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lundi, 06 juin 2022

6 juillet. Saint Goar, prêtre et ermite au diocèse de Trèves. 575.

- Saint Goar, prêtre et ermite au diocèse de Trèves. 575.
 
Pape : Benoît Ier. Rois d'Austrasie : Sigebert Ier ; Childebert II.
 
" Saint Goar enfant nous prêche l'innocence et la fuite du monde ; Goar calomnié nous est un beau modèle de résignation et de générosité envers les ennemis ; Goar refusant l'évêché de Trèves fait pour notre instruction le panégyrique de l'humilité et du détachement des grandeurs terrestres."
M. l'abbé Martin. Serm. sur saint Goar.
 
Verrières de l'église Saint-Goar. Saint Goar.
Diocèse de Trèves. XVIIe.
 
Goar naquit peu après la mort du roi Clovis. Ses parents, Georges et Valérie, étaient de nobles seigneurs de l'Aquitaine, au foyer desquels il puisa, pendant ses premières années, l'amour de la vertu. Tout petit encore, il avait une charité extraordinaire pour les pauvres ; son zèle pour la gloire de Dieu lui faisait prêcher déjà la pénitence aux pécheurs et la sainteté aux justes, et la parole de cet enfant, jointe à ses actions merveilleuses, produisait de grands fruits autour de lui.
 
Village de Saint-Goar sur les bords du Rhin.
Saint Goar y établit son hermitage. Rhénanie-Palatinat.
 
Le sacerdoce, quand il eut l'âge de le recevoir, fut un nouvel aiguillon à son ardeur apostolique. Avec l'autorité que lui donnait sa haute vertu, il combattit, dans ses prédications, tous les vices, le luxe, la discorde, la vengeance, l'homicide et les diverses passions grossières d'une époque encore barbare. Cependant l'apôtre avait, avant tout, des goûts de moine ; aussi quitta-t-il bientôt ses parents et sa patrie pour chercher Dieu dans la solitude. Mais Dieu, qui ne voulait pas que tant de vertus demeurassent stériles, souffla au coeur du solitaire un nouveau feu de zèle, et Goar, riche de ses progrès nouveaux et des lumières surnaturelles qu'il avait recueillies dans sa retraite, parcourut toutes les campagnes voisines, encore païennes, y prêcha l'Évangile et vit avec joie de nombreux convertis recevoir le baptême.
 
Miniature d'un manuscrit allemand du XIe.
 
Peu de Saints furent plus hospitaliers que lui, et c'est par ses bons procédés, ses aumônes, ses réceptions cordiales et généreuses, qu'il sut rendre populaire la doctrine qu'il pratiquait si bien. Accusé devant son évêque de divers crimes imaginaires inventés par le démon de la jalousie, il parut humblement au palais épiscopal et déposa son manteau, par respect, en présence du prélat ; mais, en croyant le suspendre à une tige de métal, il le suspendit à un rayon de soleil. L'évêque ne fut point touché de ce prodige; cependant il dut bientôt reconnaître l'innocence du Saint, manifestée, à sa confusion, par un nouveau miracle.

Le roi Sigebert voulut bientôt le faire évêque ; mais Goar obtint un délai de vingt jours, pendant lequel il pria Dieu avec tant de larmes, qu'il obtint une grave maladie qui se prolongea pendant sept ans et mit le roi dans l'impossibilité de réaliser ses desseins. Goar offrit à Dieu ses longues et horribles souffrances pour l'extension et le triomphe de l'Église.
 
L'église Saint-Castor, à Coblence, possède encore
quelques reliques de ce grand saint.

RELIQUES

Le corps de saint Goar fyt enterré dans la petite église que notre saint avait bâtie dans son ermitage. Pépin le Bref, père de saint Charlemagne agrandit avec faste cette église afin d'honorer notre saint confesseur. Le même Pépin, fondateur de l'abbaye de Pruym, établit que l'abbé de ce monastère serait le supérieur perpétuel de Saint-Goar.

La collégiale et la ville de Saint-Goar s'éleva depuis l'endroit ou se trouvait la cellule de notre saint. Malheureusement, au temps de la prétendue réforme, lorsque le pays tomba aux mains du landgrave de Hesse, elle fut en partie ruinée par les bêtes féroces protestantes qui, de plus, dispersèrent les reliques de saint Goar.
 
 
Rq : On lira avec fruit la notice que consacrent les Petits bollandistes à saint Goar, ce grand saint injustement méconnu : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k307386

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6 juin. Saint Norbert, archevêque de Magdebourg, fondateur des Prémontrés. 1134.

- Saint Norbert, archevêque de Magdebourg, fondateur des Prémontrés. 1134.

Papes : Saint Grégoire VII ; Innocent II. Empereurs d'Allemagne : Henri IV ; Lothaire II.

" L'ordre de Prémontré a fourni à l'Eglise un grand nombre de ses évêques."
Bonniface VIII.


Saint Norbert. Cathédrale Notre-Dame d'Anvers. Marten Pepijn. XVIIe.

Norbert, issu de nobles parents, naquit près de Cologne en 1080. Il reçut dans sa jeunesse une éducation distinguée. Placé ensuite à la cour de l'empereur, il se laissa attiré par les honneurs et les plaisirs.

Il avait déjà trente-trois ans, quand, traversant à cheval une belle prairie, accompagné d'un seul serviteur, il fut assailli par une soudaine et horrible tempête. La scène de saint Paul sur le chemin de Damas se renouvela ; car Norbert entendit une voix céleste lui dire :
" Pourquoi Me fuis-tu ? Je te destinais à édifier Mon Église, et tu scandalises Mon peuple."
En même temps, la foudre éclate et le renverse par terre, où il demeure évanoui pendant une heure entière. Quand il eut recouvré ses sens, il dit à Dieu :
" Seigneur, que demandez-Vous de moi ?"
Et la réponse à sa question lui fit comprendre qu'il devait quitter le monde et vivre dans la pénitence.

Saint Norbert recevant la règle de saint Augustin pour
l'ordre des Prémontrés. Manuscrit allemand du XIe.

La conversion fut immédiate et complète, et bientôt l'on put voir, non sans étonnement, le brillant gentilhomme échanger ses riches vêtements contre la bure du moine. Il se prépara pendant quarante jours, dans un monastère, à offrir pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe.

Il méprisa dès lors les attraits du monde, et voulut être enrôlé dans la milice ecclésiastique. Après avoir reçu les saints Ordres, il renonça au luxe et il se livra tout entier à la prédication de la parole de Dieu. Ayant renoncé pareillement aux revenus ecclésiastiques dont il jouissait et qui étaient considérables, il distribua de plus son patrimoine aux pauvres, et entreprit un genre de vie d'une austérité admirable, ne faisant qu'un seul repas par jour qu'il prenait sur le soir et qui ne consistait qu'en mets permis pour le carême, marchant nu-pieds et ne portant que des habits usés dans les rigueurs même de l'hiver.


Saint Norbert. Laurent de La Hyre. XVIIe.

Norbert obtint du Pape les pouvoirs de missionnaire apostolique et commença à prêcher la pénitence. Ses oeuvres étaient plus éloquentes encore que sa prédication : il marchait nu-pieds, même en plein hiver, au milieu de la neige, n'avait pour vêtement qu'un rude cilice en forme de tunique et un manteau de pénitent ; il observait perpétuellement le carême selon la rigueur des premiers siècles, et y ajoutait de ne manger presque point de poisson et de ne boire du vin que très rarement : on eût dit un nouveau Jean-Baptiste, par son zèle et ses austérités.

Cependant Dieu réservait à Norbert la gloire de fonder l'Ordre des Prémontrés, ainsi nommé parce que le Saint avait eu révélation du lieu où il devait l'établir. Saint Augustin lui ayant apparu, une Règle d'or à la main, il comprit qu'il devait adopter pour son Ordre la règle de ce grand docteur. Il fut lui-même la règle vivante de ses frères.

En 1126, se réalisa une vision que sa mère avait eue avant sa naissance : Norbert fut obligé d'accepter l'archevêché de Magdebourg, et il eut désormais outre le souci de son Ordre, le soin de son diocèse, où son apostolat fut traversé par de grandes persécutions et couronné d'abondants fruits de salut. Rien du reste, n'avait changé dans sa vie, et jusqu'à sa mort il mena dans son palais la vie d'un moine dans sa cellule.


Vue de l'église Sainte-Marie du Strahof sur le Mont-Sion de Prague.

Ayant été appelé à Anvers, Norbert détruisit dans cette ville la coupable hérésie de Tanquelin. Il fut illustré par le don de prophétie et celui des miracles. A la fin, ayant été élevé, malgré ses refus, sur le siège archiépiscopal de Magdebourg, il y soutint avec constance la discipline ecclésiastique , principalement le célibat. Au concile de Reims, il se montra un excellent appui d'Innocent II, et, se rendant à Rome avec d'autres évêques il réprima le schisme de Pierre de Léon.
Enfin cet homme de Dieu, rempli du Saint-Esprit et chargé de mérites, s'endormit dans le Seigneur à Magdebourg, l'an du salut onze cent trente-quatre, le six de juin.

Son corps, après avoir été transféré dans l'église Notre-Dame du monastère de son ordre à Magdebourg, fut transféré en 1627 à Prague par ordre de Ferdinand II après que la ville de Magdebourg fût tombée aux mains des bêtes féroces luthériennes. Il est toujours dans l'église Sainte-Marie du couvent des prémontrés de cette ville, le Strahof.

Buste-reliquaire de saint Norbert.
Basilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde.
Longpont-sur-Orge. Île-de-France.

PRIERE

" Vous sûtes racheter le temps (I Petr. IV, 2.) comme il convenait, Ô Norbert, en ces jours mauvais où vous-même, entraîné par l'exemple de la multitude insensée, aviez frustré Dieu si longtemps dans ses desseins d'amour. Les années refusées par vous d'abord au service du seul vrai Maître du monde lui sont revenues multipliées à l'infini, augmentées de toutes celles que lui ont données vos fils et vos filles. En vingt ans, vos oeuvres personnelles ont, elles aussi, rempli le monde. Le schisme abattu, l'hérésie terrassée pour la plus grande gloire du divin Sacrement qu'elle attaquait dès lors, les droits de l'Eglise revendiqués intrépidement sur les princes de ce monde et tous les détenteurs injustes, le sacerdoce rendu à sa pureté première, la vie chrétienne affermie sur ses véritables fondements qui sont la prière et la pénitence : tant de triomphes en si peu d'années, sont dus à la générosité qui vous empêcha de regarder en arrière, même un instant, du jour où l'Esprit-Saint toucha votre cœur.

Faites donc comprendre aux hommes qu'il n'est jamais trop tard pour commencer à servir Dieu. Fût-on, comme vous, déjà sur le soir de la vie, ce qu'il reste de temps suffit à faire de nous des saints, si nous donnons pleinement ce reste au ciel (Eph. V, 16.).

Foi et patience furent vos vertus chéries ; répandez-les sur notre triste siècle, qui ne sait plus que douter et que jouir en allant stupidement à l'abîme. N'oubliez point dans le ciel, Ô apôtre, les contrées que vous avez évangélisées, malgré leur oubli, malgré leur retour aux tromperies de l'enfer. Saint pontife, Magdebourg a perdu l'antique foi, et avec elle le dépôt qu'elle ne méritait plus de votre saint corps ; Prague possède aujourd'hui vos reliques sacrées ; en bénissant l'hospitalière cité, priez pour la ville ingrate qui n'a pas su garder son double trésor.


Saint Norbert flanqué des rois de Bohème
Wenceslas et Sigismond. Prague.

Enfin, Ô fondateur de Prémontré, souriez à la France qui se réclame de votre plus pure gloire. Obtenez de Dieu que, pour le salut de nos temps malheureux, il rende à votre puissant Ordre quelque peu de son ancienne splendeur. Bénissez dans leur trop petit nombre, ceux de vos fils et de vos filles qui cherchent, en dépit des hostilités ridicules et odieuses du pouvoir, à faire revivre chez nous vos bienfaits. Maintenez en eux votre esprit : qu'ils sachent trouver dans la paix avec eux-mêmes le secret du triomphe sur les forces de Satan ; que les splendeurs du culte divin soient toujours pour eux la montagne aimée d'où, comme Moïse, ils rapportent au peuple chrétien, nouvel Israël, la connaissance des volontés du Seigneur."


Cathédrale Saint-Maurice de Magdebourg. XIIe - XIIIe.

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