UA-75479228-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 23 octobre 2016

23 octobre. Saint Pierre Pascal, religieux de l'Ordre Notre-Dame de la Merci, évêque de Jaën en Espagne, martyr. 1300.

- Saint Pierre Pascal, religieux de l'Ordre Notre-Dame de la Merci, évêque de Jaën en Espagne, martyr. 1300.

Pape : Boniface VIII. Roi de Castille : Ferdinand IV, l'Ajourné. Roi d'Aragon : Jacques II. Roi de France : Philippe IV le Bel.

" C'est l'oeuvre propre des âmes justes que de nourrir les pauvres et de racheter les captifs."
Lactance.

Saint Pierre Pascal, religieux de l'Ordre de Notre-Dame de la Merci
pour le rachat des captifs : ici éclairé par un ange dans le cachot
obscur où il attendit son martyr. Zurbaran. XVIIe.

Depuis que les Maures se furent emparés des plus belles provinces d'Espagne, vers l'année 714, Dieu ne manqua jamais de susciter des personnes d'une insigne piété, pour y soutenir généreusement la foi contre leur presécution, et pour assister les captifs qui gémissaient sous leur tyrannie. Les ancêtres de notre saint, originaire de Valence, se signalèrent dans ces actes de piété et de miséricorde, et même cinq d'entre eux donnèrent leur sang pour la religion.

Les parents de saint Pierre Pascal, qui héritèrent d'eux ce zèle pour la foi chrétienne, employaient leurs grands biens à entretenir le couvent du Saint-Sépulcre dans la même ville de Valence, et à racheter les esclaves chrétiens. C'était aussi chez eux que logeait ordinairement saint Pierre Nolasque, lorsqu'il allait traviller en ce lieu au rachat de ces malheureux.

Comme il vit qu'ils n'avaient pas d'enfants, il pria Dieu qu'Il leur en donnât un qui pût imiter leur ferveur et continuer l'exercice de la charité qu'ils pratiquaient avec tant de constance. Sa prière fut exaucée, et notre saint fut cet enfant d'oraison et de bénédiction qu'il avait demandé avec tant d'instance. Notre saint naquit le 6 décembre 1227 et on le nomma Pierre Nicolas en considération de saint Nicolas dont on célébrait la fête ce jour-là et de saint Pierre Nolasque qui l'avait obtenu par sses larmes et ses prières.

Dès son enfance, il donna des marques éclatantes de la sainteté à laquelle il était appelé par la divine providence; Il était ravi de porter lui-même aux pauvres l'aumône que son père avait coutûme de leur donner. Il réservait toujours pour eux la moitié de sa viande et de son pain, et il était impossible aux jours de jeûne, de la faire manger le matin.

Quand il eut appris son cathéchisme, son plaisir était de l'enseigner aux autres enfants des Chrétiens et des Maures. Il sentit dès lors un si grand désir de mourir martyr, qu'un jour il pria les petits Maures de le traiter comme leurs pères traitaient les Chrétioens qu'ils tenaient captifs ; et ces petits barbares l'outragèrent alors si cruellement, qu'il eût été massacré si l'on eût couru à son secours. Une autre fois, pendant une horrible persécution des mêmes infidèles, qui étaient maîtres de Valence, on eut bien de la peine à le retenir dans la maison, tant il souhaitait d'endurer la mort pour la cause de son Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ.

Statue de saint Pierre Pascal.

Lorsqu'il eut appris les premiers principes de la grammaire au couvent du Saint-Sépulcre, il fut mis sous la conduite d'un très vertueux prêtres, natif de Narbonne et docteur de la faculté de Paris, que ses parents avaient racheté avec une somme considérable.

Il devint aussi saint que savant à l'école d'un si bon maître. Le temps qui lui restait après ses études, il l'employait à apprendre le chant et les cérémonies de l'Eglise, à prier, à méditer, à lire les saintes Ecritures et à secourir, par des paroles pleines de ferveur et d'onction, et souvent aussi par des aumônes, les pauvres et les esclaves qu'il voyait dans la misère.

Vers ce temps, le roi d'Aragon défit les Maures et consuit sur eux le royaume et la ville de Valence ; et, comme il fut informé du mérite extraordinaire de Pierre Pascal, il le nomma chanoine de la cathédrale. Cette dignité obligea notre saint de se perfectionner dans la connaissance des saintes Lettres ; ainsi, sachant que l'Université de Paris était la mère de toutes les sciences, il y vint avec son précepteur et y fit son cours de théologie.

Sa vertu et et son bel esprit lui attirèrent bientôt l'estime et l'amour des plus éclairés d'entre les docteurs. L'évêque même le prit en affection, et lui ayant conféré les ordres sacrés, il lui commanda de prêcher l'Evangile. Ses prédications furent applaudies de tout le monde et produisirent de grands fruits parmi ses auditeurs. Il enseigna aussi publiquement dans une chaire de l'Université, et reçut le bonnet de docteur n'ayant encore que vingt-trois ans.

Cependant, la charité de Notre Seigneur Jésus-Christ le pressait toujours, et il brûlait du désir d'assister les esclaves chrétiens, qui, outre les misères du corps, étaient tous les jours en danger de faire naufrage dans la foi. Ainsi il forma le dessein de se faire religieux de l'Ordre de la Merci, d'autant plus que cet Ordre est particulièement appliqué à la dévotion et à la vénération de la très sainte Vierge, pour laquelle il avait une singulière dévotion lui-même.

Il reourna pour cela en Espagne et se présenta à saint Pierre Nolasque qu'il regardait comme son père, puisque c'était par ses prières qu'il avait été obtenu du Ciel. Ce saint instituteur l'obligea encore à faire un an les fonctions de chanoine, pour édifier tout son chapitre par l'exemple de ses vertus ; ensuite, lui ayant fait faire une retraite dans un couvent de son ordre nommé Notre-Dame du Puche, il lui donna l'habit de religieux à Valence, le jour des Rois de l'année 1251.

Comme ce fervent novice avait toujours mené une vie innocente et pénitente dans le monde, il n'eut aucune peine à se former aux exercice de la religion. Après sa profession, il alla à Barcelone, auprès de son bienheureux supérieur, et s'y occupa à prêcher et à enseigner la théologie, jusqu'à ce que le roi d'Aragon le demanda pour précepteur de l'infant Don Sanche, son fils, qui voulait embrasser l'état ecclésiastique. Il se rendit pour cela à Sagragosse, et s'acquitta si dignement de cette importante fonction, que son illustre disciple, à qui il apprit particulièrement la science des Saints, voulut embrasser son institut et se faire, comme lui, religieux de la Merci.

Cette retraite du jeune prince donna liberté à saint Pierre Pascal d'aller racheter des esclaves au pays des Maures. Il en ramena un grand nombre de Tolède, et ceux qu'il ne put pas délivrer, il les confessa, les exhorta à la patience et les laissa parfaitement consolés. A son retour, il trouva un ordre de saint Pierre Nolasque de se rendre au plus tôt auprès de lui. C'est que le saint voulait mourir entre ses bras et le faire héritier de son esprit et de son zèle. Peu d'année après, le prince infant, dont nous venons de perler, fut élu archevêque de Tolède ; et, comme il n'avait pas encore l'âge assignée par les Canons pour gouverner cette Eglise, il demanda au pape Urbain IV saint Pierre Pascal pour son co-adjuteur.

Sa sainteté, qui était informée des mérites de cet excellent religieux, approuva ce choix et le nomma pour cela évêque titulaire de Grenade, qui était encore sous la puissance des Maures. Il fut sacré, en cette qualité, l'an 1262, après quoi il entreprit, avec le zèle d'un véritable pasteur, la conduite de ce grand archevêché, qui lui était confié ; il en visita les villes, les bourgs et les villages, y fit des missions apostoliques et n'épargna rien pour en bannir tous les désordres. La discipline ecclésiastique s'y étant beaucoup relâchée, il fit des règlements admirables pour la rétablir dans sa première vigueur. Comme l'ignorance y régnait parmi les curés, il composa un excellent livre pour leur instruction. Le peuple, vivant dans le vice et le libertinage, il employa toute sa vigilance pastorale pour le réformer ; mais il fut enfin déchargé de ce fardeau par le décès de l'archevêque, qui mourut en 1275, des blessures qu'il avait reçues dans un combat contre les Maures.

Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Jaën. Andalousie. Espagne.

Alors il se retira dans un couvent de son Ordre, afin d'y attendre l'occasion de faire de nouveaux voyages pour la rédemption des captifs. Il demandait souvent à Dieu qu'il lui fût ordonné de passer à Tunis, en Afrique, où il espérait que son zèle contre l'impiété des Mahométans lui procurait la couronne de martyre. Cependant il fit des missions très fructueuses en diverses provinces d'Espagne et de Portugal, et il fonda des monastères de son institut à Tolède, à Baeza, à Xérès, pour avoir des ouvriers qui pussent seconder son zèle ? L'état de l'Eglise de Grenade, affligée et accablée sous la tyrannie des infidèles, le touchait extrêmement ; il se crut donc obligé de s'y rendre pour offrir son secours aux esclaves chrétiens, qui pour être dans les fers, ne laissaient pas d'être les ouailles de son troupeau.

On ne peut exprimer les fruits que sa présence produisit dans cette ville. Il était la lumière et le soutien de ces pauvres persécutés ; il les visitait en prison, les servait dans leurs maladies, les consolait dans leurs angoisses, les soulageait dans leur pauvreté et leur misère, leur administrait les Sacrements et les instruisait des points nécessaires de la doctrine de l'Eglise. Plusieurs, désespérés par le mauvais traitement de leurs patrons, furent affermis par ses ferventes exhortations. Les rénégats rentrèrent, par ses soins, dans le giron de l'Eglise.

Il convertit à la foi quantité de Maures et de Juifs, et procura à un grand nombre de Chrétiens une double liberté, en les retirant en même temps de la servitude du péché et de l'esclavage des hommes. Il fonda à Jaën un couvent de son Ordre, afin que les religieux pussent aller de là secrètement à Grenade, pour l'assistance des captifs.

Les infidèles ne purent s'empêcher d'admirer sa vertu, et il n'y en avait presque point qui ne lui portassent un singulier respect. Un des juges de la ville ayant arrêté prisonniers les Pères Rédempteur de Castille et d'Aragon, et saisi tout l'argent qu'ils apportaient pour le rachat des captifs, bien qu'ils fussent munis de bons passeports, il alla le trouver, et lui parla avec tant de courage et de fermeté, qu'il le contraig^nit enfin de lui rendre les Pères prisonniers avec tout leur argent.

Les nécessités pressantes de son Eglise l'ayant obligé de faire un voyage à Rome, il y fut reçu avec de grands témoignages d'estime et d'amitié par le pape Nicolas IV, qui l'avait bien connu à Tolède, lorsqu'étant général de l'Ordre de Saint-François et à Sainte-Marie-Majeure, par le commandement de Sa Sainteté, et y fit des conversions admirables. Etant aux pieds des tombeaux des Apôtres, il leur demanda avec instance d'avoir part à ce zèle du salut des âmes dont ils avaient été embrasés, et il ne faut point douter que cette demande lui fut accordée.

Le Pape, merveilleusement édifié de son zèle, le jugea fort propre pour prêcher la croisade, et l'envoya pour cela en France et en Espagne, avec l'autorité de Légat. Il prêcha, depuis Rome jusqu'à Paris, dans presque toutes les villes et les bourgs où il entra, et fit en plusieurs lieux de grands miracles pour témoignage que c'était la volonté de Dieu qu'on prît les armes pour le recouvrement de la Terre sainte. A Paris, le roi et toute la cour, l'Université et le peuple l'accueillirent avec les honneurs dus à son mérite et à son carcatère. On vint à ses sermons avec empressement, et le succès fut si grand, que, si l'Espagne eût pu répondre à l'ardeur des Français, qui s'enrôlèrent en foule pour cette bonne oeuvre, on aurait pu venir à bout de cette entreprise. On remarque qu'étant dans la ville, il y soutint avec beaucoup de lumière et de courage le mystère de la conception immaculée de la trsè sainte Vierge, et cette Reine des anges, pour lui témoigner sa reconnaissance, lui apparu la nuit suivante, environnée de séraphins, et lui mit sur la tête une couronne de gloire. Il reçut encore d'autres faveurs extraordinaires en ce voyage, tant de son ange gardien que de Notre Seigneur.

L'an 1269, on l'élut évêque de Jaën. Ce diocèse n'avait point de pasteur depuis cinq ans, et il était en la puissance des Maures ; on peut juger de là combien il avait besoin d'un prélat zélé et vigilant. Il le visita avec grand soin, en reconnut tous les désordres et y appliqua des remèdes si convenables, qu'on y vit, en peu de temps, refleurir la discipline chrétienne. L'année suivante, il retourna à Grenade, où il employa tout son revenu au soulagement des pauvres et au rachat des esclaves.

Il entreprit même de convertir encore des Mahométans, et sa parole eut tant de force, qu'il y en eut beaucoup qui renoncèrent aux rêveries de Mahomet pour embrasser la doctrine de Notre Seigneur Jésus-Christ. Les partisans de l'Alcoran lui en firent un crime d'Etat ; on l'arrêta prisonnier, on le chargea de chaînes et on lui fit subir de très rudes traitements. Dès que l'on apprit ce malheur dans Jaën et dans Baeza, le clergé et le peuple chrétien se cotisèrent et lui envoyèrent une somme considérable d'argent pour payer sa rançon : il la reçut avec beaucoup de reconnaissance ; mais par charité, dont il n'y a presque point d'exemple, au lieu de l'employer pour se mettre lui-même en liberté, il l'employa à la délivrance de quantité de femmes et d'enfants, dont la faiblesse lui faisait craindre qu'ils n'abandonnassent enfin la religion chrétienne.

Il composa dans sa prison plusieurs traités pour servir de préservatifs aux fidèles, et pour désabuser les rénégats qui s'étaient laissé séduire par les contes de Mahomet. Ainsi, comme un autre saint Paul, il engendra plusieurs enfants spirituels dans les chaînes. Il fut consolé dans cet état par plusieurs visions célestes. La plus considérable fut celle où Notre Seigneur Jésus-Christ se présenta à lui sous la figure d'un enfant de quatre à cinq ans, et vêtu en esclaves pour lui servir la messe. Le saint évêque, après son action de grâces, croyant que c'était un enfant comme les autres, lui fit quelques demandes sur le cathéchisme ; il y répondit avec une sagesse et une modestie qui le surprirent. Mais quand il vint à lui demander ce que c'était que Jésus-Christ ; alors l'enfant découvrit qui il était, et lui dit :
" Pierre, c'est Moi qui suis Jésus-Christ ; considère Mes mains et Mon côté, tu y trouveras les marques de mes plaies. Au reste, parce que tu es demeuré prisonnier pour donner la liberté à Mes esclaves, tu M'as fait Moi-même ton prisonnier."
Et ayant dit ce paroles, Il disparut.

Sous les traits d'un petit enfant de 5 ans, Notre Seigneur Jésus-Christ
sert la messe de saint Pierre Pascal. Jerónimo Jacinto de Espinosa. XVIIe.

Les Alfaquis ayant été informés des compositions qu'il faisait dans sa prison contre les erreurs de leur secte, le firent enfermer dans un cachot fort obscur sans permettre à personne de le voir. Mais les anges l'éclairèrent au milieu de ces ténèbres, et l'on dit même qu'il lui fournirent des plumes, de l'encre et du papier pour achever un nouveau traité contre les extravagances de l'Alcoran. L'impossibilité où il se voyait d'assister les Chrétiens esclaves et les Barbares qu'il avait convertis l'affligeait extrêmement.

Mais les anges le portèrent plusieurs fois dans les lieux où ces infortunés, presque au désespoir, réclamaient son secours. Il passait souvent ses les nuits en oraison, et pratiquait de sanglantes mortifications, pour leur obtenir de Dieu la fermeté et la persévérance, et il avait la consolation d'apprendre du Ciel même le bon succès de ses prières. Il n'était presque jamais sans la compagnie de ces esprits bienheureux. Ses gardes virent souvent sa prison toute lumineuse ; et un jour ils en virent sortir un enfant d'une grâce et d'une beauté ravissante. Ces merveilles furent cause que le prince le fit élargir, mais avec défense de rien écrire à l'avenir, contre la foi de Mahomet.

Il se moqua de cette défense, et il ne laissa pas, dans la liberté dont il jouissait, de composer un livre très fort et très pressant contre cette secte abominable. Un jour, pendant qu'il travaillait, les Chrétiens virent sur sa tête un globe de feu qui le couvrait de tous côtés d'une lumière admirable.
Pour las Alfaquis et les Marabouts, dès qu'ils en furent informés, ils lui suscitèrent une furieuse persécution, et demandèrent opiniâtrement qu'il fût arrêter et mis à mort. Il firent tant de vacarme, que le roi, craignant une sédition générale, et même un attentat contre sa personne royale, pâre qu'on savait qu'il avait un exemplaire de cet écrit, l'abandonna à leur fureur.

Il se prépara avec joie à ce sacrifice qu'il avait tant désiré, et dont il devait être la victime. Son ange gardien lui ayant déclér qu'il serait massacré le lendemain matin, il passa toute la nuit en prières, s'offrant à Notre Seigneur Jésus-Christ pour le salut des Chrétiens, ses enfants, et des Maures, ses persécuteurs.
Il senti néanmoins des craintes et des frayeurs, et il souffrit une agonie pareille à celle que Notre Seigneur Jésus-Christ endura au jardin des Oliviers ; mais il se calma bientôt par un parfait abandon aux dispositions de la divine Providence.

Son Sauveur lui apparut alors, comme attaché à la croix, et revêtu des splendeurs de l'éternité, Il lui dit :
" Pierre, J'ai été sensible comme toi, et J'ai partout enduré d'horribles tourments pour ton amour."
Cela répandit un telle onction dans son âme, qu'il ne respira plus depuis que le martyre.

Les geoliers furent témoins de cette clarté extraordinaire qui les fit tomber à la renverse, et ils en informèrent les Chrétiens. Le matin, saint Pierre Pascal célébra la messe avec une admirable ferveur d'esprit ; et, comme il était à genoux au pied de l'autel, faisant son action de grâces, les Maures lui coupèrent la tête, et lui procurèrent par ce moyen la gloire d'une immortalité bienheureuse.

Ce fut le 6 janvier 1300, qui était la soixante-treizième année de son âge. Ils voulurent brûler son saint corps, ses habits, ses ornements sacrés, son cilice, sa discipline et tout ce qui lui avait servi, afin qu'on ne leur rendît aucun culte religieux ; mais une terreur subite leur fit prendre la fuite, et donna lieu aux Chrétiens de s'en saisir et de les transporter dans un lieu secret. Ils revêtirent le corps de ses habits pontificaux et l'enterrèrent dans les grottes d'une montagne, près de Matzzemore, avec toute la pompe que leur état de servitude purent leur permettre.
Dieu ne laissa pas ce massacre impuni ; il affligea bientôt la ville de Grenade de la famine, de la peste et d'horribles tremblements de terre. Le roi vit se femmes et ses enfants tourmentés par des douleurs secrètes qui leur déchiraient les entrailles ; il mourut lui-même misérablement, confessant que c'était le saint évêque de Jaën qui le châtiait ; et le prince, son fils, perdit aussi la couronne et la vie.

On représente saint Pierre Pascal :
1. enchaîné, un glaive dans le coeur ;
2. parlant à un enfant dont le visage rayonne ;
3. égorgé au pied de l'autel.

CULTE ET RELIQUES

Dans la crainte que les reliques du saint martyr ne leur fût une source continuelle de malheurs, les Maures de Grenade les donnèrent volontiers aux députés de Jaën et de Baeza, qui les leur vinrent demander. Comme ces députés les emportaient, il y eut contestations entre eux, à laquelle des deux villes elles devaient appartenir. Pour la terminer à l'amiable, on convint qu'elles seraient mise sur une mule aveugle, à laquelle on donnerait la liberté d'aller où elle voudrait, et qu'elles resteraient là ou cette mule les proterait. La chose fut exécutée et la mule les porta à Baeza.

Cathédrale Sainte-Marie de Baeza ou sont conservées les reliques
de saint Pierre Pascal. Andalousie. Espagne.

Il s'est fait de grands miracles par les mérites de saint Pierre Pascal, tant pendant sa vie qu'après sa mort. En 1484, les chanoines de Baeza ordonnèrent dans leur assemblée qu'on entretiendrait jour et nuit une lampe ardente devant son tombeau. Huit ans après, Isabelle, reine de Castille, et le roi Ferdinand, son mari, firent bâtir une chapelle en son honneur.

Enfin, le pape Clément X, par un bref du 28 juin 1673, accorda à tout l'Ordre de Notre-Dame de la Merci pour le rachat des captifs d'en réciter l'office et de célébrer la messe de ce saint martyr à tout le clergé, tant séculier que régulier, des diocèses de Valence, de Grenade, de Jaën et de Tolède, et ordonna que son éloge fût inséré dans le martyrologe romain le 23 octobre et le 6 décembre, jour de la naissance de notre saint comme on l'a vu.

Nous avons de lui huit livres pleins de piété et d'érudition dont il a enrichi la république des lettres chrétiennes.

00:15 Publié dans P | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.