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mercredi, 14 décembre 2016

14 décembre 2016. Mercredi des Quatre-Temps de l'Avent.

- Mercredi des Quatre-Temps de l'Avent.

" Prope est jam Dominus : venite, adoremus."
" Le Seigneur est déjà proche : venez, adorons-le."
Office du jour.


L'Annonciation. Francisco de Zurbarán. XVIe.

L'Eglise commence à pratiquer en ce jour le jeûne appelé des Quatre-Temps, lequel s'étend aussi au Vendredi et au Samedi suivants. Cette observance n'appartient point à l'économie liturgique de l'Avent : elle est une des institutions générales de l'Année Ecclésiastique. On peut la ranger au nombre des usages qui ont été imités de la Synagogue par l'Eglise ; car le prophète Zacharie parle du Jeûne du quatrième, du cinquième, du septième et du dixième mois. L'introduction de cette pratique dans l'Eglise chrétienne semble remonter aux temps apostoliques ; c'est du moins le sentiment de saint Léon, de saint Isidore de Séville, de Rhaban Maur et de plusieurs autres écrivains de l'antiquité chrétienne: néanmoins, il est remarquable que les Orientaux n'observent pas ce jeûne.

Dès les premiers siècles, les Quatre-Temps ont été fixés, dans l'Eglise Romaine, aux époques où on les garde encore présentement ; et si l'on trouve plusieurs témoignages des temps anciens dans lesquels il est parlé de Trois Temps et non de Quatre, c'est parce que les Quatre-Temps du printemps, arrivant toujours dans le cours de la première semaine de Carême, n'ajoutent rien aux observances de la sainte Quarantaine déjà consacrée à une abstinence et à un jeûne plus rigoureux que ceux qui se pratiquent dans tout autre temps de l'année.

Les intentions du jeûne des Quatre-Temps sont les mêmes dans l'Eglise que dans la Synagogue : c'est-à-dire de consacrer par la pénitence chacune des saisons de l'année. Les Quatre-Temps de L'Avent sont connus, dans l'antiquité ecclésiastique, sous le nom de Jeûne du dixième mois ; et saint Léon nous apprend, dans un des Sermons qu'il nous a laissés sur ce jeûne, et dont l'Eglise a placé un fragment au second Nocturne du troisième dimanche de l'Avent, que cette époque a été choisie pour une manifestation spéciale de la pénitence chrétienne, parce que c'est alors que la récolte des fruits de la terre étant terminée, il convient que les chrétiens témoignent au Seigneur leur reconnaissance par un sacrifice d'abstinence, se rendant d'autant plus dignes d'approcher de Dieu, qu'ils sauront dominer davantage l'attrait des créatures.


Vision de saint Léon. Legenda aurea. Bx J. de Voragine.
R. de Monbaston. XIVe.

" Car, ajoute le saint Docteur, le jeûne a toujours été l'aliment de la vertu. Il est la source des pensées chastes, des résolutions sages, des conseils salutaires. Par la mortification volontaire, la chair meurt aux désirs de la concupiscence, l'esprit se renouvelle dans la vertu. Mais parce que le jeûne seul ne nous suffit pas pour acquérir le salut de nos âmes, suppléons au reste par des œuvres de miséricorde envers les pauvres. Faisons servir la vertu ce que nous retrancherons au plaisir ; et que l'abstinence de celui qui jeûne devienne la nourriture de l'indigent."

Prenons notre part de ces avertissements, nous qui sommes les enfants de la sainte Eglise ; et puisque nous vivons à une époque où le jeûne de l'Avent n'existe plus, portons-nous avec d'autant plus de ferveur à remplir le précepte des Quatre-Temps, que ces trois jours, en y joignant la Vigile de Noël, sont les seuls auxquels la discipline actuelle de l'Eglise nous enjoigne d'une manière précise, en cette saison, l'obligation du jeûne.

Ranimons en nous, à l'aide de ces légères observances, le zèle des siècles antiques, nous souvenant toujours que si la préparation intérieure est surtout nécessaire pour l'Avènement de Jésus-Christ dans nos âmes, cette préparation ne saurait être véritable en nous, sans se produire à l'extérieur par les pratiques de la religion et de la pénitence.


L'Annonciation. Jan van Eyck. XVe.

Le jeûne des Quatre-Temps a encore une autre fin que celle de consacrer, par un acte de piété, les diverses saisons de l'année ; il a une liaison intime avec l'Ordination des Ministres de l'Eglise, qui reçoivent le samedi leur consécration, et dont la proclamation avait lieu autrefois devant le peuple à la Messe du Mercredi. Dans l'Eglise Romaine, l'Ordination du mois de Décembre fut longtemps célèbre ; et il paraît, par les anciennes Chroniques des Papes, que, sauf les cas tout à fait extraordinaires, le dixième mois fut, durant plusieurs siècles, le seul où l'on conférât les saints Ordres à Rome. Les fidèles doivent s'unir aux intentions de l'Eglise, et présenter à Dieu l'offrande de leurs jeûnes et de leurs abstinences, dans le but d'obtenir de dignes Ministres de la Parole et des Sacrements, et de véritables Pasteurs du peuple chrétien.

En l'Office des Matines, l'Eglise ne lit rien aujourd'hui du prophète Isaie ; elle se contente de rappeler le passage de l'Evangile de saint Luc dans lequel est racontée l'Annonciation de la Sainte Vierge, et lit ensuite un fragment du Commentaire de saint Ambroise sur ce même passage.

Le choix de cet Evangile, qui est le même que celui de la Messe, selon l'usage de toute l'année, a donné une célébrité particulière au Mercredi de la troisième semaine de l'Avent. On voit, par d'anciens Ordinaires à l'usage de plusieurs Eglises insignes, tant Cathédrales qu'Abbatiales, que l'on transférait les fêtes qui tombaient en ce Mercredi ; qu'on ne disait point ce jour-là, à genoux, les prières fériales ; que l'Evangile Missus est, c'est-à-dire de l'Annonciation, était chanté à Matines par le Célébrant revêtu d'une chape blanche, avec la croix, les cierges et l'encens, et au son de la grosse cloche ; que, dans les Abbayes, l'Abbé devait une homélie aux Moines, comme aux fêtes solennelles. C'est même à cet usage que nous sommes redevables des quatre magnifiques Sermons de saint Bernard sur les louanges de la Sainte Vierge, et qui sont intitulés : Super Missus est.


Vision de saint Bernard.
Pietro di Cristoforo Vannucci : Le Pérugin. XVIe.

Fin de la première homélie Super Missus est de saint Bernard :

[...] Ô homme, apprends à obéir, terre et poussière apprends à plier et à te soumettre. En parlant de ton Créateur, l'Evangéliste dit : " et il leur était soumis ", c'est-à-dire à Marie et à Joseph. Rougis donc, Ô cendre orgueilleuse ! Un Dieu s'abaisse et toi tu t'élèves ! Un Dieu se soumet aux hommes, et toi, non content de dominer tes semblables, tu vas jusqu'à te préférer à ton Créateur ? Ah ! Pussé-je, si jamais je suis dans ces dispositions, avoir la grâce que Dieu lui-même me dise comme il le fit un jour, mais sur le ton du reproche, à son Apôtre :
" Retirez-vous de moi, Satan, car vous ne goûtez point les choses de Dieu." (Matth., XVI, 23).

En effet, toutes les fois que j'ambitionne de commander aux hommes, je veux m'élever au dessus de Dieu même, et il est vrai de dire alors que je ne goûte point les choses de Dieu, car c'est de lui qu'il est dit : " et il leur était soumis ". Ô homme, si tu ne trouves pas qu'il soit digne de toi de prendre modèle sur un de tes semblables, certainement il l'est de marcher du moins sur les pas de ton Créateur. Si tu ne peux le suivre partout où il va, daigne au moins le suivre partout oit il condescend à ta bassesse. C'est-à-dire si tu ne peux t'engager dans les sentiers élevés de la virginité, suis au moins Dieu dans les voies parfaitement sûres de l'humilité, dont les vierges mêmes ne peuvent s'écarter, à vrai dire, et continue de suivre l'Agneau partout où il va. Sans doute, celui qui a perdu son innocence, s'il est humble ; l'orgueilleux s'il a conservé sa pureté, suivent l'Agneau ; mais ils ne le suivent point partout où il va.

En effet, le premier ne peut s'élever à la pureté de l'Agneau sans tache, et le second ne saurait descendre à la douceur de Celui qui a gardé le silence, non-seulement devant celui qui le dépouillait de sa toison, mais même sous la main de celui qui le mettait à mort. Toutefois, le pécheur a pris, pour marcher sur ses pas, en suivant les sentiers de l'humilité, un chemin plus sûr que l'homme qui, dans sa virginité, suit les voies de l'orgueil, car l'humilité de l'un le purifiera de ses souillures, tandis que l'orgueil de l'autre ne peut manquer de souiller sa pureté.

Mais heureuse est Marie, à qui ni l'humilité ni la virginité n'ont fait défaut. Et quelle virginité que celle que la fécondité a rendue plus éclatante au lieu de la flétrir. De même quelle incomparable fécondité que celle que la virginité et l'humilité accompagnent. Y a-t-il là quelque chose qui ne soit point admirable ? Qui ne soit point incomparable ? Qui ne soit point unique ? Je serais bien surpris si vous n'étiez embarrassé pour décider en y réfléchissant lequel des deux est le plus étonnant de voir une vierge féconde ou une mère demeurant vierge ; et ce qu'on doit plus admirer de cette sublime fécondité ou de cette humilité dans une elle élévation ; ou plutôt si vous ne préfériez sans hésiter toutes ces choses réunies, à chacune d'elles en particulier, et si vous ne regardiez comme incomparablement meilleur et préférable de les posséder toutes, que de ne posséder que l'une ou l'autre d'elles.

Après tout je serais bien surpris si le Dieu que les saintes Lettres nous montrent et que nous voyons nous-mêmes admirable dans ses saints (Psalm., LXVII, 36), ne s'était pas surpassé dans sa mère. Ô vous qui êtes mariés, respectez la pureté dans une chair corruptible ; mais vous, Ô vierges sacrées, admirez la fécondité dans une Vierge : enfin nous tous ô hommes admirons l'humilité de la Mère de Dieu. Anges saints, honorez la Mère de votre Roi, vous qui adorez le Fils de notre Vierge, qui est en même temps notre roi et le vôtre, le réparateur de notre race et l'architecte de votre cité. A ce Dieu si humble parmi nous si grand au milieu de vous, rendons également les uns et les autres les hommages qui lui sont dus. Honneur et gloire soient rendus à sa grandeur, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il."


Vision de saint Léon. Ta'amra Mâryâm. Ethiopie. XVIIe.

Rappels sur le jeûne et l'abstinence :

Le jeûne :
C'est ne faire qu'un repas complet par jour. On peut prendre une légère collation, le matin et le soir.

L'abstinence :
C'est s'abstenir de viande et de jus de viande.

Aliments défendus :
- La viande, les produits laitiers, les oeufs, bien sûr les friandises et ces choses dont nul n'a besoin pour vivre.
- Pas d'alcool non plus en ce jour béni, ni de ces boissons sucrées dont nul n'a besoin pour vivre.

Repas conseillé :
- Eau, pain, soupe.

Jours de jeûne et d'abstinence :
- Obligatoires (de 21 à 60 ans) sous peine de péché mortel : mercredi des Cendres, vendredi Saint, vigile de l'Immaculée Conception de la très sainte Vierge Marie (7 décembre), Vigile de Noël (24 décembre).
- Outre ces 4 jours, l'Eglise désire que tous ceux qui le peuvent observent l'ancienne discipline : jeûne tous les jours du Carême (du mercredi des Cendres au samedi Saint, sauf les dimanches) ; les jours des Quatre-Temps ; les vigiles de la Pentecôte et de la Toussaint.

Jours d'abstinence :
- Obligatoire (dès l'âge de 7 ans) sous peine de péché mortel : tous les vendredis de l'année.
- Outre les vendredis, l'Eglise désire que tous ceux qui le peuvent observent l'ancienne discipline : abstinence les samedis de Carême, les jours des Quatre-Temps, les vigiles de la Pentecôte et de la Toussaint.

Le jeûne eucharistique :
Avec la Sainte Communion, il est obligatoire de s'abstenir, sous peine de péché mortel :
- pendant 3 heures, de toute nourriture solide et de toute boisson alcoolisée,
- pendant 1 heure, de toute boisson non alcoolisée..
L'eau et les vrais médicaments peuvent être pris sans limite de temps.

Par respect pour le Saint Sacrement, l'Eglise désire que tous ceux qui le peuvent observent l'ancienne discipline : ne rien manger ni boire depuis minuit.

" Si vous m'aimez, gardez mes commandements." (Saint Jean, XIV,15.).

Extraits du catéchisme de Saint Pie X :

Q. Que nous ordonne le second précepte de l’Eglise par les mots : Jeûner aux jours commandés ?
R. Le second précepte de l’Eglise par les mots : Jeûner aux jours commandés nous ordonne de jeûner :
1. pendant le Carême ;
2. à certains jours de l’Avent, là où le jeûne est prescrit ;
3. aux Quatre-Temps ;
4. à certaines vigiles.

Q. En quoi consiste le jeûne ?
R. Le jeûne consiste à ne faire qu’un seul repas par jour et à s’abstenir des aliments défendus.

Q. Aux jours de jeûne, peut-on faire le soir une petite collation ?
R. Par une condescendance de l’Eglise on peut, les jours de jeûne, faire le soir une petite collation.

Q. A quoi sert le jeûne ?
R. Le jeûne sert à mieux nous préparer à la prière, à faire pénitence des péchés commis, et à nous préserver d’en commettre de nouveaux.

Q. Qui est obligé au jeûne ?

R. Sont obligés au jeûne tous les chrétiens qui ont vingt-et-un ans accomplis, et qui ne sont ni dispensés ni excusés par un empêchement légitime.

Q. Ceux qui ne sont pas obligés au jeûne sont-ils absolument dispensés de toute mortification ?

R. Ceux qui ne sont pas obligés au jeûne ne sont pas absolument dispensés de toute mortification, parce que nous sommes tous obligés à faire pénitence.

Q. Dans quel but a été institué le jeûne de l’Avent ?
R. Le jeûne de l’Avent a été institué pour nous disposer à célébrer saintement la fête de Noël.

Q. Dans quel but a été institué le jeûne des quatre-temps ?
R. Le jeûne des quatre-temps a été institué :
- pour consacrer chaque saison de l’année par une pénitence de quelques jours ;
- pour demander à Dieu la conservation des fruits de la terre ;
- pour le remercier des fruits qu’il nous a déjà donnés ;
- pour le prier de donner à son Eglise de saints ministres, dont l’ordination est faite les samedis des quatre-temps.

Q. Dans quel but a été institué le jeûne des vigiles ?
R. Le jeûne des vigiles a été institué pour nous préparer à célébrer saintement les fêtes principales.

Q. Qu’est-ce qui nous est défendu le vendredi, et les samedis où il n’y a pas de dispense ?

R. Le vendredi et les samedis où il n’y a pas de dispense, il nous est défendu de manger de la viande, sauf en cas de nécessité.

Q. Pourquoi l’Eglise a-t-elle voulu que nous nous abstenions ces jours-là de manger de la viande ?

R. Afin que nous fassions pénitence chaque semaine, et surtout le vendredi en l’honneur de la Passion, et le samedi en souvenir de la sépulture de Jésus-Christ, et en l’honneur de la très sainte Vierge Marie.

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