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jeudi, 21 avril 2016

21 avril. Saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, Docteur de l'Eglise. 1109.

- Saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, docteur de l'Eglise. 1109.
 
Papes : Benoît IX ; Pascal II. Rois de France : Henri Ier ; Louis VI, le Gros.
 
" Je ne cherche pas à comprendre afin de croire, mais je crois afin de comprendre. Car je crois ceci : si je ne crois pas, je ne comprendrai pas."
Saint Anselme in Proslogium.
" Sire, vous attelez sous le même joug un taureau et un agneau."
Saint Anselme apprenant sa nomination à Cantorbéry par le roi Guillaume le Conquérant en personne.
 

Recontre de saint Anselme et de la comtesse Mathilde
devant saint Grégoire VII. Romanelli. XVIIe.

Moine, Evêque et Docteur, Anselme réunit en sa personne ces trois grands apanages du chrétien privilégié ; et si l'auréole du martyre n'est pas venue apporter le dernier lustre à ce noble faisceau de tant de gloires, on peut dire que la palme a manqué à Anselme, mais qu'il n'a pas manqué à la palme. Son nom rappelle la mansuétude de l'homme du cloître unie à la fermeté épiscopale, la science jointe à la piété ; nulle mémoire n'a été à la fois plus douce et plus éclatante.

Le Piémont le donna à la France et à l'Ordre de saint Benoît. Anselme, dans l'abbaye du Bec, réalisa pleinement le type de l'Abbé tel que l'a tracé le Patriarche des moines d'Occident : " Plus servir que commander."

Il fut de la part de ses frères l'objet d'une affection sans égale, et dont l'expression est arrivée jusqu'à nous. Sa vie leur appartenait tout entière, soit qu'il s'appliquât à les conduire à Dieu, soit qu'il prît plaisir à les initier aux sublimes spéculations de son intelligence. Un jour il leur fut enlevé malgré tous ses efforts, et contraint de s'asseoir sur la chaire archiépiscopale de Cantorbéry. Successeur en ce siège des Augustin, des Dunstan, des Elphège, des Lanfranc, il fut digne de porter le pallium après eux, et par ses nobles exemples, il ouvrit la voie à l'illustre martyr Thomas qui lui succéda de si près.


Bas-relief. Abbatiale de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes.
Maine. XIXe.

Sa vie pastorale fut tout entière aux luttes pour la liberté de l'Eglise. En lui l'agneau revêtit la vigueur du lion :
" Le Christ ne veut pas d'une esclave pour épouse ; il n'aime rien tant en ce monde que la liberté de son Eglise."
Le temps n'est plus où ce Fils de Dieu consentait à être enchaîné par d'indignes liens, afin de nous affranchir de nos péchés ; il est ressuscité glorieux, et il veut que son épouse soit libre comme lui. Dans tous les siècles, elle a à combattre pour cette liberté sacrée, sans laquelle elle ne pourrait remplir ici-bas le ministère de salut que son Epoux divin lui a confié. Jaloux de son influence, les princes de la terre, qui n'ignorent pas qu'elle est reine, se sont ingéniés à lui créer mille entraves.

De nos jours [Nous reprenons ici la notice de dom Prosper Guéranger dans L'année liturgique, et qui parle donc dans la deuxième moitié du XIXe siècle], un grand nombre de ses enfants ont perdu jusqu'à la notion des franchises auxquelles elles a droit : sans aucun souci de sa royauté, il ne lui désirent d'autre liberté que celle qu'elle partagera avec les sectes qu'elle condamne ; ils ne peuvent comprendre que, dans de telles conditions, l'Eglise que le Christ a faite pour régner, est en esclavage.

Ce n'est pas ainsi qu'Anselme l'entendait ; et tout enfant de l'Eglise doit avoir de telles utopies en horreur. Les grands mots de progrès et de société moderne ne sauraient le séduire ; il sait que l'Eglise n'a pas d'égale ici-bas ; et s'il voit le monde en proie aux plus terribles convulsions, incapable de s'asseoir désormais sur un fondement stable, tout s'explique pour lui par cette raison que l'Eglise n'est plus reine. Le droit de notre Mère n'est pas seulement d'être reconnue pour ce qu'elle est dans le secret de la pensée de chacun de ses fidèles ; il lui faut l'appui extérieur. Jésus lui a promis les nations en héritage ; elle les a possédées selon cette divine promesse ; mais aujourd'hui, s'il advient qu'un peuple la mette hors la loi, en lui offrant une égale protection avec toutes les sectes qu'elle a expulsées de son sein, mille acclamations se font entendre à la louange de ce prétendu progrès, et des voix connues et aimées, se mêlent à ces clameurs.


Dessin. Anonyme d'après Raphaël. XVIe.

De telles épreuves furent épargnées à Anselme. La brutalité des rois normands était moins à redouter que ces systèmes perfides qui sapent par la base jusqu'à l'idée même de l'Eglise, et font regretter la persécution ouverte. Le torrent renverse tout sur son passage ; mais tout renaît aussi lorsque sa source est tarie. Il en est autrement quand les eaux débordées envahissent la terre en l'entraînant après elles.

Tenons-le pour sûr : le jour où l'Eglise, la céleste colombe, n'aura plus ici-bas où poser son pied avec honneur, le ciel s'ouvrira, et elle prendra son vol pour sa patrie céleste, laissant le monde à la veille de voir descendre le juge du dernier jour.

Anselme docteur n'est pas moins admirable qu'Anselme pontife. Sa haute et tranquille intelligence se plut dans la contemplation des vérités divines ; elle en chercha les rapports et l'harmonie, et le produit de ces nobles labeurs occupe un rang supérieur dans le dépôt où se conservent les richesses de la théologie catholique. Dieu avait départi à Anselme le génie. Ses combats, sa vie agitée, ne purent le distraire de ses saintes et dures études, et, sur le chemin de ses exils, il allait méditant sur Dieu et ses mystères, étendant pour lui-même et pour la postérité le champ déjà si vaste des investigations respectueuses de la raison dans les domaines de la foi.


Bas-relief. Lucca della Robbia. Empoli. XVIe.

Anselme, né dans la ville d'Aoste, aux confins de l'Italie, eut pour père Gondulphe et pour mère Hermenberge, nobles et catholiques parents. Dès ses tendres années son assiduité à l'étude et son élan vers la vie parfaite firent pressentir qu'un jour il brillerait à la fois par la sainteté et la doctrine. La fougue de la jeunesse l'entraîna cependant quelque temps dans les plaisirs du siècle ; mais bientôt il se sentit attiré de nouveau aux habitudes de sa vie antérieure.

Renonçant alors à son pays et à sa fortune, il se rendit à l'abbaye du Bec, de l'Ordre de saint Benoît. Ce fut là qu'il émit sa profession religieuse sous l'Abbé Herluin, prélat très zélé pour l'observance, au temps du très docte Lanfranc. La ferveur de sa vie et son application continuelle à s'avancer dans la science et les vertus développèrent tellement ses dispositions, qu'on le regarda bientôt comme un modèle admirable de sainteté et de doctrine.


Saint Anselme reçut à l'abbaye du Bec en Normandie par le
saint abbé Herluin. Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Son abstinence et sa sobriété étaient si grandes, que l'assiduité au jeûne avait détruit en lui le sentiment des besoins du corps. Il employait le jour aux exercices monastiques, à l'enseignement et à écrire des réponses aux diverses questions qu'on lui adressait sur la religion, et dérobait la plus grande partie de la nuit au sommeil pour rafraîchir son âme dans les méditations divines, auxquelles il se livrait avec une grande abondance de larmes.

Elu Prieur du monastère, il sut se concilier, par sa charité, son humilité et sa prudence, les frères qui lui étaient contraires, à tel point que ces hommes qu'il avait eus pour rivaux s'attachèrent étroitement à lui, en même temps qu'ils se rapprochaient de Dieu : ce qui ne contribua pas peu à l'avancement de l'observance religieuse dans le monastère. A la mort de l'Abbé, Anselme fut établi malgré lui à sa place. Ce fut alors que sa réputation de science et de sainteté se répandit au loin, et le rendit l'objet de la vénération des princes et des évêques. Saint Grégoire VII l'honora de son amitié, et au milieu des grandes épreuves qu'il avait à subir, ce Pontife lui adressa des lettres remplies d'affection, dans lesquelles il recommandait à ses prières sa personne et l'Eglise catholique.

Saint Anselme prit naturellement parti pour son successeur Urbain II contre l'antipape Clément III.


Manuscrit anglais du XIIIe.

A la mort de saint Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, son ancien maître (que l'on fête au 28 mai), saint Anselme se vit contraint par les instances de Guillaume, roi d'Angleterre, ainsi que du clergé et du peuple, à accepter le gouvernement de cette Eglise. Tout aussitôt il s'appliqua à la réforme des moeurs très relâchées de son peuple, et employant d'abord à cet effet ses discours et ses propres exemples, ensuite ses écrits, auxquels il joignit la célébration des conciles, il vint à bout de rétablir la piété antique et la discipline de l'Eglise. Mais bientôt le même roi Guillaume ayant voulu usurper les droits de l'Eglise, et joignant à cet effet la violence aux menaces, Anselme lui résista avec une constance sacerdotale.

Dépouillé des possessions de son siège et condamné à l'exil, il se rendit à Rome auprès d'Urbain II, qui le reçut avec honneur, et le combla de louanges dans le concile de Bari, où Anselme démontra contre l'erreur des Grecs, par d'innombrables témoignages des Ecritures et des saints Pères, que le Saint-Esprit procède aussi du Fils.


Vision de saint Anselme. XVIIIe.

Saint Anselme de Cantorbéry est connu du monde profane pour son établissement des preuves de l'existence de Dieu. Il est utile de savoir que son principal souçi en la matière n'était pas à proprement parler de " prouver l'existe,ce de Dieu ", mais de démontrer principalement, contre l'avis du moine de l'abbaye de Marmoutiers Gaunilon qui soutenait que la foi suffsait et que l'existence de Dieu n'était pas démontrable rationnellement, que la raison, sous l'empire de la foi, accède aux preuves de l'existence de Dieu.
En d'autres termes, il ne s'agit pas pour saint Anselme de s'adresser aux " Athées ", ces " pauvres insensés qui nient l'existence de Dieu ", qui sont de très exacts marginaux se livrant aux désordres d'une intelligence altérée et affaiblie.

Rappelé en Angleterre, après la mort de Guillaume, par le roi Henri son frère, Anselme s'endormit bientôt dans le Seigneur. Non seulement la renommée de ses miracles et de sa sainteté, ainsi que son insigne dévotion envers la Passion de notre Seigneur et la bienheureuse Vierge sa Mère, l'ont rendu célèbre ; mais il s'est encore illustré par sa doctrine, qui a servi puissamment à la défense de la religion chrétienne, à l'avancement des âmes, en même temps qu'elle a frayé la voie à tous les théologiens qui ont traité la science sacrée selon la méthode scolastique, au point que l'on sent, à la lecture de ses livres, que c’est au ciel même que le ce saint docteur l'a puisée, appuyé fermement sur une dévotion profonde à Notre Dame la très sainte Vierge Marie, dont il soutint, exposa et démontra l'Immaculée conception.

L'Immaculée conception avec saint Anselme et saint Martin.
Giuseppe-Maria Crespi. XVIIIe.

Très affaibli au seuil de cette vie, un moine qui le veillait lui cita l'Evangile :
" Puisque vous avez été ferme avec moi dans la lutte et dans les tentations, voici que je vais vous préparer le ryaume que mon Père m'a préparé à moi-même, pour que vous mangiez et buviez avec moi, dans mon royaume." (Joan. XXII, 23.).
Saint Anselme sourit et leva les yeux au ciel ; sa respiration devint plus lente. Il se fit mettre sur de la cendre, reçut le saint Viatique et l'Extrême onction (la sainte huile, dont il ne restait que quelques gouttes, s'accrut miraculeusement à cette occasion), et expira le 21 avril 1109. Il fut enterré dans la cathédrale de Cantorbéry.

Canonisé en 1494, il a été mis au rang des docteurs de l'Église par Clément XI en 1720.


Mort de saint Anselme. Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Les titres de ses principaux ouvrages, outre le Proslogium déjà cité :
- Monologium de essentia divinitatis, sive exemplum meditandi de ratione fidei ;
- Cur Deus homo ;
- De concordia praescientiae et praedestinationis necnon gratiae Dei cum libero arbitrio ;
- Liber de Conceptu virginali et originali peccato ;
- Liber apologeticus contra Gaunilonem respondentem pro insipiente ;
- De fïde Trinitatis ;
- De Incarnatione Verbi contra blasphemias Roscelini ;
- De casu Diaboli, dialogues ;
- De processione Sancti Spiritus, traité dirigé contre l'Église grecque, dont Anselme avait combattu la doctrine au concile de Bari.


Rq :
- On lira et téléchargera cette vie de saint Anselme paru au XIXe et composée par Charles de Rémusat sur ce lien.
- On trouvera la liste des écrits de saint Anselme, ainsi qu'une solide notice biographique, dans la patrologie de M. l'abbé Migne, parue au XIXe, et disponible sur le site de la Bibliothèque natinale de France, Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209868f.pagination.
- On trouvera une notice hagiographique dans les Petits Bollandistes (T. IV, pp 567 et suiv.) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k30734t.pagination.
- On trouvera une version latine de la vie de saint Anselme écrite par son secrétaire, le moine Eadmer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50356f.

00:15 Publié dans A | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je porte la vie de ce saint. Je suis content de porter ce nom qui me va bien que sa vie illumine d'autres vie. Amen.

Écrit par : Anselme Ouedraogo | vendredi, 14 février 2014

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