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samedi, 31 décembre 2016

31 décembre. Saint Sylvestre, Pape et confesseur. 335.

- Saint Sylvestre, Pape et confesseur. 335.
 
Papes : Saint Melchiade (prédécesseur) ; saint Marc (successeur). Empereur romain : Constantin I.

" A la voie énergique de cet illustre pontife, l'idolâtrie, le judaïsme, et le hideux cortège de toutes les erreurs naissantes se sont honteusement abîmés dans l'ombre."
Eccli. XLV, 2.


Saint Sylvestre. Codex grec. XIIIe.

Jusqu'ici, nous avons contemplé les Martyrs au berceau de l'Emmanuel. Etienne, qui a succombé sous les cailloux du torrent ; Jean, Martyr de désir, qui a passé par le feu ; les Innocents immolés par le glaive ; Thomas, égorgé sur le pavé de sa cathédrale : tels sont les champions qui font la garde auprès du nouveau Roi. Cependant, si nombreuse que soit la troupe des Martyrs, tous les fidèles du Christ ne sont pas appelés à faire partie de ce bataillon d'élite ; le corps de l'armée céleste se compose aussi des Confesseurs qui ont vaincu le monde, mais dans une victoire non sanglante. Si la place d'honneur n'est pas pour eux, ils ne doivent pas cependant être déshérités de l'avantage de servir leur Roi. La palme, il est vrai, n'est pas dans leurs mains ; mais la couronne de justice ceint leurs têtes. Celui qui les a couronnés se glorifie aussi de les voir à ses côtés.

Il était donc juste que la sainte Eglise, pour réunir, dans cette triomphante Octave, toutes les gloires du ciel et de la terre, inscrivît en ces jours, sur le Cycle, le nom d'un saint Confesseur qui dût représenter tous les autres. Ce Confesseur est Silvestre, Epoux de la sainte Eglise Romaine, et par elle de l'Eglise universelle, un Pontife au règne long et pacifique, un serviteur du Christ orné de toutes les vertus, et donné au monde le lendemain de ces combats furieux qui avaient duré trois siècles, dans lesquels avaient triomphé, par le martyre, des millions de chrétiens, sous la conduite de nombreux Papes Martyrs, prédécesseurs de Silvestre.

Sylvestre annonce aussi la Paix que le Christ est venu apporter au monde, et que les Anges ont chantée en Bethléhem. Il est l'ami de Constantin, il confirme le Concile de Nicée, il organise la discipline ecclésiastique pour l'ère de la Paix. Ses prédécesseurs ont représenté le Christ souffrant : il figure le Christ dans son triomphe. Il complète, dans cette Octave, le caractère du divin Enfant qui vient dans l'humilité des langes, exposé à la persécution d'Hérode, et cependant Prince de la Paix, et Père du siècle futur (Isai. IX, 6.).


Le pape Melchiade et saint Sylvestre qui lui succédera.
Legenda aurea. Bx J. de Voragine. R. de Monbaston. XIVe.

Lisons l'histoire de son tranquille Pontificat, dans le récit de la sainte Eglise. La nature de cet ouvrage exclut les discussions critiques ; c'est pourquoi nous ne dirons rien des difficultés qu'on a élevées sur le fait du Baptême de Constantin, à Rome, par saint Sylvestre. Il suffira de rappeler que la tradition romaine, à ce sujet, est adoptée par de savants hommes, tels que Baronius, Schelestrate, Bianchini, Marangoni, Vignoli, etc.

Sylvestre vient de sile qui veut dire lumière, et de terra terre, comme lumière de la terre, c'est-à-dire de l’Église qui, semblable à une bonne terre, contient la graine des bonnes oeuvres, la noirceur de l’humilité et la douceur de la dévotion. C'est, à ces trois qualités, dit Pallade, qu'on distingue la bonne terre.
 
Ou bien Sylvestre viendrait de silva, forêt et Theos, Dieu, parce qu'il attira à la foi des hommes sylvestres, incultes et durs.
 
Ou comme il est dit dans le Glossaire : Sylvestre signifie vert, agreste, ombreux, couvert de bois. Vert dans la contemplation dés choses célestes, agreste par la culture de soi-même, ombreux, en refroidissant en lui toute concupiscence, couvert de bois, c'est-à-dire planté au milieu des arbres du ciel.
 
Sa légende fut compilée par Eusèbe de Césarée ; le bienheureux Gélase rappelle qu'elle a du être lue par les catholiques dans un comité de soixante-dix évêques, ce qui est relaté aussi dans le décret.

Sylvestre, Romain, fils de Rufin, fut placé, dès son bas âge, sous la discipline du prêtre Cyrinus, dont il imita parfaitement la doctrine et les mœurs. Pendant que sévissait la persécution, il vécut caché sur le mont Soracte. Agé de trente ans, il fut créé prêtre de la sainte Eglise Romaine par le Pape Marcellin. S'étant acquitté de cet emploi d'une manière digne de louange, et surpassant en mérite les autres clercs, il succéda au Pape Melchiade, sous l'empire de Constantin.
 

Conversion de Constantin. Saint Sylvestre et l'empereur.
Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Cet empereur avait auparavant, par une loi publique, donné la paix à l'Eglise de Jésus-Christ. Déjà marqué par le ciel du signe de la Croix, et vainqueur de Maxence, il se fit le défenseur et le propagateur de la religion chrétienne ; l'encourager dans cette voie fut la grande œuvre à laquelle s'adonna le nouveau Pontife. Selon que le porte l'antique tradition de l'Eglise Romaine, il fit reconnaître les portraits des Apôtres à l'empereur, le lava dans le bain du saint baptême, et le guérit de la lèpre de l'infidélité.

Un jour, les prêtres des idoles vinrent dire à l’empereur :
" Très saint empereur, depuis l’époque où vous avez reçu la foi du Christ, le dragon qui est dans le fossé tue de son souffle plus de trois cents hommes par jour."
Constantin consulta là-dessus Sylvestre, qui répondit :
" Par la vertu de Notre Seigneur Jésus-Christ, je ferai cesser tout ce mal."
Les prêtres promettent que, s'il fait ce miracle, ils croiront. Pendant sa prière, saint Pierre apparut à Silvestre et lui dit :
" N'aie pas peur de descendre vers le dragon, toi et deux des prêtres qui t'accompagnent ; arrivé auprès de lui, tu lui adresseras ces paroles :
" Notre Seigneur Jésus-Christ, né de la Vierge, qui a été crucifié et enseveli, qui est ressuscité et est assis à la droite du Père, doit venir pour juger les vivants et les morts. Or, toi, Satan, attends-le dans cette fosse tant qu'il viendra. Puis tu lieras sa gueule avec un fil et tu apposeras dessus un sceau où sera gravé le signe de la croix ; ensuite revenus à moi sains et saufs, vous mangerez le pain que je vous aurai préparé."


Le pape saint Silvestre enfermant le dragon.
Dessin. Ecole des Carracci. XVIIe.

Sylvestre descendit donc avec les deux prêtres les quarante marches de la fosse, portant avec lui deux lanternes. Alors il adressa au dragon les paroles susdites, et, comme il en avait reçu l’ordre, lia sa gueule, malgré ses cris et ses sifflements. En remontant, il trouva deux magiciens qui les avaient suivis, pour voir s'ils descendraient jusqu'au dragon : ils étaient à demi morts de la puanteur du monstre.
 
Il les ramena avec lui aussi sains et saufs. Aussitôt ils se convertirent avec une multitude infinie. Le peuple romain fut ainsi délivré d'une double mort, savoir de l’adoration des idoles et du venin du dragon.

D'après les conseils de Sylvestre, le pieux empereur confirma par son exemple le droit qu'il avait accordé aux chrétiens de bâtir publiquement leurs temples ; car il éleva un grand nombre de Basiliques, à savoir celle du Latran au Christ Sauveur, celle du Vatican à saint Pierre, celle de la voie d'Ostie à saint Paul, celles de saint Laurent dans l'Agro Verano, de Sainte-Croix au palais de Sessorius, des saints Pierre et Marcellin et de sainte Agnès sur les voies Lavicane et Nomentane, d'autres encore, qu'il orna splendidement d'images saintes et dota magnifiquement en possessions et privilèges.

Ce fut pendant son pontificat que se tint le premier Concile de Nicée, dans lequel, sous la présidence de ses légats, en présence de Constantin et de trois cent dix-huit Evêques, la sainte et catholique Foi fut expliquée, Arius et ses sectateurs condamnés ; et ce Concile fut confirmé par Sylvestre, à la demande des Pères, dans un Synode tenu à Rome, où Arius fut condamné de nouveau. Sylvestre fit aussi plusieurs décrets avantageux à l'Eglise de Dieu qui sont rapportés sous son nom ; savoir :
- que le Chrême serait fait par l'Evêque seul ;
- que le prêtre oindrait du Chrême le sommet de la tête du baptisé ;
- que les diacres se serviraient de la dalmatique dans l'Eglise, et porteraient sur le bras gauche un ornement de lin ;
- que le Sacrifice de l'autel se célébrerait sur un voile de lin.
 

Saint Sylvestre rescussitant un taureau.
Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Il prescrivit également, dit-on, à tous ceux qui seraient initiés aux Ordres, le temps durant lequel ils doivent exercer, chacun, les fonctions de leur Ordre dans l'Eglise, avant de monter à un degré plus élevé. Il interdit aux laïques la fonction d'accusateur public contre les clercs, et défendit aux clercs de plaider devant les juges séculiers. Retenant seulement le nom de Samedi et de Dimanche, il voulut que les autres jours de la semaine fussent appelés du nom de Fériés, comme il était déjà d'usage dans l'Eglise, pour signifier que les clercs doivent, chaque jour, vaquer uniquement au service de Dieu, et se dégager de tout autre soin.

L'admirable sainteté de sa vie, et sa bonté envers les pauvres, répondirent toujours à cette prudence céleste avec laquelle il gouvernait l'Eglise. Il veilla à ce que les clercs pauvres vécussent en commun avec les autres clercs plus riches, et que les vierges sacrées ne manquassent pas des choses nécessaires à la vie. Il vécut dans le pontificat vingt-un ans, dix mois et un jour. Enfin le bienheureux Sylvestre, à l’approche de la mort, donna ces trois avis à ses clercs :
- conserver entre eux la charité ;
- gouverner leurs églises avec plus de soin ;
- préserver leur troupeau contre la morsure des loups.
Après quoi il s'endormit heureusement dans le Seigneur, environ l’an 330. Il fut enseveli au cimetière de Priscille, sur la voie Salaria.
Il célébra sept ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa quarante-deux prêtres, vingt-cinq diacres, et soixante-cinq Evêques pour divers lieux.

ORAISON

" Pontife suprême de l'Eglise de Jésus-Christ, vous avez donc été choisi entre tous vos frères pour décorer de vos glorieux mérites la sainte Octave de la Naissance de l'Emmanuel. Vous y représentez dignement le chœur immense des Confesseurs, vous qui avez tenu, avec tant de vigueur et de fidélité, le gouvernail de l'Eglise après la tempête. Le diadème pontifical orne votre front ; et la splendeur du ciel se réfléchit sur les pierres précieuses dont il est semé. Les clefs du Royaume des cieux sont entre vos mains : et vous l'ouvrez pour y faire entrer les restes de la gentilité qui passent à la foi du Christ ; et vous le fermez aux Ariens, dans cet auguste Concile de Nicée, où vous présidez par vos Légats, et auquel vous donnez autorité, en le confirmant de votre suffrage apostolique. Bientôt des tempêtes furieuses se déchaîneront de nouveau contre l'Eglise ; les vagues de l'hérésie viendront battre la barque de Pierre ; vous serez déjà rendu au sein de Dieu ; mais vous veillerez, avec Pierre, sur la pureté de la Foi Romaine. Vous soutiendrez Jules, vous sauverez Libère ; et, par vos prières, l'Eglise Romaine sera le port où Athanase trouvera enfin quelques heures de paix.


Saint Sylvestre au chevet de Constantin.
Chronique de Baudouin d'Avesnes. XIVe.

Sous votre règne pacifique, Rome chrétienne reçoit le prix de son long martyre. Elle est reconnue Reine de l'humanité chrétienne, et son empire le seul empire universel. Le fils de votre zèle, Constantin, s'éloigne de cette ville de Romulus, aujourd'hui la cité de Pierre ; la seconde majesté ne veut pas être éclipsée par la première ; et, Byzance fondée, Rome demeure eux mains de son Pontife. Les temples des faux dieux croulent, et font place aux basiliques chrétiennes qui reçoivent la dépouille triomphale des saints Apôtres et des Martyrs. Enfin, la victoire de l'Eglise sur le Prince de ce monde est marquée, Ô Sylvestre, par la défaite de ce dragon qui infectait les hommes de son haleine empoisonnée, et que votre bras enchaîna pour jamais.

Etant honoré de dons si merveilleux, Ô Vicaire du Christ, souvenez-vous de ce peuple chrétien qui a été le vôtre. Dans ces jours, il vous demande de l'initier au divin mystère du Christ Enfant. Par le sublime symbole qui contient la foi de Nicée, et que vous avez confirmé et promulgué dans toute l'Eglise, vous nous apprenez à le reconnaître Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, engendré et non fait, consubstantiel au Père. Vous nous conviez à venir adorer cet Enfant, comme Celui par qui toutes choses ont été faites. Confesseur du Christ, daignez nous présenter à lui, comme l'ont daigné faire les Martyrs qui vous ont précédé. Demandez-lui de bénir nos désirs de vertu, de nous conserver dans son amour, de nous donner la victoire sur le monde et nos passions, de nous garder cette couronne de justice à laquelle nous osons aspirer, pour prix de notre Confession.

Pontife de la Paix, du séjour tranquille où vous vous reposez, considérez l'Eglise de Dieu agitée par les plus affreuses tourmentes, et sollicitez Jésus, le Prince de la Paix, de mettre fin à de si cruelles agitations. Abaissez vos regards sur cette Rome que vous aimez et qui garde si chèrement votre mémoire ; protégez[-a], dirigez[-la] [...]. Qu'elle triomphe de l'astuce des politiques, de la violence des tyrans, des embûches des hérétiques, de la perfidie des schismatiques, de l'indifférence des mondains, de la mollesse des chrétiens. Qu'elle soit honorée, qu'elle soit aimée, qu'elle soit obéie. Que la majesté du sacerdoce se relève ; que la puissance spirituelle s'affranchisse, que la force et la charité se donnent la main ; que le règne de Dieu commence enfin sur la terre, et qu'il n'y ait plus qu'un troupeau et qu'un Pasteur.


Saint Sylvestre et saint Servais.
Livre d'images de Madame Marie. XIIIe.

Veillez, Ô Silvestre, sur le sacré dépôt de la foi que vous avez conservé avec tant d'intégrité ; que sa lumière triomphe de tous ces faux et audacieux systèmes qui s'élèvent de toutes parts, comme les rêves de l'homme dans son orgueil. Que toute intelligence créée s'abaisse sous le joug des mystères, sans lesquels la sagesse humaine n'est que ténèbres ; que Jésus, Fils de Dieu, Fils de Marie, règne enfin, par son Eglise, sur les esprits et sur les coeurs.

Priez pour Byzance, autrefois appelée la nouvelle Rome, et devenue sitôt la capitale des hérésies, le triste théâtre de la dégradation du Christianisme. Obtenez que les temps de son humiliation soient abrégés. Qu'elle revoie les jours de l'unité ; qu'elle consente enfin à honorer le Christ dans son Vicaire ; qu'elle obéisse, afin d'être sauvée. Que les races égarées et perdues par son influence, recouvrent cette dignité humaine que la pureté de la foi seule maintient, que seule elle peut régénérer.

Enfin, Ô vainqueur de Satan, retenez le Dragon infernal dans la prison où vous l'avez enfermé ; brisez son orgueil, déjouez ses plans ; veillez à ce qu'il ne séduise plus les peuples ; mais que tous les enfants de l'Eglise, selon la parole de Pierre, votre prédécesseur, lui résistent par la force de leur foi (I Petr. V, 9.)."

00:05 Publié dans S | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Enfin, Ô vainqueur de Satan, retenez le Dragon infernal dans la prison où vous l'avez enfermé ; brisez son orgueil, déjouez ses plans ; veillez à ce qu'il ne séduise plus les peuples ; mais que tous les enfants de l'Eglise, selon la parole de Pierre, votre prédécesseur, lui résistent par la force de leur foi (I Petr. V, 9.)."
En ces temps d’apostasie généralisée, le Dragon infernal, par la gueule de ceux qui ont usurpé la Chaire du Bienheureux Pierre, avec un orgueil sans nom réalisent les plans des deux Bêtes de l’Apocalypse. Ceux qui leur résistent en restant fidèles à l’enseignement de l’Agneau de la Crèche qui sera immolé sur la CROIX ne sont qu’un petit reste haï et méprisé. Mais ce sont eux qui seront sauvés lorsque le Fils de l’Homme paraîtra sur les nuées du Ciel avec l’instrument de sa victoire : O CRUX AVE, SPES UNICA !

Écrit par : Michel Mottet | samedi, 31 décembre 2016

juste vs demander de bien vouloir ns envoyer la priere ou l'invocation du pape sylvestre

Écrit par : farel | samedi, 31 décembre 2016

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