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jeudi, 21 mai 2020

21 mai 2020. L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.

- L'Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.


Anonyme italien du XIVe.

A LA MESSE

L'Eglise romaine indique aujourd'hui pour la Station la basilique de Saint-Pierre. C'est une belle pensée de réunir en un tel jour l'assemblée des fidèles autour du glorieux tombeau d'un des principaux témoins de la triomphante Ascension de son Maître. Cette Station est toujours maintenue ; mais, depuis plusieurs siècles, le Pape se rend avec le sacré Collège des Cardinaux à la basilique du Latran, afin de terminer dans cet antique sanctuaire, dédié par Constantin au Sauveur des hommes, la série annuelle des mystères par lesquels le Fils de Dieu a opéré et consomme aujourd'hui notre salut.


Psautier cistercien. XIIIe.

Dans ces deux augustes basiliques, comme dans les plus humbles églises de la chrétienté, le symbole liturgique de la fête est le Cierge pascal, que nous vîmes allumer dans la nuit de la résurrection, et qui était destiné à figurer, par sa lumière de quarante jours, la durée du séjour de notre divin Ressuscité au milieu de ceux qu'il a daigné appeler ses frères. Les regards des fidèles rassemblés s'arrêtent avec complaisance sur sa flamme scintillante, qui semble briller d'un éclat plus vif, à mesure qu'approche l'instant où elle va succomber. Bénissons notre mère la sainte Eglise à qui l'Esprit-Saint a inspiré l'art de nous instruire et de nous émouvoir à l'aide de tant d'ineffables symboles, et rendons gloire au Fils de Dieu qui a daigné nous dire : " Je suis la lumière du monde " (Johan. VIII, 12.).

EPÎTRE

Lecture des Actes des Apôtres. Chap. I.


Livre d'images de Madame Marie. Hainaut. XIIIe.

" J'ai parlé dans mon premier livre, Ô Théophile, de tout ce que Jésus a fait et enseigné, jusqu'au jour où il fut élevé dans le ciel, après avoir instruit par le Saint-Esprit les Apôtres qu'il avait choisis ; auxquels aussi il s'était montre depuis sa Passion, et leur avait Fait voir par beaucoup de preuves qu'il était vivant, leur apparaissant durant, quarante jours, et leur parlant du Royaume de Dieu.
Et prenant un repas avec eux, il leur commanda " de ne pas sortir de Jérusalem, mais d'attendre la promesse du Père, que vous avez, leur dit-il, entendue de ma propre bouche ; car Jean a baptisé dans l'eau ; mais vous, sous peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint-Esprit ".
Alors ceux qui se trouvaient présents lui demandèrent :
" Seigneur, sera-ce en ce moment que vous rétablirez le royaume d'Israël ?"
Mais il leur dit :
" Il ne vous appartient pas de savoir les temps et les moments que le Père a réservés à son pouvoir ; mais vous recevrez la vertu du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez mes témoins dans Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre."
Et après qu'il eut dit ces choses, ils le virent s'élever vers le ciel. et il entra dans une nuée qui le déroba à leurs yeux.
Et comme ils le suivaient du regard montant au ciel, deux hommes vêtus de blanc se présentèrent tout à coup à eux. et leur dirent :
" Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus qui en vous quittant s'est élevé au ciel, viendra de la même manière que vous l'y avez vu monter."


Bréviaire de Martin d'Aragon. XIVe.

Nous venons d'assister, en suivant cet admirable récit, au départ de notre Emmanuel pour les cieux. Est-il rien de plus attendrissant que ce regard des disciples fixé sur leur Maître divin qui s'élève tout à coup en les bénissant ? Mais un nuage vient s'interposer entre Jésus et eux, et leurs yeux mouillés de larmes ont perdu la trace de son passage. Ils sont seuls désormais sur la montagne ; Jésus leur a enlevé sa présence visible. Dans ce monde désert, quel ne serait pas leur ennui, si sa grâce ne les soutenait, si l'Esprit divin n'était au moment de descendre sur eux et de créer en eux un nouvel être ? Ce n'est donc plus qu'au ciel qu'ils le reverront, celui qui, étant Dieu, daigna durant trois années être leur Maître, et qui, à la dernière Cène, voulut bien les appeler ses amis !


Sacramentarium mettense, dit usuellement
sacramentaire de Drogon. Lorraine. IXe.

Mais le deuil n'est pas pour eux seulement. Cette terre qui recevait en frémissant de bonheur la trace des pas du Fils de Dieu, ne sera plus foulée par ses pieds sacrés. Elle a perdu cette gloire qu'elle attendit quatre mille ans, la gloire de servir d'habitation à son divin auteur. Les nations sont dans l'attente d'un Libérateur ; mais, hors de la Judée et de la Galilée, les hommes ignorent que ce Libérateur est venu et qu'il est remonté aux cieux.


Eglise de l'Invention-de-Saint-Etienne. Germ. Pyrénées. XVIIe.

L'œuvre de Jésus cependant n'en demeurera pas là. Le genre humain connaîtra sa venue ; et, quant à son Ascension au ciel en ce jour, écoutez la voix de la sainte Eglise qui dans les cinq parties du monde retentit et proclame le triomphe de l'Emmanuel. Dix-huit siècles se sont écoulés depuis son départ, et nos adieux pleins de respect et d'amour s'unissent encore à ceux que lui adressèrent ses disciples, pendant qu'il s'élevait au ciel. Nous aussi nous pleurons son absence ; mais nous sommes heureux aussi de le voir glorifié, couronné, assis à la droite de son Père.


Evangeliarium, dit usuellement évangéliaire de Poussay.
Allemagne. Xe.

" Vous êtes entré dans votre repos, Seigneur ; nous vous adorons sur votre trône, nous qui sommes vos rachetés, votre conquête. Bénissez-nous, attirez-nous à vous, et daignez faire que votre dernier avènement soit notre espoir et non notre crainte."

ÉVANGILE

La suite du saint Evangile selon saint Marc. Chap, XVI.


Orationes encomiasticae in SS. Virginem Dei param.
Jacobus Kokkinobaphi. Constantinople. XIIe.

" En ce temps-là, les onze disciples étant à table, Jésus leur apparut, et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leurs cœurs, de n'avoir pas cru à ceux qui avaient vu qu'il était ressuscité. Et il leur dit :
" Allez par le monde entier, prêchez l'Evangile à toute créature. Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom ; ils parleront des langues nouvelles ; ils prendront les serpents avec la main ; et s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne-leur nuira pas ; ils imposeront les mains sur les malades, et les malades seront guéris."
Et après leur avoir parlé, le Seigneur Jésus fut élevé au ciel, où il est assis à la droite de Dieu.
Et eux étant partis prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant leur parole par les miracles qui l'accompagnaient."


Tryptique de l'Ascension. Ivoire. France. XIe.

Le diacre ayant achevé ces paroles, un acolyte monte à l'ambon, et éteint silencieusement le Cierge mystérieux qui nous rappelait la présence de Jésus ressuscité. Ce rite expressif annonce le commencement du veuvage de la sainte Eglise, et avertit nos âmes que pour contempler désormais notre Sauveur, il nous faut aspirer au ciel où il réside. Que rapide a été son passage ici-bas ! Que de générations se sont succédées, que de générations se succéderont encore jusqu'à ce qu'il se montre de nouveau !


Bible historiale. Guiard des Moulins. Abbaye de Saint-Omer. XIVe.

Loin de lui, la sainte Eglise ressent les langueurs de l'exil ; elle persévère néanmoins à habiter cette vallée de larmes ; car c'est là qu'elle doit élever les enfants dont le divin Epoux l'a rendue mère par son Esprit ; mais la vue de son Jésus lui manque, et si nous sommes chrétiens, elle doit nous manquer aussi à nous-mêmes.
" Oh ! quand viendra le jour où, de nouveau revêtus de notre chair, nous nous élancerons dans les airs à la rencontre du Seigneur, pour demeurer avec lui à jamais !" (I Thess. IV, 16.).
C'est alors, et seulement alors, que nous aurons atteint la fin pour laquelle nous fûmes créés.
Tous les mystères du Verbe incarné que nous avons vu se dérouler jusqu'ici devaient aboutir à son Ascension ; toutes les grâces que nous recevons jour par jour doivent se terminer à la nôtre.


Bible. Bourbonnais. XIIe.

" Ce monde n'est qu'une figure qui passe " (I Cor. VII, 31.) ; et nous sommes en marche pour aller rejoindre notre divin Chef. En lui est notre vie, notre félicité ; c'est en vain que nous voudrions les chercher ailleurs. Tout ce qui nous rapproche de Jésus nous est bon ; tout ce qui nous en éloigne est mauvais et funeste. Le mystère de l'Ascension est le dernier éclair que Dieu fait luire à nos regards pour nous montrer la voie. Si notre coeur aspire à retrouver Jésus, c'est qu'il vit de la vraie vie ; s'il est concentré dans les choses créées, en sorte qu'il ne ressente plus l'attraction du céleste aimant qui est Jésus, c'est qu'il serait mort.


Evangeliarium. Prüm. Allemagne. XIIe.

Levons donc les yeux comme les disciples, et suivons en désir celui qui monte aujourd'hui et qui va nous préparer une place. En haut les coeurs ! Sursum corda ! C'est le cri d'adieu que nous envoient nos frères qui montent à la suite du divin Triomphateur ; c'est le cri des saints Anges accourus au-devant de l'Emmanuel, et qui nous invitent à venir renforcer leurs rangs.


Sacramentaire. Normandie. XIe (1020).

PRIERE

" Sois donc béni, Ô Cierge de la Pâque, colonne lumineuse, qui nous as réjouis quarante jours par ta flamme joyeuse et brillante. Tu nous parlais de Jésus, notre flambeau dans la nuit de ce monde ; maintenant ta lumière éteinte nous avertit qu'ici-bas on ne voit plus Jésus, et que pour le voir désormais, il faut s'élever au ciel. Symbole chéri que la main maternelle de la sainte Eglise avait créé pour parler à nos coeurs en attirant nos regards, nous te faisons nos adieux ; mais nous conservons le souvenir des saintes émotions que ta vue nous fit ressentir dans tout le cours de cet heureux Temps pascal que tu fus chargé de nous annoncer, et qui à peine te survivra de quelques jours."


Dyptique de l'Ascension et de la Pentecôte. Ivoire franc du XIVe.

21 mai. Saint Hospice de Villefranche, vulgairement saint Sospis, ermite et confesseur. 581.

- Saint Hospice de Villefranche, vulgairement saint Sospis, ermite et confesseur. 581.

Pape : Pélage II. Roi de Bourgogne : Gontran.

" Soyez dans l'allégresse, vous dont les noms sont écrits au ciel."
Luc, X, 20.


Saint Hospice face aux Lombards. Bois polychrome du XVIe.
Chapelle des Pénitents rouges : confrérie de la Très-Sainte-Trinité
et du-Saint-Suaire). Nice.

Saint Hospice est un ermite du VIe siècle, dont le nom demeure célèbre aujourd'hui encore dans la région de Nice où il vécut. Sa vie nous a été racontée par saint Grégoire de Tours, au livre VI de son " Histoire des Francs ". C'est ce récit que nous allons résumer ici.

Hospice s'était enfermé dans une vieille tour située près de Villefranche, à une lieue de la ville de Nice, sur une petite presqu'île qui, en souvenir de lui, est appelée aujourd'hui encore San Sospis. Là se livrait aux exercices de la pénitence la plus rigoureuse. Il avait enserré son corps dans des chaînes de fer qu'il portait à même la chair, avec un cilice par-dessus. Il ne mangeait que du pain sec et quelques dattes. Les jours de Carême, il faisait son repas avec des herbes utilisées par les solitaires d'Égypte, et qu'il achetait à des marchands. (Une tradition locale veut qu'il ait été originaire d'Égypte, et qu'il ait fait là l'apprentissage de la vie monastique.) Il prenait d'abord le jus dans lequel elles avaient cuit, et plus tard, les herbes elles-mêmes.

Mais Dieu récompensait son zèle par le don des miracles et l'esprit de prophétie. C'est ainsi qu'il prédit aux habitants du pays la prochaine invasion des Lombards :
" Les Lombards, dit-il, viendront dans les Gaules et dévasteront sept provinces, parce que la malice de ce pays s'est accrue devant les yeux du Seigneur car il n'y a plus personne qui comprenne, personne qui recherche Dieu ; personne qui fasse le bien, pour que la colère de Dieu s'apaise. Tout le monde est sans Foi, adonné aux parjures, accoutumé à voler, prompt à tuer ; aucun fruit de justice ne mûrit en eux. On ne paye pas les dîmes, on ne nourrit pas les pauvres, on ne couvre pas ceux qui sont nus, on ne recueille pas les pèlerins, on ne leur donne pas une nourriture suffisante. C'est pour cela que ce fléau va venir.
Je vous dis donc maintenant : ramassez tout votre avoir derrière des murailles, pour que les Lombards ne vous l'enlèvent pas ; et retranchez-vous vous-mêmes derrière les enceintes les mieux fortifiées."


Il prévint également les moines de se hâter de se mettre en sûreté, avec ce qu'ils pourraient prendre, car les Barbares approchaient. La même tradition prétend que saint Hospice était abbé d'un monastère établi sur la même presqu'île, et qu'il le gouvernait de sa tour. Ces traditions sont rapportées dans un ouvrage publié à Turin en 1658, " Nice illustrée ", par Gioffredi. Et comme les religieux protestaient à l'envi qu'ils ne voulaient pas l'abandonner, il répartit :
" Ne craignez rien pour moi. Peut-être me feront-ils subir quelques outrages, mais ils n'iront pas jusqu'à me tuer."

Les moines s'étaient à peine éloignés que les Lombards arrivèrent. Dévastant tout sur leur passage, ils atteignirent la tour où le saint vivait, enfermé, et d'où il se montrait à eux par la fenêtre. Ayant vainement cherché une entrée pour pénétrer dans la tour et monter jusqu'à lui, ils grimpèrent sur la toiture et, enlevant les tuiles, réussirent à l'approcher. Voyant alors cet homme chargé de chaînes, dans cette sévère prison, ils pensèrent qu'ils avaient affaire à quelque grand criminel et, faisant venir un interprète, ils lui demandèrent de quoi il était coupable pour avoir mérité un tel châtiment. Hospice déclara qu'il était un homicide et qu'il avait commis les pires méfaits.

Un des Barbares alors tira son épée et la brandit au-dessus de sa tête mais, au moment où il allait frapper, son bras droit se raidit sans qu'il pût le ramener à lui, et il lâcha son arme qui tomba à terre. Les autres, voyant cela, poussèrent un grand cri vers le ciel, en suppliant le saint de leur dire ce qu'il fallait faire. Lui fit le signe de la croix sur le bras raidi et lui rendit aussitôt sa souplesse. L'homme se convertit sur l'heure ; plus tard, il embrassa l'état monastique et donna l'exemple d'une grande ferveur. Il vivait encore lorsque Grégoire de Tours écrivait sa chronique. Beaucoup d'autres Barbares écoutèrent les conseils du saint, et ceux-là rentrèrent sains et saufs dans leur pays ; ceux au contraire qui les méprisèrent périrent misérablement en terre étrangère.

Parmi les nombreux miracles imputés à saint Hospice, on rapporte la guérison d'un homme originaire d'Angers, qui était sourd et muet, et qu'un diacre conduisait à Rome pour que les saints Apôtres lui rendissent l'usage de ses sens. Comme il passait près du lieu où vivait le solitaire, celui-ci le fit appeler. Il lui versa de l'huile bénite dans la bouche et sur la tête, en disant :
" Au Nom de mon Seigneur Jésus-Christ, que tes oreilles s'ouvrent et que ta bouche se desserre, par cette vertu qui autrefois chassa d'un homme sourd et muet un démon malfaisant."

En même temps, il lui demanda son nom. L'infirme répondit à haute voix et se nomma. A ce spectacle, le diacre qui le conduisait éclata en cris d'admiration :
" Je te rends des grâces infinies, Ô Jésus-Christ, qui daignes opérer de tels prodiges par ton serviteur ; j'allais chercher Pierre, j'allais chercher Paul, ou d'autres qui de leur sang illustrèrent Rome, mais ici je les vois tous, ici je les ai tous trouvés !
- Tais-toi, tais-toi, très cher frère, reprit le saint qui redoutait les blessures de la vaine gloire. Ce n'est pas moi qui fais cela, mais Celui qui de rien a créé le monde ; qui, se faisant homme pour nous, fit voir les aveugles, entendre les sourds, parler les muets ; qui rendit aux lépreux leur première peau, aux morts la vie, et qui accorde à tous les malades une foule de soulagements."


Notre saint guérit de même un aveugle de naissance et délivra un grand nombre de possédés. Lorsqu'il sentit approcher le jour de sa mort, il fit venir l'économe du monastère et lui dit :
" Faites faire une ouverture avec la pioche, dans le mur de cette tour, et envoyez des messages à l'évêque de Nice, afin qu'il vienne m'ensevelir : car, dans trois jours, je quitterai ce monde pour aller jouir du repos que le Seigneur m'a promis."

Tandis qu'on s'acquittait en diligence de la commission, un nommé Crescent vint à la fenêtre, et voyant le solitaire ainsi chargé de chaînes et plein de vermine, il lui dit :
" Ô mon maître, comment peux-tu supporter de si durs tourments avec tant de courage ?
- Celui pour le nom duquel je supporte cela, répondit le saint, m'en donne la force. Mais je te le dis je suis déjà délivré de ces chaînes, et je vais à mon repos."


Le troisième jour qu'il avait annoncé comme devant être celui de son trépas étant arrivé, il ôta les chaînes qu'il portait et se prosterna en oraison. Après avoir prié fort longtemps, en répandant d'abondantes larmes, il s'étendit sur un banc, leva ses mains vers le ciel en rendant grâces à Dieu et rendit l'esprit. Aussitôt tous les vers qui rongeaient ses saints membres disparurent.

La chapelle Saint-Hospice à Saint-Jean-Cap-Ferrat (anciennement
partie de la commune de Villefranche-sur-Mer) fut construite sur
la tour dans laquelle saint Hospice était reclus.

Cependant l'évêque de Nice, Austadius, étant arrivé sur ces entrefaites, fit ensevelir le corps du bienheureux avec le plus grand soin. Son tombeau devint aussitôt un lieu de pèlerinage extrêmement fréquenté. On disait que la poussière même que l'on en emportait avait le pouvoir de faire des miracles.

Le même saint Grégoire de Tours rapporte, dans un autre ouvrage (De gloria confes., ch. 97.), qu'un chrétien, qui portait sur lui un peu de cette poussière, était monté un jour sur un vaisseau appartenant à des Juifs qui faisaient voile vers Marseille. Mais son désir à lui était de descendre au monastère des îles de Lérins. Lorsqu'on arriva à hauteur de celles-ci, le navire s'arrêta de lui-même et il fut impossible de le faire avancer. L'homme alors avoua aux Juifs son dessein, et leur fit connaître la puissante protection qu'il avait sur lui : les Juifs, comprenant qu'il était inutile de lutter, le déposèrent à terre et continuèrent leur route sans encombre.

La cathédrale de Nice ne possède comme reliques de saint Hospice qu'un os de sa main. Il en existe d'autres dans plusieurs églises du diocèse, notamment à Villefranche, à La Turbie, et dans le sanctuaire de la presqu'île San-Sospis. Celui-ci continue à être un lieu de pèlerinage très fréquenté des populations de la région. La fête figure au propre de Nice.

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