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lundi, 24 avril 2017

24 avril. Saint Fidèle de Sigmaringen, Capuçin, martyr. 1622.

- Saint Fidèle de Sigmaringen, Capuçin, martyr. 1622.
 
Papes : Grégoire XIII ; Grégoire XV. Empereurs : Rodolphe II ; Ferdinand II. Roi de France : Louis XIII, le Juste.
 
" Soyez fidèle jusqu'à la mort et je vous donnerai la couronne de vie."
Paroles du Père gardien de Fribourg adressées à notre saint le jour où il reçu l'habit de novice.
 

Marc Rey naquit en 1577 à Sigmaringen, une petite ville de la principauté de Hohenzollern. Son père Jean Rey et sa mère Geneviève de Rosenberg étaient catholique et noble et lui donnèrent une éducation digne de ces deux titres.
 
Il fit ses premières études à Fribourg en Brisgaü. Il édifia ses compagnons et ses professeurs par sa sagesse et sa science, au point qu'on l'appela le philosophe chrétien. Il fut reçu docteur dans les deux droits.
 
Dès lors il s'approchait souvent des sacrements, visitait et soignait les malades dans les hôpitaux et passait des heures entières au pied des autels, dans une intime conversation avec Jésus-Christ.

De 1604 à 1610, à la tête d’un groupe de trois jeunes nobles souabes, il voyagea en Italie, en France et en Espagne. Durant les six ans que dura le voyage, il restait fidèle à ses résolutions et donna de grand exemples de vertu, attentif à soulager les malades dans les hôpitaux, à visiter les églises, à donner aux pauvres jusqu’à ses propres habits ; déjà, sa piété était toute remise aux mains de la Sainte Vierge dont il méditait longuement les mystères.
 

Maison natale de saint Fidèle. Sigmaringen.

Au retour, il alla se perfectionner dans la connaissance des lois à Dillingen et se préparer à la profession d’avocat. Docteur utriusque juris, il fut nommé avocat-conseiller de la Cour de justice d’Autriche, dans la ville alsacienne d’Ensisheim (1611).

Il exerça quelques temps la profession d'avocat à Colmar, en Alsace, et s'y fit remarquer par sa loyauté, sa haine du mensonge et la sagesse de ses plaidoyers ; il mérita le surnom d'Avocat des pauvres.

Bientôt pourtant la Lumière divine lui fit comprendre qu'il était difficile d'être en même temps riche avocat et bon chrétien : aussi il quitta sans hésiter le monde, où il eût fait bonne figure.

Il renonça donc au barreau, fut ordonné prêtre à Constance (septembre 1612) et, moins d’un mois après, il entra chez les Capucins où il reçut le nom de Fidèle (4 octobre 1612) :
" Afin d’imiter parfaitement mon Sauveur, je vivrai constamment dans une extrême pauvreté, dans la chasteté et l’obéissance, dans les souffrances et les persécutions, dans une austère pénitence, une grande humilité, une sincère charité."

Ayant parfait ses études ecclésiastiques, à partir de 1617, il fut un prédicateur prestigieux, tout en remplissant, au sein de son Ordre, les fonctions de gardien (supérieur) de couvent à Rheinfeldn (1618-1619), à Feldkirch (1619-1620 et 1621-1622) et à Fribourg (1620-1621). Il déploya une intense activité parmi les catholiques de ces régions menacés par le protestantisme, surtout aux environs de Coire et dans la vallée du Praetigau.

Les premières années de sa vie religieuse, d'abord remplies de consolations, furent bientôt éprouvées par de rudes et persistantes tentations de doutes sur sa vocation. Des doutes, il eut la prudence de les confier au guide de son âme, qui le rassura et lui dit de prier Dieu avec ferveur pour connaître Sa Volonté définitive. Dieu lui rendit dès lors la force et la paix ; il fit vendre tous ses biens, dont il distribua le prix en bonnes oeuvres, et dépouillé de tout, il se réjouit d'être désormais un véritable enfant de saint François. Il se félicitait souvent depuis de l'heureux échange qu'il avait fait avec Dieu :
" J'ai rendu les biens de la terre, et Dieu me donne en retour le royaume du Ciel !"

Fidèle ajoutait aux mortifications de la règle bien d'autres mortifications. Les meubles les plus pauvres, les habits les plus usés étaient l'objet de son ambition ; les haires, les cilices, les ceintures armées de pointes de fer, les disciplines, suppléaient au martyre après lequel il soupirait ; l'Avent, le Carême, les vigiles, il ne vivait que de pain, d'eau et de fruits secs. Il résumait sa vocation, qui est la vocation du Chrétien, ainsi :
" Quel malheur si je combattais mollement sous ce Chef couronné d'épines !"

Voué au culte fervent de la Vierge Mère de Dieu et propagateur de son saint Rosaire, il demanda à Dieu par son intercession et celle des autres saints la grâce de donner sa vie et de verser son sang pour le service de la foi catholique.


Saint Fidèle prêchant la vraie foi et abattant l'hérésie.
Giovanni Battista Tiepolo. XVIIIe.

Cet ardent désir prenait de nouvelles forces chaque jour dans la célébration du saint Sacrifice, lorsque, par une admirable providence de Dieu ses supérieurs l'envoyèrent prêcher, et ses succès furent tels, que la Congrégation de la Propagande, établie par Grégoire XV, le choisit pour être le chef des missions dans les Grisons. Fidèle reçut cette charge laborieuse d'un coeur zélé et plein d'allégresse, et la remplit avec tant d'ardeur, qu'ayant réussi en peu de temps à convertir un grand nombre d'hérétiques à la foi orthodoxe, il fit concevoir l'espérance de voir cette province se réconcilier avec l'Eglise et avec le Christ.

Une fièvre contagieuse étant venue à sévir sur les troupes autrichiennes, on le vit se livrer avec la plus vive ardeur aux oeuvres de la charité à l'égard des malades dont les besoins étaient extrêmes. Il excellait à réconcilier ceux que des querelles avaient divisés, à soulager les nécessités du prochain par son action et ses conseils, et mérita ainsi le nom de Père de la patrie.

Doué du don de prophétie, il prédit plus d'une lois son martyre et les malheurs qui menaçaient le pays, dont la défaite militaire des Calvinistes.

Son zèle fut celui d'un apôtre, sa vie sainte et austère était une prédication si éloquente, qu'elle convertit beaucoup plus d'âmes que les sermons et les raisonnements. Parmi des sectaires furieux, il était chaque jour exposé à la mort. Le martyre vint enfin couronner ses voeux et ses mérites.

Il se rendit le 6 avril 1622, de Grusch à Sévis, pour exhorter les catholiques à demeurer fidèle. Alors qu'il prêchait en public, un Calviniste lui déchargea un coup de mousquet qui ne l'atteignit pas.
On l'engagea à se mettre à l'abri, mais il répondit qu'il ne craignait pas de professer la vraie foi.


Martyre de saint Fidèle de Sigmaringen. Robert Séri.
Eglise de Saint-Agnant-de-Versillat. Limousin. XVIIIe.

Retournant à Grusch, une troupe de Calviniste avec un de leurs ministres à leur tête s'emparèrent de lui, le traitèrent de séducteur et l'engagèrent à rejoindre l'hérésie :
" Je suis venu pour réfuter vos erreurs et non pour les embrasser, et je n'ai garde de renoncer à la doctrine catholique qui est la doctrine de tous les siècles. Au reste, sachez que je ne crains point la mort."

Un de la troupe l'ayant renversé par terre d'un coup d'estramaçon, il se mit à genoux et fit cette prière :
" Seigneur Jésus, ayez pitié de moi, sainte Marie, Mère de Dieu, assistez-moi."
Saint Fidèle reçut ensuite plusieurs coups de couteau et expira. Il était âgé de 45 ans.

Quelques temps plus tard, les Calvinistes furent défaits par les Impériaux, ainsi que saint Fidèles le leur avait prédit. Le ministre calviniste qui commandait ses bourreaux fut si frappé par cette prédiction de notre saint, qu'il se convertit et abjura bientôt publiquement l'hérésie.

Le corps de saint Fidèle fut transporté à Weltkirchen, à l'exception de son chef et de sa jambe gauche qui en avaient été détachés par les bêtes féroces calvinistes, et qui furent placés dans la cathédrale de Coire. De très nombreux miracles s'y opérèrent. Benoît XIII le béatifia en 1729 et Benoît XIV le canonisa en 1745.
 
Saint Fidèle est le premier martyr d'entre les missionaires envoyés par la Congrégation pour la Propagande. Il est représenté avec l'instrument de son martyr, l'estramaçon ou massue, mais aussi avec un crucifix à la main et une large blessure à la tête.
 

Imagerie populaire allemande. XIXe.
 
PRIERE
 
" Vous avez accompli votre course avec gloire, Ô Fidèle ! et la fin de votre carrière a été plus belle encore que n'avait été son cours. Avec quelle sérénité vous êtes allé au trépas ! Avec quelle joie vous avez succombe sous les coups de vos ennemis qui étaient ceux de la sainte Église ! Semblable à Etienne, vous vous êtes affaisse en priant pour eux ; car le catholique qui doit détester l'hérésie, doit aussi pardonner à l'hérétique qui l'immole.

Priez, Ô saint Martyr, pour les enfants de l'Eglise ; obtenez qu'ils connaissent mieux encore le prix de la foi, et la grâce insigne que Dieu leur a faite de naître au sein de la seule vraie Eglise ; qu'ils soient en garde contre les doctrines perverses qui retentissent de toutes parts à leurs oreilles ; qu'ils ne se scandalisent pas des tristes défections qui se produisent si souvent dans ce siècle de mollesse et d'orgueil. C'est la foi qui doit nous conduire à Jésus ressuscité ; il nous la recommande, quand il dit à Thomas :
" Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui cependant ont cru !"

Nous voulons croire ainsi, et c'est pour cela que nous nous attachons à la sainte Eglise qui est la souveraine maîtresse de la foi. C'est à elle que nous voulons croire, et non à la raison humaine qui ne saurait atteindre jusqu'à la parole de Dieu, et moins encore la juger. Cette sainte foi, Jésus a voulu qu'elle nous arrivât appuyée sur le témoignage des martyrs, et chaque siècle a produit ses martyrs.

Gloire à vous, Ô Fidèle, qui avez conquis la palme en combattant les erreurs de la prétendue réforme ! Vengez-vous en martyr, et demandez sans cesse à Jésus que les sectateurs de l'erreur reviennent à la foi et à l'unité de l'Eglise. Ils sont nos frères dans le baptême ; priez afin qu'ils rentrent au bercail, et que nous puissions célébrer un jour tous ensemble la véritable Cène de la Pâque, dans laquelle l'Agneau divin se donne en nourriture, non d'une manière figurée, comme dans la loi ancienne, mais en réalité, comme il convient à la loi nouvelle."

00:15 Publié dans F | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

C'est un " mec " à poigne ce saint Fidèle, du genre " habité " comme on en fait plus !

Écrit par : Christophe Guilloux | lundi, 06 avril 2015

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