dimanche, 09 novembre 2025
9 novembre. Dédicace de l'église du Sauveur, aujourd'hui archibasilique Saint-Jean de Latran. 324.
- Dédicace de l'église du Sauveur, aujourd'hui archibasilique Saint-Jean de Latran. 324.
Pape : Saint Sylvestre Ier. Empereur romain d'Occident : Constantin Ier. Empereur romain d'Orient : Licinius.
" Domus Dei nos ipsi ; nos in hoc saeculo aedificamur, ut in fine saeculi edificemur."
" Nous sommes les temples de Dieu, nous avons été édifiés dans le temps pour être dédiés à la fin des temps."
Saint Augustin. Serm. CCCXXXVI in dedicat.

Archibasilique Saint-Jean de Latran. Rome.
Le Maître-autel, sur lequel seul le pape peut offrir le saint sacrifice de la messe, est l'autel sur lequel saint Pierre disait la messe lorsqu'il était à Rome. C'est l'unique autel sous lequel il n'y ait point de relique.
Au trésor de lapremière église du monde, on trouve entre autre la table sur laquelle Notre Seigneur institua le saint sacrifice de la Messe, un morceau du linge de pourpre dont les soldat le revêtirent lors de Sa Passion, les crânes de saint Pierre et de saint Paul, etc.
Jean Sobieski, après sa victoire à Vienne contre les Mahométans, insista pour que sa bannière fut exposée dans la première église du monde en signe de son dévouement à l'Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Au quatrième siècle de notre ère, la fin des persécutions sembla au monde un avant-goût de sa future entrée dans la cité de la paix sans fin. " Gloire au Tout-Puissant ! gloire au Rédempteur de nos âmes !" s'écrie, en tête du dixième et dernier livre de son Histoire, le contemporain Eusèbe. Et témoin du triomphe, il décrit l'admirable spectacle auquel donna lieu partout la dédicace des sanctuaires nouveaux.
De villes en villes, s'assemblaient les évêques et s'empressaient les foules. De peuples à peuples, une telle bienveillance de mutuelle charité, de commune foi, d'allégresse recueillie harmonisait les cœurs, que l'unité du corps du Christ apparaissait aux yeux, dans cette multitude animée d'un même souffle de l'Esprit-Saint ; c'était l'accomplissement des anciennes prophéties : cité vivante du Dieu vivant où tout sexe et tout âge exaltaient l'auteur de tous biens. Combien augustes apparurent alors les rites de notre Eglise ! La perfection achevée qu'y déployaient les Pontifes, l'élan de la psalmodie, les lectures inspirées, la célébration des ineffables Mystères formaient un ensemble divin (Euseb. Hist. eccl. X, I-IV.).

Frontispice de l'archibasilique Saint-Jean de Latran (détail). Rome.
Constantin avait mis les trésors du fisc à la disposition des évêques, et lui-même stimulait leur zèle pour ce qu'il appelait dans ses édits impériaux l'œuvre des églises (Euseb. De Vita Constantini, II, XLV, XLVI.). Rome surtout, lieu de sa victoire par la Croix et capitale du monde devenu chrétien, bénéficia de la munificence du prince. Dans une série de dédicaces à la gloire des Apôtres et des saints Martyrs, Silvestre, Pontife de la paix, prit possession de la Ville éternelle pour le vrai Dieu.
Aujourd'hui fut le jour natal de l'Eglise Maîtresse et Mère, dite du Sauveur, Aula Dei (Palais de Dieu.), Basilique d'or ; nouveau Sinaï (Inscriptio vetus olim in apside majori.), d'où les oracles apostoliques et tant de conciles notifièrent au monde la loi du salut. Qu'on ne s'étonne pas d'en voir célébrer la fête en tous lieux.

Choeur de l'archibasilique Saint-Jean de Latran. Rome.
Si depuis des siècles les Papes n'habitent plus le palais du Latran, la primauté de sa Basilique survit dans la solitude à tout abandon. Comme au temps de saint Pierre Damien, il est toujours vrai de dire qu'" en la manière où le Sauveur est le chef des élus, l'Eglise qui porte son nom est la tête des églises ; que celles de Pierre et de Paul sont, à sa droite et à sa gauche, les deux bras par lesquels cette souveraine et universelle Eglise embrasse toute la terre, sauvant tous ceux qui désirent le salut, les réchauffant, les protégeant dans son sein maternel ". (Petr. Dam. Epist. L. II, 1.).
Et Pierre Damien appliquait conjointement au Sauveur et à la Basilique, sacrement de l’unité, les paroles du prophète Zacharie : Voici l’ homme dont le nom est Orient ; il germera de lui-même, et il bâtira un temple au Seigneur ; il bâtira, dis-je, un temple au Seigneur, et il aura la gloire, et il s'assiéra : et sur son trône il sera Roi, et sur son trône il sera Pontife (Zach. VI, 12, 13.).

Abside de saint Jean. Archibasilique Saint-Jean de Latran. Rome.
C'est au Latran que, de nos jours encore, a lieu la prise de possession officielle des Pontifes romains. Là s'accomplissent chaque année en leur nom, comme Evêques de Rome, les fonctions cathédrales delà bénédiction des saintes Huiles au Jeudi saint et, le surlendemain, de la bénédiction des fonts, du baptême solennel, de la confirmation, de l'ordination générale.
Prudence, le grand poète de l'âge du triomphe, reviendrait en nos temps qu'il dirait toujours :
" A flots pressés le peuple romain court à la demeure de Latran, d'où l'on revient marqué du signe sacré, du chrême royal ; et il faudrait douter encore, Ô Christ, que Rome te fût consacrée !" (Prudent. Lib. I contra Symmachum, 586-588.).
Ce fut le bienheureux Pape Silvestre qui établit le premier les rites observés par l'Eglise romaine dans la consécration des églises et des autels. Il y avait bien dès le temps des Apôtres, en effet, certains lieux voués à Dieu, et nommés Oratoires par les uns, Eglises par d'autres ; on y tenait l'assemblée le premier jour de la semaine, et le peuple chrétien avait la coutume d'y prier, d'y entendre la parole de Dieu, d'y recevoir l'Eucharistie : cependant on ne les consacrait pas avec autant de solennité ; on n'y élevait pas d'autel fixe qui, oint du chrême, exprimât le symbole de notre Seigneur Jésus-Christ, pour nous autel, hostie et pontife.

Abside de saint Jean (détail).
Mais lorsque l'empereur Constantin eut par le sacrement du baptême obtenu la santé du corps et le salut de l'Âme, une loi émanant de lui fut portée qui pour la première fois permettait dans tout l'univers aux Chrétiens de bâtir des églises. Non content de cet édit, le prince voulut même leur donner l'exemple et inaugurer les saints travaux. C'est ainsi que dans son propre palais de Latran, il dédia une église au Sauveur, et fonda le baptistère contigu sous le nom de saint Jean-Baptiste, dans le lieu où lui-même, baptisé par saint Silvestre, avait été guéri de la lèpre.
C'est cette église que le Pontife consacra le cinq des ides de novembre ; et nous en célébrons la mémoire en ce même jour où pour la première fois à Rome une église fut ainsi publiquement consacrée, où l'image du Sauveur apparut visible sur la muraille aux yeux du peuple romain.

Baldaquin de l'archibasilique Saint-Jean de Latran. Rome.
Plus tard, ayant à consacrer l'autel du Prince des Apôtres, le bienheureux Silvestre ordonna que les autels ne fussent plus désormais que de pierre. Si cependant l'autel de la basilique de Latran fut de bois, on ne doit pas s'en étonner : de saint Pierre à Silvestre, en effet, les persécutions ne laissaient pas aux Pontifes de demeure stable ; partout donc où les amenait la nécessité, soit dans les cryptes ou les cimetières, soit dans les maisons des chrétiens, c'était sur cet autel de bois, creux en forme de coffre, qu'ils offraient le Sacrifice.
Quand la paix fut rendue à l'Eglise, par honneur pour le Prince des Apôtres qu'on dit avoir célébré sur cet autel, et les autres Pontifes qui jusqu'alors s'en étaient servis de même dans les Mystères sacrés, saint Silvestre le plaça dans la première église, au Latran, défendant que nul autre n'y célébrât par la suite, si ce n'est le Pontife romain. Ebranlée et ruinée par les incendies, les incursions ennemies, les tremblements de terre, cette église fut toujours réparée avec grand zèle parles Souverains Pontifes ; à la suite d'une nouvelle restauration, le Pape Benoît XIII, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, la consacra derechef en grande pompe, le vingt-huitième jour d'avril de l'an mil sept cent vingt-six, assignant à la mémoire de cette solennité le présent jour.

Vue du cloître de l'archibasilique Saint-Jean de Latran. Rome.
De grands travaux que Pie IX avait entrepris furent menés à bonne fin par Léon XIII ; à savoir : l'agrandissement et le prolongement de l'abside qui tombait de vétusté ; la réfection sur le modèle primitif de l'antique mosaïque déjà précédemment renouvelée dans beaucoup de ses parties, et son transfert dans ta nouvelle abside magnifiquement et à grands frais décorée ; le renouvellement delà charpente et des lambris du transept embelli ; œuvre complétée, l'an mil huit cent quatre-vingt-quatre, d'une sacristie, d'habitations pour les chanoines et d'un portique rejoignant les nouvelles constructions au baptistère de Constantin.
Tant de détails courent le risque de sembler superflus aux profanes. En la manière cependant que le Pape est notre premier et propre pasteur à tous, son Eglise de Latran est aussi notre Eglise ; rien de ce qui la concerne ne saurait, ne devrait du moins, laisser le fidèle indifférent. Inspirons-nous à son endroit des belles formules qui suivent, et que nous donne le Pontifical romain au jour de la consécration des Eglises ; elles ne sauraient s'appliquer mieux qu'à l'Eglise Mère.

Entrée de Martin V au château Saint-Ange (détail). Il mit fin au
ANTIENNES ET REPONS
R/. " La maison du Seigneur est fondée au sommet des monts; elle est élevée sur les collines ; toutes les nations viendront à elle. Et elles diront : Gloire à vous, Seigneur !"
V/. " Elles viendront avec transport, portant leurs moissons. Et elles diront."
R/. " Seigneur de toutes choses, qui n'avez nul besoin, vous voulez avoir au milieu de nous votre temple. Gardez pure à jamais cette maison, Seigneur."
V/. " Seigneur, c'est la maison que vous choisîtes pour qu'y fût invoqué votre nom : maison de la prière et des supplications de votre peuple. * Gardez."
Ant. " Paix éternelle à cette maison par l'Eternel! Paix soit à cette maison la Paix sans fin, Verbe du Père ! Paix donne à cette maison le divin Consolateur !"
Ant. " Oh ! combien redoutable est ce lieu ! c'est véritablement ici la maison de Dieu et la porte du ciel."
Ant. " C'est la maison du Seigneur solidement bâtie, bien établie sur la pierre ferme."
Ant. " Jacob vit une échelle dont le sommet atteignait les cieux, et les Anges qui descendaient, et il dit : Ce lieu est vraiment saint."
R/. " Voici Jérusalem, la grande cité, céleste, ornée comme l'Épouse de l'Agneau. C'est le vrai tabernacle. Alléluia."
V/. " Ses portes ne se fermeront point durant le jour ; quant à la nuit, elle y sera inconnue. C'est le vrai."
R/. " Vos places, Jérusalem, seront pavées d'or pur, Alléluia, et l'on chantera en vous le cantique de joie, Alléluia. * Et par vos rues chacun dira : Alléluia, Alléluia."
V/. " Vous brillerez d'une lumière éclatante, et, vous voyant, toute la terre adorera. Et par vos rues."
Ant. " Faites le tour de Sion , parcourez son enceinte , racontez ses merveilles en ses tours."
V/. " Le Seigneur est grand, et digne de toute louange en la cité de notre Dieu, sur sa montagne sainte."
R/. " Le Seigneur vous a revêtue d'un vêtement d'allégresse ; à votre front il a mis le diadème. Il vous a parée de saints ornements."
V/. " Vous brillerez d'une lumière éclatante, et, vous voyant, toute la terre adorera. Il vous a parée."
V/. " Les nations viendront à vous des plus lointains pays, apportant leurs dons et adorant le Seigneur ; votre terre sera pour elles la sainte terre ; elles invoqueront en vous le grand Nom. Il vous a parée."
V/. " Bénis seront vos constructeurs. Pour vous, vos fils seront votre joie ; car la bénédiction sera sur eux tous, et tous ensemble ils viendront au Seigneur. Il vous a parée."

ORAISON
" Dieu tout-puissant et éternel, qui par Votre Fils, la Pierre d'angle, Avez joint les deux murs divergents de la circoncision et de la gentilité, qui, sous un même et seul pasteur, Avez uni par Lui les deux troupeaux distincts ; Ayez égard à notre dévotion : Donnez à Vos serviteurs l'indissoluble lien de la charité, pour qu'aucune division des âmes, pour qu'aucune perversion d'aucune sorte ne vienne à séparer ceux que rassemble en un troupeau unique la houlette de l’unique pasteur, ceux que gardent sous Votre protection les barrières de l'unique bercail. Par le même Jésus-Christ, ... "

L'obélisque de Saint-Jean de Latran. Rome.
" L'obélisque de Saint-Jean de Latran, destiné à symboliser le triomphe, après trois siècles de combats, du christianisme sur le paganisme, a 99 pieds d'élévation au-dessus du piédestal. Amené d'Egypte par les empereurs Constantin et Constance, son fils, il fut brisé par les barbares, puis réédifier, en 1588, à la place qu'il occupe aujourd'hui, par le génie si puissant et si poétique de Sixte V."
Mgr J.-J. Gaume in " Les trois Rome ".
Rq : On lira avec fruits les lignes superbes d'érudition, de style et de pénétration chrétiennes de Mgr Jean-Joseph Gaume dans le tome I de son livre " Les trois Rome " pages 324 à 354 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k105827c/f237.table
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samedi, 08 novembre 2025
8 novembre. Les Quatre Saints Couronnés, martyrs, Sévère, Sévérien, Carpophore et Victorin, frères, sur la voie Lavicane à Rome. On fête en même temps qu'eux les saints martyrs Claude, Nicostrate, Symphorien, Castorius et Simplice. 302, 304.
- Les Quatre Saints Couronnés, martyrs, Sévère, Sévérien, Carpophore et Victorin, frères, sur la voie Lavicane à Rome. On fête en même temps qu'eux les saints martyrs Claude, Nicostrate, Symphorien, Castorius et Simplice. 302, 304.
Pape : Saint Marcelin. Empereur romain d'Occident : Maximien Hercule. Empereur romain d'Orient : Dioclétien.
" Martyres Christi occidi possunt, fecti nequeunt."
" On peut tuer les martyrs du Christ ; les vaincre jamais."
Gilbert de Hollande.

Martyre des Quatre Couronnés (détail), associés aux cinq autres
Les quatre couronnés furent Sévère, Séverin, Carpophore et Victorin qui, par l’ordre de Dioclétien, furent fouettés à coups d'escourgées de plomb jusqu'à ce qu'ils en moururent. D'abord leurs noms furent inconnus, mais longtemps après Dieu les révéla. On décida donc que leur mémoire serait honorée sous les noms de cinq autres martyrs, Claude, Castorius, Symphorien, Nicostrate et Simplicien, qui souffrirent deux ans après eux.

Martyre des Quatre Couronnés (détail), associés aux cinq autres martyrs
fêtés en ce jour. Legenda aurea. Bx J. de Voragine. Mâcon. XVe.
Le pape Melchiade ordonna d'honorer sous les noms de ces cinq martyrs les quatre précédents qu'il fit appeler les Quatre Couronnés, avant que l’on découvrît leurs noms ; et l’usage en a toujours prévalu, même quand on eut su comment ils se nommaient réellement.

Les Quatre Couronnés. Missel romain. Niccolo di Giacomo. XIVe.
Ils furent fouettés jusqu'à la mort avec des plombeaux, sous Dioclétien. Leurs noms, qui ont depuis été connus par révélation divine, n'ayant pu être découverts, il fut statué que leur fête se célébrerait tous les ans avec celle des saints martyrs Claude, Nicostrate, Symphorien, Castorius et Simplice, sculpteurs, dont on fait la fête le même jour, sous ce nom de Quatre Couronnés.

Basilique des saints martyrs Quatre Couronnés. XIIIe. Rome.
Les saints Claude, Nicostrate, Symphorien, Castorius et Simplice étaient les plus excellents sculpteurs de Rome, et leurs ouvrages étaient si naturels et si délicats que les empereurs eux-mêmes en voulaient avoir dans leurs palais et dans leurs lieux de plaisance. Simplice, qui était le dernier, adorait au commancement les idoles ; mais, voyant que ses quatre compagnons, en faisant le signe de la croix, réussissaient admirablement en tous ce qu'ils entreprenaient, il leur demanda quelle vertu avait cette cérémonie qu'ils faisaient avant de travailler.

Tabernacle et Bas-relief. Nanni di Banco.
Symphorien saisit cette occasion pour lui parler de des erreurs de l'idolâtrie, de la merveilleuse puissance de Notre Seigneur Jésus-Christ, de la nécessité de reconnaître un seul Dieu et des récompenses qui étaient préparées à ceux qui étaient à son service.
Il ajouta que Notre Seigneur Jésus-Christ nous ayant rachetés par la croix, sa seule représentation était si puissante, que, par elle, on venait facilement à bout de tout ce que l'on entreprenait.
Cette remontrance fit ouvrir les yeux à Simplice ; il détesta les idoles qu'il avait adorées et se soumit à Notre Seigneur Jésus-Christ, et reçut le saint baptême.

Les Quatre Couronnés associés aux cinq autres martyrs fêtés ce jour.
Quelques temps après cette conversion, l'empereur Dioclétien, qui ne savait pas de quelle religion ils étaient, leur fit dire qu'ils eussent à faire une image en porphyre du Dieu Esculape. Ils répondirent généreusement qu'ils ne pouvaient travailler à cette statue sans contribuer à l'idolâtrie et se rendre coupables de tous les sacrilèges que l'on commettrait en l'adorant ; que cela n'était nullement permis à des Chrétiens ; qu'ainsi, faisant profession du christianisme, on ne devait pas s'attendre qu'ils employassent leur art à un ouvrage si abominable. On informa l'empereur de cette réponse, et il en fut tellement irrité, qu'il les livra à un juge nommé Lampade, pour les faire passer par les plus rudes supplices.

Bas-relief (détail). Nanni di Banco, Eglise Saint-Michel. Florence. 1408.
Ce juge fit d'abord ses efforts pour les obliger de changer de résolution ; mais, les voyant inébranlables, après quelques jours de prison il les condamna à être cruellement flagellés avec des fouets garnis de pointes de fer. L'xécution fut très cruelle ; mais pendant que le sang sortait de tous les côtés de leurs veines, et qu'on ne faisait qu'une plaie de tous leurs membres, un démonse saisit du juge et l'étouffa. Dioclétien, averti de ce qui se passait, pensa en mourir de rage. Il anvoya aussitôt Nicétius arrêter les Martyrs, et donna ordre qu'ils fussent enfermés vifs dans des cercueils de plomb et jetés ensuite dans la rivière. La sentence fut exécutée, et, par ce moyen, nos Martyrs trouvèrent tout ensemble leur mort, leur sépulture et leur couronne.
La Providence divine permit que 42 jours après, un Chrétien nommé Nicomède, ayant trouvé leurs saintes reliques, que le plomb même avait amenées hors de l'eau, les enlevât et les enterrât honorablement dans sa propre maison. Ainsi un Nicomède avait donné la sépulture à Notre Seigneur Jésus-Christ, notre souverain Maître, et un autre Nicomède la donna à cinq de ses plus fidèles serviteurs.
On peut les représenter avec les instruments ou outils de leur profession. Ils sont les patrons légitimes des sculpteurs, bien qu'on ai fait honneur de ce patronage aux Quatre Couronnés.
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vendredi, 07 novembre 2025
7 novembre. Saint Willibrord, apôtre de la Frise, de la Zélande, de la Flandre et du Brabant. 738.
- Saint Willibrord, apôtre de la Frise, de la Zélande, de la Flandre et du Brabant. 738.
Pape : Saint Grégoire III. Roi des Francs : Thierry IV.
" C'est à la moisson qu'ils savent faire des âmes que l'on juge de la vertu des prédicateurs."
Saint Grégoire le Grand.

Saint Willibrord. Peinture sur bois.
Né en Northumbrie, Angleterre, 658 ; mort à Echternach, Luxembourg, 739. Son nom indique qu'il est de lignée Saxonne (Willi est une grande divinité de la mythologie nordique ; brord indique " sous la protection de ").
Willibrord, premier archevêque d'Utrecht, est un des missionnaires envoyés par les Chrétiens Anglo-saxons un siècle après qu'ils aient eux-même été christianisés par des missionnaires dans le Sud et l'Est de l'Angleterre, venus de Rome et du Continent, et par le nord et l'ouest via les peuples Celtiques d’Écosse, Irlande et Pays de Galles.
Notre information sur Willibrord provient de Bède le Vénérable (Histoire de l'Eglise et du peuple Anglais, 5, 10-11.) et d'une biographie de son jeune parent, le bienheureux Alcuin, ministre de l'éducation sous l'empereur Charlemagne. Willibrord naquit en Northumbrie vers 658, et étudia en France et en Irlande.
Bien que leur nom de famille était clairement païen, ses parents étaient Chrétiens. Le père de Willibrord était un si pieux Chrétien qu'à ses frais, il fonda un petit monastère près de la mer et partit y vivre.

Basilique Saint-Willibrord : ancienne abbatiale bénédictine fondée
Comme beaucoup d'enfants de l'époque, à 7 ans, Willibrord fut envoyé dans un autre monastère, à Ripon, pour y être éduqué sous saint Wilfrid. (La Règle de saint Benoît parle d'oblats offerts au monastère par leurs parents. La mère de Willibrord était soit morte, soit avait pris le voile.
A cette époque, les moines interprétaient fort librement leur vœu d'attachement à une communauté, et nombre d'entre eux partaient complèter leur éducation en Irlande, si célèbre pour son érudition. Durant 12 ans, Willibrord étudia à Rathmelsigi sous les Saints Egbert et Wigbert, et y fut ordonné prêtre en 688.
C'est à Rathmelsigi que commence la véritable histoire de Willibrord, car Egbert avait un but favori qu'il partageait avec nombre de ses moines. Il planifiait d'envoyer des missionnaires sur le Continent, et en particulier auprès des païens Germains en Frise. C'était une excellente opportunité pour gagner un peuple entier à Dieu, et aussi pour gagner la couronne du martyr. Willibrord, âgé de 32 ans, fut choisit par Egbert pour diriger 11 autres moines Anglais, par delà la Mer du Nord jusqu'en Frise.

Saint Willibrord. Troparium epternacense prov. de sacramentarium. Xe.
On décrit Willibrord comme plus petit que la moyenne et joyeux. Il apprenait vite une langue, avait bonne éducation, soif d'aventure, et un grand sens de l'humour. Et surtout, Foi, espérance et charité.
A l'automne 690, les 12 arrivèrent à Katwijk-aan-Zee, à l'une des embouchures du Rhin. De là ils suivirent le fleuve jusque Wij-bij Durstede (Hollande), et cherchèrent Pépin II d'Herstal, maire du palais de Clovis II, roi des Francs. Pépin venait juste d'arracher la Basse Frise au duc païen Radbod, considéré comme un ours sauvage, qui régnait en tyran sur des étendues de boues sablonneuses et empoisonnait ses ennemis.
A peine avait-il rencontré Pépin et reçut son soutien pour la conversion des Frisons, qu'il partit pour Rome afin de demander conseil au pape Serge Ier, et recevoir ses ordres pour la mission. Avant son départ, il fut consacré pour cette oeuvre par ce pape.
Pour sa seconde visite à Rome, en 695, Willibrord arriva à convaincre le pape Serge II que la jeune mission avait besoin d'un évêque indépendant tant de York que de Pépin II ; et Serge, pour sa part, réalisa que la seule personne capable de remplir une telle tâche, qui nécessitait autant de tact que d'énergie, était Willibrord.

Consécration de saint Willibrord. Gravure du XVIIIe.
Et c'est ainsi qu'il fut consacré archevêque le 22 novembre - le jour de la fête de sainte Cécile, dans l'église Sainte-Cécile. Probablement parce qu'un Sicilien ne parvenait pas à prononcer convenablement " Willibrord ", Serge insista pour changer le nom du saint en " Clément ", un choix qui pourrait avoir été influencé par la douceur flegmatique de l'Anglois. Serge le renvoya dans son troupeau, avec quelques reliques et le titre d'archevêque des Frisons.
De retour dans ses brumes nordiques, Clément-Willibrord, qui utilisait rarement son nom latin, créa son siège à Utrecht. Ainsi, il inaugura une colonie anglaise en Europe continentale, qui eut une forte influence religieuse durant 100 ans.
Au contraire des évêchés modernes, remplis d'administrateurs et d'équipement, l'archiépiscopat de Willibrord était vivant. Il était sans arrêt en chemin, comme ses moines missionnaires, prêchant de village en village. Progressivement, il fonda dans chaque hameau une paroisse, avec son propre prêtre et les liturgies illuminées par l'esprit Bénédictin. Willibrord et saint Boniface de Crediton furent ensemble responsables de l'institution de chorepiscopi, " évêques régionnaires ", dans cette partie de l'Europe occidentale, afin de les aider dans leur travail.
Willibrord était adroit pour traiter avec les puissants du lieu, qui avaient les terres, l'argent et la puissance nécessaire pour soutenir son œuvre. Il utilisa ces grands, en fit des serviteurs de l’Évangile, mais ne leur fut jamais subordonné, ni prêt à donner sa bénédiction pour leurs folies. Il obtint d'eux de grandes étendues de terres qu'il transforma en villages et paroisses, comme Alphen dans le nord Brabant. Avec leur argent, il fonda des monastères qui servirent de centres d'illumination intellectuelle et religieuse.
Willibrord était apparemment opposé au travail des Culdees, qu'il rencontra.

Église Saint-Willibrord. Gravelines. Flandres.
Vers 700, il fonda un second important centre missionnaire, à Echternach, sur les bords de la Sure, dans l'actuelle jonction entre le Grand-Duché de Luxembourg et l'Allemagne. Il continua à évangéliser, en particulier la zone nord des pays de l'actuel Benelux, bien qu'il semble qu'il aie aussi exploré le Danemark et peut-être la Thuringe (Haute Frise). Un jour, il faillit mourir en mission - il fut attaqué par un prêtre païen à Walcheren, pour avoir détruit une idole.
C'est en 714 que Willibrord baptisa Charles Martel, le fils de Pépin le Bref.
Durant la période 715-719, Willibrord expérimenta des revers durant la révolte des Frisons contre les Francs. A la mort de Pépin 2, le 16 décembre 714, le duc Radbod, qui lui avait fait allégeance mais n'avait jamais été convertit, envahit les territoires qu'il avait perdus contre Pépin d'Herstal. Il massacra, pilla, brûla et vola tout ce qu'il put trouver portant la marque Chrétienne.

Tombeau de saint Willibrord.
Mais bien vite, la querelle de succession interne à la famille de Pépin ayant été résolue par l'habileté de Charlemagne, Radbod et ses alliés de Neustrie furent battus par Charlemagne et ses Austrasiens, dans la forêt de Compiègne, le 26 septembre 715. Il y aura encore d'autres soulèvements jusqu'à la mort de Radbod en 719, mais Willibrord et ses missionnaires seront à même de réparer les dégâts et de renouveler leur œuvre. Vers 719, Boniface les rejoignit et travailla avec eux en Frise durant 3 ans, avant de partir pour la Germanie.
La réussite missionnaire de Willibrord ne fut pas spectaculaire - la rapidité et le nombre des conversions ont été exagérées par les auteurs postérieurs - mais ce furent de solides fondations posées ; " sa charité était manifeste dans son incessant travail quotidien pour l'amour du Christ " (Alcuin). On l'appelle l'Apôtre des Frisons.
Il mourut alors qu'il faisait retraite à Echternach, le 7 novembre 739. Son maigre corps fut placé dans un sarcophage de pierre, que l'on peut toujours y voir.
Durant le début du VIIIe siècle, un moine d'Echternarch composa un calendrier des saints, dont nombre étaient en relation avec les passages de la vie de Willibrord. Le Calendrier de saint Willibrord est à présent à la Bibliothèque Nationale à Paris, manuscrit latin ms. 10.837, et est du plus haut intérêt pour les étudiants en hagiographie ; à la date du 21 novembre 728 (folio 39) on trouve plusieurs lignes autobiographiques rédigées par Willibrord en personne, donnant les dates de son arrivée en France et son ordination comme évêque. (Attwater, Delaney, Encyclopaedia, Grieve, Verbist).

Buste reliquaire de saint Willibrord.
Dans l'art, l'emblème de Saint Willibrord est un tonneau sur lequel il pose sa croix. L'abbaye d'Echternach est derrière lui, et il est vêtu de la tenue épiscopale. On trouve aussi les variantes suivantes :
1. en tenue épiscopale, il pose sa croix sur une source, avec un tonneau, 4 flacons, et l'abbaye en arrière-plan ;
2. évêque portant un enfant, ou avec un enfant à proximité ;
3. évêque avec la cathédrale d'Utrecht derrière lui ;
4. en moine, avec un bateau et un arbre.
On l'invoque contre les convulsions et l'épilepsie (Roeder).
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