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vendredi, 09 septembre 2016

9 septembre. Saint Omer, ou Audomar, moine de Luxeuil, évêque de l'ancien siège de Thérouanne, au diocèse d'Arras. 670.

- Saint Omer, ou saint Audomar, moine de Luxeuil, évêque de l'ancien siège de Thérouanne, au diocèse d'Arras. 670.

Pape : Saint Vitalien. Roi de France : Clotaire III.

" Le Christ est la vérité, et celui qui suit le Christ aime la vérité."

Thomas a Kempis.


Saint Omer. Anonyme des Flandres. XVIe.

Saint Omer naquit, vers la fin du VIe siècle, à Guldindal, ou Goldenthal (le Val d'Or), près de Constance, de parents illustres par leur piété et leur naissance. Son père s'appelait Friulphe et sa mère Domitta. Ils eurent grand soin de former dans les lettres et la vertu ce cher fils, qui était l'unique fruit de leur mariage. Après la mort de Domitta, la grâce croissant en lui avec l'âge, il résolut de renoncer au monde et de se faire religieux ; il détermina ùêùe son père à l'y suivre. Ils vendirent donc leurs biens pour en distribuer l'argent aux nécessiteux ; et ainsi, pauvres des biens de la terre, mais riches des biens du ciel, morts au monde et ne vivant qu'en Jésus-Christ, fidèle à la grâce et ennmis du démon, il se rendirent au monastère de Luxeuil, dans la Franche-Comté, où, en 612 ou 615, ils furent cordialement accueillis par l'abbé, saint Eustaise, qui, après les avoir soumis à de rudes épreuves pour les débarrasser de tous lien terrestre et surtout de leur mutuel attachement, les admit ensemble à la profession. Friulphe y persévéra jusqu'à la fin et mourut saintement.


Réception d'Omer et de son père Friulf à Luxeuil.
Vie de Saint Omer. XIe.

Saint Omer se rendit bientôt le modèle des autres frères. Il était chaste de corps et d'esprit, le premier à l'obéissance et à la pratique de l'humilité, le plus éclairé dans la science de Jésus crucifié, le plus aimable par sa charité et par sa douceur, et le plus exact dans l'austérité des jeûnes et des veilles. Cette ferveur ne se ralentit point dans la suite des années, comme il n'arrive que trop souvent aux jeunes gens qui commence à servir Dieu avec beaucoup d'ardeur, et se relâchent a^rès pâr leur négligence ; elle augmenta tellement, que sa réputation se répandit par toute la France. Le roi Dagobert, étant informé de la haute vertu de notre saint, le fit élire évêque de Thérouanne, par les suffrages libres du clergé et du peuple ; saint Achaire, évêque de Noyon, y contribua beaucoup.


Saint Omer et saint Bertin arrivent dans le pays des Morins ;
édification du monastère.
Porte du trésor de l'abbaye Saint-Bertin-Saint-Omer. XVIe.

Saint Omer trouva dans son diocèse une occupation digne de son zèle. Les Morins (c'est ainsi que l'on appelle les peuples du diocèse de Thérouanne) étaient retombés dans l'idolâtrie, d'où ils avaient été tirés par les prédications de saint Victoric et de saint Fuscien, illustres martyrs de Notre Seigneur Jésus-Christ, à Amiens, où ils furent mis à mort par la cruauté du préfet Rictiovare. Il travailla avec tant d'application à ramener ses ouailles à la religion chrétienne, qu'après les avoir éclairés des lumières de l'Evangile, il fit brûler leurs idoles et bannit entièrement de son diocèse le culte des faux dieux. Il fut assisté, dans cette sainte expédition, par saint Bertin, saint Mommolin et saint Bertrand, qui, tous trois, secondèrent merveilleusement son zèle comme ses fidèles disciples.


Saint Omer convertissant les Morins. Vie de saint Omer. XIe.

On rapporte de saint Omer un événement surprenant qui arriva lorsqu'il était à Boulogne, petite ville de son diocèse ; et, comme il peut servir d'un grand exemple pour montrer l'obéissance que l'on doit à ses supérieurs, nous avons cru devoir le mettre ici. Un clerc lui demanda la permission d'aller se divertir sur le bord de la mer. Le Saint, à qui Dieu avait révélé le malheur qu'il lui arriverait s'il y allait, lui défendit de le faire.


Le clerc désobéissant vient demander à saint Omer la permission,
qu'il lui refuse, de se promener au bord de la mer.
Vie de saint Omer. XIe.

Le clerc ne laissa pas de passer outre, et, ayant trouvé un petit bateau qui servait à passer la rivière à l'endroit où elle se jette dans la mer, il se mit dedans pour se promener le long du rivage. Mais un furieuse tempête s'éleva soudainement et il se vit bientôt en danger de faire naufrage. Le péril le fit rentrer en lui-même ; il eut regret de sa faute, et, se voyant à la merci des flots et des vents, il implora l'assistance du saint évêque

Après sa prière, il aborda à terre, mais il fut bien surpris de se voir sur la côte d'Angleterre. La crainte de tomber entre les mains des pirates, dans ce peys éloigné, lui fit redoubler ses prières ; il conjura à nouveau le ciel de ne point l'abandonner. Il remonte dans son bateau et, après une navigation heureuse, le ciel le comble et il revient à l'endroit même d'où il était parti.

Notre clerc courut alors vers saint Omer, se prosterna devant lui pour lui demander pardon de sa désobéissance, lui raconta tout ce qui s'était passé et le remercia des grâces qu'il avait reçues par son intercession. Saint Omer le reprit sévèrement de sa faute, et, lui ayant fait faire réflexion sur la punition que Dieu tire de ceux qui méprisent les ordres de leurs supérieurs, il lui fit défense de dire à qui que ce fût la merveille qui était arrivé : ce que le jeune ckerc exécuta fidèlement, puisqu'il ne raconta le fait qu'après la mort de saint Omer.


Saint Omer pardonne au clerc désobéissant. Vie de saint Omer. XIe.

Mais, quoiqu'il fît son possible pour demeurer caché aux yeux des hommes, le ciel découvrit, par le prodige suivant, combien notre saint était agréable à Dieu. Faisant la visite de son docèse, il se reposa sous un arbre près d'un village appelé Jernac, ou Journy, pour se délasser un peu de la fatigue du chemin. A son réveil, il fit planter, au même endroit où il s'était assis, une croix de bois sur laquelle, la nuit suivante, on vit paraître une admirable clarté. Depuis, les fidèles honorèrent singulièrement ce même lieu, comme ayant été consacré par la présence d'un si saint homme. Tous les malades qui le visitent par dévotion y reçoivent la guérison de leurs maux.


Saint Omer fait planter une croix à Journy. Vie de saint Omer. XIe.

Entre les conversions qu'il fit, on remarque particulièrement celle d'Adroald. C'était un seigneur des plus considérables du pays par sa naissance et par ses richesses, mais il faisait cruellement une guerre aux Chrétiens. Saint Omer entreprit cette conversion qui eut un plein succès. Dès lors, Adroald pratiqua généreusement les conseils évangéliques : car, n'ayant point d'enfant, il donna tous ses biens à l'Eglise, et particulièrement sur la terre de Sithiü, où notre Saint fit bâtir un monastère en l'honneur de la sainte Vierge. Un historien de la vie de notre Saint s'exclame d'ailleurs :
" Que vous êtes louable et heureux, Adroald, de vous être ainsi dépouillé des biens de la terre pour en revêtir Notre Seigneur Jésus-Christ ! Vous avez renoncé à un héritage temporel pour vous rendre l'héritier du ciel ; vous n'aviez point de postérité, et, par votre libéralité, vous en avez acquis une si nombreuse, qu'elle se substituera jusqu'à la fin des siècles."


Saint Omer baptisant Adroald. Vie de saint Omer. XIe.

Après avoir gouverné avec une vigilance vraiment pastorale l'église de Thérouanne près de trente années, la Providence divine priva notre Saint de la vue du corps afin qu'étant éclairé spirituellement des lumières de la foi, il s'approchât davantage du ciel, où il devait bientôt recevoir la récompense de tous ses travaux. Cette cécité néanmoins ne l'ayant pas empêcher d'assister, avec plusieurs autres évêques, à la translation du corps de saint Vaast qui se fit environ l'an 667, il y recouvra la vue par l'attouchement des reliques et l'intercession du grand saint. Mais saint Omer, qui avait déjà goûté à l'avantage qu'il y a d'avoir les yeux fermés à toutes les choses du monde, supplia le saint, par son intercession, de lui renvoyer son infirmité.


Saint Omer. Sacramentaire à l'usage
de Saint-Bertin-Saint-Omer. XIIe.

En 667 selon certains, en 670 selon d'autres, saint Omer étant en tournée, fut pris de fièvre dans un lieu nommé Wavrans, ou Wauvrans (à quelque distance de Saint-Omer et à trois milles de Saint-Bertin) : il comprit alors que sa dernière heure était proche. Il se fit porter à l'église, où, fondant en larmes, il offrit à Dieu l'encens de ses prières, et reçut, avec les sentiments de la plus touchantes piété, le corps et le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Après la communion, il se mit au lit, où, parmi le chant d'une mélodie céleste, son âme quitta sa demeure pour aller se présenter devant la majesté de Dieu. Il s'exhala en ce moment de son corps une si suave odeur qu'elle surpassait celle des plus excellents parfums.


Décès de saint Omer, pleuré par ses disciples et
un grand concours de peuple. Vie de saint Omer. XIe.

CULTE ET RELIQUES

Dans les sceaux de la ville de Saint-Omer, il tient souvent un écusson chargé de la croix à deux branches qui est le blason de la cité. Comme on le voit, cet attribut indique le patronage du Saint, et non une circonstance de sa vie.


Tombeau de saint Omer. Cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer. XIVe.

On le représente faisant sourdre une fontaine pour baptiser un enfant maladif et aveugle qu'on lui présenta lorsqu'il œuvrait à la nouvelle conversion de ses ouailles et qui recouvra la vue et la santé en recevant le sacrement.


Le baptême administré à l'enfant aveugle lui rend
la vue et la santé. Vie de saint Omer. XIe.

On le voit aussi tantôt ayant dans les mains une petite église et à ses pieds un petit enfant qui semble sortir de terre, tantôt tenant sa crosse épiscopale et deux grappes de raisin et avec une châsse à ses pieds.


Cathédrale, aujourd'hui basilique Notre-Dame. Saint-Omer.

Saint Bertin, averti du décès de saint Omer par révélation, s'empressa de se rendre à Wavrans, à la tête de tous ses religieux. Notre Saint lui avait spécialement recommandé de l'ensevelir dans l'église de la sainte Vierge qu'il avait construite dans ce but entre autres.

L'église où il fut enterré devint plus tard la cathédrale de Saint-Omer. Son corps y fut conservé, moins quelques parties concédées à diverses églises et monastères. Au XVIIe siècle, on voyait encore au monastère Saint-Bertin le pluvial de saint Omer, espèce de manteau ainsi appelé à cause du capuchon qui servait à se protéger de la pluie.

Hugues, abbé de Saint-Quentin, ayant essayé d'enlever le corps de saint Omer pour en enrichir son monastère, ne put dépasser le village de Lisbourg car tout à coup, la bière devint si lourde qu'il ne fut plus possible de la déplacer. Hugues fit alors rappeler l'évêque de Thérouanne, Folquin, afin qu'il rapporte les précieuses reliques. Ce dernier le fit enterrer dans un lieu secret et institua une fête au cour du mois de juin pour commémorer cet événement.

La bière fut retrouvée en 955, et l'authenticité de ces reliques fut plusieurs fois reconnue dans l'église Notre-Dame.

En 1269, le chef de saint Omer fut mis à part. Avant la malheureuse révolution qui eut lieu en France, il était encore conservé dans un buste-reliquaire de vermeil offert par Mahaut, comtesse de Flandre.


Saint Omer. Bréviaire à l'usage de Paris. XVe.

Un pieux orfèvre racheta ce reliquaire pendant la révolution et le remit, avec ses précieuses reliques à des personnes de confiance. L'authenticité fut reconnue en 1803, et l'on transféra le chef de saint Omer dans un nouveau buste-reliquaire représentant l'évêque. Une partie de son chef fut transférer dans la cathédrale d'Arras par Mgr de La Tour d'Auvergne qui céda en contrepartie à Thérouanne des reliques de saint Vaast.


Saint Omer. Eglise Saint-Omer. Orval. Cotentin. XVIIe.
 
Rq : Pendant les guerres effroyables que menèrent les Protestants par toute l'Europe, Charles Quint pris et détruisit Thérouanne ; laquelle était hélas devenue un nid de féroces Calvinistes qui avaient purgé et massacré tout ce qui était catholique. Le siège épiscopal fut transféré à cette époque à Saint-Omer, bastion catholique.

00:15 Publié dans O | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je veux aussi être un saint comme saint Omer et saint Bertrand.

Écrit par : Bertrand | samedi, 10 septembre 2011

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