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lundi, 12 septembre 2016

12 septembre. Fête du saint nom de la bienheureuse Vierge Marie. 1683.

- Fête du saint nom de la bienheureuse Vierge Marie. 1683.

Pape : Bienheureux Innocent XI. Roi de Pologne : Jean III Sobieski. Roi d'Espagne : Charles II. Empereur du Saint-Empire, roi de Hongrie : Léopold Ier. Roi de France : Louis XIV.

" Le nom de Marie, qui signifie étoile de la mer, convient parfaitement à la très sainte Vierge Marie qui est l'astre glorieux dont la lumière remplit le monde."
Bréviaire romain.


Gravure " Litanies du très saint nom de Marie ".

On célébrait déjà en plusieurs lieux la fête du saint nom de la très sainte Vierge Marie lorsque le bienheureux pape Innocent XI (béatifié par Pie XII) ordonna, par un décret du 20 novembre 1683, que cette même fête fut universellement reçue dans toute l'Eglise, en mémoire de l'insigne viscoire que nous allons raconter.


Le bienheureux Innocent XI, Benedetto Odescalchi,
ancien cardinal archevêque de Ferrare.

La ville de Vienne fut assiégée en 1683 par les Turcs et les Tartares avec une armée d'environ 200 000 hommes. Ils espéraient se rendre maîtres de la ville qu'il considéraient être la clef de l'Allemagne, et pénétrer ensuite au coeur de la Chrétienté. Déjà, cinquante lieues à la ronde, ces troupes avaient tout ruiné et leur état d'esprit était à la victoire.


Raimondo Montecuccoli.

L’Empire ottoman, qui avait déjà conquis les pays balkaniques et s’était installé dans la plaine hongroise, avait été toutefois contenu dans ses tentatives d’expansion, le 1 août 1664, par les armées impériales commandées par le Lombard Raimundo Montecuccoli (1609-1680) à la bataille de Saint-Gotthard (ou bataille de Mogersdorf pour les Allemands et les Hongrois) en Hongrie.


Bataille de Saint-Gotthard en Hongrie où elle est plus
connue sous le nom de bataille de Mogersdorf.

Mais rapidement, les Ottomans s'était remis de cette défaite, sous l’énergique impulsion du grand vizir Kara Moustapha (1634-1683) et avaient repris leurs offensives, encouragés inconsciemment pas la politique de Louis XIV, résolument anti-habsbourgeoise, et par la faiblesse du Saint-Empire et de l’Europe toute entière.


Le grand vizir Kara Mustapha.

A l'approche de cette armée, l'empereur s'enfuit avec son épouse et les Turcs ouvrirent la tranchée le 14 juillet. Après deux mois de siège, les Turcs étaient si bien avancés dans leur ouvrage qu'il ne restait plus que quatre ou cinq jours avant que la ville ne tombât.


Léopold Ier de Habsbourg.

Pendant ce temps, par toute la Chrétienté, on faisait des prières publiques (particulièrement en invoquant la sainte Vierge Marie) afin que le ciel procurât un secours particulier en vue d'éviter ce qui menacait d'être une tragédie pour l'Eglise et pour les peuples.

Il est juste de dire que Louis XIV avait fait la sourde oreille aux appels au secours adressés par la papauté qui avait souhaité qu'il expédiât un renfort conséquent sur place.

En effet, sa prépondérance de fait en Europe après les traité de Westphalie (1648), l'avait conduit à caresser l'espoir de briguer pour lui ou pour son sang la couronne du Saint Empire Romain Germanique, affaibli qu'il était par son morcellement dû aux guerres que les protestants avaient menées par toute l'Europe et l'Empire.

Il n’avait pas hésiter à s’allier avec les Ottomans (!?), désobéissant au pape, trahissant les promesses du sacre des rois de France - l'une d'elle l'engage et lui commande d' " exterminer les infidèles et les hérétiques " -, et se montrant ainsi totalement indifférent au sort de l'Eglise et de ses fidèles et sujets. Le résultat de cette alliance calamiteuse et de cette trahison sans vergogne provoquait la ruine de l’Europe catholique qui se retrouvait donc particulièrement vulnérable au lendemain de la Guerre de Trente Ans.


Le duc Charles V de Lorraine.

Les forces impériales, peu nombreuses et appuyées seulement par les milices urbaines et rurales hongroises, commandées par le duc Charles V de Lorraine (1643-1690), tentèrent de résister mais en vain. Le grand chef de guerre lorrain, au service des Habsbourg, avait accepté cette mission difficile, malgré le fait qu’il fût convalescent et sortît à peine d’une grave maladie qui l’avait quasiment amené au seuil de la mort, dont - lui et son entourage en étaient assurés -, l’avait sauvé les prières d’un capucin, le vénérable Marco d’Aviano (1631-1699).


Le vénérable Marco d'Aviano.

Ce prêtre italien, envoyé par le Saint Père auprès de l’Empereur, prédicateur infatigable qui ne cessait de prêcher la croisade contre les Turcs, conseilla aux militaires impériaux de placer l’image de la Mère de Dieu sur les insignes des armées du Saint Empire. C’est pourquoi les bannières militaires autrichiennes ont porté toutes l’effigie de la Vierge pendant plus de deux siècles et demi, jusqu’au jour où le sinistre Adolphe Hitler les en fit retirer.


Jean III Sobieski, roi de Pologne.

Les prières ne furent pas vaines. Le roi de Pologne, Jean Sobieski, répondant aux demandes du pape mais aussi à son propre sentiment, fort d'une armée très dévouée et très ordonnée, se présenta le 10 et le 11 septembre sur les collines au Nord de Vienne.


Statue du vénérable Marco d'Aviano à la
chapelle du couvent des Capuçins de Vienne.

Le matin du 12 septembre 1683, le vénérable Marco d’Aviano célèbra la messe et le Roi de Pologne y fit fonction d’acolyte. Les bras étendu, Jean Sobieski communia très pieusement, fit bénir ensuite toute l'armée et s'écria à toute l'armée : " Marchons à l'ennemi avec une entière confiance sous la protection du ciel et avec l'assistance de la sainte Vierge Marie !"


Jean III Sobieski.

65.000 soldats chrétiens s'aprêtaient à affronter 200 000 Ottomans.
Les princes de Bade et de Saxe, les Wittelsbach de Bavière, les seigneurs de Thuringe et du Holstein étaient à la tête de leurs troupes avec les Polonais, les Hongrois, le général comte italien Enea Silvio Caprara (1631-1701) ainsi que le jeune Prince Eugène de Savoie (1663-1736) qui allait connaître son baptême du feu.


Charge finale à la bataille de Vienne. Détail.

La bataille dura toute la journée et se termina par une terrible charge à l’arme blanche, conduite par Jean Sobieski en personne ; elle mit les Ottomans en fuite et donna la victoire à l’armée chrétienne. Celle-ci ne perdit que 2000, tandis que les Ottomans en déplorèrent au moins 20 000. L’armée du Sultan prit la fuite en désordre, abandonnant son butin, son artillerie, ses munition et l'essentiel des ses fournitures et équipements, après avoir massacré les prisonniers et esclaves chrétiens.


Bataille de Vienne. Elle est aussi connue par les Austro-Hongrois
et les Polonais comme la bataille de Khalenberg. Au centre,
le roi de Pologne flanqué à sa droite de Charles V de Lorraine
et à sa gauche du prince de Savoie et du comte von Stharemberg.
Un officier des Hussards ailés polonais lui rapporte
la bannière du Sultan Mehemet IV en fuite.

Le Roi de Pologne envoie au Pape les bannières capturées, en les accompagnant de ces paroles :
“ Veni, vidi : Deus vincit !”
“ Je suis venu, j’ai vu : Dieu a vaincu !”.


Le roi de Pologne envoie la nouvelle de
la victoire au bienheureux Innocent XI.

Entrant dans Vienne libérée, le roi de Pologne alla remercier le Dieu des armées et chanta le Te Deum. Aux applaudissements de la ville entière, il répondait que la victoire était due à la protection particulière de la très sainte Vierge Marie.

La ville en effet avait été déjà sauvée miraculeusement le jour de la fête de l'Assomption car un feu consécutif à l'incendie qui détruisait la magnifique chapelle des Ecossais s'était arrêté contre toute probabilité en évitant ainsi de se propager à l'arsenal - lequel jouxtait les remparts - remplit de poudre.

Le bienheureux pape Innocent XI, apprenant la nouvelle, fit rendre de solennelles actions de grâce à Dieu dans toute la Chrétienté, et, pour perpétuer le souvenir d'un si grand bienfait, dû à l'intercession de la très sainte Vierge Marie, institua la fête en l'honneur du saint nom de Notre Dame. Daté du 20 novembre 1683, ce décret fut assorti d'un autre du 5 février 1684 ordonnant de réciter un office propre spécialement composé à cet effet. On célèbre cette fête le dimanche de l'octave qui suit la fête de la nativité de la très sainte Vierge Marie.


La très sainte Vierge Marie Auxiliatrice qui donne la victoire
à ses enfants qui combattent pour et sous l'étendard de
Notre Seigneur Jésus-Christ. Lorenzone XIXe.

Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place, dans nos fêtes catholiques ; à côté du nom de Jésus, le nom de Marie est un nom glorieux, un nom tout aimable, un nom salutaire. Les Saints se sont essayés à l'envi à retracer les merveilles du nom de Marie.

La première gloire de ce nom béni, c'est qu'il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l'archange Gabriel le prononça d'une voix pleine de respect ; et depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour ; le Ciel prononce à la terre ce nom si beau, et la terre en revoie au Ciel l'écho mélodieux :
" Au nom de Marie, dit Pierre de Blois, l'Église fléchit le genou, les voeux et les prières des peuples retentissent de toutes parts."

" Que Votre nom est glorieux, Ô sainte Mère de Dieu ! s'écrie saint Bonaventure ; qu'il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles !"
" Ô nom plein de suavité ! s'écrie le bienheureux Henri Suzo. Ô Marie ! Qui êtes-Vous donc Vous-même, si Votre nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes ?"
" Votre nom, Ô Marie, dit saint Ambroise, est un baume délicieux qui répand l'odeur de la grâce !"

Mais surtout le nom de Marie est un nom de salut. Saint Éphrem l'appelle " la Clef du Ciel ".
" Le nom seul de Marie, dit saint Bernard, met en fuite tous les démons... "

Et ce n'est là qu'un faible écho de l'apologie du nom de Marie faite par les Saints...

Commentaires

Merci Ô Marie pour ce trésor salutaire : votre nom glorieux et votre bonté maternelle.
Merci pour tout !

Écrit par : Diedhou | lundi, 10 mai 2010

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Merci pour cet article enrichissant.

Écrit par : Busi | dimanche, 12 septembre 2010

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Au moment où l’Europe déchristianisée subit une invasion par les musulmans, où un antipape les prend sous sa protection, il faudrait un miracle éclatant pour obtenir de la Vierge Marie, bénie au-dessus de toute créature, une délivrance – leur conversion étant impossible - des apostats qui triomphent actuellement et précipitent les peuples vers le châtiment final. SEUL LE PETIT RESTE DES CROYANTS EN LA DIVINITÉ DE JÉSUS peut l’obtenir de MARIE SA MÈRE, dont le nom signifie aussi « mer d’amertume » à la vue de l’état effrayant et effroyable dans lequel nous sommes plongés.

Écrit par : Michel Mottet | lundi, 12 septembre 2016

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