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dimanche, 14 mai 2017

14 mai. Saint Boniface de Tarse, martyr à Rome. IVe siècle.

- Saint Boniface de Tarse, martyr à Rome. IVe siècle.
 
Pape : Saint Marcel. Empereurs : Galère ; Maximien.
" Que cette histoire du martyr Bonifage est profonde ! Comme on y sent cette divine nostalgie de l'âme qui a exilé et qui veut revenir !
Ecoutez l'humble et forte réponse d'un pécheur. Par faiblesse, transgressant la loi de Dieu, dans ses oeuvres, il ne voulait pas du moins l'abjurer. On lui disait :
" Vous, et la plupart des vôtres, vous êtes vaincus. Cette loi austère du Christ, elle est trop dure aussi pour vous, et vous ne l'observez pas.
- Oui, dit-il, mais nous en gémissons, et nous nous condamnons et nous obtiendrons de Dieu cette grâce de ne point nous laisser ignorer que nous avons besoin du martyre."
Mgr Jean-Joseph Gaume. Parfums de Rome, T. II, p. 271, éd. de 1867.
 

Saint Boniface refusant d'adorer les idoles et souffrant le martyre.
Vies de saints. R. de Monbaston. XIVe.

L’ Apôtre des Gentils, expliquant le mystère de la Pâque, nous apprend que le baptême est le tombeau de nos péchés, d'où nos âmes s'élancent, glorieuses et rayonnantes de vie, à la suite du Rédempteur. La foi catholique nous enseigne que celui qui donne sa vie pour Jésus-Christ ou pour son Eglise, lave dans son propre sang toutes les taches de son âme, et ressuscite à la vie éternelle : obtenant ainsi une seconde fois le privilège du baptisé, bien qu'il ait déjà été marqué du sceau unique et ineffaçable de la régénération. Or voici qu'aujourd'hui un pécheur purifié par le martyre, baptisé de nouveau dans son sang, est admis à partager la gloire des compagnons de Jésus ressuscité.

Boniface a scandalisé Rome par une vie coupable ; tout à coup il a entendu l'appel de la grâce divine, et sans regarder derrière lui, il est allé se placer au premier rang des athlètes du Christ, n'aspirant qu'à effacer sous l'effort des tourments les souillures que les voluptés de la chair lui avaient fait contracter. Transformé par la souffrance, il brille en ce jour, aux yeux de la chrétienté, d'un éclat non pareil, et vient ajouter au diadème de notre divin triomphateur une pierre précieuse d'un reflet tout nouveau.

Saint Boniface souffrit le martyre, sous Dioclétien et Maximien, dans la ville de Tarse ; mais il fut enseveli à Rome sur la voie latine. C'était l’intendant d'une noble matrone appelée Aglaë. Ils vivaient criminellement ensemble ; mais touchés l’un et l’autre par la grâce de Dieu, ils décidèrent que Boniface irait chercher des reliques des martyrs dans l’espoir de mériter, au moyen de leur intercession, le bonheur du salut, par les hommages et l’honneur qu'ils rendraient à ces saints corps.

Après quelques jours de marche, Boniface arriva dans la ville de Tarse et s'adressant à ceux qui l’accompagnaient :
" Allez, leur dit-il, chercher où nous loger : pendant ce temps j'irai voir les martyrs au combat ; c'est ce que je désire faire tout d'abord."
Il alla en toute hâte au lieu des exécutions : et il vit les bienheureux martyrs, l’un suspendu par les pieds sur un foyer ardent, un autre étendu sur quatre pièces de bois et soumis à un supplice lent, un troisième labouré avec des ongles de fer, un quatrième auquel on avait coupé les mains, et le dernier élevé en l’air et étranglé par des bûches attachées à son cou.

En considérant ces différents supplices dont se rendait l’exécuteur un bourreau sans pitié, Boniface sentit grandir son courage, et son amour pour Jésus-Christ et s'écria :
" Qu'il est grand le Dieu des saints martyrs !"
Puis il courut se jeter à leurs pieds et embrasser leurs chaînes :
" Courage martyrs de Notre Seigneur Jésus-Christ ; terrassez le démon, un peu de persévérance ! Le labeur est court, mais le repos sera long ensuite, viendra le temps où vous serez rassasiés d'un bonheur ineffable. Ces tourments que vous endurez pour l’amour de Dieu n'ont qu'un temps ; ils vont cesser et tout à l’heure, vous passerez à la joie d'une félicité qui n'aura point. de fin ; la vue de votre roi fera votre bonheur ; vous unirez vos voix au concert des chœurs angéliques, et revêtus de la robe brillante de l’immortalité vous verrez du haut du ciel vos bourreaux impies tourmentés tout vivants dans l’abîme d'une éternelle misère."

Le juge Simplicien, qui aperçut Boniface, le fit approcher de son tribunal et lui demanda :
" Qui es-tu ?
- Je suis chrétien, répondit-il, et Boniface est mon nom."

Alors le juge en colère le fit suspendre et ordonna de lui écorcher le corps avec des ongles de fer, jusqu'à ce qu'on vit ses os à nu ensuite il fit enfoncer des roseaux aiguisés sous les ongles de ses mains. Le saint martyr ; les yeux levés au ciel, supportait ses douleurs avec joie. A cette vue, le juge farouche ordonna de lui verser du plomb fondu dans la bouche. Mais le saint martyr disait :
" Grâces vous soient rendues, Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant."

Après quoi, Simplicien fit apporter une chaudière qu'on emplit de poix. On la fit bouillir et Boniface y fut jeté la tête la première. Le saint ne souffrit rien ; alors le juge commanda de lui trancher la tête. Aussitôt un affreux tremblement de terre se fit ressentir et beaucoup d'infidèles, qui avaient pu apprécier le courage de cet athlète, se convertirent.

Cependant les compagnons de Boniface le cherchant partout et ne l’ayant point trouvé, se disaient entre eux :
" Il est quelque part dans un lieu de débauche, ou occupé à faire bonne chère dans une taverne."
Or, pendant qu'ils devisaient ainsi, ils rencontrèrent un des geôliers :
" N'as-tu pas vu, lui demandent-ils, un étranger, un Romain ?
- Hier, leur répondit-il, un étranger a été décapité dans le cirque.
- Comment était-il ?
- C'était, ajoutèrent-ils, un homme carré de taille, épais, à la chevelure abondante, et revêtu d'un manteau écarlate.
- Eh bien ! répondit le geôlier, celui que vous cherchez a terminé hier sa vie par le martyre.
- Mais, reprirent-ils, l’homme que nous cherchons est un débauché, un ivrogne.
- Venez le voir, dit le geôlier. Quand il leur eut montré le tronc du bienheureux martyr et sa tête précieuse, ils s'écrièrent :
- C'est bien celui que nous cherchons veuillez nous le donner.
- Je ne puis pas vous délivrer son corps gratuitement répondit le geôlier."

Ils donnèrent alors cinq cents pièces d'or, et reçurent le corps du saint martyr qu'ils embaumèrent et renfermèrent dans des linges de prix ; puis l’ayant mis dans une litière, ils revinrent pleins de joie et rendant gloire à Dieu.

Or, un ange du Seigneur apparut à Aglaé et lui révéla ce qui était arrivé à Boniface. A l’instant elle alla au-devant du saint corps et fit construire, en son honneur, un tombeau digne de lui, à une distance de Rome de cinq stades. Boniface fut donc martyrisé, le 14 mai, à Tharse, métropole de la Cilicie, et enseveli à Rome le 9 juillet.

Quant à Aglaë, elle renonça au monde et à ses pompes : après avoir distribué tous ses biens aux pauvres et aux monastères, elle affranchit ses esclaves, et passa le reste de sa vie dans le jeûne et la prière. Elle vécut encore douze ans sous l’habit de religieuse, dans la pratique continuelle des bonnes oeuvres et fut enterrée auprès de saint Boniface.
 
PRIERE
 
" Votre retour, Ô Boniface, causa aux Esprits célestes une joie supérieure à celle qu'ils ressentaient de la fidélité de quatre-vingt-dix-neuf justes ; mais cette allégresse que leur inspirait votre conversion s'accrut encore, lorsqu'ils virent que ce n'était pas seulement un pénitent, mais un martyr, que le ciel acquérait en vous. Recevez les félicitations de la sainte Eglise, qui se glorifie de vos victoires. Rome conserve encore votre dépouille sacrée dans le sanctuaire qui s'élève, au mont Aventin, sur l'emplacement de la demeure de celle qui fut la complice de vos égarements et l'émule de votre pénitence.

L'un et l'autre vous attestez la puissance des miséricordes de notre divin Ressuscité, qui vous a rappelés delà mort de l'âme à la vie de la grâce. Saint martyr, prenez pitié des pécheurs que la Pâque n'a pas ramenés aux pieds du Rédempteur. L’Alleluia a retenti, et leur sommeil de péché n'en a pas été troublé. Priez, Ô saint martyr, priez pour leur réveil. Les heures sont comptées ; et qui sait s'il sera donné à ces morts volontaires de voir se lever une autre Pâque ? Nous espérons cependant encore en la miséricorde divine, qui a donné sa mesure en faisant de vous et d'Aglaé deux vases d'élection. Nous prions donc avec vous, Ô Boniface, pour la résurrection de nos frères; nous nous faisons de l'espérance une armure, dans cette lutte pacifique contre la divine justice qui aime souvent à être vaincue par la prière. Aidez nos vœux de votre suffrage, et plusieurs de ceux qui sont morts revivront, et ils réjouiront comme vous les saints Anges par leur retour."

00:05 Publié dans B | Lien permanent | Commentaires (0)

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