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vendredi, 30 décembre 2016

30 décembre. Saint Pierre d'Ambleteuse, Apôtre de l'Angleterre, Ier abbé de Cantorbéry. 608.

- Saint Pierre d'Ambleteuse, Apôtre de l'Angleterre, Ier abbé de Cantorbéry. 608.

Pape : Boniface IV. Roi de Kent : Aethelbert de Kent. Roi de France : Clotaire II.

" L'office de la prédication est plus agréable au Père des miséricordes que tout espèce de sacrifice, surtout quand on l'accomplit avec une ardente charité."
Saint François d'Assise.


Saint Grégoire le Grand envoyant saint Augustin évangéliser
les Angles et les Saxons. Legenda aurea. Bx J. de Voragine.
R. de Montbaston. XIVe.

Saint Pierre fut envoyé, sous la conduite du moine, le grand saint Augustin de Cantobéry, avec d'autres ouvriers évangéliques destinés par le pape saint Grégoire le Grand à la régénération de la Grande Bretagne. Ils traversèrent la France et s'arrêtèrent un instant à Tours, pour y rendre en passant leurs pieux hommages aux précieuses reliques du grand saint Martin.

Au printemps de l'année 577, Pierre et ses compagnons, suivis de 40 autres personnes qu'ils avaient prises en France en qualité d'interprètes, abordèrent à la petite île de Thanet. Ils députèrent aussitôt auprès du roi de Kent, pour lui faire connaître l'objet de leur voyage et lui annoncer qu'ils venaient lui apporter une bonne nouvelle ; savoir, la promesse certaine d'une joie éternelle et d'un règne sans fin avec le Dieu vivant et véritable.

Prévenu en faveur de ces envoyés par tous les discours que lui avait tenus sur la religion son épouse Berthe et son confesseur Luidhart, le roi de Kent, Ethelbert, bien qu'adonné encore à l'idolâtrie, leur témigna dans son accueil une généreuse hospitalité, et veille à ce qu'ils ne manquassent d'aucune choses qui pouvaient leur être nécessaires. Là ne se bornèrent point ses bienfaits ; car il voulut en outre qu'ils eussent dans la capitale de son royaume un logement convenable.

Saint Pierre et ses compagnons ne tardèrent donc pas à quitter Thanet pour Cantorbéry. On était alors dans le temps pascal. En passant devant la petite église de Saint-Martin, où la pieuse Berthe avait tant de fois prié et pleuré pour la conversion de l'Angleterre, ils chantèrent comme si ç'eût été au nom des habitants :
" Seigneur, nous faisons appel à votre miséricorde ; détournez votre colère de ce peuple et de votre sainte maison, car nous avons péché."

Les missionnaires habitaient tout auprès du palais d'Ethelbert, qui assistait souvent à leurs pieux exercices et prenait plaisir à leurs édifiants entretiens. Ils vivaient, comme des apôtres, dans la prière, les veilles et les jeunes. Ils prêchaient la parole de vie à tous ceux qui étaient disposés à l'entendre, ne recevant de leurs disciples que ce qui était absolument indispensable à leurs besoins, et se conformant en toutes choses avec une extrême rigueur à leur profession et à leur doctrine. Ils semblaient mettre de côté les bonnes choses de ce monde comme ne leur appartenant pas. Ils supportaient les désappointements et les obstacles avec calme et sans inquiétude ; ils seraient mort voilontiers pour défendre la vérité qu'is prêchaient, si telle eût été la volonté de Dieu. Aussi, un grand nombre d'indigènes, gagnés par la simplicité, la pureté de leur vie et la douceur de leur céleste doctrine, crurent et reçurent le baptême.

Les conversions se pultiplièrent avec une rapidité toujours croissante, jusqu'à ce qu'enfin Celui qui tourne le coeur des rois comme le cours des rivières, daignât faire ressentir à Ethelbert lui même les premiers effets de son esprit de lumière. Les raisons qui décidèrent ce prince à embrasser la foi chrétienne furent la multitude des miracles qui, opérés sous ses yeux, donnèrent plein crédit aux promesses des missionnaires.

Ce fut le jour de la Pentecôte, le 2 juin 597, que le roi d'Angleterre reçut le baptême, suivant les formes encore aujourd'hui en usage aujourd'hui dans le rituel de l'Eglise catholique romaine.

Cinq mois après cette cérémonie, saint Augustin retourna en France, où il fut sacré évêque de la Grande-Bretagne par les mains de l'archevêque Virgile. Durant cet intervalle, la prédication du bon exemple donné par Ethelbert avait été si puissante, que dans la même année, au our de Noël, plus de dis mille Anglais vinrent cherche la grâce de la régénération dans les eaux saintes.

Depuis qu'Ethelbert avait revêtu le glorieux titre d'enfant de Dieu, tous les honneurs et toutes les grandeurs de la terre étaient devenues pour lui comme s'ils n'eussent jamais été ; et afin que seul Dieu soit glorifié à sa place dans la personne de ses ministres, il s'éloigne volontairement de son palais, qu'il met intégralement à la disposition de saint Augustin de Cantorbéry et des autres religieux, ses frères. Sous cet illustre toit, érigé en monastère, nos missionnaires revinrent à leurs anciennes habitudes de vie claustrale, les conciliant toutefois avec les obligations actives que leur imposait envers la société leur qualité de missionnaires, et y puisant, pour l'accomplissement de ces mêmes obligations, une vigueur de foi et une énergie d'action qu'ils eussent en vain chercher ailleurs.


Abbaye Saint-Augustin. Cantorbéry. Angleterre.

Jusqu'à présent, nous n'avons rien dit de saint Augustin qui ne soit applicabe à saint Pierre d'Ambleteuse, depuis longtemps le fidèle compagnon de tous ses travaux. Investi de la confiance particulière du chef de la mission, c'est notre Saint qui, avec Laurence, eut en 598 l'honneur d'être délégué par lui auprès du pape, pour lui rendre compte du succès de leur entreprise, et lui demander un renfort d'ouvriers évangéliques rendu nécessaire par le nombre toujours croissant de leur néophytes. Saint Pierre et le prêtre Laurence passèrent deux années à Rome et retournèrent en Angleterre en 601, accompagnés de 12 nouveaux missionnaires. Ils étaient munis de lettres de recommandation pour les évêques et les princes souverains de la partie de la France qu'ils devaient traverser. Tous s'empressèrent de les accueillir avec les marques d'honneur et de distonction que réclamaient leur mérite personnel joint à la qualité d'envoyé de Dieu. Le roi Clotaire II surtout conçut pour notre Saint une estime et une affection toutes particulières.

Les saints apôtres, afin de regagner les côes de l'Angleterre, choisirent pour lieu de leur embarquement le port d'Ambleteuse, qui ne manquait pas alors d'une certaine renommée. Ils y furent, de la part des habitants, l'objet des soins les plus attentifs.

Aussi, en retour de l'aliment corporel qu'ils en recevaient avec abondance, ne crurent-ils pouvoir mieux leur prouver leur reconnaissance, qu'en leur prodiguant avec largesse la nourriture spirituelle? Saint Pierre se distingua entre tous par Les témoignages d'affection qu'il leur donna. Pendant la nuit qu'il passa à Ambleteuse, il se releva tour à tour avec ses compagnons pour faire des stations et prier dans l'église devant les reliques de plusieurs saints et martyrs, entre autres, grâce à la munificence du pape Grégoire pour en enrichir l'Angleterre.

Le lendemain, le navire qui devait ramener notre Saint en Angleterre leva l'ancre, et celui-ci, après une heureuse et courte traversée, eut la satisfaction de remettre lui-même à saint Augustin, au roi Ethelbert et à la reine Berthe, les lettres et les présents que saint Grégoire le Grand leur envoyait.

Un peu après le départ de saint Pierre d'Ambleteuse pour Rome, saint Augustin de Cantorbéry, de concert avec son royal disciple, avait fondé dans le voisinage de Cantorbéry un monastère, non seulement destiné à offrir le modèle de la société chrétienne dans ce qu'elle a sur la terre de plus parfait, mais consacré aussi à recevoir la sépulture d'Augustin et de ses successeurs, ainsi que des rois de Kent. Les premiers patrons de ce monastère furent d'abord les Apôtres saint Pierre et saint Paul ; mais saint Dunstan, qui y passait des nuits entières devant l'autel de la sainte Vierge Marie, en renouvella plus tard la dédicace et ajouta saint Augustin au nombre de ses protecteurs spéciaux.

Saint Pierre d'Ambleteuse fut élu par ses compagnons pour être le premier abbé du monastère royal de Cantorbéry. Le roi Ethelbert, en sa qualité de fondateur, lui en donna l'investiture, et saint Augustin la bénédiction abbatiale?

Le premier soin du vénérable abbé fut de choisir parmi les Anglais des sujets propres à recruter et à fortifier sa communauté. Rien ne saurait donner idée du zèle et de la prudence qu'il déploya dans le gouvernement de cette petite république. Toutefois, sa vive et constante sollicitude pour le salut des âmes ne pouvait se renfermer dans les limites très circonscrites de son abbaye. S'il arrivait que quelques ouvriers évangéliques éprouvassent le besoin de venir auprès de lui se reccueillir et se retremper dans la solitude du cloître, c'était saint Pierre qui renouvellait leurs forces, ranimait leur courage, rallumait leur ardeur pour la conversion des idoleâtres, les excitait à supporter avec joie toutes les peines et les fatigues inséparables d'une vie toute de labeur et de dévouement, et leur suggérait les moyens les plus propres à attirer sur leurs travaus un heureux succès.

Après que saint Pierre eut avec honneur parcouru cette noble carrirère l'espace de deux années, il se présenta une affaire majeure à négocier en Fra,ce pour le bien de l'Agleterre ? Ethelbert, qui connaissait toute la sagesse de notre Saint et le haut degré d'estime dont il jouissait auprès du roi de France, ne voulut confier à aucun autre le soin de cette mission importante. Pierre s'embarqua donc pour la France, s'abandonnant de nouveau et sans hésiter à tous les périls de la mer. Mais à peine avait-il fait la moitié du trajet qui sépare l'Agletrre du Boulonnais, que le navire qui le portait, assailli par une violente tempête, périt avec une grande partie de son équipage. Ce naufrage coûta la vie à notre Saint, ou, pour mieux dire, il la lui procura, puisqu'il ne lui ravissait la vie du corps qu'afin de le mettre en pleine possession de celle de l'âme. C'était le 6 janvier de l'an 608.


Eglise Saint-Pierre d'Ambleteuse. Ambleteuse. Boulonnais. XIXe.

CULTE ET RELIQUES

Son corps, trouvé sur la plage d'Ambleteuse, fut d'abord enseveli sans honneur comme celui de l'inconnu le plus vulgaure. Cependant cette injusticene tarda pas à être réparée, car Dieu permit qu'un merveilleux prodige vînt faire briller à tous les yeux le mérite de notre Saint et révéler toute la gloire dont son âme jouissait dans le ciel. Chaque nuit une lumière éclatante vint resplendir au-dessus de sa tombe. Les habitants, surpris d'un fait aussi miraculeux, allèrent aux informations pour savoir quel pouvait être le saint personnage que Dieu favorisait de la sorte. C'est ainsi qu'ils reconnurent en lui ce vénérable Pierre, qui déjà de son vivant leur avait témoigné tant de bonté et de dévouement ; et la possession inespérée de ses précieux restes était pour eux comme la confirmation et le gage assuré de sa protection persévérante.

Cependant la petite ville d'Ambleteuse n'étant pas aussi apte à se défendre contre les entreprises de l'ennemi que pouvait l'être la ville de Boulogne, celle-ci réclama et obtint bientôt la garde de cet inestimable trésor. Le transport s'en effectua d'Ambleteuse à Boulogne le 30 décembre 608 et de la manière la plus solennelle. L'inhumation eut lieu dans l'enceinte même de la cathédrale.

La dévotion aux reliques de saint Pierre d'Ambleteuse attira pendant longtemps à Boulogne une grande affluence de fidèles qu'on voyait obtenir par son intercession une multitudes de grâces temporelles et spirituelles. Gocelin témoigne que le corps entier de saint Pierre d'Ambleteuse reposait au XIe siècle dans l'église des chanoines réguliers de Boulogne. Dans la suite, les chairs s'étant consumées, les ossements furent transférés dans la sacristie. La tête fut enfermée, en 1528, dans un riche reliquaire d'argent d'un poids de 24 marcs. Un de ses bras fut enchâssé dans un bras d'argent dont la main était dorée? L'autre bras, ainsi que plusieurs autres parties du corps, furent laissées à la vénération des habitants d'Ambleteuse.

Mais tous ces glorieux débris, qui avaient concouru à former un véritable temple vivant de l'Esprit-Saint, furent impitoyablement profanés et dispersés en 1567 par les bêtes féroces calvinistes, qui enlevèrent en outre les reliquaires d'or et d'argent au nombre de près de 100 que possédait la cathédrale de Boulogne. Comme si cela ne suffisait pas, quelques temps plus tard, les autres reliques de saint Pierre disparurent également de l'église d'Ambleteuse, lorsque les fanatiques protestants venus d'Angleterre occuper le port de cette ville, s'appliquèrent à effacer les moindres vestiges de la piété catholique.

Il entrait pourtant dans les vue de la Providence de relever son serviteur de l'oubli dans lequel il était quelque peu tombé. En 1763, le bruit se répand que l'on a retrouvé deux parties des reliques de notre saint à la cathédrale de Boulogne. Le 24 janvier, avec l'approbation de l'évêque de Boulogne, Mgr de Partz de Pressy, le village tout entier d'Ambleteuse fait une demande solennelle pour prendre possession d'une partie des reliques retrouvées au chapelain du chapître, M. Ballin. Ce dernier leur remet les protions de notre Saint et la translation se fait dans un grand concours de peuples pleins de ferveur et de piété.

En 1789, on voyait encore une chapelle consacrée à saint Pierre dans l'église d'Ambleuteuse. La portion de relique y était conservée très pieusement. Hélas, le flot révolutionnaire renversa tout sur son passage. L'église fut entièrement dévastée par les ces autres bêtes féroces que furent les révolutionnaires.
De pieux et courageux Chrétiens sauvèrent pourtant la relique et la tinrent dissimulée dans la maison de M. Antoine Poilly jusqu'en 1806 : date à laquelle cette maison fut détruite entièrement par le feu, et la précieuse relique avec.

En 1846, M. Hamy, curé d'Ambleteuse, avait achevé de faire contruire l'église et notamment un autel à notre Saint, lorsqu'il reçut de M. Leroy, prêtre, un autre fragment notable de saint Pierre, lequel avait lui aussi été soustrait à la fureur de 1793 et avait été caché dans un mur d'un immeuble de la haute ville.

A ce sujet, rappelons que très souvent, les pieux Chrétiens de l'antique royaume des Francs qui sauvèrent des reliques pendant cet épouvantable période, dispersèrent volontiers les reliques dans diverses caches, afin de garantir le sauvetage d'au moins une portion de celles-ci.

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