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vendredi, 21 octobre 2016

21 octobre. Saint Hilarion de Tabathe, patriarche des solitaires en Palestine. 372.

- Saint Hilarion de Tabathe, patriarche des solitaires en Palestine. 372.

Pape : Saint Damase Ier. Empereur romain d'Orient : Valens Ier. Empereur romain d'Occident : Valentinien Ier.

" La Solitude est la mère de la paix, un port tranquille, un lieu où le trouble ne saurait pénétrer."
Saint Jean Chrysostome.
 
Adoration de Notre Seigneur Jésus-Christ. Saint Hilarion, saint Jérôme,
Notre Dame et sainte Marie-Madeleine. Fra Filippo Lippi. Florence. XVe.

Né à Tabathe, en Palestine, de parents infidèles, Hilarion fut envoyé pour ses études à Alexandrie ; il y brilla par la pureté de sa vie et par ses talents, que relevèrent encore d'admirables progrès dans la foi et la chanté, quand il eut embrassé la religion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Assidu à l'église, persévérant dans le jeûne et la prière, il méprisait tous les faux plaisirs et foulait aux pieds les désirs terrestres.

Le nom d'Antoine était célèbre alors en toute l'Egypte ; il entreprit pour le voir un voyage au désert ; deux mois qu'il passa près de lui apprirent pleinement à Hilarion sa manière de vie. De retour chez lui, ses parents étant morts, il distribua leur héritage aux pauvres, et, non encore sorti de sa quinzième année, reprit le chemin de la solitude. L'étroite case qu'il s'y construisit le contenait à peine. Il y couchait par terre. Jamais il ne lava ou changea le sac revêtu alors, disant qu'il était superflu de mettre de la recherche dans un cilice.
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Saint Hilarion. Bréviaire romain. Auvergne. XVe.

La lecture et l'étude des saintes Lettres prenait une bonne part de sa vie. Quelques figues et le suc des herbes étaient sa nourriture, qu'il ne prenait jamais avant le coucher du soleil. Sa mortification, son humilité dépassaient toute croyance ; vertus qui, avec d'autres, le firent triompher d'effrayantes et multiples tentations de l'enfer, comme elles lui donnèrent puissance pour chasser en beaucoup de pays d'innombrables démons des corps qu'ils possédaient.

" On ne connaissait pas de moine en Syrie avant saint Hilarion, dit saint Jérôme son historien. Il fut en ce pays l'instituteur de la vie monastique et le maître de ceux qui l'embrassèrent. Le Seigneur Jésus avait son Antoine en Egypte, en Palestine son Hilarion, le premier chargé d'ans, le second jeune encore." (Hieron. in Vita S. Hilarionis, cap. II.).
Or le Seigneur ne tardait pas d'élever à tel point celui-ci en gloire, qu'Antoine disait aux malades qu'attirait de Syrie la renommée de ses miracles :
" Pourquoi vous fatiguer à venir de si loin, quand vous avez près de vous mon fils Hilarion ?" (Ibid. III.).
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Saint Hilarion. Vitae sanctorum. Bourgogne. XIIe.

Hilarion cependant n'avait passé auprès d'Antoine que deux mois ; lesquels étant écoulés, le patriarche lui avait dit :

" Persévère jusqu'à la fin, mon fils ; et ton labeur te vaudra les délices du ciel."
Après quoi, remettant un cilice et un vêtement de peau à cet enfant de quinze ans qu'il ne devait plus revoir, il l'avait renvoyé sanctifier les solitudes de sa patrie, pendant que lui-même s'enfonçait plus avant dans le désert. (Ibid. I, ex graeca versione).

L'ennemi du genre humain, qui pressentait un adversaire redoutable dans le nouveau venu de la solitude, engagea contre lui de terribles combats. La chair même du jeune ascète, malgré ses jeûnes, fut la première complice de l'enfer. Mais, sans merci pour un corps si délicat et si frêle, au témoignage de l'historien, que tout effort eût paru devoir le réduire à néant, Hilarion s'écriait indigné :
" Âne, je saurai faire que tu ne regimbes plus ; je te materai par la famine, je t'écraserai sous les fardeaux, je te ferai marcher par tous les temps ; tu crieras tant la faim, que tu ne songeras pas au plaisir." (Hieron. Vita S. Hilarionis, I.).
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Saint Hilarion et les démons tentateurs.
Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Vaincu de ce côté, l'ennemi trouva d'autres alliés pour, croyait-il, ramener par la crainte Hilarion vers les lieux habités. Mais aux voleurs se jetant sur sa pauvre cabane de joncs, le Saint disait en souriant :

" Celui qui est nu ne craint pas les voleurs."
Et ceux-ci, touchés d'une si grande vertu, ne cachaient pas leur admiration, et promettaient d'amender leur vie. (Ibid.).

C'était l'heure pour Satan d'entrer lui-même en lice, comme il l'avait fait avec Antoine, et sans plus de succès. Nul trouble ne pouvait plus atteindre aux régions sereines où la simplicité de cette âme l'avait portée. Un jour que le démon, entré dans le corps d'un chameau rendu par lui furieux, se précipitait sur le Saint avec d'horribles cris, il s'attirait la réponse :
" Tu ne m'effraies pas ; renard ou chameau, avec toi c'est tout un."
Et l'énorme bête tombait, domptée, à ses pieds. (Ibid. II.).

L'épreuve fut plus dure, et la ruse plus habile du côté de l'enfer, lorsque voulant se dérober à l'immense concours qui ne cessait point d'assiéger sa pauvre cellule, Hilarion vit l'ennemi se faire malicieusement le porte-voix de sa renommée, et lui ramener sous tous les cieux ces foules qui opprimaient son âme.
" Vainement quitte-t-il la Syrie, pour parcourir l'Egypte en tous sens ; vainement, traqué de désert en désert, il traverse la mer, espérant se cacher en Sicile, en Dalmatie, en Chypre. Du navire qui le promène au milieu des Cyclades, il entend dans chaque île les esprits infernaux s'appeler par les villes et les bourgs, et courir aux rivages près desquels il passe. A Paphos où il aborde, c'est le même concours de démons amenant à leur suite des multitudes humaines ; jusqu'à ce que Dieu, prenant en pitié son serviteur, lui fait trouver un lieu inaccessible à ses semblables, où il est seul enfin en la compagnie des légions diaboliques qui jour et nuit l'entourent. Loin de trembler, dit son biographe, il prenait plaisir à ce voisinage des habitués bien connus de ses luttes de jadis, et il vécut là en grande paix les cinq années qui précédèrent sa mort." (Hieron. Vita S. Hilarionis, III, IV, V.).
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Saint Hilarion. Bréviaire françiscain. Savoie. XVe.

Fondateur de nombreux monastères, illustre par ses miracles, il était dans sa quatre-vingtième année, quand la maladie l'arrêta ; sous la violence du mal, prêt à rendre le dernier souffle, il disait :

" Sors, que crains-tu ? Sors, mon âme, pourquoi hésiter ? Il y a près de soixante-dix ans que tu sers le Christ, et tu crains la mort ?"

Il expira en prononçant ces mots.

Saint Hilarion fut en Orient l'un des premiers Confesseurs, sinon le premier d'entre eux, honoré d'un culte public à côté des Martyrs. En Occident, la blanche armée qu'Ursule conduisit à cette date au triomphe, relève de sa gloire l'auréole du saint moine auquel l'Eglise Mère a maintenu les premiers honneurs de cette journée.


Eglise Saint-Hilarion. Saint-Hilarion. Île-de-France. France.

PRIERE

" Être Hilarion, et redouter de mourir !
" S'il en est ainsi du bois vert, que sera-ce du bois sec ?" (Luc. XXIII, 31.).
Illustre Saint, pénétrez-nous de l'attente des jugements de Dieu. Apprenez-nous que la crainte chrétienne ne bannit pas l'amour. C'est elle, bien au contraire, qui dégage ses abords et y conduit, pour ensuite l'escorter sur la route de la vie comme une garde attentive et fidèle. Elle fut votre sécurité à l'heure suprême ; puisse-t-elle, après avoir comme les vôtres assuré nos sentiers, nous introduire nous-mêmes directement aux cieux !"

00:15 Publié dans H | Lien permanent | Commentaires (0)

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