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lundi, 24 mars 2025

24 mars. Saint Simon de Trente, ou Siméon, enfant, martyr. 1475.

- Saint Simon de Trente, ou Siméon, enfant, martyr. 1475.

Pape : Sixte IV. Empereur : Frédéric III.

" Salvete, flores martyrum,
Quo lucis ipso in limine
Christi insecutor sustulit,
Ceu turbo nascentes rosas."

" Salut, fleurs des martyrs,
Moissonnées au seuil de la vie
Par le glaive de l'ennemi du Christ,
Comme la tempête en fureur brise les roses qui viennent d'éclore."

Prudence.

La ville de Trente, limitrophe de l'Italie et de l'Allemagne, et très renommée pour le fameux Concile général qui y a été célébré dans le XVIe siècle, s'est vue ensanglantée, près de cent ans auparavant, par le meurtre d'un innocent, que les Juifs firent mourir. Cet enfant s'appelait Pierre Stéphane Simon (ou, comme disent quelques auteurs, Siméon). Son père se nommait André, et sa mère Marie étaient catholiques ; pauvres, ils demeuraient en un lieu appelé le Fossé, au bout de la même ville. Notre Saint était né l'an 1472, le 26 novembre, un vendredi, jour particulièrement destiné à la mémoire de la Passion du Sauveur, dont il devait porter la ressemblance.

Il arriva donc que des Juifs, qui demeuraient à Trente, se disposant a leurs cérémonies pascales, voulurent avoir un enfant chrétien pour le faire mourir.

Ils engagèrent un d'entre eux, appelé Tobie, à commettre ce détestable larcin, et à leur amener, à quelque prix que ce fût, quelqu'un des petits enfants chrétiens qu'il trouverait dans la ville. Celui-ci n'y manqua pas rencontrant ce petit Siméon, qui était beau comme un ange, âgé seulement de vingt-neuf mois, moins trois jours, il le déroba à la porte même de la maison de ses parents, en ce lieu du Fossé, et l'apporta sans bruit chez un Juif appelé Samuel, où tous les autres de cette nation réprouvée avaient rendez-vous. Il n'est pas aisé d'exprimer les hurlements que jetèrent ces loups en voyant en leur pouvoir cet innocent agneau.

Le soir du jeudi au vendredi de la semaine sainte, ils le portèrent en leur synagogue à un vieillard nommé Moïse, qui le dépouilla d'abord, et, de crainte que, par ses petits cris, il ne se fît entendre du voisinage, et qu'il ne fit découvrir ainsi leur cruauté, ce malheureux lui entoura le cou d'un mouchoir pour étouffer sa voix. Le tenant de la sorte sur ses genoux, après des cruautés que des oreilles chastes ne peuvent entendre, il lui coupa un morceau de la joue droite, qu'il mit dans un bassin ensuite tous les assistants enlevèrent chacun une partie de sa chair vive et recueillirent son sang pour le sucer et s'en repaître.

Martyre de saint Simon de Trente.
Gravure. Schedelsche Weltchronik. XVIe.

Lorsque le misérable chef de ces infanticides se fût rassasié de la chair et du sang de cet enfant, il l'éleva droit sur ses pieds, quoique déjà demi-mort ; et, ayant commandé à un de ses bourreaux, nommé Samuel, de le tenir les bras étendus en forme de crucifix, il exhorta tous les autres à le percer à coups d'aiguilles en tous ses membres innocents, sans lui laisser une seule place, depuis la plante des pieds jusqu'à la tête, qui n'eût sa propre plaie.

Ce martyre ne dura pas moins d'une heure, pendant laquelle ces tigres furieux, afin de n'être point touchés par les plaintes mourantes de ce pauvre enfant, hurlaient eux-mêmes comme des forcenés, disant ces paroles en leur langage :
" Tuons celui-ci comme Jésus, le Dieu des chrétiens, qui n'est rien, et qu'ainsi nos ennemis soient à jamais confondus."

Enfin, cet innocent Martyr leva les yeux au ciel comme pour le prendre à témoin des supplices qu'on lui faisait injustement endurer, puis, les rabaissant vers la terre, il rendit son esprit à Celui pour la gloire de qui il mourait. Ce fut le vendredi saint, le 24 mars, l'an de Notre Seigneur Jésus-Christ 1475.

Les Juifs, croyant couvrir leur crime, cachèrent ce petit corps sous des tonneaux de vin, dans un cellier mais le bruit s'en répandait déjà dans la ville, par la voix des autres enfants qui, voyant les parents de Siméon en peine, criaient publiquement qu'il le fallait chercher dans les maisons des Juifs. Ces malheureux, de peur d'être découverts, le jetèrent dans un ruisseau qui coulait au-dessous de la synagogue et pour paraître encore plus innocents, donnèrent avis aux juges qu'en tel endroit il paraissait un corps sur l'eau.

Enlèvement et martyre de saint Simon de Trente.
Gravure. Rudolf Schilling. XVIIe.

La justice y alla et trouva cette victime traitée de la manière qu'il vient d'être dit. L'évêque, assisté de son clergé, le fit transporter comme une précieuse relique en l'église de Saint-Pierre. Dieu, que ce bienheureux Siméon, vierge, martyr et innocent, avait glorifié, non pas en parlant, mais en souffrant, comme autrefois les petits innocents qu'Hérode fit massacrer en Judée. Dieu l'a aussi gloriné de son côté, par la multitude des miracles qui ont été faits par l'attouchement et à la présence de ses dépouilles sacrées.

Pour les Juifs qui avaient commis ce meurtre, ils n'échappèrent pas, même dès ce monde, à la main vengeresse de Dieu parce que la justice, les ayant saisis, leur fit payer les peines qui étaient dues à une Cruauté si inouïe.

Le martyre de ce très saint Innocent se trouve excellemment écrit au deuxième tome de Surius, par Jean-Mathias Tibérin, docteur en médecine, qui avait visité son saint corps par ordre de revenue, et qui dédia son histoire au Sénat et au peuple de Brescia. L'Eglise romaine en a fait tant d'état, qu'elle l'a inséré en son martyrologe, le 24 mars, jour auquel il arriva.

Voir aussi Surius et les Bollandistes, qui ont inséré l'instruction du procès et le rapport du médecin Tibérin, qui visita le corps du jeune Martyr. Voir encore Martène, coll., t. II ; Benolt XIV, de canonis., liv. Ier, ch. XIV, et la vie de saint Guillaume de Norwtch, que nous fêtons aussi aujourd'hui.

Martyre de saint Simon de Trente.
Médaillon sculpté. XVIe.

Enfin, en février 2007, le professeur et chercheur Ariel Toaff, israëlite et fils d'un ancien Grand-rabbin de Rome, a publié un livre dont le titre est Pasque di sangue : Ebrei d'Europa e omicidi rituali (Pâques sanglantes : Juifs d'Europe et meurtres rituels). Dans ce livre, il conclut, entre autres, que les crimes rituels imputés aux Juifs ne furent pas des inventions, que le sang récupéré avait vocation à être utilisé pour des pratiques talmudiques et magiques, pour l'incorporer au pain azyme confectionné et consommé pour la Pâques que célèbrent les Israëlites post-christiques, et, séché, qu'il était utilisé à des fins médicales et qu'un marchant itinérant juif venant de Venise, impliqué dans le procès qui eut lieu à la suite de la découverte du meurtre rituel de saint Simon de Trente, en faisait commerce. Un commentaire intéressant d'Israël Shamir, écrivain israëlien, sur les recherches du professeur Toaff est consultable sur le lien suivant : http://www.israelshamir.net/French/Fr21.htm.

Faut-il préciser que ses conclusions sont contestées, que son livre fit, et fait encore scandale, et que, surtout, le professeur Toaff a subit de la part de certains de ses correligionnaires une persécution terrible ? Cette persécution a " porté " ses fruits hélas, puisque le professeur Toaff, après cinq années de résistance, a du modérer son propos et la dernière réédition de son livre a été amputée et une nouvelle introduction du professeur vient amender son premier propos qui ne souffrait pourtant, comme l'ont soutenu, et le soutiennent toujours, de nombreux universitaires de tous horizons.

Rq : Sur ce sujet grave, nous recommandons aux seuls lecteurs adultes la lecture et le téléchargement du livre " Le mystère du sang ", de monsieur l'abbé Henri Desportes, paru à la fin du XIXe siècle.
Ce livre, très sérieux et documenté, était encore consultable sur le site Gallica - site de la Bibliothèque nationale de France - voilà encore un an-et-demi environ : il a été retiré de la consultation.
Il est désormais disponible sur ce lien :
http://ia351424.us.archive.org/3/items/LeMystreDuSangChez...

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dimanche, 02 mars 2025

2 mars. Saint Simplicius, ou Simplice, pape. 483.

- Saint Simplicius, ou Simplice, pape. 483.

Empereur : Zénon. Roi de France : Clovis Ier.

" La règle de la doctrine catholique demeure toujours la même dans les successeurs de celui à qui le Seigneur a confié le soin de son bercail et à qui il a promis son immortelle assistance jusqu'à la consommation des siècles."
Lettre de saint Simplicius à l'empereur Zénon.


Saint Simplicius. Frise de la basilique Saint-Pierre. Rome.

Saint Simplicius, ou Simplice, fils de Castinus, était natif de Tibur, dans le pays de l'ancien Latium, aujourd'hui Tivoli, dans la campagne de Rome. Il passa sa première jeunesse dans une grande simplicité ou droiture de cœur, vivant dans l'innocence et dans la crainte du Seigneur.

Ayant été reçu dans le clergé de Rome, il s'y comporta d'une manière si irréprochable, que, lorsque le Saint-Siège vint à vaquer par la mort de saint Hilaire, il y fut élevé d'une commune voix, comme le plus digne de le remplir. Il fut ordonné le 5 mars de l'an 467, qui était le second dimanche de Carême, la première année du règne de l'empereur Anthème, en Occident, et la onzième de celui de Léon en Orient.

A son avènement, il trouva que les hérétiques, surtout ceux qu'on appelait Macédoniens, que l'empereur Anthème avait amenés à Rome l'année précédente, tâchaient de se prévaloir de la mort de saint Hilaire, son prédécesseur, qui s'était généreusement opposé à leurs entreprises. C'est ce le fit veiller particulièrement sur eux, pour empêcher qu'ils ne fissent du progrès ; et, par sa fermeté, il rendit inutile la protection qu'Anthème leur accordait.


Anthème, empereur d'Occident. Monnaie du Ve.

L'empereur Léon, ayant appris son élection, lui écrivit pour s'en réjouir avec lui, et fit en même temps tous ses efforts pour obtenir de lui la confirmation du décret du concile de Chalcédoine, fait en faveur du patriarche de Constantinople, qu'il était question d'élever au second rang de l'Eglise, au-dessus de ceux d'Alexandrie et d'Antioche. Saint Simplicius, marchant hardiment sur les pas de saint Léon le Grand et de saint Hilaire, qui s'étaient fortement opposés à ces nouvelles prétentions, résista aux désirs de cet empereur avec une constance égale à la leur? Il députa, pour cette affaire, un évêque nommé Probe, à Constantinople, et ce prince, jugeant par le discours de ce légat que saint Simplicius ne rabattrait rien de sa résolution, se vit obligé de renoncer à la sienne.

Saint Simplicius gouverna l'Eglise assez tranquillement pendant le règne d'Anthème, qui, bien que favorable à diverses hérésies, n'osa néanmoins pas troubler ce vigilant pasteur dans les précautions qu'il prenait pour garantir le troupeau de Notre Seigneur Jésus-Christ de l'invasion des loups.


Léon, empereur d'Orient. Statue de marbre du Ve.

Il y avait cinq ans qu'il était sur le siège de saint Pierre, lorsque cet empereur fut assassiné par les sicaires de son gendre Ricimer, barbare de naissance, arien de religion, chef des armées de l'empire d'Occident, qui avait déjà fait mourir deux empereurs de suite, Marjorien et Sévère. Comme il disposait de l'empire en maître absolu, il mit Olybrius en la place de son beau-père, et, s'étant contenté jusque là de de prendre sur les Catholiques une église de Sainte-Agathe, dans Rome, pour la mettre à la disposition des Ariens, il se promettait de les mettre encore plus au large et de les maintenir dans l'Italie, contre les lois des empereurs orthodoxes. Mais Dieu ne permit point que ce scélérat causât une telle affliction à son Eglise, et, pour mettre fin à tant de crimes, il l'ôta du monde quarante jours après la mort d'Anthème.


Le fameux Olybrius, empereur postiche d'Occident, établi par le chef
des armées de l'empire, Ricimer. Déjà meurtrier de deux empereurs,
il fit assassiner l'empereur Anthème. Monnaie du Ve.

Saint Simplicius, délivré des appréhensions et des peines que ce méchant homme lui avait données, semblait devoir respirer et avoir plus de libertés pour pourvoir à tous les besoins de l'Eglise ; mais comme la situation des affaires ecclésiastiques ne pouvait le laisser indifférent aux intérêts de l'empire, il ne put être insensible aux malheurs publics de sa décadence et de son renversement qui suivirent.

Quatre empereurs depuis Anthème, détrônés successivement dans l'Occident en moins de trois ans, donnèrent lieu aux barbares, conduits par Odoacre, d'envahir le reste de l'empire en Italie, après les démembrements qu'en avait déjà faits les Francs, les Burgondes, les Goths et les Vandales, qui s'étaient rendus maîtres des Gaules, de l'Espagne et de l'Afrique. Des temps si difficiles et si pleins de troubles ne contribuèrent pas peu à faire éclater la prudence et la sagesse avec lesquelles saint Simplicius sut conduire l'Eglise, comme un pilote très expérimenté, sur une mer orageuse. On vit surtout, et on admira son application infatigable et sa vigilance dans cette sollicitude pastorale qu'il fit paraître, pour écarter tous les dangers qui menaçaient l'Eglise en un temps où pas un prince n'était catholique.


Combat entre Odoacre et Théodoric. Manuscrit du IXe.

Odoacre, qui s'était rendu maître de l'Italie en dernier lieu, après avoir renversé l'empire d'Occident, était arien, aussi bien que tous les rois des Goths, des Burgondes et des Vandales qui régnaient alors. Ceux des Francs étaient encore dans les ténèbres du paganisme ; l'empereur Zénon et le tyran Basiliscus, en Orient, favorisaient les Eutychiens. Ainsi le Pape, loin de pouvoir espérer du secours d'aucune puissance séculière, avait sujet de regarder tous ces princes comme autant d'ennemis qu'il avait à combattre, pour délivrer de l'oppression et soutenir l'Eglise catholique qui était répandue dans leurs Etats et qui gémissait sous leur domination.

Il y avait deux ans que Zénon régnait en Orient, lorsqu'on vit finir l'empire romain en Occident ; et comme ce prince affectait dans les commencements de prendre quelque soin des affaire de l'Eglise, par un esprit de dissimulation, Acace, patriarche de Constantinople crut pouvoir se servir de cette conjoncture, pour renouveler, auprès de saint Simplicius, les sollicitations qu'il avait déjà faites en vain du temps de l'empereur Léon, touchant les prétention de son siège. Mais l'évêque de Rome se montra toujours égal dans la fermeté qu'il apporta pour réprimer la passion de cet ambitieux prélat.

Cependant, Zénon fut chassé de son trône par Basiliscus, qui, s'étant emparé de l'empire d'Orient, rétablit les prélats eutychiens qui avaient été bannis par pour leurs hérésies et pour d'autres crimes du temps de l'empereur Léon. Par ce moyen, l'on vit retourner à Alexandrie Timothée Elure, auteur de la mort du patriarche saint Protère, et usurpateur de son siège ; et Pierre le Foulon, autre hérétique, remonta sur le siège d'Antioche, où il s'était autrefois installé, après en avoir chassé le légitime évêque Martyrius.


Saint Simplicius, pape.

Timothée Elure, ayant chassé d'Alexandrie l'évêque catholique Timothée Solofaciole, et commis des violences sur le clergé et les fidèles, semblables à celles exercées du temps de saint Protère, revint à Constantinople pour y établir son hérésie avec l'aide du tyran Basiliscus. Il le porta à donner une espèce d'édit pour abroger le concile de Chalcédoine, et l'on prétend qu'il y eut près de cinq cents prélats qui y souscrivirent tant fut grande la désertion des pasteurs de l'Eglise, qui, beaucoup moins attaché s à la religion de l'Evangile qu'à celle de la cour, source ordinaire des craintes et des espérances des mercenaires, ne firent point difficulté de trahir la foi orthodoxe qu'ils avaient suivies sous l'empereur Léon.

Acace de Constantinople commençait à se laisser emporter au torrent qui entraînait les autres , lorsque le clergé de son église et les moines de sa ville se liguèrent pour la défense du concile de Chalcédoine. Ils écrivirent à saint Simplicius pour l'informer de ce qui se passait et lui demander du secours. Il firent en même temps de si fortes remontrances à Acace, leur patriarche, que, l'ayant intimidé par leur résolution, ils lui firent reprendre des sentiments conformes à ses devoirs, l'empêchèrent de recevoir et de publier l'édit de Basiliscus, et l'obligèrent même de parler en chaire pour la défense du dit Concile.

Saint Simplicius, cherchant à remédier aux maux qui menaçaient ainsi toute l'église d'Orient, écrivit d'abord au clergé de Constantinople, puis à Acace, dont il voulut bien prendre le silence pour un effet de prudence et de discrétion, afin de l'exciter, par ces témoignages de sa confiance, à la vigueur épiscopale qui lui était nécessaire pour s'opposer aux efforts de Basiliscus, et fit un parti si considérable des clercs, des moines, du sénat et des laïques orthodoxes dans Constantinople, que ce tyran fut contraint de révoquer son édit et d'en publier un autre où Eutychès se trouvait condamné avec Nestorius. Ce qui l'obligea principalement à cette rétractation, ce fut la crainte de l'empereur Zénon, qui revenait à lui avec une armée et du parti duquel il voulait détacher les Catholiques. Mais ce moyen lui devint inutile : il fut abandonné de tout le monde, lorsqu'on vit approcher Zénon, à qui il fut livré par Acace même, qui le fit prendre dans le baptistère de l'église où il s'était réfugié.


Zénon, empereur d'Orient. Monnaie du Ve.

Dès que Zénon se vit rétablir sur son trône, il crut que ses intérêts demandaient qu'il contrefît le catholique, et il écrivit aussitôt à saint Simplicius pour l'assurer de l'intégrité de sa foi. Notre Saint lui fit une excellente réponse, où il marqua qu'il lui était glorieux d'avoir eu pour ennemis ceux qui l'étaient de Dieu et de voir l'Eglise rétablie en même temps que son ennemi était abattu ; de sorte que, sa cause étant commune avec celle du Seigneur, il devait employer son autorité pour chasser de l'Eglise les tyrans qui l'opprimaient, comme le Seigneur l'avait assisté pour vaincre les siens. Il l'exhortait ensuite à délivrer Alexandrie des cruauté du parricide Timothée Elure, qui y avait répandu tant de sang innocent et exercé un brigandage honteux, et à y rétablir l'évêque légitime. Il le conjurait en même temps de chasser tous les prélats hérétiques de leurs sièges, et d'appuyer de tout son pouvoir les décisions du concile de Chalcédoine.

Cependant, saint Simplicius assembla un concile dans Rome, où il prononça anathème contre Eutychès l'hérésiarque, Dioscore d'Alexandrie, et Timothée Elure. Zénon, qui s'était engagé de lui-même par sa propre hypocrisie, ne put pas, honnêtement, se refuser aux avis du Pape. Il cassa donc tous les édits faits par Basilisque, chassa Pierre de Foulon d'Antioche, et sept ou huit autres prélats eutychiens de leur siège. Les évêques de l'Asie-Mineure, craignant le même sort, envoyèrent au patriarche Acace une humble déclaration par laquelle ils protestaient qu'ils avaient souscrit par force à l'édit de Basilisque contre le concile de Chalcédoine, dont ils faisaient profession d'embrasser les décisions.

Thimothée Elure y fuit trompé comme les autres, et, croyant que c'était tout de bon que Zénon était catholique, ne voulut pas attendre qu'on le chassât de son siège, et il s'empoisonna par la crainte de mourir d'une autre main que la sienne. Les Alexandrins, à cette nouvelle, lui substituèrent Pierre Monge, de sa faction, qui s'était autrefois joint à lui contre saint Protère. Zénon, irrité de cette élection, fit mourir ceux qui en étaient les auteurs et qui l'avait sacré, chassa Pierre Monge et rétablit Timothée Solofaciole, pour satisfaire au désir de saint Simplicius.


Saint Simplice. Gravure. Jacques Callot. XVIIe.

Cependant, Acace de Constantinople, prélat artificieux et inconstant (dont on rappelle qu'il fut à l'origine d'un schisme de plus de vingt ans et qu'il mourut dans cet état), qui savait mieux que personne faire servir la religion à ses intérêts particuliers, favorisait secrètement Pierre Monge, qui s'était caché dans Alexandrie, au lieu d'exécuter son ban. C'est ce qui lui fit éluder adroitement les instances que saint Simplicius lui fit dans trois de ses lettres, de faire auprès de l'empereur que ce Pierre Monge, qu'il lui avait lui-même décrit autrefois comme un scélérat, sortît absolument de la ville d'Alexandrie, où il cabalait sourdement contre l'évêque catholique Solofaciole.

Saint Simplicius eut la même sollicitude pour l'église d'Antioche, où l'on avait substitué Etienne, évêque catholique, à Pierre le Foulon, qui e usait dans cette ville comme faisait Pierre Monge dans Alexandrie. Etienne, étant mort, eut pour successeur un autre Etienne, à qui les Eutychiens, instruits et animés par les pratiques secrètes de Pierre le Foulon, dressèrent de continuelles embûches. Le Pape, informé de ce qui se passait, sollicita fortement l'empereur Zénon de chasser Pierre le Foulon de la ville d'Antioche ; mais celui-ci trouva encore un protecteur dans la personne d'Acace de Constantinople. Peu de jour après, les Eutychiens allèrent assassiner Etienne dans le baptistère de l'église Saint-Barlaam. Zénon et Acace firent réflexion trop tard des avertissements de saint Simplicius ; mais, sans inquiéter Pierre le Foulon, on se contenta de rechercher les ministres du meurtre de l'évêque Etienne pour les punir.

L'empereur, voyant toute la ville d'Antioche en trouble par les remuements des Eutychiens, fit faire l'élection de l'évêque d'Antioche à Constantinople, par Acace, parce qu'on pouvait observer les règles ordinaires de l'Eglise sans danger. Calendion fut élu de la sorte ; l'empereur et le patriarche mandèrent alors séparément son élection au Pape pour la lui faire approuver. Le Pape, croyant que, pour le bien de la paix de l'Eglise, on pouvait, dans cette conjoncture, relâcher quelque chose de sa discipline, récrivit à l'un et à l'autre qu'il approuvait cette élection, pourvu qu'elle n'eût point de suite et que, quand le siège de l'église d'Antioche viendrait à vaquer de nouveau, on se remît dans l'observation des décrets du concile de Nicée pour procéder à l'ordination de l'évêque. Il avertit Acace, en particulier, de prendre garde qu'il n'arrivât plus à aller contre les Canons.

Les soins de notre saint Pape s'étendirent ensuite sur l'église d'Alexandrie, qui vint à vaquer la même année par la mort du patriarche Timothée Solofaciole. Les Catholiques élurent en sa place Jean de Tabennes, surnommé Talaïde, homme très orthodoxe et très éclairé, à qui saint Simplicius promit sa communion ainsi qu'à Calendion. Mais cet homme déplu à Zénon, qu'on avait prévenu contre lui, de sorte que ce prince, à l'instigation d'Acace, qui n'aimait pas Talaïde, voulut rétablir Pierre Monge, et le renvoya à Alexandrie, en lui recommandant simplement d'entretenir la communion de l'église de Rome avec Simplicius et celle de l'église de Constantinople avec Acace. Saint Simplicius se plaignit hautement de cette conduite dans une lettre qu'il écrivit à Acace, et il lui marqua combien il était éloigné de recevoir à sa communion un excommunié qui se mettait à la tête des hérétiques.


Zénon, empereur d'Orient. Monnaie du Ve.

Il se disposait, au contraire, à confirmer l'élection de Jean de Tabennes, lorsque vint un exprès de Zénon avec une lettre qui accusait le nouveau prélat de parjure, sur le prétexte que Jean de Tabennes lui aurait promis qu'il n'accepterait pas l'évêché d'Alexandrie si l'on venait à le lui offrir. Sur cet incident, saint Simplicius suspendit la confirmation de Talaïde ; et, pour lever ce nouvel obstacle, il écrivit de nouveau à Acace, qui, par l'affectation de son silence, fit enfin ouvrir les yeux à ce saint Pape sur ses mauvaises dispositions. Quelques mois après, l'on vit arriver à Rome le nouveau patriarche d'Alexandrie, Jean de Tabennes, qui fut reçu par le Pape avec toutes les marques d'honneur et d'estime qui étaient dus à sa vertu. Il y trouva l'asile qu'il était venu chercher auprès du Saint-Siège ; et il se préparait à se purger, dans les formes, de l'accusation de parjure dont il était chargé par l'empereur Zénon, qui l'avait fait chasser de son église par provision, pour y faire rentrer Pierre Monge, comme il avait chasser Calendion d'Antioche pour rétablir Pierre le Foulon.

Mais saint Simplicius tomba malade dans cet intervalle, et mourut le 10 février de l'an 483, après avoir saintement gouverné l'Eglise pendant quinze ans, onze mois et six jours.

D'après le Liber Pontificalis, il dédia la basilique de Saint-Etienne sur le Mont-Coelius ; celle du bienheureux André, apôtre, près de Sainte-Marie-Majeure ; une autre basilique de Saint-Etienne près du palais Licinianus, sur le tombeau de la bienheureuse martyre Bibiane. La basilique de Saint-André élevée par saint Simplicius est aujourd'hui remplacée par l'église, le couvent et l'hôpital Saint-Antoine en face de Sainte-Marie-Majeure, sur la place Esquiline. De l'inscription qui avait été placée sur le monument pontifical, au Ve siècle, et qui nous a été conservée, il résulte que l'emplacement de la nouvelle basilique avait été légué au pape Simplicius et à l'Eglise romaine par un testament juridique. La tradition a conservé le souvenir de la noble patricienne, Catabarbara, qui fit ce legs.

On attribue à saint Simplicius divers règlements utiles, entre autres le partage des revenus et biens des églises en quatre portions :
- la première, pour l'évêque ;
- la deuxième, pour les clercs ;
- la troisième, pour les bâtiments ;
- la quatrième, pour les pauvres.

On lui attribue aussi l'établissement des prêtres semainiers, pour administrer le baptême et la pénitence dans les églises de Saint-Pierre, de Saint-Paul et de Saint-Laurent.


Saint Simplicius.

Saint Simplicius fut enseveli dans la première de ces église le deuxième jour de mars, auquel le martyrologe romain marque sa fête, quoique quelques autres l'aient mises tantôt au premier tantôt au troisième jour de ce mois. Les habitants de Tivoli se croient en possession de ses reliques et font une grande solennité de sa fête.

Le jour de sa mort, que quelques uns ont pris pour le 1er mars, peut avoir servi de position à la fête de saint Simplicius, confesseur à Tours, que le vulgaire appelle saint Simple.

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mardi, 18 février 2025

18 février. Saint Siméon, évêque de Jérusalem et martyr. 106.

- Saint Siméon, évêque de Jérusalem et martyr. 106.
 
Pape : Saint Alexandre Ier. Empereur romain : Trajan.

" La plus vénérable de toutes les vieillesses n'est pas celle qui compte le plus d'années ; mais celle qui, à ses cheveux blancs, joint l'honneur d'une vie sans reproche et sans faiblesse ; car, dit encore le Seigneur, il est trois choses que je déteste par-dessus toutes : un pauvre orgueilleux, un riche vaniteux et un vieillard fat et insensé."
Sap., IV, 8 ; Eccli., XXV, 4.
 

Vincenzo Camucci. XVIIIe.

Le Cycle nous amène aujourd'hui un vieillard de cent vingt ans, un Evêque, un Martyr. Siméon est l'Evêque de Jérusalem, le successeur de l'Apôtre tint Jacques sur ce siège ; il a connu le Christ, il a été son disciple ; il est son parent selon la chair, de la même maison de David ; fils de Cléophas, et de cette Marie que les liens du sang unissaient de si près à la Mère de Dieu qu'on l'a appelée sa sœur. Que de titres de gloire dans cet auguste vieillard qui vient augmenter le nombre des Martyrs dont la protection encourage l'Eglise, dans cette partie de l'année où nous sommes ! Un tel athlète, contemporain de la vie mortelle du Christ, un pasteur qui a répété aux fidèles les leçons reçues par lui de la propre bouche du Sauveur, ne devait remonter vers son Maître que par la plus noble de toutes les voies. Comme Jésus, il a été attaché à une croix ; et à sa mort, arrivée en l'an 106, finit la première période de l'Histoire Chrétienne, ce que l'on appelle les Temps Apostoliques.

Honorons ce majestueux Pontife en qui se réunissent tant de souvenirs, et prions-le d'étendre sur nous cette paternité dont les fidèles de Jérusalem se glorifièrent si longtemps. Du haut du trône éclatant où il est arrivé par la Croix, qu'il jette un regard sur nous, et qu'il nous obtienne les grâces de conversion dont nos âmes ont tant besoin.


Martyr de saint Siméon. Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Siméon, fils ou petit-fils de Cléopas, et cousin du Sauveur, était àgé de cent vingt ans. Depuis quelques mois on avait provoqué dans diverses villes de Judée des mouvements populaires dirigés contre les chrétiens. A Jérusalem, la haine des Juifs fit cause commune avec celle des hérétiques ébionites, esséens, elkasaïtes, dont plusieurs étaient à peine chrétiens.

Ces malheureux dénoncèrent l'évêque au double titre de chrétien et de descendant de David. Déjà, sous Domitien, l'autorité romaine avait poursuivi quelques pauvres gens apparentés à l'ancienne famille royale, mais ces poursuites s'étaient vite arrêtées devant l'inanité de l'accusation; sous Trajan, on reprit l'affaire, et la double accusation intentée contre le vieil évêque fut accueillie par le légat consulaire de la Palestine Tiberius Claudius Atticus.

Parmi ces hérétiques, il s'en trouva qui accusèrent Siméon, fils de Cléophas, d'appartenir à la famille de David et d'être chrétien. Siméon subit le martyre à l'âge de cent vingt ans, sous le règne de Trajan Auguste et l'administration d'Atticus, légat consulaire pour la Syrie. Siméon fut donc appelé à comparaître devant Atticus, et torturé pendant plusieurs jours de la façon la plus cruelle, Il ne laissa pas un instant de confesser sa foi, à ce point qu'Atticus lui-même et tous les assistants admirèrent grandement son courage. étonnés qu'un homme âgé de cent vingt ans pût supporter de si nombreuses tortures. On finit par le mettre en croix.


Martyr de saint Siméon. Gravure de Jacques Callot. XVIIe.
 
PRIERE
 
" Recevez l'humble hommage de la Chrétienté, sublime vieillard, qui surpassez en grandeur toutes les illustrations humaines. Votre sang est celui même du Christ ; votre doctrine, vous l'avez reçue de sa bouche ; votre charité pour les fidèles, vous l'avez allumée à son cœur ; votre mort n'est que le renouvellement de la sienne. Nous n'avons point l'honneur de pouvoir nous dire, comme vous, les frères du Seigneur ; mais rendez-nous, Ô Siméon , attentifs à cette parole qu'il a dite lui-même :
" Celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les deux, est pour moi un frère, une sœur, une mère." (Matth.XII, 50.).

Nous n'avons point reçu immédiatement, comme vous, de la bouche de Jésus, la doctrine du salut ; mais nous ne la possédons pas moins pure, au moyen de cette tradition sainte dont vous êtes l'un des premiers anneaux ; obtenez que nous y soyons toujours dociles, et que nos infractions nous soient pardonnées. Une croix n'a pas été dressée pour que nous y soyons cloués par nos membres ; mais ce monde est semé d'épreuves auxquelles le Seigneur a donné lui-même le nom de Croix. Il nous faut les subir avec constance, si nous voulons avoir part avec Jésus dans sa gloire. Demandez, Ô Siméon, que nous nous montrions plus fidèles, que notre cœur ne se révolte pas, que nous réparions les fautes que souvent nous avons commises, en voulant nous soustraire à l'ordre de Dieu."

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