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mercredi, 10 avril 2019

10 avril. Saint Macaire d'Antioche, archevêque de cette ville. 1012.

- Saint Macaire d'Antioche, archevêque de cette ville. 1012.

Pape : Serge IV. Roi de France : Robert II, le Pieux.

" Il y a de l'honneur à exposer et confesser les oeuvres de Dieu."
Tob., XII, 7.

Saint Macaire secourant des pestiférés à Gand.
Jacob Van Oost. XVIIe.

Saint Macaire était arménien, de parents nobles et illustres ; son père s'appelait Michel et sa mère Marie. Il avait un parent nommé Macaire, archevêque d'Antioche.

A ce propos, On ne sait pas au juste si c'est d'Antioche de Pisidie, simple archevêché dépendant du patriarcat de Constantinople, ou d'Antioche de Syrie, un des trois grands patriarcats d'Orient. Nons avons suivi la première opinion, par la raison qu'au moyen âge la désignation d'Arménie s'étendait à la Natolle (l'actuelle Anatolie). Ce qui est dit dans la vie du Saint, qu'Antioche est la fleur des villes d'Arménie, ne s'oppose point à notre opinion, car au point de vue chrétien, Antioche de Pisidie a sa noblesse : elle fut évangélisée par saint Paul (Acta. chap. XIII) ; un grand nombre de ses enfants furent d'illustres Martyrs de Jésus-Christ, et au XIe siècle il est probable que la décadence d'Antioche de Syrie était commencée, puisque ce n'est plus aujourd'hui qu'une humble ville, et qu'Antioche de Pisidie est encore un chef-lieu de gouvernement et la résidence d'un préfet turc.

Ce saint archevêque voulut être parrain de notre Saint, et, lui ayant donné le nom de Macaire, il le prit chez lui pour l'élever dans la piété et le former aux belles-lettres et à tous les exercices qui en pouvaient faire un excellent ecclésiastique et un ministre fidèle de Notre Seigneur Jésus-Christ. Le jeune Macaire fit de tels progrès dans son école, qu'il se rendit bientôt capable, par sa science et par sa vertu, des emplois les plus importants et des premières dignités de l'Eglise. Aussi, l'archevêque, se voyant près de mourir, crut qu'il ne pouvait procurer un plus grand avantage à Antioche, que de l'y laisser pour son successeur. Il en fit la proposition à son clergé et à son peuple, qui y consentirent tout d'une voix de sorte qu'après la mort de l'ancien Macaire, le jeune prit possession de sa chaire et fut intronisé comme archevêque d'Antioche.

Vestiges de l'église Saint-Pierre. Antioche de Pisidie. Anatolie.
Fondée à la fin du Ier siècle, de récentes excavations ont révélé
que l'église Saint-Pierre fut construite sur la synagogue où
saint Paul prêcha lors de son deuxième séjour à Antioche de Pisidie
(Act. XIII, 14-52). En effet, le premier séjour de saint Paul et de
saint Barnabé ne dura que le temps nécessaire pour les Juifs,
nombreux dans cette ville, de les expulser.

Alors ses vertus, qu'une vie privée avait tenues plus secrètes, parurent avec un merveilleux éclat. On vit en lui un détachement parfait de toutes les choses de la terre, qu'il regardait avec mépris, parce qu'il en connaissait la vanité une aversion pour tous les plaisirs et les divertissements de la vie une assiduité continuelle à mortifier ses sens et ses appétits, et à crucifier sa chair par des jeûnes, des veilles et d'autres austérités ; une tendresse et une compassion pour tous les malheureux, auxquels il distribuait libéralement ses biens, n'ayant rien qui ne lui fût commun avec les pauvresune douceur et une bénignité si constantes, que ni les injures, ni les mauvais traitements, ni les persécutions ne la pouvaient altérer une prudence de vieillard dans le gouvernement de son diocèse enfin, une piété si tendre envers Dieu, que les larmes lui coulaient sans cesse des yeux. Ces insignes vertus étaient aussi accompagnées du don des miracles deux lépreux furent guéris par le seul attouchement de ses mouchoirs trempés de ses saintes larmes, et l'eau qu'il avait touchée était un souverain remède contre toutes sortes de maladies.

Il gouverna quelque temps l'Eglise d'Antioche ; mais craignant que l'honneur qu'il recevait à tous moments ne lui fît perdre ce que l'humilité lui avait acquis, il résolut d'en fuir au plus tôt les occasions. Il distribua, pour cet effet, tous ses' biens aux églises et aux pauvres et s'étant, par un mouvement divin, démis de sa charge entre les mains d'un prêtre de grand mérite, nommé Eleuthère, il s'associa quatre de ses plus fidèles amis, et quitta secrètement sa ville pour passer en un autre lieu, où la Providence divine le conduirait.

Collégiale Sainte-Waudru. La plus grande part des reliques de
saint Macaire y sont vénérées. Mons. Hainaut.

Il prit son chemin par la Palestine, pour y arroser de ses larmes les lieux sanctifiés par celles de Jésus-Christ et il n'y perdit aucune occasion de s'entretenir et de discuter avec les Juifs et les Sarrasins, afin de les convaincre de leurs erreurs et de les attirer à la connaissance de l'Evangile. Mais ces infidèles, qui ne pouvaient répondre à ses raisonnements, conçurent une telle rage contre lui, que, s'étant saisis de sa personne, ils le traînèrent en prison, l'étendirent en forme de croix, lui attachèrent les pieds et les mains avec de longs clous Echés en terre, et lui firent souffrir toutes les ignominies et tous les tourments imaginables. Ils lui mirent même sur la poitrine une grosse pierre qu'ils avait fortement chauffée. Mais la terre rejeta ses clous, et Dieu réduisit tous les artifices que l'impiété de ces infidèles avait inventés le Saint sortit libre de prison, sans aucun dommage ce qui étonna si fort ces Sarrasins, qu'ils lui demandèrent pardon quelques-uns, reconnaissant le pouvoir de la Croix, reçurent la foi de Celui qui avait souffert pour leur salut.

Cependant, les parents de Macaire, affligés de son éloignement, envoyèrent après lui pour le détourner de son dessein et le faire revenir à Antioche mais Dieu frappa leurs courriers de cécité, et ils furent obligés de se jeter aux pieds du Saint pour lui demander son assistance dans une si grande misère il en eut compassion, et par le signe de la croix, leur rendit la vue, à condition qu'ils s'en retourneraient sans l'inquiéter dans la poursuite de son voyage.

Il prit donc son chemin vers l'Occident traversant plusieurs pays, il vint jusqu'en Bavière et, passant par Mayence, Cologne, Malines, Maubeuge, Cambrai et Tournai, il se rendit enfin dans la ville de Gand. Partout ce ne furent que miracles dans le Levant il avait rendu l'usage de la parole et de l'ouïe à un vieux Sarrasin, qui était muet et sourd depuis l'âge de neuf ans ; rencontrant un pèlerin qui se faisait conduire à Jérusalem, il lui avait obtenu la vue par ses prières. En Bavière, il délivra du mal caduc la femme du seigneur Adalbert, qui, par charité, l'avait logé chez elle. A Cologne, il guérit son hôte du même mal. A Malines, il éteignit, par ses prières, un grand incendie qui menaçait de réduire toute la ville en cendres.

A Tournai, il apaisa, par sa prudence, une sédition populaire si furieuse, que toutes les industries du prince Baudoin le Vieux n'avaient pu détourner cet orage. A Cambrai, l'entrée de l'église de Notre-Dame lui ayant été refusée, les portes s'ouvrirent d'elles-mêmes pour lui faire passage. A Maubeuge, un valet qui l'avait méprisé fut frappé d'une lèpre dont il ne put
guérir.

On en finirait pas si on voulait écrire toutes les particularités de son voyage ; et insistons sur son dernier séjour, qui fut en la ville de Gand, où il arriva l'an de Notre Seigneur Jésus-Christ 1011. Il se retira au monastère de Saint-Bavon étant tombé en une dangereuse maladie, il en fut guéri dans une vision saint Bavon, Saint Landoald et d'autres bienheureux lui apparurent durant son sommeil.

Il arriva en ce temps-là, à Gand, une peste si cruelle, qui se formait dans la bouche, qu'il y mourait chaque jour plus de six'cents personnes. On publia un jeûne universel et des processions publiques pour apaiser la colère de Dieu. Notre-Seigneur, qui voulait faire de saint Macaire une victime pour expier les péchés de son peuple, permit qu'il fût frappé de ce fléau. Il perdit d'abord l'usage de la parole, prédisant néanmoins par signes, que lui avec deux autres mourraient encore de cette maladie, et qu'ensuite elle serait éteinte. Il ne fit point de testament, parce qu'il était trop pauvre et ne laissait rien.

On le porta dans l'église de Notre-Dame, où il marqua, avec son bâton, le lieu de sa sépulture devant l'autel de saint Paul puis, ayant donné sa bénédiction au peuple, il se retira en sa chambre. Plusieurs y étant demeurés, ils furent extrêmement effrayés d'un certain tremblement qui y arriva par la descente des esprits bienheureux, pareil à celui que le grand saint Grégoire rapporte en la vie de saint Paulin, évêque de Noie. Enfin, il mourut le 10 avril, l'an de Notre-Seigneur 1012. Sa prophétie fut accomplie il fut le dernier qui mourut de cette maladie pestilentielle.

La grande fête de Saint-Macaire, le 9 mai, est l'occasion
d'une procession et d'une grande foire à Mons. Hainaut.

RELIQUES

En 1067, le corps du Saint fut levé de terre en présence de Philippe Ier roi de France, de Baudouin, comte de Flandre, et des évoques de Noyon et de Cambrai. On vit, en cette circonstance, paraître en l'air deux cercles en forme de couronne.

On transporta de ses reliques à Thielt, dans la châtellenie de Courtrai, en 1634 à Geerberg ou Gérardmont, dans la baronie de Boulaers et à Oudenarde, en 1637 chez les chanoines de Saint-Pierre de Lille (un bras), en 1067 une partie de l'autre bras fut donnée, en 1611, par l'évêque de Gand, Charles de Maes, à la paroisse de Laerne, qui est à deux lieues de la ville, sur le territoire de Termonde, où notre Saint est patron de l'Eglise.

En l'an 1617, les ossements de ce saint Patriarche furent transportés de Gand à Mons, en Hainaut, afin d'y apaiser une cruelle épidémie qui ravageait tout le pays ; en reconnaissance, les habitants de Mons lui offrirent une riche châsse d'argent, dans laquelle, l'année suivante, ils reportèrent ses vénérables reliques à Gand, où elles sont religieusement conservées en l'église cathédrale.

Une chapelle lui est consacrée dans cette église. On y voit une belle toile de Crayer représentant saint Macaire, en habits pontificaux, qui implore à genoux la miséricorde divine pour la guérison des pestiférés, au moment où cette cruelle maladie fait planer la mort sur sa propre tête. Un bas-relief en marbre blanc, placé sur le devant de l'autel, montre saint Macaire porté en procession.

Au milieu du château dit des Espagnols, on voit encore quelques ruines très-intéressantes de l'ancienne abbaye de Saint-Bavon, entre autres la chapelle et le puits de Saint-Macaire.

On l'honore par deux fêtes principales qui sont fixées au 10 avril et au 9 mai. Celle du 9 mai, qui rappelle le jour où ses reliques furent levées de terre, se fait avec beaucoup plus de solennité tant à cause des nombreux miracles qui se sont alors opérés, que pour éviter la rencontre des fêtes de Pâques. Il se tient une foire le 9 mai, comme cela se pratique pour un grand ncmbre de fêtes d'autres Saints.

Saint Macaire est toujours en grande vénération parmi les Flamands.

Siger, abbé de Saint-Bavon, fit composer la vie de saint Macaire en 1067 à l'époque de son élévation : Surius et les Bollandistes l'ont reproduite. Ces derniers en donnent une seconde qui fut composée peu de temps après la mort du Saint. Baronius, dans ses Annales ; Molanus, dans son Catalogue des Saints de Flandre ; Mathieu Rader, dans sa Bavière sainte ; Aubert Lemire, dans son Calendrier de Saints de Flandre et de Bourgogne, se sont occupés de ce grand Thaumaturge qui faisait encore des miracles au temps du Père François Giry. Cf. encore Mgr de Ram, Vie des Saints.

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10 avril. Saint Fulbert, évêque de Chartres. 1028.

- Saint Fulbert, évêque de Chartres. 1028.
 
Pape : Jean XIX. Roi de France : Robert II, le Pieux.
 
" Cherchez d'abord le royaume de Dieu et la justice qui y mène, et les autres choses dont vous avez besoin vous serons données par surcroît."
Math. VI, 33.
 

Saint Fulbert de Chartres. Manuscrit du XIIe.

Parmi tous les grands hommes qui ont paru sur le trône épiscopal de l'église de Chartres, saint Fulbert est de ceux qqui se sont rendus les plus recommandables. Ses historiens en parlent toujours en termes avantageux ; ses écrits respirent la piété et l'érudition, et ses vertus héroïques confirment tout le bien que la postérité nous a dit de ce grand Saint.

Il possédait les qualités de l'esprit les plus avantageuses ; et il fut si fidèle à faire profiter les talents naturels dont Dieu l'avait favorisé, qu'il devint l'un des plus grands hommes de son siècle. Il donna des preuves de sa grande capacité et de l'étendue de son esprit, avant même d'entrer dans les Ordres et d'être admis au nombre des clercs. Il contribua beaucoup en France à renforcer l'étude des sciences, et spécialement de la philosophie, dont l'étude s'était considérablement corrompue.

Ce qui rendait cet homme digne d'une plus grande admiration, c'était de voir qu'il n'avait pas de jugement moins solide pour les affaires qui demandaient de la conduite, que l'esprit vif et pénétrant pour exceller dans les hautes sciences. Cependant il ne se prévalut jamais de l'avantage qu'il possédait au-dessus des autres, fuyant, au contraire, la vaine gloire, et évitant les vains applaudissements dans les assemblées. Il ne se servait de ses belles connaissances que pour mieux pénétrer les devoirs de la religion, et pour inspirer aux autres de l'estima et du respect pour la majesté souveraine de Dieu et pour toutes les choses qui pouvaient contribuer à sa gloire.
 
On est mal renseigné sur la famille et le lieu de naissance de Fulbert ; on a voulu déduire de ses écrits qu'il était Romain d'origine (P. Giry, Petits Bollandistes), on serait mieux fondé à le croire originaire d'Aquitaine (divers autres hagiographes tout aussi hésitants sur le sujet). Qouiqu'il en soit, il était né, comme il le dit lui-même dans " les rangs de la société le splus humbles ".
 

Gerbert d'AUrillac, le futur pape Sylvestre II, enseignant à
saint Fulbert et à ses condisciples, dont le futur roi de France,
Robert le Pieux. Codex allemand du XIIe.

Jeune, on le trouve étudiant à Reims, où il eut pour professeur de mathématiques et de philosophie, Gerbert, le futur pape, Silvestre II, et pour condisciple le futur roi Robert II le Pieux. Après son élévation sur le trône pontifical romain, Sylvestre II se souvint de son disciple et le fit venir à Rome auprès de lui et se servit de ses grands talents pour gouverner l'Eglise.

A la mort de Gerbert, Fulbert rentra en France pour la plus grande joie de ses nombreux amis qui avait admiré sa sagesse, son humilité et sa sagacité dans ses fonctions auprès du défunt pape.

Il devint chancelier de l'Eglise de Chartres en 1003 sous la conduite de l'évêque Odon, puis sous celle de Rodolphe son successeur, et établit dans cette ville une école de théologie qui ne tarda pas à devenir célèbre.

C'est à cette époque que des troubles s'élevèrent dans l'abbaye de Saint-Pierre de Chartres. Abbon de Fleury, pour être renseigné, s'adressa à Fulbert. Celui-ci, dans une lettre remarquable, exposa comment, à la mort de l'abbé Gislebert, un moine ambitieux, nommé Magenard, se fit installer à sa place. L'intrus, chassé du monastère, se réfugia à l'évêché : sa disgrâce contribua à le rendre plus édifiant, au point que les moines eux-mêmes le rappelèrent et lui restituèrent le bâton pastoral.
 

Statue de Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac). Aurillac.

Devenu évêque de Chartres en 1007, et sacré par son métropolitain Léothéric de Sens, Fulbert continua son enseignement et l'école de Chartres devint la plus célèbre académie de France. Elle formera une élite théologique qui comptera dans ses rang, entre autres, Bernard de Chartres, Gilbert de La Porrée, Thierry de Chartres, Guillaume de Conches et Jean de Salisbury.

L'évêque vit le danger de l'erreur de l'hérésiarque Bérenger (dont nous avons vu dans la vie de saint Gautier de Pontoise qu'il finit sa vie repentant sur l'île Saint-Côme non loin de Tours) sur la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie, il se mit en devoir de réfuter celui qui avait été son élève ; il prévint en même temps Léothéric de Sens de ce que la nouvelle formule pour donner la sainte communion, présentait de dangereux au point de vue de la foi orthodoxe :
" Pilote du vaisseau du Roi, lui écrivit-il, soyez circonspect et sur vos gardes : si vous vous, écartez de la route prescrite par la foi, vous ferez certainement un triste naufrage."

Fulbert, évêque, devint l'oracle de presque toute la France. Les princes, les évêques, les simples fidèles avaient recours à ses conseils et ils trouvaient en lui une source de lumière. C'est ce qui ressort du recueil de ses lettres. Peu après son élévation à l'épiscopat, en mai 1008, il se trouva au Concile que le roi Robert avait convoqué dans son palais de Chelles. On voulut qu'il souscrivît immédiatement après les métropolitains, et avant 11 évêques dont plusieurs, comme Adalbéron de Laon, étaient très anciens dans l'épiscopat ; ce qui nous montre en quelle estime le tenaient ses collègues.


Le roi Robert II le Pieux et saint Fulbert de Chartres.
Grandes Chroniques de France. XIVe.

Sa correspondance dénote en sa personne l'alliance d'une fermeté vraiment épiscopale avec une noble douceur et une humilité sans bassesse. Obligé de recourir à un zèle ardent pour réprimer les désordres ou corriger les abus, il le faisait toujours sans blesser le respect dû aux autorités civiles. Il aimait tendrement son prince, le roi Robert, et lui témoigna toujours un sincère attachement : quand il eut encouru sa disgrâce, il fit tous ses efforts pour gagner de nouveau son amitié.

Tout en s'occupant beaucoup à l'extérieur, Fulbert ne négligea pas pour cela le soin de son diocèse : il prêcha la parole de Dieu à son peuple, dressa des canons pénitentiaux, composa des hymnes et des proses. L'an 1020, l'ancienne cathédrale fut consumée dans l'incendie de la ville de Chartres. Fulbert entreprit de la rebâtir avec une magnificence qui dépassait de beaucoup les ressources d'un évêque sans patrimoine. Il fut aidé dans cette oeuvre par des princes, comme saint Canut IV de Danemark, Guillaume comte de Poitiers. Il la plaça sous le vocable de Notre-Dame pour laquelle il avait une dévotion particulière ; il établit dans son église la fête de la Nativité de Marie dont l'institution était assez récente.

Saint Fulbert mourut, comblé de grâces et de mérites, le 10 avril 1028, après avoir gouverné l'Église de Chartres pendant près de 14 ans. Il fut enterré à Saint-Père-en-Vallée, monastère où, durant sa vie, il aimait à se retirer, pour se dérober au tumulte des affaires, et donner à son âme les moyens de se retremper dans la retraite spirituelle.


Saint Fulbert enseignant.
Vitrail de la crypte de la cathédrale de Chartres.

CULTE

On trouve en deux épitaphes l'éloge de ce saint évêque. Cependant l'Eglise de Chartres fut longtemps sans lui décerner un culte public : on se contentait de rappeler sa mémoire par un anniversaire pour le repos de son âme. On lui a attribué plusieurs miracles après sa mort ; G. Bucelin, dans son ménologe bénédictin, lui a donné le titre de bienheureux. De nos jours on trouve sa mémoire dans les nouveaux propres de Chartres et de Poitiers.

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