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10.08.2007
10 août. Saint Laurent, archidiacre de l'église de Rome, martyr. 259.
" Le feu qui dévore son corps n'est rien par rapport à celui qui embrase son âme."
Saint Léon. Serm. de S. Laurentio.

Saint Laurent. Giovanni di Piero. XVe.
Saint Laurent fut l'un des plus illustres martyrs de l'Église. Ses vertus, son mérite, lui gagnèrent l'affection du Pape Sixte II, qui le choisit comme son premier diacre.
L'an 258, le Pape fut arrêté et condamné à mort. Comme on le conduisait au supplice, Laurent, son diacre, le suivait en pleurant :
" Où allez-vous, mon père, disait-il, sans votre fils ? Où allez-vous, saint Pontife, sans votre diacre? Jamais vous n'offriez le sacrifice sans que je vous servisse à l'autel. En quoi ai-je eu le malheur de vous déplaire ?"
Le saint Pape, ému, lui dit :
" Je ne vous abandonne point, mon fils ; une épreuve plus pénible et une victoire plus glorieuse vous sont réservées ; vous me suivrez dans trois jours."
Puis il lui ordonna de distribuer aux pauvres tous les trésors de l'Église, pour les soustraire aux persécuteurs : mission que Laurent accomplit avec joie.

St Laurent libère une âme du Purgatoire. Francesco di Cenni.XIVe.
Le préfet de Rome, à cette nouvelle, fit venir Laurent et lui demanda où étaient tous les trésors dont il avait la garde, car l'empereur en avait besoin pour l'entretien de ses troupes :
" J'avoue, lui répondit le diacre, que notre Église est riche et que l'empereur n'a point de trésors aussi précieux qu'elle; je vous en ferai voir une bonne partie, donnez-moi seulement un peu de temps pour tout disposer."
Le préfet accorda trois jours de délai.

Saint Laurent & saint Etienne. Mariotto di Nardo. Début XVe.
Pendant ce temps, Laurent parcourut toute la ville pour chercher les pauvres nourris aux dépens de l'Église ; le troisième jour, il les réunit et les montra au préfet, en lui disant :
" Voilà les trésors que je vous ai promis. J'y ajoute les perles et les pierres précieuses, ces vierges et ces veuves consacrées à Dieu ; l'Église n'a point d'autres richesses.
– Comment oses-tu me jouer, malheureux ? dit le préfet ; est-ce ainsi que tu outrages en moi le pouvoir impérial ?"
Puis il le fit déchirer à coups de fouets.
Laurent, après ce supplice, fut conduit en prison, où il guérit un aveugle et convertit l'officier de ses gardes, nommé Hippolyte. Rappelé au tribunal, il fut étendu sur un chevalet et torturé cruellement ; c'est alors qu'un soldat de la garde, nommé Romain, vit un Ange essuyer le sang et la sueur du martyr :
" Vos tourments, dit Laurent au juge, sont pour moi une source de délices."
Laurent fut ensuite rôti à petit feu sur un gril de fer, et quand il eut un côté tout brûlé :
" Je suis assez rôti de ce côté, dit-il au juge en souriant ; faites-moi rôtir de l'autre."
Bientôt, les yeux au Ciel, il rendit l'âme.
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10 août. Sainte Philomène, vierge et martyre. IIIe siècle.
- Sainte Philomène, vierge et martyre. IIIe siècle.
" Le Christ l'a choisie pour son épouse avant que l'âge ne lui permît de se choisir elle-même un autre fiancé."
Saint Ambroise.

On trouvera neuvaines et prières à sainte Philomène, la " chère petite sainte " de notre non moins cher saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, à la fin de la notice de sa fête, le 9 août.
Le tombeau de cette vierge et martyre, inconnue jusqu'aux premières années du siècle dernier, fut providentiellement découvert aux catacombes, l'an 1802. Dieu a rendu célèbre par tant de miracles la découverte du corps de sainte Philomène ; le culte de cette jeune Sainte s'est répandu dans tout l'univers avec une rapidité si merveilleuse ; elle a reçu et reçoit de toutes parts des hommages si exceptionnels, qu'elle mérite d'être placée au premier rang parmi les vierges et martyres que vénère l'Église.
Le saint curé d'Ars l'appelait sa chère petite Sainte et faisait des merveilles par son invocation.
D'après les études fort sérieuses des savants, sainte Philomène aurait été une enfant du peuple, immolée au IIe siècle pour Jésus-Christ, à l'âge de douze ou treize ans. L'examen de ses ossements a permis d'apprécier son âge ; la fiole de sang desséché trouvée dans sa tombe indique clairement son martyre ; les instruments de supplice peints sur la plaque de terre cuite qui fermait le tombeau, les flèches, l'ancre, la torche, nous montrent quels genres de tortures elle a souffert.
L'inscription : " Pax tecum " (" La paix soit avec toi "), Philomène, nous fait connaître son nom vénéré.
C'est à bon droit que sainte Philomène a été appelée la Thaumaturge du XIXe siècle. Aucun Saint peut-être, dans ce siècle, n'a opéré tant de prodiges. On l'invoque dans tous les besoins ; mais elle semble s'être déclarée surtout l'amie et la protectrice des petits enfants. De tous les miracles qu'elle a faits, le plus grand est l'explosion de confiance et d'amour qu'elle a excitée en toute l'Église.
Très peu nous est connu de la vie de Sainte Philomène avant la découverte du lieu d'enterrement de sa dépouille mortelle dans les catacombes de Priscillia à Rome.
- Le peu d'information nous est venu de la révélation qu'elle même fit à sa dévouée fidèle, la Vénérée Mère Maria Luisa de Jésus le 3 août, 1833.
Pendant que cette sainte sœur priait devant la statue de Sainte Philomène, elle lui dévoila l'histoire de sa vie.
Elle lui dit :
" Je suis la fille d'un roi grec. Mes parents étaient des païens et n'ayant pas d’enfants à eux, ils offrirent des sacrifices aux faux dieux. Un docteur chrétiens de Rome leur dit de se faire baptiser, de devenir chrétiens et que Dieu les récompenserait avec une progéniture. Ils acceptèrent ce propos volontiers et furent baptisés dans la religion catholique.
Un an plus tard je suis née et on m'appela Philomena.
J'ai été élevée avec une éducation chrétienne, j'ai reçu ma première communion à l'âge de cinq ans et j'ai fait un vœu de virginité à Dieu à l'âge de onze ans.
A l'âge de treize ans, l'empereur Dioclétien (du IIe siècle), déclara la guerre aux forces de mon père. Alors mon père dut se rendre à Rome pour faire la paix pour éviter la guerre. C'était son désir que ma mère et moi l'accompagnions.
Lorsqu'on arriva à Rome on trouva Dioclétien dans les Bains. Aussitôt qu'il me vit, il fut épris de ma beauté et promis la paix à mon père à condition qu'il puisse me prendre en mariage.
Mon père et ma mère me supplièrent : "Aie pitié pour ton père, ta mère et ton pays ". Je lui répondis " Mon père est Dieu et mon pays c'est le ciel ".
Quand l'empereur Diocétien apprit ma décision, il fut troublé et dit : " Si tu veux pas de mon amour, tu ressentiras mon pouvoir !". Il donna l'ordre de m'enchaîner et de me jeter en prison avec seulement du pain et de l'eau chaque jour.
Après trente sept jours, la Sainte Vierge m'apparut et me dit : " Mon enfant choisi, tu devras rester en prison trois autres jours et ensuite tu vas souffrir différentes épreuves (supplices). L'Archange Gabriel et ton ange gardien vont t'aider et tu seras victorieuse ".
Le quarantième jour on m'enleva mes vêtements et je fus fouettée. Mon corps était recouvert de plaies et on me remit en prison pour mourir. Je fus visitée par deux anges et Dieu prit soin de moi ce soir même.
L'empereur me proposa le mariage de nouveau. J'ai continué de refuser et c'est alors qu'il ordonna de me lancer des flèches. Lorsqu'on m'attacha, je tombai en extase. Et les flèches n'atteignirent pas mon corps mais revinrent sur les archers tuant plusieurs d'eux.
L'empereur enragé de nouveau donna l'ordre de m'attacher une ancre autours du cou et de me noyer dans le fleuve du Tibre. De nouveau, deux anges intervinrent et me libérèrent et je fus ramenée sur terre. Le peuple qui venait de témoigner d'un miracle se mirent à crier aux bourreaux : " Elle est libre ! Elle est libre !". L'empereur qui avait craint de voir le peuple se soulever me fit décapiter.
Tout ceçi se passa le vendredi, 10 août, à un heure de l'après-midi."
Malgré le fait que le Saint Siége ne peut affirmer l'authenticité de cette révélation écrite, il a quand même reconnu le droit de publication le 21 décembre, 1883.
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09.08.2007
9 août. Saint Jean-Marie-Baptiste Vianney, curé d'Ars, au diocèse de Belley. 1859.
- Saint Jean-Marie-Baptiste Vianney, curé d'Ars, au diocèse de Belley. 1859.
" Tout ce que le Fils demande au Père lui est accordé. Tout ce que la Mère demande au Fils lui est pareillement accordé."
" Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes."
" Ce n'est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon, mais c'est Dieu qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui."
Saint Jean-Marie Vianney.

Né le 8 mai 1786 à Dardilly, près de Lyon, dans une famille de cultivateurs, Jean-Marie Vianney connaît une enfance marquée par la ferveur et l'amour de ses parents. Le contexte de la Révolution française va cependant fortement influencer sa jeunesse : il fera sa première confession au pied de la grande horloge, dans la salle commune de la maison natale, et non pas dans l'église du village, et il recevra l'absolution d'un prêtre clandestin.

Deux ans plus tard, il fait sa première communion dans une grange, lors d'une messe clandestine, célébrée par un prêtre réfractaire. A 17 ans, il choisit de répondre à l'appel de Dieu : " Je voudrais gagner des âmes au Bon Dieu ", dira-t-il à sa mère, Marie Béluze. Mais son père s'oppose pendant deux ans à ce projet, car les bras manquent à la maison paternelle.
Il commence à 20 ans à se préparer au sacerdoce auprès de l'abbé Balley, Curé d'Écully. Les difficultés vont le grandir : il navigue de découragement en espérance, va en pèlerinage à la Louvesc, au tombeau de saint François Régis. Il est obligé de devenir déserteur lorsqu'il est appelé à entrer dans l'armée pour aller combattre pendant la guerre en Espagne. Mais l'Abbé Balley saura l'aider pendant ces années d'épreuves. Ordonné prêtre en 1815, il est d'abord vicaire à Écully.

En 1818, il est envoyé à Ars. Là, il réveille la foi de ses paroissiens par ses prédications mais surtout par sa prière et sa manière de vivre. Il se sent pauvre devant la mission à accomplir, mais il se laisse saisir par la miséricorde de Dieu. Il restaure et embellit son église, fonde un orphelinat, La Providence, et prend soin des plus pauvres.
Très rapidement, sa réputation de confesseur lui attire de nombreux pèlerins venant chercher auprès de lui le pardon de Dieu et la paix du cœur. Assailli par bien des épreuves et des combats, il garde son cœur enraciné dans l'amour de Dieu et de ses frères ; son unique souci est le salut des âmes. Ses catéchismes et ses homélies parlent surtout de la bonté et de la miséricorde de Dieu.

Saint Jean-Marie Vianney recevant saint Pierre-Julien Eymard.
Il y aurait bien des choses à dire sur la vie et la sainte dévotion de notre magnifique saint. Il fut un coeur consumé d'amour pour le coeur de Jésus et pour celui de Notre Dame et eut toute sa vie une dévotion particulièrement fervente pour sa " chère petite sainte, sainte Philomène ".
Prêtre consumé d'amour devant le Saint-Sacrement, tout donné à Dieu, à ses paroissiens et aux pèlerins, il meurt le 4 août 1859, après s'être livré jusqu'au bout de l'Amour. Sa pauvreté n'était pas feinte. Il savait qu'il mourrait un jour comme " prisonnier du confessionnal ". Il avait par trois fois tenté de s'enfuir de sa paroisse, se croyant indigne de la mission de Curé, et pensant qu'il était plus un écran à la bonté de Dieu qu'un vecteur de cet Amour. La dernière fois, ce fut moins de six ans avant sa mort. Il fut rattrapé au milieu de la nuit par ses paroissiens qui avaient fait sonner le tocsin. Il regagna alors son église et se mit à confesser, dès une heure du matin. Il dira le lendemain : " j'ai fait l'enfant ". Lors de ses obsèques, la foule comptait plus de mille personnes, dont l'évêque et tous les prêtres du diocèse, venu entourer celui qui était déjà leur modèle.

Corps incorrompu de saint Jean-Marie Vianney dans la basilique d'Ars. Diocèse de Belley.
Béatifié le 8 janvier 1905, il est déclaré la même année, “ patron des prêtres de France ”. Canonisé en 1925 par Pie XI (comme sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus), il sera proclamé en 1929 “ patron de tous les Curés de l'univers ”.
Rq : Biographie recommandée : " Le Curé d'Ars ". Mgr Francis Trochu, 1925.
Cependant, celle que lui a consécrée Alphonse Germain peut être une bonne introduction, " Le bienheureux Jean-Marie-Baptiste Vianney : le curé d'Ars ". Elle est disponible sur le site de la Bibliothèque nationale de France : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k66529r
NEUVAINE A SAINTE PHILOMENE

Statue de sainte Philomène dans l'église d'Ars.
V. Ô Dieu ! Venez à mon aide ;
R. Seigneur, hâtez-vous de me secourir.
Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit.
Comme au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Après cette invocation, on lira avec attention et piété l'une des prières qui suivent, selon le jour, et l'on terminera par la récitation du Pater, de l'Ave, du Gloria, du Credo, et par l'oraison suivante.
V. Priez pour nous, Ô sainte Philomène,
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.
Prions
Nous vous supplions, Seigneur, de nous accorder le pardon de nos fautes par l'intercession de la Bienheureuse Philomène, vierge et martyre, qui vous a toujours été agréable par le mérite de sa chasteté et par le bon usage de la force que vous lui aviez donnée. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ.
V. Bénissons le Seigneur.
R. Rendons grâces à Dieu.
Ière PRIÈRE, pour les deux premiers jours :
" Vierge très pure, très fidèle disciple de l'Évangile, et invincible Martyre de Jésus-Christ ; ornée de tant de grâces, de pureté ; enrichie d'une foi si vive et d'une force si rare, au milieu d'un monde infidèle et corrompu, et surtout à Rome, qui était le centre de l'idolâtrie, de la tyrannie et de l'infernale superstition, et qui était l'école des vices les plus monstrueux, puisque cette ville idolâtre n'était qu'un affreux amas d'erreurs et de crimes ; sainte Philomène, vous qui dans cette capitale du monde, païenne et corrompue, vous vous conservâtes dans une foi inébranlable et une inviolable pureté jusqu'au dernier soupir pour votre Époux céleste, lui sacrifiant votre vie par tant de martyres douloureux, nous vous supplions, par l'éminence de vos mérites, de nous obtenir auprès du trône miséricordieux du Père céleste le don de la persévérance dans la foi, de la pureté de l'esprit et du corps, et d'une sainte mort dans la grâce de Jésus-Christ. Ainsi soit-il."
Pater, Ave, Gloria, Credo.
IIe PRIÈRE, pour le troisième et le quatrième jour :
" Ô courageuse Martyre et très fidèle Vierge de Jésus-Christ ! Pour conserver sans tache le trésor de la pureté et de la foi en votre Dieu, vous souffrîtes d'être jetée avec une ancre au cou, dans les eaux du Tibre, dont votre céleste Époux vous préserva : nous réclamons humblement votre intercession, afin qu'au milieu des eaux, des amertumes, des anxiétés et des tribulations qui nous environnent sans cesse, nous soyons revêtus de force et préservés du naufrage de nos péchés et de la mort de nos âmes, et que nous ne soyons pas submergés par les eaux des tentations. Ainsi soit-il."
Pater, Ave, Gloria, Credo.
IIIe PRIÈRE, pour le cinquième et le sixième jour :
" Épouse chérie et intrépide Martyre de Jésus-Christ ! Pour conserver votre virginité, votre foi héroïque vous fit endurer avec constance un supplice ignominieux en présence de tant de païens vicieux, dans les rues de Rome idolâtre. De plus, pour la gloire de la virginité et de la doctrine évangélique, vous renonçâtes aux plaisirs de la chair, aux délices et aux pompes du monde, et même à la vie de votre chaste corps. Vous souffrîtes encore la cruelle flagellation de fouets de cuirs armés d'anneaux de métal; et sous un déluge de coups meurtriers, vous fûtes couverte de plaies et vous devîntes parfaitement semblable au Sauveur que vous aimiez si ardemment. Hélas ! Nous avouons que nous sommes de misérables pécheurs, des mondains sensuels et délicats ; obtenez-nous la force nécessaire pour vivre loin de la fange du péché, et pour mourir comme vous, avec fermeté, dans la foi de l'Église romaine, dût-il nous en coûter des peines, le déshonneur et la mort même. Ainsi soit-il."
Pater, Ave, Gloria, Credo.
IVe PRIÈRE, Pour le septième et le huitième jour :
" Ô Vierge courageuse ! Qui défendîtes si courageusement votre virginité et la foi de Jésus-Christ, par cette joie surnaturelle et cette force invincible dont vous fîtes preuve en sacrifiant trois fois votre corps virginal, pour persévérer dans la doctrine de Jésus-Christ ; vous estimant heureuse d'être à trois reprises cruellement percée de dards, et vous enrichissant d'autant de palmes et de couronnes, que vous reçûtes de blessures mortelles pour votre céleste époux, priez pour nous qui observons si faiblement la loi de Dieu ; obtenez-nous la force nécessaire pour arriver au salut éternel, afin que nous souffrions avec une sainte résignation, les douleurs et les peines de cette vie, et que nous résistions à toutes les attaques de l'enfer. Ainsi soit-il."
Pater, Ave, Gloria, Credo.
Ve PRIÈRE, pour le neuvième jour :
" Illustre Martyre et glorieuse Épouse de Jésus-Christ ! Ce Dieu sauveur, qui vous destinait une couronne éminente, ne se contenta pas des peines atroces que vous aviez endurées, il ne permit pas que vous y succombassiez ; pour multiplier vos souffrances au milieu de tant de blessures et de douleurs, il vous prolongea la vie comme un moyen d'augmenter vos triomphes et vos lauriers immortels, et vous rendit ainsi plus admirable aux yeux des esprits célestes, et plus élevée entre les glorieux martyrs. Par suite de ces divins conseils, vous fûtes de nouveau chargée de chaînes, et traduite au tribunal des tyrans de Rome ; votre angélique pureté et votre sainte foi furent mises à de nouvelles épreuves ; et vos barbares ennemis, désespérant de vaincre la constance héroïque de votre cœur, vous condamnèrent à être décapitée ; dernier supplice qui en mettant le comble à votre mérite et à votre couronne, vous introduisit triomphante et glorieuse dans le royaume de votre époux."
" Nous vous supplions, en terminant cette neuvaine, de jeter sur nous un regard de charité. Daignez nous montrer, par une marque de bonté, que nos pauvres hommages vous ont été agréables, et obtenez-nous les grâces que nous désirons pour notre salut, et toutes celles dont vous voyez que nous avons besoin pour être préservés de la mort éternelle que nous avons si souvent méritée. Faites que, dans cette espérance, nous respirions dans tous nos troubles, c'est-à-dire, que votre douce charité nous anime et nous console. Nous bénissons de tout notre coeur et avec le plus profond respect la très sainte et auguste Trinité, qui vous prévint sur la terre de tant de bénédictions, qui vous orna de tant de pureté, de foi et de force, qui vous éleva à une si haute sainteté, vous soutint au milieu de vos ennemis et de si horribles supplices, et vous conduisit en triomphe à la gloire éternelle. Nous rendons encore grâces à la très pure vierge Marie, mère de Dieu, reine des martyrs, qui, comme une mère tendre, vous aida de sa puissante protection au milieu de vos tourments. Sainte Martyre, nous espérons que vous nous protégerez vous-même, maintenant que nous honorons vos mérites et votre glorieux triomphe. Ainsi soit-il."
On pourrait aussi se borner à réciter, tous les jours de la neuvaine, la prière suivante, en la faisant précéder et suivre de l'invocation et de l'oraison données plus haut.
PRIÈRE
" Ô très sainte Philomène ! Thaumaturge de notre siècle, me voici prosterné devant ce trône auguste où la très sainte Trinité vous a placée, avec la double couronne de la virginité et du martyre ; je lève vers vous mes mains suppliantes. Quel spectacle de force et de constance ne donnâtes-vous pas au ciel, à la terre, aux anges et aux hommes, lorsque les Césars persécutaient les brebis du Sauveur, et empourpraient l'Église du sang de tant de millions de martyrs ! L'ancre pesante qu'on attacha à votre cou, les eaux mêmes dans lesquelles on vous précipita n'ébranlèrent pas un seul instant la foi que vous aviez jurée à votre céleste époux. Lorsque la main cruelle du bourreau, armée d'un fouet meurtrier, déchirait votre corps virginal, et en faisait ruisseler le sang, on ne vous vit ni pâlir, ni pleurer ; les dards, les chaînes, le glaive même qui acheva le sacrifice, et accéléra pour votre belle âme la juste possession de la gloire, ne purent abattre un seul moment l'ardeur de votre cœur généreux pour l'amant céleste qui était votre tout et vos délices. Maintenant le Seigneur, en récompense de vos peines atroces, pour la gloire de ce lis que vous conservâtes intact au milieu des épines du monde, et pour la confusion de l'impiété de ce siècle corrompu, ce Dieu magnifique a voulu vous glorifier par la puissance de votre intercession. Du levant au couchant, du midi au nord, le bruit de vos prodiges se fait entendre ; les peuples vont en foule se réfugier sous les ailes de votre protection."
" C'est donc à vous, je le répète, c'est à vous, illustre Martyre, que je m'adresse ; je vous tends mes mains suppliantes. Ah ! Du haut de la céleste patrie, daignez jeter un regard sur moi votre humble serviteur (ou servante). Ô vierge pure! Ô sainte martyre Philomène ! Soulagez-moi dans mes afflictions, fortifiez-moi dans les tentations; préservez-moi dans les persécutions ! Aidez-moi dans tous les dangers, mais surtout à l'heure terrible de la mort, lorsque j'aurai à combattre toutes les puissances de l'enfer ; à ce moment redoutable et décisif d'où dépend mon éternité. Dans ces jours ténébreux protégez la sainte Église, que l'impie menace à main armée ; déjouez les desseins des méchants, et maintenez les fidèles dans l'unité de l'Église catholique. Voilà ce que je demande par votre intercession. Ainsi soit-il."
AUTRE NEUVAINE
Se mettre en la présence de Dieu... Invoquer les lumières de L'Esprit Saint (on peut réciter le Veni Creator)...
Réciter trois fois Pater, Ave, Gloria, Credo.
Puis faire cette prière :
" Je m'adresse à vous, illustre martyre, je tends vers vous mes mains suppliantes. Ah ! Du haut de la céleste patrie, daignez jeter un regard sur moi. Ô Vierge pure !
Ô sainte martyre Philomène ! Soulagez-moi dans mes afflictions; fortifiez-moi dans les tentations ; préservez-moi dans les persécutions ; aidez-moi dans tous les dangers, mais surtout à l'heure terrible de la mort, lorsque j'aurai à combattre toutes les puissances de l'enfer, à ce moment redoutable et définitif d'où dépend mon éternité. Dans ces jours ténébreux protégez la sainte Église, que l'impie menace à main armée ; déjouez les desseins des méchants, et maintenez les fidèles dans l'unité de l'Église catholique. Voilà ce que je demande par votre intercession. Ainsi soit-il.
Je vous salue, ô innocente Philomène, qui, pour l'amour de Jésus, avez conservé dans tout son éclat le lis de la virginité.
Je vous salue, ô illustre Philomène, qui avez si courageusement donné votre sang pour la défense de la loi de Jésus-Christ.
Je vous salue, ô célèbre Philomène, arche du salut, qui opérez partout les plus grands prodiges."
Après cette prière, on fera la méditation indiquée pour chaque jour, et on terminera par la prière suivante :
V. Priez pour nous, sainte Philomène.
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.
Méditation du premier jour
Considérons que sainte Philomène fut vierge et toujours pure... au milieu du monde... malgré la persécution... jusqu'à la mort...
Et moi... N'ai-je pas lieu d'être humilié ?... Ai-je conservé mon innocence ?... Y ai-je attaché quelque prix ?
Résolution pratique : Je me mettrai en garde contre les affections trop naturelles : Je demanderai tous les jours pardon à Dieu de l'avoir tant de fois offensé.
Méditation du deuxième jour
Considérons ce que fit sainte Philomène pour conserver sa pureté... Elle mortifia ses inclinations... elle lutta. Elle fut modeste dans ses sens, dans ses yeux... dans ses oreilles... Elle se tint éloignée du monde et des occasions dangereuses... L'ai-je imitée dans cette vigilance sur moi-même ?
Résolution pratique : Je veillerai sur mes yeux, afin de ne jamais les arrêter sur un objet dangereux. J'éviterai les occasions qui m'ont été funestes...
Méditation du troisième jour
Considérons encore comment sainte Philomène eut et accrut l'amour qu'elle avait pour la pureté parfaite... Elle usa des sacrements... Elle puisa dans la communion fréquente le germe de la virginité... N'ai-je pas les mêmes moyens?...
Résolution pratique : Je m'unirai un peu plus à Dieu par la prière, la méditation, la réception des sacrements. Je me souviendrai que mes membres sont les membres de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit.
Méditation du quatrième jour
Considérons que sainte Philomène fut martyre… elle eut à souffrir... beaucoup... jusqu'à la mort... elle fut patiente dans les tourments. J'ai rarement à souffrir... peu aussi.., ai-je de la patience, de la résignation ?
Résolution pratique. Pour souffrir un peu, je me priverai de toute superfluité ; je ferai le sacrifice de quelques plaisirs permis ; de tout ce qui flatte la nature... Je supporterai du moins avec patience les douleurs et les contrariétés que le Seigneur m'enverra.
Méditation du cinquième jour
Considérons que sainte Philomène souffrit le martyre pour Jésus-Christ. On voulait lui faire quitter la religion, renier son baptême. Le démon, le monde, la chair me demandent la même chose… J'ai renoncé aux pompes du démon, aux vanités du monde, et cependant n'ai-je pas la faiblesse d'abandonner mon devoir pour le plaisir ?
Résolution pratique : Je vaincrai le respect humain; je ne rougirai plus d'être pieux; je me séparerai des réunions mondaines avec courage : il vaut mieux plaire à Dieu qu'aux hommes.
Méditation du sixième jour
Considérons que sainte Philomène mit en pratique cette parole de Jésus-Christ :
Celui qui ne hait pas sa vie même pour l'amour de moi, celui-là n'est pas mon disciple. Elle sacrifia tout, même ce qu'elle devait le plus aimer. Suis-je disposé à sacrifier mon repos, ma fortune, mes parents, ma vie pour Jésus-Christ ?
Résolution pratique : Je m'habituerai à me détacher des richesses par l'aumône et par la générosité envers l'Église... Je n'aimerai les créatures que pour Dieu et selon Dieu.
Méditation du septième jour
Considérons que sainte Philomène, pour souffrir le martyre, eut à essuyer les railleries, les sarcasmes, les injures de ses persécuteurs... des bourreaux... des spectateurs. Néanmoins elle resta ferme et joyeuse. Si le monde nous dédaigne, nous méprise, nous persécute, en sommes-nous peinés ? Ne cherchons-nous pas un peu l'honneur, et l'estime des autres ?
Résolution pratique : Si le monde nous dédaigne, cherchons la société de Jésus, dans les pauvres que nous soulagerons, dans les enfants que nous instruirons... Je resterai calme, et je ferai même effort pour remercier Dieu, si l'on me dit des paroles brusques, grossières.
Méditation du huitième jour
Considérons que sainte Philomène, en mourant pauvre à toutes les choses d'ici-bas, entra dans la joie de la vie éternelle. Elle savait qu'en perdant des biens périssables, elle recevrait la couronne de justice. Pensons-nous au ciel, quand il s'agit de faire un sacrifice ? Pour avoir tout, perdons tout.
Résolution pratique : Je m'imposerai, dès aujourd'hui, un sacrifice volontaire. Il faut acheter un peu le ciel... Je remplirai exactement tous mes devoirs...
Méditation du neuvième jour.
Considérons que sainte Philomène, pour avoir tout sacrifié à Jésus-Christ, reçoit, non seulement la couronne éternelle, mais de grands honneurs sur la terre. Quelle puissance ! Quels miracles ! Que de pèlerins ! Que de triomphes ! Que d'hommages à ses statues, à ses reliques ! C'est ainsi que Dieu récompense. Soyons fidèles. Ayons courage.
Résolution pratique : J'imiterai les saints, les honorant, les imitant, les invoquant... Aujourd'hui je ferai une œuvre de charité, une aumône en l'honneur de sainte Philomène... Je veux me disposer à faire pour sa fête une bonne et sainte communion.
AUTRES PRIERES
LITANIES DE SAINTE PHILOMÈNE
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, qui êtes Dieu, Rédempteur du monde, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, Reine des vierges, priez pour nous.
Sainte Philomène, dont la naissance récompensa la foi de vos parents, priez pour nous.
Sainte Philomène, qui, jeune encore, avez été agréable à Dieu par votre fidélité, priez pour nous.
Sainte Philomène, qui avez voué votre virginité à Jésus-Christ, priez pour nous.
Sainte Philomène, dont le cœur fut constamment en garde contre la vanité, priez pour nous.
Sainte Philomène, qui n'avez désiré de plaire qu'à Jésus-Christ, priez pour nous.
Sainte Philomène, qui avez vaincu la chair et le monde, priez pour nous.
Sainte Philomène, qui avez fait généreusement à Dieu le sacrifice de vos affections les plus chères, priez pour nous.
Sainte Philomène, inébranlable à la vue des tourments, priez pour nous.
Sainte Philomène, pleine de confiance en la grâce de Dieu, priez pour nous.
Sainte Philomène, consolée dans votre prison par la divine Marie, priez pour nous.
Sainte Philomène, flagellée comme votre divin Époux, priez pour nous.
Sainte Philomène, percée d'une foule de dards, priez pour nous.
Sainte Philomène, guérie miraculeusement dans la prison, priez pour nous.
Sainte Philomène, conduite pour être précipitée dans le Tibre, priez pour nous.
Sainte Philomène, miraculeusement transportée par les Anges sur le rivage, priez pour nous.
Sainte Philomène, inaccessible, par la protection divine, aux dards enflammés, priez pour nous.
Sainte Philomène, qui, par votre admirable constance, avez converti les témoins de vos divers supplices, priez pour nous.
Sainte Philomène, qui avez livré généreusement votre tête au fer des bourreaux, priez pour nous.
Sainte Philomène, puissante dans le ciel, priez pour nous.
Du malheur de perdre la foi, préservez-nous, sainte Philomène.
D'une coupable indifférence pour la Religion, préservez-nous, sainte Philomène.
De la lâcheté dans le service de Dieu, préservez-nous, sainte Philomène.
D'une volonté faible dans le bien, préservez-nous, sainte Philomène.
De l'amour du monde et de la vanité, préservez-nous, sainte Philomène.
Du démon de l'orgueil, préservez-nous, sainte Philomène.
Du démon de l'impureté, préservez-nous; sainte Philomène.
De l'amour désordonné de nous-mêmes, préservez-nous, sainte Philomène.
Du respect humain, préservez-nous, sainte Philomène.
Du danger des mauvais exemples, préservez-nous, sainte Philomène.
Du malheur de préférer le service du monde au service de Dieu, préservez-nous, sainte Philomène.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, faites-nous miséricorde.
V. Priez pour nous, sainte Philomène,
R. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.
Oraison
" Ô glorieuse Vierge ! Ô invincible Martyre sainte Philomène, vous qui, pour l'amour de Jésus, votre Époux, avez enduré tant de tourments, donné votre sang et votre vie en confirmation de cette Religion que j'ai moi-même le bonheur de professer, obtenez-moi une foi vive, une espérance ferme, une ardente charité, et la grâce de... (chacun la spécifie), afin que, servant fidèlement notre Seigneur Jésus-Christ pendant la vie, j'ai le bonheur de le posséder après la mort. Ainsi soit-il."
" Saluts à l'innocente, illustre et célèbre Philomène.
Je vous salue, ô innocente Philomène ! qui, pour l'amour de Jésus, avez conservé dans tout son éclat le lis de la virginité.
Je vous salue, ô illustre Philomène ! qui avez donné si courageusement votre sang pour la défense de la loi de Jésus-Christ.
Je vous salue, ô célèbre Philomène ! arche de salut, qui opérez partout les plus grands prodiges."
Pour demander le détachement du monde
" Ô sainte Philomène, vous vous êtes entièrement détachée du monde où vous appelaient la famille, les plaisirs, les honneurs et la puissance ; et moi je suis les maximes de corruption qu'il professe ; je crains ses railleries, je désire avoir part à ses applaudissements. Ô sainte Philomène, aidez-moi à quitter ces affections frivoles, à briser ces biens criminels. Mais, pour obtenir votre secours, je m'engage à un sacrifice... Tel jour, je me priverai de tel plaisir... je m'abstiendrai de telle... réunion... faites-moi la grâce d'être fidèle à cette résolution."
Pour obtenir la sainte vertu de pureté
" Je vous salue, ô vous qui êtes restée pure, et qui n'avez pas craint de sacrifier votre vie pour sauver votre virginité. Vous me montrez bien en quelle estime je dois avoir cette vertu. Bien des ennemis s'efforcent de me l'enlever, ou du moins d'en tenir l'éclat. Ô aimable et courageuse Vierge, veillez sur moi du haut du Ciel, afin que je sois chaste... Pour vous honorer, pour obtenir plus sûrement votre protection, dès aujourd'hui je prendrai les mesures qui me sont recommandées : Défiance de moi-même, modestie, fréquentation des sacrements, fuite des occasions... Ô chaste Philomène, priez pour moi."
Pour demander l'esprit de sacrifice
" Ô admirable sainte Philomène, vous avez sacrifié votre jeunesse, sacrifié votre avenir, sacrifié votre vie au milieu des tourments, pour rester fidèle à Dieu ; vous avez même exposé vos parents à la fureur d'un tyran. Et moi, j'obéis à peine quand il n'en coûte rien ni à la chair, ni à la nature. Aidez-moi, ô bonne sainte, afin que je sache porter ma croix, accepter l'infortune, me résigner à la maladie ; aidez-moi à accomplir les devoirs même les plus pénibles ; à me montrer franchement chrétien ; à fouler aux pieds le respect humain. Je suis prêt à tout souffrir plutôt que d'offenser Dieu. Seigneur, donnez-moi la grâce d'être fidèle ; je vous le demande par les mérites de sainte Philomène."
Pour demander la persévérance dans le bien
" Vous avez été sauvée, ô illustre martyre, parce que vous avez persévéré jusqu'à la fin. Les supplices qui se sont succédé n'ont jamais lassé votre constance. Et moi, combien de fois ne m'est-il pas arrivé de regarder en arrière ! Souvent, à l'occasion d'une retraite, au Carême, lors d'une grande solennité, j'ai fait sur moi-même un sérieux retour, et pris des résolutions que je disais sincères et fermes. Un instant après je succombais. J'avais dit adieu au monde, et je courais vers lui; j'avais promis de fuir les lieux où ma vertu avait fait plusieurs naufrages, et j'y volais à la première occasion. Cette fois, je veux devenir vertueux, fixer ma volonté, vaincre mon inconstance. Sainte Philomène, vous qui avez été si forte et si courageuse, je vous en conjure, venez à mon secours."
Pour demander une grâce temporelle
" Vous m'avez bien appris, Ô sainte Philomène, que je dois mépriser ce que le monde admire et recherche ; toutefois, vous avez si souvent exaucé vos dévots serviteurs, guéri tant de malades et consolé tant d'affligés, que j'ai recours avec confiance à vous pour vous demander de m'obtenir (spécifier la faveur désirée)... Si cependant ce bien temporel devait nuire à mon salut, je prie Dieu de rejeter ma demande. Je m'unis en tout à la sainte volonté de Dieu..."
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08.08.2007
8 août. Saint Cyriaque, diacre, et ses compagnons, martyrs. 303.
" Confitebor tibi, Domine Deux meus, in toto corde meo, et glorificabo nomen tuum in aeternum."
" Seigneur mon Dieu, je Vous louerai de tout mon coeur, je glorifierai Votre nom à jamais."
Psalm. LXXXV, 11.

Saint Cyriaque délivrant Artémie. Matthias Grünewald. Autel de Heller, Francfort. XVIe.
Lorsque Dioclétien eut associé Maximien Hercule à l'empire, ce dernier, pour plaire à son bienfaiteur, entreprit de lui bâtir un beau palais avec des bains magnifiques. Il résolu de faire travailler à cette construction tous les Chrétiens. L'on vit donc bientôt travailler comme esclaves des hommes du plus haut rang, des personnes faibles et délicates, des vieillards consumés d'années, des ecclésiastiques et des prêtres ; de même qu'au temps de Pharaon, les enfants d'Israël étaient contraints de travailler aux ouvrages publics d'Egypte.
Les uns creusaient des fondations, d'autres portaient du sable et des pierres, ceux-ci faisaient du mortier et ceux-là servaient de manoeuvres aux maçons, sans que, malgré l'ardeur du soleil, la faiblesse de leur âge ou de leur complexion, on leur donnât aucun soulagement. On voyait bien à la manière dont leur persécuteurs les nourissaient, que leur dessein était de s'en défaire. Ce palais, appelé les Thermes, fruit des sueurs de ces glorieux confesseurs, a depuis été changé sous le nom de Notre Dame des Anges.
Cependant Thrason, seigneur romain, à qui Dieu avait donné de grands biens, apprenant les cruautés qu'on exercait contre les saints et la disette de toutes choses où ils étaient, leur envoyait de temps en temps de quoi se soulager dans leur misère ; il se servait pour cela de saint Sisinie, de saint Cyriaque, de saint Large et de saint Smaragde, qui leur portaient de saumones au risque de la vie, et se servaient aussi de cette occasion pour les animer à la persévérance et les fortifier contre les découragements de la nature et les tentations du démon.
Le Pape qui, selon Baronius, était saint Marcellin, bien que les Actes disent saint Marcel, étant informé de ce qui se passait, reconnut le mérite des deux premiers en les élevant à l'ordre de diacre.

Saint Cyriaque délivrant Jobie, la fille du roi de Perse. Martyre de saint Cyriaque. Speculum historiale. V. de Beauvais. XIVe.
Peu de temps après, ils furent tous quatre surpris comme ils portaient sur leurs épaules des vivres aux bienheureux confesseurs, et on les condamna eux-mêmes à travailler aux Thermes avec ceux qu'ils avaient prétendu soulager.
Ces excellents Chrétiens n'en eurent aucune douleur ; ils prirent volontiers la hotte pour porter du sable, ils traînèrent avec joie le chariot pour charrier les pierres, et leur zèle étaient si grand, que, ne se contentant pas de leur tâche, s'ils voyaient un Chrétien accablé sous la pesanteur de son fardeau, ils couraient pour l'aider et faisaient une partie de son ouvrage.
C'est ce qu'ils firent à l'égard d'un vieillard nommé Saturnin, qui succombait sous le faix des travaux qu'on lui ordonnait. Les officiers qui présidaient à la construction, admirant cette action et voyant que ces saints dans leurs plus grands accablements ne laissaient pas de chanter avec allégresse des cantiques et des hymnes en l'honneur de Dieu, en donnèrent avis à Maximien Hercule. Mais ce prince barbare, bien loin d'être touché de quelque compassion pour eux, commanda qu'on les mît dans un cachot, et qu'on fît au plus tôt leur procès. Ce n'est pas ici le lieu de parler de saint Sisinie, qui fut bientôt après décapité avec le vieillard Saturnin, qu'il avait soulagé dans la rigueur du travail de ce superbe édifice.
Pour saint Cyriaque, il demeura plus longtemps en prison : il y guérit des aveugles et plusieurs autres malades qui eurent recours à lui pour obtenir la santé par ses prières. Cependant Dieu, voulant le glorifier sur la terre avant de le consacrer par le glaive du martyre, permit qu'Artémie, fille de l'empereur Dioclétien, fût saisie par un démon furieux qui la tourmentait très cruellement. Jetant de grands cris, elle dit qu'elle ne pouvait être délibrée que par le moyen de Cyriaque, diacre de l'Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Dioclétien qui l'aimait tendrement, oublia alors sa férocité et naturelle et sa rage contre les Chrétiens, et envoya tirer saint Cyriaque de sa prison, avec saint Large et saint Smaragde, ses compagnons, qui étaient enfermés avec lui. Etant venu vers la princesse, notre saint commanda au démon de sortir de son corps. Il en sortit immédiatement et Artémie crut en la Très Sainte Trinité, suivant les pieuses exhortations de sainte Sérène, sa mère, qui était une fidèle disciple de Jésus-Christ. Dioclétien, pour témoigner sa reconnaissanceà saint Cyriaque, lui donna une maison dans Rome, où il lui premit de demeurer en toute sûreté.
Quelques temps après, la fille du roi de Perse, nommée Jobie, étant aussi possédée par un démon, s'acria comme Artémie qu'elle ne pouvait être délivrée par d'autre que par le diacre Cyriaque qui était à Rome. Ce roi envoya un ambassadeur à Rome au même Dioclétien, pour le prier de lui envoyer Cyriaque. Dioclétien pria alors son épouse Sérène de persuader au diacre de faire ce voyage. Notre saint l'netreprit joyeusement avec saint Large et saint Smaragde, ses bienheureux compagnons. Il fit une partie du chemin par mer et le reste à pied et le bâton à la main, chantant continuellement les louanges de Dieu et implorant Son secours et Sa béndiction.
Lorqu'il fut arrivé, le roi se jeta à ses pieds et le supplia d'avoir pitié de sa fille. Cyriaque lui promit de la délivrer ; et, en effet, ayant conjurer le démon par le nom redoutable de Jésus-Christ, il le força de sortir de son corps et de la laisser en liberté ; ce qui fut cause de sa conversion, de celle du roi son père, et de quatre cents infidèles, qui recurent le baptême des mains du bienheureux diacre. Ce prince voulut reconnaître un s grand bienfait par de riches présents ; mais nul de ces trois saints ne voulut rien accepter, et ils lui dirnt que c'était une maxime des Chrétiens de donner gratuitement ce qu'ils avaient reçus gratuitement, et de ne point vendre les dons de Dieu. Leur dépense était aussi très minimes, puisqu'ils ne mangeaient que du pain et ne buvaient qu'un peu d'eau.
Quarante-cinq jours après, ils se rembarquèrent et revinrent à Rome, avec des lettres de remerciement que le Persan écrivait à l'empereur. L'empereur les laissa encore vivre en paix. Mais lorqu'il fut sorti de Rome pour visiter les provinces de son empire, Maximien, n'oubliant point qu'ils avaient secouru les Chrétiens lors de la construction des Thermes, les fit de nouveau arrêter prisonniers. Carpase, vicaire de Rome, fut chargé de les examiner, de les porter à l'adoration des faux dieux, et, en cas de refus, de terminer leur procès et de les faire mourir.
Jamais refus ne fut plus constant et plus généreux. Ils protestèrent tous trois qu'ils ne connaissaient point d'autre divinité que celle de Jésus-Christ, et qu'il mourraient pour une confession si sainte et si glorieuse :
" Nous ne connaissons, dit Cyriaque, que Jésus-Christ, Maître du Ciel et de la terre, mort sur la Croix pour notre salut !"
Carpase commanda aux bourreaux de jeter de la poix fondue et bouillante sur la tête de saint Cyriaque. Le saint souffrit ce tourment avec une patience héroïque : il fut aussi étendu sur le chevalet et rompu à coups de bâton ; au milieu des supplices, il disait :
" Gloire à Vous, Jésus, mon Souverain Seigneur ; ayez pitié de moi, qui ne suis qu'un pêcheur très indigne."
Et encore :
" Gloire à Vous, Seigneur, qui me jugez digne de souffrir pour Votre nom !"
Enfin, par ordre de Maximien, il fut décapité avec ses compagnons saint Large et saint Smaragde, et vingt autres confesseurs qui devinrent par ce supplice de très illustres martyrs.
Saint Cyriaque dit encore juste avant l'exécution de la sentence :
" Seigneur Jésus, gloire à Vous ! Ayez pitié de moi, Votre indigne serviteur ; je Vous rends grâces, mon Dieu, qui me permettez de souffrir pour Votre saint nom !"
Cette exécution fut faite hors des murs de la ville, sur la voie Salaria, en un lieu nommé les Thermes de Salluste. Les saints corps furent transférés par le pape saint Marcellin dans le champs de Lucine sue la voie d'Ostie : ce qui arriva le 8 août.
Le martyrologe romain en fait une très honorable mémoire, et remarque que leurs corps ont été depuis transféré dans la ville et déposés avec honneur dans la diaconnie de la bienheureuse Vierge Marie, in via Lata.
En 1049, le pape Léon IX accorda le bras de saint Cyriaque à l'abbaye d'Altorf en Alsace. C'est de là que cette ancienne abbaye porte dans ses titres celui de Saint-Cyriaque.
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07.08.2007
7 août. Saint Gaëtan de Thiène, fondateurs des Clercs réguliers dits Théatins. 1547.
" Je ne cesserai de donner aux malheureux qu'au moment où je me verrai si dénué de biens qu'il me faille inhumer par charité."
Saint Gaëtan de Thienne.

Saint Gaëtan de Thiène d'après un portrait exécuté de son vivant.
Ce saint mérite que l'on relève particulièrement l'importance de sa vie et de ses oeuvres. En effet, il fait partie de ces grands personnages qui fondèrent un corps de clercs combattants pour défaire les hérétiques du XVIe siècle et pour réformer les moeurs dépravées des catholiques de leur temps.
Notre saint naquit à Vicenze, ville de la république de Venise, en 1480. Fruit de l'illustre famille des Thiène, très célèbre par d'excellents personnages qui en étaient sortis et que l'on avait vus se distinguer dans les dignités de l'Eglise et dans la profession des armes, il fut consacré à Marie dès le sein de sa mère, puis ensuite à sa naissance. On lui donna le nom de Gaétan, pour conserver un célèbre nom familial ; mais on y ajouta le nom de Marie, pour marquer sa consécration à la Reine du Ciel.
En effet, outre le fameux Gaëtan de Thiène, chanoine de Padoue, qui a laissé des Commentaires sur la philosophie naturelle d'Aristote et qui passait pour le prince des théologiens de son siècle (XIVe), il y eu plusieurs prélats, vice-légats et cardinaux de cette maison, des gouverneurs de Milan et des vice-rois de Naples. La France a connu en particulier le seigneur Nicolas de Thiène, page de François Ier, qui fut un fameux capitaine d'ordonnance sous Henri II puis un Ligueur habile, et qui en épousant Jeanne de Villars, fille du marquis de Villars, Grand amiral de France, forma la souche de la branche tourangelle des Thiène.
Gaétan de Sainte-Marie montra de bonne heure un grand amour pour les pauvres ; ce fut là, du reste, un des beaux caractères de toute sa vie. Son coeur d'enfant, tendre et délicat, le faisait pleurer souvent à la vue des misères qui s'offraient à lui ; les pauvres, qui le connaissaient tous, l'appelait leur petit ami, en attendant qu'il fût leur père. L'enfant leur rendait mille petits services, et lorsqu'il recevait quelque argent de ses parents à titre de récompense, il n'avait rien de plus pressé que de le distribuer à ses chers mendiants. La petite somme était toujours vite épuisée ; alors Gaétan mettait en mouvement tous les ressorts de sa jeune politique, et il finissait toujours par reconstituer son petit trésor. À bout d'expédients, il demandait l'aumône à ses parents pour l'amour de Dieu.

Saint Gaëtan de Thiène à l'autel. Jacopo Palma le Jeune. XVIe.
Après avoir fait de brillantes études - il devint un excellent orateur, un philosophe de tout premier ordre et un jurisconsulte très doué : il obtint le grade de docteur en droit canon et en droit civil -, il bâtit une église sous l'invocation de sainte Marie-Madeleine dans ses domaines à Rampazzo, avec l'aide de son frère aîné Jean-Baptiste, pour y exercer le saint ministère et permettre aux villageois trop éloignés de l'église paroissiale d'assister plus commodément à la sainte messe.
Comme il était très simple et même négligé dans ses vêtements, son père se fâchait souvent et l'accusait de déshonorer son nom en se mêlant aux mendiants. Le plus souvent Gaétan répondait à ce reproche par son silence. Il s'occupa avec zèle des ouvriers, ce qui lui attira la persécution de ses proches, puis l'admiration de tous, quand on vit son ministère opérer de grands fruits de sanctification. Partout où il allait, sa première visite était pour les pauvres et les malades.
A Rome, à l'invitation du pape Jules II qui le pria de demeurer à sa cour, Gaétan, plein du désir de donner au clergé des modèles à imiter quoique peu enclin à vivre ainsi dans la proximité du gouvernement de l'Eglise (il fut néanmoins protonotaire), contribua à la réformation des moeurs douteuses qui régnaient alors dans la ville sainte et en particulier hélas dans certaines branches de la curie.
Par un bref d'extra tempora (lequel permet de surseoir au cursus traditionnel de formation du prêtre) et une dispense des interstices (qui permet d'éviter le temps traditionnel entre chaque réception des degrés de l'ordre), le pape lui permit de recevoir la prêtrise en trois fêtes proches les unes des autres.
Un jour de Noël, Notre-Seigneur lui apparut sous la forme d'un petit enfant ; il Le prit dans ses bras et Le caressa longtemps, pendant que son coeur se fondait d'amour.
Il se mit dès lors sous la conduite spirituelle du Révérend Père Jean-Baptiste de Crema, dominicain, et sa vertu d'obéissance s'y exerca avec une très sainte ponctualité, faisant l'admiration même de son directeur.
Bientôt, il fonda, de concert avec quelques saints prêtres, la congrégation des Théatins.
Le premier des compagnons de saint Gaëtan fut Jean-Pierre Caraffa, alors évêque de Théate (ou Chieti) dans le royaume de Naples, et archevêque de Brindes puis cardinal et pape sous le nom de Paul IV, un des grands pape de la lutte contre l'hérésie et auteur de la fameuse bulle Cum ex apostolatus. Le deuxième fut Paul Consiglieri, de la famille des Ghisleri, qui joignit toute sa vie une éminente sainteté à une sagesse et une prudence consommées. Le troisième fut Boniface de Colle, d'une ancienne maison de la ville d'Alexandrie dans le Milanais.
La confiance absolue en Dieu valait plus pour lui que tous les conseils de la prudence humaine, et nulle part la Providence ne le laissa manquer du nécessaire. Il convient de noter que jamais, et ce fut la volonté de notre saint, le service des pauvres et des malades ne fut séparés du combat contre l'hérésie ; l'un étant la source de charité de l'autre.
Voici les principales fins de ce saint institut :
1. donner un modèle aux clercs, qui vivaient à cette époque dans de graves désordres et avaient grand besoin de réforme ;
2. donner l'exemple d'une parfaite pauvreté ;
3. rétablir la propreté des églises et des autels et la majesté des saintes cérémonies, qui se faisaient alors sans révérences et donnaient lieu aux hérétiques de les décrier et de les faire passer pour des superstitions ;
4. animer les fidèles à la fréquentation des Sacrements qui étaient alors si peu en usage qu'un nombre scandaleux de Chrétiens ne se confessait et ne communiait qu'une fois l'an sans grand dessein d'un amendement sincère, et avec une nonchalance qui faisait gémir le peu de gens de bien qu'il restait ;
5. d'annoncer d'une manière savante et pieuse la parole de Dieu, que les prédicateurs d'alors mêlaient souvent à un langage profane et ridicule ;
6. de visiter les malades pour les disposer à recevoir les Sacrements et surtout fortifier les agonisants contre les tentations du démon et les assauts de la mort ;
7. accompagner les malfaiteurs au supplice, afin de leur faire éviter la rigueur des châtiments éternels ;
8. poursuivre partout les hérésies qui s'étaient renouvelées depuis quelques années par l'impiété de Luther et de quelques autres apostats d'Allemagne et d'ailleurs.
Le Saint était déjà âgé quand il tomba malade, à Naples ; il refusa un matelas et voulut mourir sur la cendre et le cilice ; il refusa aussi un médecin extraordinaire, disant :
" Je suis un pauvre religieux, qui ne vaut pas la peine d'être assisté."
Il répétait à tous moment les paroles de Daniel : " Placare, Domine, attende et fac " (" Seigneur, pardonnez ; Seigneur, soyez attentif et agissez ").
Marie vint Elle-même chercher son âme. Il laissa la réputation d'un séraphin à l'autel et d'un apôtre en chaire.
Urbain VIII béatifia saint Gaëtan en 1629 et Clément X le canonisa en 1669.
Les Théatins recurent de grands privilèges de la part de l'un de leur fondateur, le pape Paul IV. Ils donnèrent à l'Eglise un nombre conséquent de prélats aussi saints que savants, dont le fameux père Ventura au XIXe siècle auteur entre autres de ce mot fameux ; " la plus grande ruse du diable est de faire croire qu'il n'existe pas ".
CULTE ET RELIQUES
Saint Gaëtan fut enterré au cimetierre Saint-Paul à Naples. Il est devenu l'un des principaux patrons de cette ville où il est en grande dévotion. Sa statue est au côté de celle de saint Janvier sur toutes les portes de cette ville.
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06.08.2007
6 août. La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ. 32.
" Que puis-je voir dans la Transfiguration, sinon un symbole de la gloire de la résurrection future ?"
Saint Grégoire le Grand.

La Transfiguration. Fra Angelico. Florence. XVe.
Le mont Thabor, où s'accomplit la Transfiguration du Sauveur, est la plus haute montagne de la Galilée ; on y jouit d'un magnifique panorama sur toute cette partie de la Terre Sainte. C'est là que Jésus manifesta Sa gloire aux trois disciples qui devaient être témoins de Sa douloureuse agonie au jardin des Oliviers, Pierre, Jacques et Jean. Son visage devint éclatant comme le soleil, Ses habits blancs comme la neige : la gloire de Sa divinité rejaillit sur tout Son corps. Moïse et Élie parurent à Ses côtés et s'entretenaient avec Lui de la mort qu'Il devait souffrir à Jérusalem.

La Transfiguration. David Gérard. XVIe.
Les Apôtres furent ravis d'un si merveilleux spectacle, et Pierre s'écria :
" Seigneur, nous sommes bien ici ; faisons-y trois tentes, une pour Vous, une pour Moïse et une pour Élie."
Il parlait encore, quand une nuée lumineuse les couvrir, et une voix se fit entendre :
" Celui-ci est Mon Fils bien-aimé, en qui J'ai mis toutes Mes complaisances ; écoutez-Le."
Les trois Apôtres furent saisis de frayeur et tombèrent par terre ; mais Jésus, S'approchant d'eux, les toucha et leur dit de se lever ; ils le firent et n'aperçurent plus que le Sauveur dans Son état ordinaire. Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne pas divulguer ce qu'il avaient vu, jusqu'à ce qu'Il fût ressuscité.

La Transfiguration. Pietro Perugini. XVe.
Les trois témoins gardèrent le secret, mais plus tard ce fait extraordinaire servit admirablement à tous les Apôtres pour prouver la divinité du Sauveur ; il leur servit aussi pour supporter avec courage les épreuves de leur apostolat.

Basilique de la Transfiguration. Mont Thabor. Terre Sainte.
Ce mystère confirme plusieurs articles de notre foi. La Trinité nous apparaît dans les trois personnes divines qui interviennent : le Père, qui rend témoignage à Son Fils ; le Fils, qui montre Sa gloire ; le Saint-Esprit, qui couvre tout ce tableau sous la forme d'une nuée resplendissante. L'Incarnation brille avec éclat dans la Transfiguration, puisque Jésus nous apparaît en même temps comme Homme et comme Dieu, vrai Fils de Dieu : " Celui-ci est Mon Fils bien-aimé ".

Nef et choeur de la basilique de la Transfiguration. Mont Thabor. Terre Sainte.
Enfin nous y voyons une image de la résurrection du Sauveur et de la résurrection de tous les justes à la vie glorieuse ; et c'est ce qui fait dire à l'Église cette belle prière :
" O Dieu, qui, dans la glorieuse Transfiguration de Jésus Votre Fils unique, avez confirmé les mystères de notre foi et avez marqué l'adoption parfaite de Vos enfants par la voix céleste qui est partie de la nue, rendez-nous cohéritiers de ce Roi de gloire, et donnez-nous part aux splendeurs de Son règne."

Fresque de la Transfiguration. Basilique de la Transfiguration. Mont Thabor. Terre Sainte.
Le mont Thabor a toujours été en vénération dans l'Église ; les pèlerins de Terre Sainte ne manquent jamais de le visiter. Une nouvelle basilique y a été construite au début du siècle dernier.

Vue de la vallée depuis le Mont Thabor. Terre Sainte.
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04.08.2007
4 août. Saint Dominique de Guzman, confesseur, fondateur de l'Ordre des frères prêcaheurs. 1221.
- Saint Dominique de Guzman, confesseur, fondateur de l'Ordre des frères prêcaheurs. 1221.
" Dominique et François d'Assise : voilà les deux astres les plus brillants de l'Eglise. Les lèvres si pures de saint Dominique ont distillé pour elle un miel précieux."
Lobbetius. De San Domenico.

Apparition de saint Pierre à saint Dominique. F. de Zurbaran. XVIIe.
À l'origine des Frères Prêcheurs, il y a Dominique de Guzman, l'homme évangélique, ainsi que le qualifie Jourdain de Saxe dans son Petit livre sur les origines de l'Ordre. Qui était-il? Pourquoi a-t-il fondé cette communauté à laquelle il a lui-même donné le nom de Frères Prêcheurs et qui, par la suite, sera désignée couramment à partir de son nom: les Dominicains ?
Saint Dominique ne nous a laissé aucun écrit où nous pourrions trouver une réponse à ces questions. Il nous faut donc questionner les chroniques qui nous parlent de lui et ce que l'histoire nous dit de son époque, le Moyen Âge. Alors se dessinent sous nos yeux les traits d'un homme qui n'aspire qu'à une seule chose: imiter Jésus Christ. Un homme, nous disent les témoins, qui ne parlait qu'avec Dieu ou de Dieu. En même temps, Dominique se révèle comme un homme solidaire d'un monde en plein bouleversement; un monde qu'il aime et veut embraser du feu de l'Évangile qui le consume lui-même. C'est au terme d'une longue recherche du dessein de Dieu, tel qu'il l'a lu dans les événements qui ont jalonné sa vie, que Dominique fonde l'Ordre des Prêcheurs.
Un monde bouleversé
Saint Dominique naît vers 1170 dans le bourg de Caleruega, en Espagne. La société médiévale dans laquelle il va vivre et oeuvrer pour l'Évangile est alors en pleine transition. Celle-ci est d'abord causée par l'une des plus importantes explosions démographiques de l'histoire, accompagnée d'un vaste mouvement d'urbanisation. Dans le système féodal les activités telles le commerce et la politique se déroulaient autour des châteaux des seigneurs ou des abbayes. Maintenant, tout cela se déplace vers les villes qui deviennent les pôles de l'activité politique et économique, alors qu'auparavant elles n'étaient que des lieux de peuplement.
Cette urbanisation fait naître, à côté de la noblesse et des clercs, une nouvelle classe sociale: la bourgeoisie. Importante par l'argent qu'elle acquiert du commerce, cette bourgeoisie marchande dirige la ville. Seigneurs locaux, souverains et gens d'Église doivent maintenant compter avec elle, parce que c'est elle qui peut fournir l'argent nécessaire au maintien des armées ou au financement des constructions.
Mais cet accroissement de la population et cette urbanisation n'apportent pas la prospérité à tous ; la pauvreté est le lot commun. La majorité des gens ne dispose que du minimum pour vivre, leur situation contrastant scandaleusement avec celle de la noblesse féodale et de la bourgeoise. De plus, les épidémies et surtout les famines frappent durement les populations; des hommes libres redeviennent des serfs pour assurer leur subsistance.
En même temps, on assiste à l'émergence d'une conscience nationale chez les Anglais, les Français, les Espagnols et les Allemands. Leurs souverains respectifs sont en train de constituer leur royaume sur cette base nationaliste.
L'Église n'échappe pas à ce mouvement de transformation. Jusque là, sa vie gravitait autour des abbayes. C'étaient presque les seuls lieux où l'on pouvait recevoir une formation intellectuelle poussée, et où l'on pouvait recruter des clercs assez instruits pour en faire des évêques.

Résurrection de Napoleone Orsini par l'intercession de saint Dominique. Anonyme. XVIIe.
Désormais, les écoles passent des abbayes aux cathédrales, donc au centre des villes. Au début, les écoles cathédrales ne dispensent qu'un enseignement théologique pour les clercs des diocèses. Mais rapidement, elles prennent de l'expansion et s'ouvrent à un plus grand nombre pour offrir un enseignement couvrant toutes les sciences de l'époque (grammaire, rhétorique, mathématiques, philosophie) et donner naissance aux universités.
Au temps de saint Dominique, les plus célèbres sont celles de Bologne et Paris. À l'image des commerçants bourgeois qui s'organisent en corporations, relevant de l'autorité royale, les universités s'organisent en corporation relevant de l'autorité du pape.
Malgré cela, le bas clergé, curés de paroisses et chapelains, reste majoritairement sous-instruit. Généralement, ces prêtres ne savent ni lire, ni écrire car, issus de milieux pauvres, ils n'ont pu étudier. Ayant appris par coeur les textes d'une messe et l'évangile correspondant, ils les répètent inlassablement Quand ils prêchent, ce n'est pas sur l'Évangile, mais sur un sujet de morale. Paradoxalement, I'Europe est chrétienne, mais non évangélisée.
Ceux qui peuvent corriger cette situation, ce sont les évêques. Mais ils sont le plus souvent accaparés par l'administration des fiefs qui leur sont confiés par les rois. À l'origine, ces domaines leur avaient été donnés pour assurer des revenus aux diocèses. Avec le temps, ces domaines devenant parfois très importants, les évêques se voient considérés par les souverains comme des seigneurs, au même titre qu'un comte ou un baron, et ils se mettent à agir comme tels. L'Église, en fait la papauté, appuyée par quelques évêques et parfois quelques souverains, tente de corriger cette situation.
Son arme principale est la constitution de chapitres de chanoines dans les cathédrales. II s'agit de prêtres vivant en communauté autour de l'évêque dans la pauvreté. On donne à ces chapitres la Règle de saint Augustin, qui insiste beaucoup sur la vie communautaire et la pauvreté en proposant l'exemple de la vie de l'Église primitive, telle que décrite dans les Actes des Apôtres. A long terme, on espère que ces chapitres deviendront des pépinières d'évêques qui se conduiront davantage selon l'idéal évangélique que selon celui de la noblesse féodale.
Mais ce travail de correction est lent et de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer de l'Église qu'elle abandonne ses richesses et retourne à la pauvreté évangélique. Ces prédicateurs vont trouver une oreille sympathique au sein d'une population pauvre, à laquelle se joint le bas-clergé. De là vont naître les grands mouvements de retour à l'Évangile, dont le mot d'ordre est : « suivre nu le Christ nu », qui vont animer tout le XIIIe siècle. Des milliers de personnes s'attacheront à ces prédicateurs et les suivront dans leurs déplacements. Dans ces mouvements, l'orthodoxie se mêle à l'hérésie. Celle-ci n'est souvent qu'une réaction excessive devant une situation perçue comme une trahison de l'Évangile. Le plus souvent, les prédicateurs sont des laïcs ayant reçu un enseignement rudimentaire de l'Évangile. De ces mouvements de pauvreté naîtront les Ordres mendiants, tels que les Prémontrés, les Franciscains et les Dominicains.
Des écoles de Palencia au Chapitre d'Osma
C'est à cette époque de bouleversements et de renouveau qu'a vécu Dominique. Après avoir reçu un début d'instruction de l'un de ses oncles archiprêtre, il est envoyé à l'université de Palencia, la première d'Espagne, pour apprendre les arts libéraux. Mais rapidement, Dominique opte pour l'étude de la théologie. Pendant ses études, il se fait remarquer par son application, passant des nuits entières à approfondir sa connaissance de la Bible. Mais ce zèle à scruter la Parole de Dieu ne le coupe pas du monde dans lequel il vit.
Au cours d'une famine qui frappe toute l'Espagne, Dominique décide de vendre ses manuscrits et tout ce qu'il a afin de venir en aide aux pauvres. Il disait : " Je ne veux pas étudier sur des peaux mortes lorsque des hommes meurent de faim !" Son geste pousse de nombreux maîtres de théologie à l'imiter. La réputation de Dominique parvient bientôt à son évêque, Diègue d'Osma. Le chapitre des chanoines de sa cathédrale vient tout juste d'être réformé selon la Règle de saint Augustin. Voyant l'avantage de s'associer un tel homme pour consolider la réforme entreprise, il demande à Dominique de se faire chanoine. Celui-ci accepte, attiré par la vie de pauvreté et de prière.
Les chanoines se rendent vite compte de la valeur du nouveau venu et le choisissent comme sous-prieur, ce qui en fait le bras droit de l'évêque. On remarque son humilité, sa douceur, son attention aux autres. Il ne quitte presque jamais le cloître afin de mieux s'adonner à la prière, à la méditation de l'écriture ou de textes des Pères de l'Église. Mais, alors qu'on pourrait croire que Dominique s'est coupé des femmes et des hommes de son temps, il les porte toujours dans son coeur. Il n'a plus rien à vendre pour secourir les malheureux, mais c'est à eux qu'il pense durant les nuits où une prière intense a remplacé l'étude. Durant cette prière, il ne cesse alors de demander à Dieu une charité efficace pour travailler au salut du monde. Très souvent, ces prières s'accompagnent de larmes et de gémissements : " Seigneur, ayez pitié de votre peuple ! Que vont devenir les pécheurs ?"
La mission au Danemark
Cette sollicitude pour le salut du monde trouve bientôt à s'exercer dans des circonstances fortuites. Diègue d'Osma est chargé par le roi de Castille d'aller négocier le mariage de son fils avec une princesse du Danemark. L'évêque se met donc en route avec sa suite, dont fait partie Dominique. lls traversent le Sud de la France où sévit l'hérésie cathare. Celle-ci, profitant des mouvements de pauvreté et de retour à l'Évangile, véhicule sous un extérieur chrétien, une doctrine dualiste opposant un Dieu bon, créateur des réalités spirituelles, et un Dieu mauvais, créateur du monde matériel. Dans ce contexte, le détachement des biens de ce monde camoufle un mépris pour tout ce qui est matériel.
Passant la nuit dans une auberge, Dominique apprend que son propriétaire est un cathare. Il discute alors avec lui une partie de la nuit, si bien que l'homme se convertit. L'évêque et son sous-prieur poursuivent leur route et arrivent au Danemark. Les négociations ayant favorablement abouties, ils reviennent en Espagne en faire rapport au roi qui les renvoie chercher la fiancée. Celle-ci étant morte entre temps, Diègue fait parvenir la nouvelle au roi et va à Rome avec Dominique pour rencontrer le pape.
La prédication en Languedoc
Au Danemark, l'évêque a entendu parler des Cumans, peuple païen aux moeurs barbares. Aussi, demande-t-il au pape de le relever de la charge de son diocèse afin de pouvoir aller les évangéliser avec son sous-prieur. Le pape refuse et les renvoie chez eux.

Saint Dominique prêchant pendant la croisade contre les Albigeois. Anonyme. XVIIe.
Sur le chemin du retour, dans le Midi de la France, Diègue et Dominique rencontrent les légats du pape chargés de prêcher l'Évangile et la foi contre les erreurs cathares. Les légats se plaignent à Diègue du peu de succès de leur mission. Celui-ci comprend vite que le succès des cathares leur vient de la rigueur et la pauvreté de la vie de leurs prédicateurs.
Aussi, il conseille aux légats de se défaire de leurs escortes et de leurs chevaux et d'aller prêcher l'Évangile à pied, n'emportant que les livres nécessaires. Diègue joint aussitôt le geste à la parole, et part prêcher avec Dominique, accompagné par les légats. Nous sommes alors en 1206. Pendant deux ans, ils vont prêcher ainsi : à pied et sans escorte, à travers tout le Languedoc. Leur prédication connaît alors un certain succès. Un groupe de femmes cathares converties, se trouvant de ce fait sans aucun moyen de subsistance, sera rassemblé par Dominique et son évêque pour former un monastère à Prouille. Ce monastère, embryon de ce qui deviendra l'Ordre des Moniales dominicaines, sert à Dominique de quartier général après la mort de Diègue. Celui-ci disparu, les légats missionnaires se dispersent.
Le début de l'Ordre des Prêcheurs
De 1208 à 1213, Dominique poursuit donc seul l'oeuvre de prédication, tout en continuant de prendre soin du monastère de Prouille. Il gagne le respect des cathares par la rigueur de sa vie, sa bonne humeur, sa pauvreté, son zèle. Sur la route, entre les villages, il marche pieds nus. Il mendie son pain et, quand on lui offre le gîte, il couche sur le sol. Lorsqu'il ne prêche pas ou n'est pas en train d'exhorter quelqu'un à la conversion, il prie et, dès qu'il est près d'une chapelle ou d'une église, il s'y rend pour célébrer l'Eucharistie ou participer à la prière liturgique.
Avec le temps, quelques hommes se joignent à lui pour travailler à l'évangélisation. La petite communauté s'installe d'abord dans une église de Fanjeaux. Puis, comme deux hommes de Toulouse se donnent à lui avec leurs biens, elle se déplace à Toulouse. Foulques, évêque de la ville, reconnaît officiellement la communauté avec son projet de prédication en 1215, et lui concède comme revenu une partie de la dîme des pauvres. Dans le même temps, Dominique confie les six frères qui vivent avec lui à un maître en théologie pour qu'il les instruise.
Foulques de Toulouse se rend à Rome pour participer au IVe Concile de Latran et Dominique l'accompagne, voulant obtenir l'approbation du pape pour un ordre qui s'appellera l'Ordre des Prêcheurs. Le pape promet l'acceptation, à la condition que Dominique et ses frères se choisissent une règle déjà existante. Revenu auprès d'eux, ils adoptent à l'unanimité la Règle de saint Augustin. Dominique repart pour Rome chercher l'approbation qui lui est alors accordée.
En 1217, Dominique disperse sa petite communauté. Il envoie fonder à Paris et à Bologne, les centres universitaires du temps, de même qu'en Espagne et à Rome. À partir de ce moment, les choses se précipitent. Au début, les frères de Dominique suscitent le scepticisme. Mais assez rapidement, leur pauvreté, leur attachement à la prière, leur prédication et leur vie évangélique, leur valent un accueil enthousiaste partout où ils sont. Par exemple, le couvent de Paris, fondé par deux ou trois frères, en compte près de cinquante à la mort de Dominique, quatre ans plus tard, sans compter ceux qui ont quitté Paris pour fonder ailleurs.
Le premier Chapitre de l'Ordre
Quant à Dominique, il va de couvent en couvent pour exhorter les frères à tenir bon. Toujours il va à pied et quête son pain. Dans les couvents il n'a ni cellule ni lit et, malgré les fatigues du voyage, il passe toujours ses nuits en prière dans l'église. En 1220, il convoque le premier chapitre général de l'Ordre à Bologne en Italie, chaque couvent devant y envoyer un certain nombre de frères. Une fois qu'ils sont réunis, Dominique leur demande de se choisir un autre supérieur, lui-même s'estimant indigne de cette charge.
Les frères refusent. Puis, ils adoptent les premières Constitutions de l'Ordre, qui règlent la vie des frères en incarnant dans des dispositions concrètes la Règle de saint Augustin. lls prennent à ce moment des décisions importantes : l'Ordre doit abandonner ses revenus et chaque couvent doit quêter sa subsistance au jour le jour. Enfin, pour mieux répondre aux besoins de l'évangélisation, l'Ordre est divisé en provinces.

La Très sainte Vierge Marie et son Divin Fils avec à ses pieds saint François d'Assise et saint Dominique. Cimabue. XIIIe.
La mort de saint Dominique
Le chapitre terminé, Dominique reprend sa tournée des divers couvents. Il est aussi chargé par le pape d'une mission d'évangélisation dans le Nord de l'ltalie. Puis, à l'été 1221, usé par ses marches interminables et par ses veilles incessantes, il tombe malade à Bologne. Constatant la gravité de son état, il demande à se confesser et à recevoir la communion. Il se recommande ensuite aux frères présents, et leur affirme qu'il leur sera plus utile au ciel que sur terre. Puis il s'éteint pendant que les frères recommandent son âme à Dieu. Mort dans la cellule d'un autre, puisqu'il n'en avait dans aucun couvent, on l'enterre dans l'église, au pied de l'autel, revêtu de la tunique d'un autre. La sienne, estiment les frères, est en trop mauvais état: usée, épuisée... comme le pauvre qu'elle habillait.
Rq : On peut consulter le Libellus, c'est-à-dire la vie de saint Dominique racontée par son premier successeur, le bienheureux Jourdain de Saxe :
http://www.tradere.org/spiritualite/dominic/libellus/inde...
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03.08.2007
3 août. Le bienheureux Pierre-Julien Eymard, confesseur, fondateur des Pères du Saint-Sacrement. 1868.
- Le bienheureux Pierre-Julien Eymard, confesseur, fondateur des Pères du Saint-Sacrement et de celle des Servantes du Saint-Sacrement. 1868.
" Les miracles visibles n'apparaissent que pour élever les coeurs à la foi des choses invisibles, afin que la merveille extérieure fasse
connaître la merveille, beacoup plus grand, de l'intérieur."
Saint Grégoire le Grand.
" Donnez-moi la croix, Seigneur, pourvu que vous me donniez aussi votre amour et votre grâce."
Le bienheureux Pierre-Julien Eymard.

Le bienheureux Pierre-Julien Eymard naquit le 4 février 1811 à La Mure d’Isère. Il y mourut, le 1er août 1868, à l’âge de 57 ans. Il fut béatifié par Pie XI, le 12 juillet 1925.
Mis en contact avec toutes les classes de la société et tous les états de vie, Pierre-Julien avait été providentiellement préparé à sa mission eucharistique. Tour à tour vicaire, curé, religieux et provincial chez les Frères Maristes, supérieur de collège et directeur du Tiers-ordre de Marie, catéchiste des chiffonniers de Paris, et, enfin, fondateur des Prêtres du Très Saint Sacrement, il a connu tous les besoins de toutes les catégories d’âmes et a compris l’influence et la force, pour elles, de l’Eucharistie.
Pierre-Julien eut une vie débordante d’activité. Ce fut cependant un grand mystique. En effet, dès l’âge de vingt six ans, alors qu’il n’était encore que vicaire à la Chatte, il fut, au cours d’une méditation devenue extase, favorisé d’une grâce mystique qui lui fit pénétrer la réalité de l’amour et de la bonté du Père. Pendant longtemps il en parla avec reconnaissance. Cette grâce fut le point de départ d’un apostolat dominé par une pensée dominante: devenir l’apôtre infatigable de l’amour de Dieu et travailler à la glorification du Sacrement de l’Amour du Fils : l’Eucharistie.
L’enfance et la jeunesse de Pierre-Julien Eymard furent relativement tristes. Il était le dixième enfant de Julien Eymard, son père, et quatrième de sa mère, deuxième femme de Julien devenu veuf. Un destin cruel semble avoir marqué la famille Eymard. Successivement moururent ses frères et sœurs aînés : Cécile, en 1805, François-Julien en 1807, Joseph-Justin-Julien en 1809. Du premier lit quatre enfants sur six étaient également morts. De ce qui aurait pu être sa grande famille, Pierre-Julien, notre futur saint, ne connut qu’Antoine et Marianne, respectivement âgés de dix-sept et de douze ans à sa naissance en 1811. On croit savoir que la mère de Julien était très pieuse. Quant à son père, Julien Eymard, coutelier de son état, il fut reçu dans la Confrérie des Pénitents du Saint-Sacrement le 8 décembre 1817.

Dans ce milieu sérieux et fervent, il n’est pas étonnant que la piété de Pierre-Julien ait été précoce. Un fait est dûment attesté : vers l’âge de cinq ans, le petit garçon fait une fugue. On le cherche partout... On le retrouve dans l’église, grimpé sur l’escabeau placé derrière l’autel :
" Que fais-tu là, demande sa sœur, impatiente.
– Je suis près de Jésus, et je l’écoute, répond naïvement le petit garçon."
A mesure qu’il grandit, Pierre-Julien est de plus en plus attiré par l’Eucharistie. Très jeune il désirera devenir prêtre. Son père, meurtri par tant de deuils subis, refusa : il ne pouvait pas accepter de perdre encore le dernier garçon qui lui restait et qui aurait dû prendre la succession de son entreprise.
Pierre-Julien connut donc des difficultés énormes pour faire ses études. Il apprit seul le latin, en cachette de son père. Le 5 août 1828, sa mère mourait ; le pauvre père restait seul avec sa fille Marianne et Pierre-Julien. Pierre-Julien se devait d’aider son père.
Enfin la foi du papa l’emporta, et Pierre-Julien fut reçu chez les Oblats de Marseille de Mgr de Mazenod, le 7 juin 1829...
Pour rattraper son retard scolaire, Pierre-Julien travaillait comme quatre. Il tomba rapidement malade ; on crut qu’il allait mourir. Mais il se rétablit lentement et, après la mort de son père, il entra au grand séminaire. Il fut ordonné prêtre le 20 juillet 1834 et nommé vicaire à la Chatte, dans l’Isère. Le 10 juin 1835 il était reçu tertiaire de l’Ordre des Capucins. C’est à la Chatte qu’il fut gratifié d’une grâce mystique exceptionnelle qu’il garda lontemps secrète, mais qui nourrit toute sa vie spirituelle.
Pierre-Julien crachait le sang. Il dut quitter la Chatte ; on le nomma curé de Monteynard où il resta deux ans. Fin 1839, il entra chez les Frères Maristes de Lyon et fut nommé directeur du collège de Belley. En janvier 1845, on lui conféra la charge de provincial dans sa congrégation, charge qu’il exerça pendant deux ans avant de devenir Visiteur Général.
En décembre 1845 le Père Eymard prit la direction de Tiers-Ordre de Marie au sein duquel il fonda de nombreuses branches.
Au sujet de la cérémonie de la Fête-Dieu à Lyon, le 25 mai 1845, le Père Eymard écrit, entre autres : “Je sens dans moi un grand attrait vers Notre-Seigneur ; jamais je ne l’avais éprouvé si fort. Cet attrait m’inspire dans mes prédications, conseils de piété, de porter tout le monde à la connaissance et à l’amour de Notre-Seigneur, de ne prêcher que Jésus-Christ et Jésus-Christ Eucharistique... ”
Cette grâce exceptionnelle est une grâce de foi et d’amour envers le Christ-Eucharistique. L’amour de Dieu est premier, mais il se concentre sur la contemplation du mystère de Jésus dans son Eucharistie.

En juin 1848 le Père Eymard est vivement frappé par l’intensité du culte eucharistique qui se déploie à Paris, grâce à l’adoration nocturne des hommes et à la création, par Adeline Dubouché, d’un Tiers-Ordre qui deviendra l’Adoration Réparatrice.
C’est ce que notre saint appellera une grâce de vocation. Emu à la vue du délaissement de tant de prêtres séculiers, et par le manque de direction spirituelle des hommes, le Père Eymard envisage la création “ d’un corps d’hommes comparable à l’Adoration Réparatrice en cours de création pour les femmes ".
L’époque était rude alors : le décret du 13 mars 1848 avait supprimé les congrégations religieuses en France, et de très nombreux religieux vivaient dispersés. À Mme Tholin-Bost qui avait créé l’Association de l’Adoration du Saint Sacrement à domicile, le Père Eymard écrivit, en octobre 1851 : “ J’ai souvent réfléchi sur les remèdes à cette indifférence universelle qui s’empare d’une manière effrayante de tant de catholiques, et je n’en trouve qu’un: l’Eucharistie, l’amour à Jésus Eucharistique. La perte de la foi vient de la perte de l’amour.”
Et en février 1852, à la même personne : “ Maintenant il faut se mettre à l’œuvre, sauver les âmes par la divine Eucharistie, et réveiller la France et l’Europe engourdies dans un sommeil l’indifférence parce qu’elles ne connaissent pas le don de Dieu : Jésus, l’Emmanuel Eucharistique. C’est la torche de l’amour qu’il faut porter dans les âmes fidèles et qui se croient pieuses, et ne le sont pas parce qu’elles n’ont pas établi leur centre et leur vie dans Jésus au saint Tabernacle.”
Les événements se succèdent, et en avril 1856, le Père Eymard est relevé de ses vœux qui le liaient à l’Ordre des Maristes. Il allait pouvoir travailler à la fondation d’une nouvelle congrégation. Le 13 mai 1956, il reçoit, de l’archevêque de Paris, Mgr Sibour, l’autorisation de fonder son œuvre

