reposant sur votre tête, vous marquait comme le Christ visible de la terre ; elle vous dévouait aux sollicitudes et au martyre ; elle avertissait l'Eglise entière de vous reconnaître et de vous écouter.

Vous donc, Ô saint Pontife, qui avez eu ce trait de ressemblance avec l'Emmanuel dans le mystère de l'Epiphanie, priez-le pour nous afin qu'il daigne se manifester de plus en plus à nos esprits et à nos cœurs. Obtenez-nous de lui cette docilité à sa grâce, cette dépendance d'amour à l'égard de ses moindres volontés, ce détachement de toutes choses, qui furent l'élément continuel de votre vie, au milieu de cette tourmente qui menaça, durant quinze années, de vous engloutir. Enfin un dernier tourbillon vous enleva, calme et préparé, pour vous porter, par le martyre, jusque dans le sein de Celui qui avait déjà accueilli un si grand nombre de vos brebis. Nous aussi, nous attendons la vague qui doit nous détacher de la grève, et nous pousser jusqu'au ciel ; demandez, Ô Pasteur, qu'elle nous trouve prêts. Si l'amour du divin Enfant vit en nous, si nous imitons, comme vous, Ô Fabien, la simplicité de la colombe, notre voie est sûre. Nous offrons nos cœurs ; hâtez-vous de les préparer."

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