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dimanche, 23 juillet 2017

23 juillet. Saint Apollinaire, Ier évêque de Ravenne, martyr. Ier siècle.

- Saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne et martyr. Ier.

Pape : Saint Pierre. Empereur romain : Néron.

" Nous avons reçu la mission de répandre la céleste semence. Malheur à nous si nous ne la répandons pas ! Malheur à nous si nous gardons le silence !"


Martyre de saint Apollinaire. Legenda aurea. Bx J. de Voragine.
R. de Montbaston. XIVe.

Ravenne, mère des cités, convoque aujourd'hui l'univers à célébrer l'évêque martyr dont les travaux firent plus pour son éternelle renommée que la faveur des empereurs et des rois. Du milieu de ses antiques monuments la rivale de Rome, aujourd'hui déchue, n'en montre pas moins fièrement la chaîne ininterrompue de ses Pontifes, remontant jusqu'au Vicaire de l'Homme-Dieu par Apollinaire, qu'ont exalté dans leurs discours les Pères et Docteurs de l'Eglise universelle, ses successeurs et ses fils (Petr. Chrysolog. Sermo CXXVIII, in div. Apollin : Petr. Dam. Sermon, XXX, XXXI, XXXII, in eumdem.). Plût au ciel que toujours la noble ville se fût souvenue de ce qu'elle devait à Pierre !

Pour suivre uniquement le Prince des Apôtres, Apollinaire, oubliant famille, patrie, avait tout quitté. Or, un jour, le maître dit au disciple :
" Pourquoi restes-tu assis avec nous ? Voilà que tu es instruit de tout ce que Jésus a fait : lève-toi, reçois le Saint-Esprit, et va vers cette ville qui ne le connaît pas."
Et le bénissant, et lui donnant le baiser, il l'envoya au loin (Passio S. Apollin. ap. Bolland.). Scènes sublimes de séparation, fréquentes en ces premiers temps, bien des fois répétées depuis, et qui font dans leur héroïque simplicité la grandeur de l'Eglise.


Saint Timothée et saint Apollinaire. Bréviaire à l'usage de Paris. XVe.

Apollinaire courait au sacrifice. Le Christ, dit saint Pierre Chrysologue (Petr. Chrys. Sermo CXXVIII.), se hâtait au-devant du martyr, le martyr précipitait le pas vers son Roi : l'Eglise qui voulait garder cet appui de son enfance se jeta au-devant du Christ pour retarder, non le combat, mais la couronne ; et durant vingt-neuf ans, ajoute Pierre Damien (Petr.Dam. Sermo VI, de S. Eleuchadio.), le martyre se poursuivit à travers d'innombrables tourments, de telle sorte que les labeurs du seul Apollinaire suffirent à ces contrées qui n'eurent point d'autre témoin de la foi par le sang. Selon les traditions de l'Eglise qu'il avait si puissamment fondée, la divine Colombe intervint directement et visiblement par douze fois, jusqu'à l'âge de la paix, pour désigner chacun des successeurs d'Apollinaire.

Saint Apollinaire vint d'Antioche à Rome avec saint Pierre, fut ordonné évêque par le Prince des Apôtres et envoyé par lui à Ravenne pour y prêcher la foi. Sa première oeuvre, en arrivant dans cette ville, fut de rendre la vue au fils d'un soldat auquel il avait demandé l'hospitalité ; quelques jours après, il guérit la femme d'un tribun, atteinte d'une maladie incurable.


Basilique Saint-Apollinaire-la-Neuve. Ravenne. VIe.

C'en fut assez pour provoquer la conversion d'un grand nombre de personnes, et bientôt il se forma dans la ville une chrétienté florissante. Traduit devant le gouverneur païen, il prêche Jésus-Christ, méprise l'idole de Jupiter et se voit chassé de la ville par la fureur du peuple, qui le laisse à demi mort.

Après quelques prédications dans les pays voisins, Apollinaire revient à Ravenne et se rend à la maison d'un noble patricien qui l'avait fait demander pour guérir sa fille près de mourir. Mais l'apôtre ne parut qu'au moment où la malade rendait le dernier soupir. Arrivé près du lit funèbre, le Saint adresse à Dieu une fervente prière :
" Au nom du Christ, jeune fille, lève-toi, dit-il, et confesse qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Lui !"
La jeune fille se lève aussitôt, pleine de vie, et s'écrie :
" Oui, le Dieu d'Apollinaire est le vrai Dieu !"
A la suite de ce nouveau prodige, trois cents païens se convertirent et reçurent le baptême, à l'exemple de la jeune fille et de son heureux père.


Mosaïque du Bon Pasteur. Basilique Saint-Apollinaire-la-Neuve.
Ravenne. VIe.

Mais les succès croissants du christianisme à Ravenne soulevèrent bientôt de nouvelles persécutions contre l'apôtre de Jésus-Christ. Il dut subir un nouvel interrogatoire, qui ne servit qu'à faire briller son courage et à lui donner occasion d'expliquer les mystères de notre foi. Apollinaire eut à subir les plus affreux supplices, la flagellation, le chevalet, l'huile bouillante, puis les horreurs de la faim, dans une infecte prison ; mais Dieu Se chargea de le nourrir par Ses Anges. Ses bourreaux l'exilèrent en Illyrie. Cet exil lui donna le moyen de prêcher la foi à des peuples nouveaux et de répandre ainsi la lumière de l'Évangile. La persécution le ramena à Ravenne après trois ans d'absence.

Ce fut la dernière période de sa vie. Saisi presque aussitôt après son débarquement, il étonne ses persécuteurs en faisant crouler, d'un mot de prière, le temple d'Apollon. Il rend la vue au fils de son juge, en lui disant :
" Au nom de Jésus-Christ, ouvre tes yeux et vois !"

Une multitude de païens se convertit à la foi ; mais la rage des endurcis ne fait que s'accroître, et bientôt Apollinaire couronne sa vie par un glorieux martyre.


Calendrier gravé sur une dalle de marbre.
Basilique Saint-Apollinaire-la-Neuve. Ravenne. VIe.

PRIERE

" Instruits par Venance Fortunat (Ven. Fortun. Vita S. Martini, Lib. IV, V. 684.) venu de Ravenne en nos régions du Nord, nous saluons de loin votre glorieuse tombe. Répondez-nous par le souhait que vous formuliez durant les jours de votre vie mortelle : Que la paix de notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ repose sur vous ! La paix, don parfait, premier salut de l'apôtre (Luc. X, 5.) et consommation de toute grâce (Cant. VIII, 10.) : combien vous l'avez appréciée, combien vous en fûtes jaloux pour vos fils, même après avoir quitté la terre ! C'est elle qui vous fit obtenir du Dieu de paix et de dilection (II Cor. XIII, 11.) cette intervention miraculeuse par laquelle si longtemps furent marqués les pontifes qui devaient après vous s'asseoir en votre chaire. Vous-même n'apparûtes-vous pas un jour au Pontife romain, pour lui montrer dans Chrysologue l'élu de Pierre et d'Apollinaire ? Et plus tard, sachant que les cloîtres allaient devenir l'asile de cette divine paix bannie du reste du monde, vous vîntes en personne par deux fois solliciter Romuald d'obéir à l'appel de la grâce et d'aller féconder le désert.


Saint Apollinaire prêchant. Speculum historiale.
V. de Beauvais. François. XVIe.

Pourquoi faut-il qu'enivré de faveurs qui partaient de la terre, plus d'un de vos successeurs, que ne désignait plus, hélas, la divine Colombe, ait oublié si tôt les leçons laissées par vous à votre Eglise ? Fille de Rome, ne devait-elle pas se trouver assez grande d'occuper entre ses illustres sœurs la première place à la droite de la mère (Diplom. Clementis II, Quod propulsis.) ? Du moins l'Evangile même chanté depuis douze siècles et plus peut-être (Kalendar. Fronton.), en la solennité de ce jour, aurait-il dû la protéger contre les lamentables excès appelés à précipiter sa déchéance. Rome, avertie par de trop regrettables indices, prévoyait-elle donc déjà les sacrilèges ambitions des Guibert, quand son choix se fixait sur ce passage du texte sacré : Il s'éleva une contestation parmi les disciples, à qui devait passer pour le plus grand (Luc. XXII, 24-3o.) ?

Et quel commentaire, à la fois plus significatif et plus touchant, pouvait-on donner à cet Evangile, que les paroles de Pierre même en l'Epître :
" Les vieillards qui sont parmi vous, je les supplie, moi vieillard comme eux et témoin des souffrances du Christ, de paître le troupeau, non dans un esprit de domination sur l'héritage du Seigneur, mais en étant ses modèles dans le désintéressement et l'amour ; que tous s'animent à l'humilité mutuellement, car Dieu résiste aux superbes, et il donne sa grâce aux humbles." (I Petr. V, 1-11.).

Faites, Ô Apollinaire, que pasteurs et troupeau, dans toutes les Eglises, profitent maintenant du moins de ces apostoliques et divines leçons, pour que tous un jour nous nous trouvions assis à la table éternelle où le Seigneur convie les siens près de Pierre et de vous dans son royaume (Luc. ibid.).


Martyre de saint Apollinaire. Speculum historiale.
V. de Beauvais. François. XVIe.

Tandis que la Mère commune resplendit sous la pourpre du martyre dont l'a ornée Apollinaire, un autre noble fils couronne son front de la blanche auréole des Confesseurs Pontifes. Liboire, héritier des Julien, des Thuribe, des Pavace, anneau brillant de la série glorieuse qui rattache à Clément successeur de Pierre l'origine d'une illustre Eglise, se lève en la cité des Cénomans comme l'astre radieux qui dissipe les dernières nuées d'orage après la tempête ; il rend à la terre bouleversée la fécondité réparant au centuple les ruines que la tourmente avait causées.

Plus encore que la froide légalité des proconsuls et la haine farouche des vieux Druides, le fanatique prosélytisme des disciples d'Odin, envahissant l'Ouest des Gaules, avait ravagé dans nos contrées le champ du Seigneur. Défenseur de la patrie terrestre et guide des âmes à celle des cieux, Liboire rendit l'ennemi citoyen de l'une et de l'autre en le faisant chrétien. Pontife, il employa le plus pur de son zèle à développer les magnificences du culte divin qui rend à Dieu l'hommage et assainit la terre (Heb. V, 1.) ; apôtre, il reprit l'œuvre d'évangélisation des premiers messagers de la foi, chassant l'idolâtrie des positions qu'elle avait reconquises et l'expulsant des campagnes où toujours elle était restée maîtresse : Martin, dont il fut l'ami, n'eut pas d'émulé qui lui fût à ce point comparable.


Bras-reliquaire de saint Apollinaire.
Eglise Saint-Servais et Saint-Protais. Mailhac-sur-Benaize. Limousin.

Mais quels ne furent pas surtout ses triomphes d'outre-tombe, lorsque cinq siècles après la fin des travaux de sa vie mortelle, on le vit se lever du sanctuaire où il reposait en la compagnie des évêques ses frères, et, semant les miracles sur sa route, aller victorieusement forcer dans ses retranchements le paganisme saxon que Charlemagne avait vaincu sans le dompter ! La barbarie reculait de nouveau en présence de Liboire ; ses reliques saintes avaient conquis au Christ la Westphalie ; Le Mans et Paderborn scellaient, dans la vénération de leur commun apôtre, un pacte de fraternité dont mille ans n'ont point encore affaibli la puissance."

01:00 Publié dans A | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Sans vouloir attenter à votre humilité, je vous dis " bravo " pour votre blog... Tout cela représente beaucoup de travail, recherches de textes, de documents, d'illustrations, puis la composition et la rédaction...
Merci pour tout cela.
Je ne suis qu'un chrétien lambda, mais il me semble qu'aujourd'hui, ce qui manque à l'Eglise et à l'église, ce sont tout simplement des saints... Notre Sainte Mère regorge de théologiens et d'écrivaillons, mais cela ne sert pas à grand chose ... ?

Encore bravo et merci.

Écrit par : Maudub | mercredi, 23 juillet 2008

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Cher Monsieur,

Merci.

Je vous recommande à Notre Dame et à sainte Catherine d'Alexandrie que nous fêtons aujourd'hui.
==> http://hodiemecum.hautetfort.com/archive/2008/11/25/25-novembre-sainte-catherine-d-alexandrie-vierge-et-martyre.html

Hodie.

PS : J'ai essayé d'aller sur http://kiev-hosting.com ; il n'y a qu'une page de test...
Votre mail ne fonctionne pas hélas.

Écrit par : Hodie | mercredi, 25 novembre 2009

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