UA-75479228-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 03 avril 2018

3 avril. Saint Richard de Wyche, évêque de Chichester. 1253.

- Saint Richard de Wyche, évêque de Chichester. 1253.
 
Pape : Innocent IV. Roi d'Angleterre : Henri III.
 
" Si vous ouvrez un livre, pensez aussitôt à cet homme juste, le vieillard Siméon, prenant dans ses bras l'enfant Jésus pour le baiser ; et quand vous aurez lu, fermez le livre, en rendant à Dieu des actions de grâces pour le trésor caché que vous avez trouvé dans son champ."
Thomas a Kempis, Doct. juv., c., V.
 

Saint Richard encore jeune et gagnant sa vie comme valet de ferme.
Gravure de Jacques Callot. XVIIe.

Né en 1197, saint Richard de Wych était le second fils de Richard Backedine et Alice de Wyche. Son père mourut alors qu'il était encore jeune et, entre les mains d'un tuteur incompétent, la propriété familiale fut rapidement menée à la ruine. Après la mort de leur mère, le frère aîné de notre Saint fut longtemps retenu en prison pour dettes. Richard travailla généreusement à sa délivrance ; mais il s'appauvrit lui-même au point d'être obligé de gagner sa vie comme valet de ferme.

Bientôt il put aller à Paris continuer les bonnes études qu'il avait déjà faites dans sa jeunesse. Il se lia d'amitié avec deux amis choisis, aussi pauvres que lui ; ils n'avaient qu'un manteau à tous les trois et se voyaient obligés de n'aller prendre leurs leçons que l'un après l'autre. Leur nourriture était plus que frugale, un peu de pain et de vin leur suffisait, et ils ne mangeaient de chair ou de poisson que le dimanche. Cependant Richard assura depuis que ce fut là pour lui le beau temps, tant il était absorbé par la passion de l'étude. Ses succès furent prompts et remarquables, si bien qu'à son retour en Angleterre il professa fort brillamment à l'Université d'Oxford.

Son enseignement et sa sainteté étaient si réputés qu'Edmond Rich, devenu archevêque de Cantorbery, et Robert Grosseteste, évêque de Lincoln, lui proposèrent tous deux le poste de chancelier de leur diocèse respectif. Richard accepta l'offre de l'archevêque et devint un ami intime de saint Edme.

Richard approuva la position de l'archevêque qui s'opposa au roi Henri III sur la question des sièges vacants en lui reprochant de garder des diocèses sans évêques aussi longtemps que possible (parce que tant que les sièges épiscopaux étaient vacants, leurs revenus allaient à la Couronne).


Statue de saint Richard.

Richard accompagna saint Edme dans son exil à l'abbaye de Pontigny (près d'Auxerre), s'occupa de lui dans sa maladie et était présent au prieuré Notre-Dame à Soisy (aujourd'hui Soisy-Bouy, près de Provins) quand il mourut le 16 novembre 1240.

Saint Richard étudia ensuite la théologie chez les dominicains à Orléans, fut ordonné prêtre en 1243 et, après avoir fondé une chapelle en l'honneur de saint Edme, revint en Angleterre où il devint curé de Deal et recteur de Charring.
Il fut ensuité persuadé par Boniface de Savoie, nouvel archevêque de Cantorbery, de reprendre son poste de chancelier.

En 1244, Ralph Neville, évêque de Chichester, mourut. L'élection au siège vacant de Robert Passelewe, archidiacre de Chichester, fut invalidée par Boniface à un synode de ses suffragants, le 3 juin 1244, et, sur sa recommandation, le chapitre élut Richard, choix immédiatement confirmé par l'archevêque.

Henri III était indigné, car Robert Passelewe était un de ses favoris, et il refusa de rendre à Richard les revenus de son siège. Le saint plaida sa cause auprès du pape Innocent IV, qui le consacra personnellement à Lyon, le 5 mars 1245, et le renvoya en Angleterre.


Masque-effigie de Henri III sur son tombeau.
Cathédrale de Canterbury.

Mais Henri était intraitable. Sans toit dans son propre diocèse, Richard dépendait de la charité de son clergé. Enfin, en 1246, Henri fut amené par les menaces du pape à restituer à Richard les revenus du diocèse. Comme évêque, Richard vivait dans une grande austérité, offrant la plupart de ses revenus comme aumônes.

Richard constitua un grand nombre de statuts qui réglent de manière détaillée la vie du clergé, la célébration du service divin, l'administration des sacrements, les privilèges de l'église. Chaque prêtre du diocèse devait se procurer une copie de ces statuts et les amener au synode diocésain.


Cathédrale de la Très-Sainte-Trinité. Chichester (occupée et profanée
désormais par la secte anglicane). Angleterre. XIe et suivant.

Devenu désormais libre dans l'exercice de son ministère, il se fit remarquer par sa grande condescendance pour les petits et par sa miséricorde pour les pauvres. Comme on lui disait que ses dépenses excédaient ses revenus :
" Il vaut mieux, dit-il, vendre son cheval et sa vaisselle d'argent que de laisser souffrir les pauvres, membres de Jésus-Christ."

Un jour, distribuant du pain, il en eut assez pour contenter trois mille pauvres, et il lui en resta pour cent autres qui survinrent après. Ces multiplications merveilleuses se renouvelèrent plusieurs fois. Il honorait les religieux et les embrassait souvent :
" Qu'il est bon, disait-il, de baiser les lèvres qui exhalent l'encens des saintes prières offertes au Seigneur !"

Pour améliorer l'entretien de sa cathédrale, Richard institua une quête annuelle qui devait être faite dans chaque paroisse à Pâques ou à la Pentecôte. Il encouragea les ordres mendiants, en particulier les dominicains.

En 1250, Richard fut l'un des collecteurs de la levée de fonds pour les croisades et deux ans plus tard le roi le nomma pour prêcher la croisade à Londres. Il fit des efforts acharnés pour soulever l'enthousiasme pour la cause dans les diocèses de Chichester et Cantorbery, et alors qu'il était en route pour Douvres, où il devait consacrer une nouvelle église dédiée à saint Edme, il tomba malade. En arrivant à Douvres, il alla dans un hôpital appelé la " Maison Dieu ", procéda à la cérémonie de consécration le 2 avril.

Saint Richard mourut le matin suivant en baisant le Crucifix et en invoquant Marie contre les ennemis du salut.


Tombeau de saint Richard. Cathédrale de la Très-Sainte-Trinité.
Chichester. Angleterre.

Son corps fut ramené à Chichester et enterré dans la cathédrale. Il fut solennellement canonisé par Urbain IV dans l'église franciscaine de Viterbe en 1262 et le 20 février le pape autorisa le transfert de ses reliques dans un nouveau tombeau. Mais l'état troublé du pays empêcha que cela se fît jusqu'au 16 juin 1276, quand le tranfert fut effectué par l'archevêque Kilwardby en présence d'Édouard Ier. Ce tombeau fut violé, outragé et détruit lors de la prétendue réforme par ses féroces sectateurs. Rien ne prouve qu'il s'agit de l'autel très restauré dans le transept sud qui est maintenant couramment assigné à saint Richard, et on n'a connaissance d'aucune relique.

00:15 Publié dans R | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 30 mars 2018

30 mars. Saint Rieul, évêque d'Arles et de Senlis. 130.

- Saint Rieul, évêque d'Arles et de Senlis. 130.

Pape : Saint Télesphore. Empereur : Adrien.

" Voici tes miracles que feront ceux qui croiront en moi en mon nom, ils chasseront les démons ; il parleront des langues nouvelles ; ils prendront des serpents avec la main sans éprouver leur morsure ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur nuira pas ils imposeront les mains sur les malades, et les malades seront guéris."
Marc, XVI, 17, 18.

Saint Rieul. Thomas Couture. XIXe.

Nous ne pouvons commencer la vie de ce saint Evêque, sans déplorer un grand incendie arrivé à Senlis, dans le IXe siècle, lequel, en consumant l'église cathédrale et ses archives, nous a ravi les principaux mémoires d'où nous aurions pu apprendre ses plus belles actions. Cependant, ce qui nous doit consoler, c'est que, peu de temps après, quelques personnes zélées pour son honneur, et voulant suppléer à une si grande perte, firent une diligente recherche de toutes les chartes et pièces authentiques qui se purent trouver en d'autres endroits touchant sa naissance, sa conversion, sa mission, son épiscopat et les autres circonstances de sa vie, et, sur ces actes, ont composé toute son histoire, qui est venue jusqu'à nous. On la retrouve dans Vincent de Beauvais, dans saint Antonin et dans les continuateurs de Bollandus nous en tirerons l'abrégé que nous allons insérer dans ce recueil.

Saint Rieul était originaire d'Argos, ville de Grèce, et d'une famille très considérable. Etant en âge de choisir un état, il entendit parler des merveilles que faisait, à Ephèse, le disciple bien-aimé de Jésus, saint Jean l'Evangéliste il l'y alla trouver, et fut tellement ravi de sa sainteté et de sa doctrine, qu'il renonça à l'idolâtrie, dont il avait fait profession jusqu'alors, embrassa le christianisme, reçut de lui le saint baptême, et, ayant fait un tour en son pays, pour y distribuer aux pauvres des biens immenses qu'il avait hérités de ses parents, s'attacha ensuite inviolablement à sa personne, pour l'aider dans la conversion des infidèles et l'établissement de la religion chrétienne. Le saint apôtre, admirant de plus en plus la vertu de ce généreux néophyte, lui donna rang dans l'Eglise (il y a apparence qu'il le fit prêtre) et l'honora de sa plus grande familiarité.

Sacre de saint Rieul. Vie de saint Denis. XIIIe.

Mais la persécution arracha bientôt le maître au disciple car l'empereur Domitien, qui avait succède à Tite, son frère, ayant été informé des fruits merveilleux que saint Jean produisait dans Ephese contre le culte des faux dieux, se le fit amener à Rome, et, après l'avoir fait plonger dans une chaudière d'huile bouillante, le relégua dans l'île de Pathmos.

Saint Rieul demeura encore quelque temps à Ephèse, pour soutenir et confirmer les catholiques ; mais il apprit que saint Denis l'Aréopagite était passé à Rome, avec le dessein d'aller porter la foi dans les pays où elle n'avait pas encore été portée animé du même zèle et du même désir du salut des infidèles, il le suivit et vint s'offrir à saint Clément, qui occupait depuis peu de temps la chaire de saint Pierre. Ce grand pape les reçut avec une joie extraordinaire ; et, comme il avait un désir extrême de la conversion des Gaules, dont les frontières, du côté de l'Italie et de l'Espagne, avaient seules reçu l'Evangile, il composa une sainte colonie de plusieurs hommes apostoliques pour cette grande expédition. Saint Denis, que sa haute érudition, sa sagesse toute céleste et sa dignité d'évêque d'Athènes rendaient très considérable, en fut déclaré le chef on lui donna Rustique pour diacre et Eleuthère pour sous-diacre, et on lui joignit, pour ses collègues et ses coopérateurs, notre saint Rieul, avec Lucien, Eugène et plusieurs autres, dont nous aurons occasion de parler dans la suite de ce recueil.

Sacre de saint Rieul. Vita et passio beati Dionysii. XIVe.

Un des historiens de saint Rieul le conduit tout d'un coup à Paris et à Senlis ; mais les autres, que l'ancienne tradition des églises de Provence autorise extrêmement, nous apprennent que cette illustre colonie vint d'abord à Arles, où il y avait déjà plusieurs chrétiens que saint Trophime avait convertis et baptisés, en ayant été fait évêque par saint Paul, lorsqu'il y passa avec plusieurs excellents missionnaires pour aller en Espagne. Nos saints prédicateurs furent donc reçus de cette sainte société comme des Anges venus du ciel, et ils en accrurent bientôt le nombre par la force de leurs sermons, de leurs remontrances et de leurs miracles.

Saint Denis renversa même, par la seule invocation du nom de Jésus-Christ, la célèbre idole de Mars, que le peuple adorait ; et s'étant, par ce moyen, rendu maître du temple, il le purifia et le consacra au vrai Dieu en l'honneur des bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul, et fit faire un baptistère pour la régénération de ceux qui se convertiraient. Il n'eût pas été à propos d'abandonner cette église naissante, ni la riche moisson que l'on y pouvait espérer dans la suite; c'est pourquoi le même saint Denis, ayant envoyé quelques-uns de ses autres collègues en diverses provinces des Gaules, consacra saint Rieul éveque, et le laissa à Arles lui, qui était destiné à Paris, poursuivit son chemin et vint y apporter la précieuse semence de l'Evangile.

Saint Rieul quittant Arles. Vita et passio beati Dionysii. XIVe.

Notre nouvel Evêque travailla avec un courage infatigable à défricher le champ qui lui avait été désigné, et il le fit avec tant de succès, qu'il se vit, en peu de temps, à la tête d'une église nombreuse et dont la piété répandait la bonne odeur de Jésus-Christ dans tout le pays. Cependant, le bienheureux Aréopagite et ses deux compagnons ayant été martyrisés à Paris, Rieul en fut averti le même jour d'une manière tout à fait surnaturelle il célébrait les divins mystères devant tout le peuple. Après avoir récité, dans le canon, les noms de saint Pierre et de saint Paul, il ajouta, sans y penser, ceux de ces nouveaux martyrs, disant " et des bienheureux martyrs Denis, Rustique et Eleuthère ", et il vit sur l'autel trois colombes, qui portaient ces noms sacrés imprimés en couleur de sang sur la poitrine. Il communiqua, après la messe, sa vision aux principaux de son clergé, et, ayant commis à un éveque, nommé Félicissime, la charge de l'église d'Arles, il partit aussitôt pour venir chercher leurs reliques à Paris.

Y étant arrivé, sur les avis qu'on lui donna, il alla au village de Châtou et y rencontra heureusement une dame nommée Catulle c'était celle qui avait enlevé les corps des martyrs et les avait enterrés secrètement. Comme il se fit connaître à elle, elle lui déclara toute l'histoire de leur martyre et le mena au lieu où elle les avait ensevelis. Ce fut là que saint Rieul, abandonnant son cœur à la douleur, répandit un torrent de larmes mais il ne pleurait pas tant le supplice de son maître et de ses compagnons, que son propre malheur de ce qu'il n'avait pas eu part à leur triomphe. Il célébra au même lieu le divin sacrifice à leur honneur, et grava sur une pierre le récit de ce qui s'était passé dans le cours de leurs combats. Cependant la pieuse Catulle, désirant être plus parfaitement instruite qu'elle ne l'était des mystères de notre religion, supplia son saint hôte de ne pas sortir si tôt de son logis, puisque, d'ailleurs, la persécution contre les chrétiens n'étant pas encore apaisée, il ne pouvait se produire sans s'exposer inutilement à la mort. Mais trois jours après, le président Fescenninus s'en étant allé sur la nouvelle de la mort de l'empereur Domitien, elle put faire bâtir une chapelle de bois autour des tombeaux des saints martyrs, et saint Rieul la consacra sous leur nom. C'est la chapelle que sainte Geneviève de Paris fit, depuis, rebâtir en pierre, comme nous l'avons déjà marqué dans sa vie.

Saint Rieul exorcisant Catulle et la baptisant.
Vita et passio beati Dionysii. XIVe.

Après avoir fait renaître le courage dans le cœur des fidèles de Paris, dispersés par la tempête, et avoir mis à leur tête le prêtre Malon qu'il sacra évêque, saint Rieul se sentant appelé plus loin, prit le chemin de Senlis, et, passant à Louvres, à six lieues do Paris, il y trouva des paysans qui adoraient l'idole de Mercure. Leur aveuglement lui donna beaucoup de compassion il fit le signe de la croix sur cette idole, la toucha de son bâton, prononça le saint nom de Jésus, et, en même temps, l'idole tomba par terre et fut réduite en poussière. De là il prit sujet d'instruire ces paysans et de leur faire voir que c'était à tort qu'ils rendaient à une créature inanimée, ou à un démon qui s'y montrait, le culte souverain qui n'est dû qu'au seul Dieu créateur du ciel et de la terre et sa parole fut si puissante, qu'elle convertit ces pauvres gens et les porta à demander le saint Baptême.

Ils bâtirent même une chapelle que saint Rieul dédia depuis, et l'on croit que c'est encore celle que l'on voit auprès de la paroisse; quoiqu'on ne puisse douter que, depuis tant de siècles, il ne l'ait fallu réparer plusieurs fois. Elle porte le nom de la sainte Vierge.

Baptême de Catulle. Vie de saint Denis. XIIIe.

Cet heureux succès donna à saint Rieul le courage d'entreprendre la conversion des habitants de Senlis. Il y fut invité par une dame ayant son fils possédé d'un démon furieux, qui le supplia avec beaucoup de larmes de l'en venir délivrer. Ce fut le premier miracle qu'il fit dans cette ville. Ensuite, les portes de la prison s'étant ouvertes à son commandement, et les chaînes des prisonniers s'étant rompues, il les tira de ce lieu de misère et leur donna la liberté ces actions, qui se firent en présence de tout le peuple, furent cause que plusieurs reconnurent la vérité de notre sainte foi, et prièrent le Saint de les baptiser. Le président Quintilien, en étant averti, commanda aux prêtres des idoles de disposer, pour le lendemain, un grand sacrifice, dans le dessein d'obliger Rieul de s'y trouver et d'offrir comme les autres de l'encens aux faux dieux, ou, s'il refusait de le faire, de l'immoler lui-même par de cruels supplices mais saint Denis et ses compagnons, lui apparaissant la nuit, le dissuadèrent d'une résolution si injuste et l'avertirent que, s'il voulait être sauvé, il fallait nécessairement qu'il embrassât la religion que prêchait ce nouveau docteur. Le lendemain, il communiqua sa vision à sa femme, qui, bien loin d'éteindre ces premières étincelles de conversion, les alluma au contraire et les fortifia beaucoup par ses discours, ayant déjà elle-même reçu quelque tçenture de la foi par le moyen de ceux qui avaient assisté aux prédications de saint Denis.

Saint Rieule détruisant les idoles. Vie de saint Denis. XIIIe.

Cependant Rieul se rendit de grand matin au temple, bâti dans l'enceinte des murs de la ville. C'était un édifice somptueux et magnifique où il y avait toutes sortes d'idoles et de figures des divinités païennes. Mais à son arrivée, et aussitôt qu'il eut prononcé le nom adorable de Jésus, toutes ces figures tombèrent par terre et furent brisées. Cet accident mit le trouble et la consternation parmi les sacrificateurs mais durant leur agitation, le Saint, animé du zèle et de la gloire de son Dieu, se mit à prêcher publiquement la fausseté du paganisme et la vérité de l'Evangile et il le fit avec tant d'ardeur et de force, qu'il n'y eut presque personne des assistants qui ne se rendit à ses raisons. Le président arriva là-dessus avec sa femme et toute sa famille, et témoigna qu'il voulait être chrétien ce qui acheva de gagner les principaux habitants que la crainte d'un homme si terrible pouvait beaucoup empêcher de se déclarer. Les sacrificateurs mêmes ne purent résister à une démonstration si évidente de leur erreur aussi, après un jeûne de trois jours, et après que le temple eut été purifié et dédié en l'honneur de la sainte Vierge (c'est encore aujourd'hui la cathédrale où est la chapelle et la célèbre image de Notre-Dame-des-Miracle), il se fit un baptême solennel d'un nombre presque infini de personnes de toutes sortes d'âges, d'états et de conditions.

Cathédrale Notre-Dame. Senlis. Île-de-France.

Saint Rieul fit disposer aussi un cimetière à la porte de la ville, pour la sépulture des fidèles, et y fit construire une église sous les noms de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Cette église et ce cimetière portent à présent son nom, et on l'a donné aussi à une fontaine qui est du côté de Compiègne, parce que ce fut lui qui la fit sourdre miraculeusement, après avoir prêché le peuple en pleine campagne.

Saint Rieul prêchant les idolâtres de Senlis.
Vita et passio beati Dionysii. XIVe.

Voilà quels furent les prémices de la conversion du pays de Senlis. Dieu en augmenta les progrès par de grands miracles, que le Saint opéra en diverses rencontres car son histoire nous apprend qu'il rendit la vue à des aveugles, l'ouïe à des sourds, l'usage des pieds à des boiteux et la santé à plusieurs malades. Mais on peut dire que le plus grand de ses miracles était sa vie toute céleste et angélique. Il avait une humilité très-profonde, qu'il appuyait sur ces paroles du Fils de Dieu, dont il ne perdait jamais le souvenir :
" Tous ceux qui s'abaisseront seront élevés, et tous ceux qui s'élèveront seront abaissés."

Consécration de Saint-Denis-de-l'Estrée. Vie de saint Denis. XIIIe.

Son zèle pour la gloire de Dieu n'avait point de bornes, et il n'y avait rien qu'il n'entreprît et qu'il ne fût prêt à souffrir pour rétendre et pour l'augmenter de tous côtés. Sa charité était immense, et elle se répandait sur toutes sortes de malheureux. Nulle adversité n'était capable de l'abattre. Nulle prospérité et nul bon succès n'étaient capables d'enfler son cœur. Sa modestie, jointe à un port majestueux et à une vénérable vieil-lesse, imprimait un si grand respect dans l'esprit de tous ceux qui le regardaient, qu'ils ne pouvaient s'empêcher de l'aimer et de l'honorer.

Tous les auteurs de sa vie rapportent que le clergé et le peuple de Beauvais l'envoyèrent supplier de venir sacrer évêque leur apôtre, saint Lucien, qui était aussi un des missionnaires compagnons de saint Denis mais durant le voyage de leurs députés à Senlis, ce saint apôtre fut mis à mort pour la foi de Jésus-Christ, sans avoir reçu de lui l'imposition des mains. Si cela est, il faut dire que saint Lucien n'est appelé premier évêque de Beauvais, que parce qu'il était élu, nommé et désigné évêque, et, qu'étant envoyé par saint Clément et saint Denis, il avait toute la juridiction épiscopale, comme les ecclésiastiques nommés à un évôché et institués par le Pape l'ont avant leur sacre.

Saint Rieul procédant à la consécration de Saint-Denis-de-l'Estrée.
Vita et passio beati Dionysii. XIVe.

Quoi qu'il en soit, les auteurs ajoutent que la nouvelle de cet illustre martyre, qui fut apportée à saint Rieul à son départ, ne l'empêcha pas de continuer son voyage dans tous les villages qu'il rencontra sur sa route, il prêcha Jésus-Christ avec un merveilleux succès. Non loin de Senlis, il guérit un aveugle, et, en mémoire de ce miracle, on bâtit au même lieu une chapelle, dont on voit encore les vestiges au village de Ruily.

Prêchant en pleine campagne, comme le bruit des grenouilles empêchait qu'on ne l'entendît, il leur défendit à toutes, excepté à une, de croasser tant que durerait son discours, et aussitôt il fut obéi, et il se servit avantageusement de l'obéissance de ces animaux sans raison, pour porter ses auditeurs à obéir au vrai Dieu. A Brenouille, où il rendit la vue à un aveugle, on éleva une église qui, plus tard, fut placée sous son patronage. A Canneville, il éleva un oratoire qu'il dédia à saint Lucien de Beauvais.

Eglise Saint-Rieul. Brénouille. Picardie.

Enfin, après avoir admirablement consolé et fortifié le peuple de Beauvais par sa présence, il retourna à sa première église. Il employa le reste de sa vie à cultiver par ses visites, ses exhortations et ses exemples, la vigne dont il avait la charge. Enfin, ce qui est admirable en un temps où le martyre était presque inséparable de l'épiscopat, il mourut en paix au milieu de son peuple, l'an 130, sous l'empereur Adrien, après avoir travaillé près de quarante ans à ces diSérentes missions. Son corps fut enterré dans l'église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, qui a pris depuis son nom, comme nous l'avons dit et il a fait, dans la suite des siècles, un grand nombre de miracles. Ses historiens sont obligés d'en omettre la plus grande partie, parce que l'incendie arrivé dans l'église cathédrale de Senlis en a fait perdre les actes mais ils en rapportent quelques-uns fort considérables, et qui font voir les grands mérites et le pouvoir extraordinaire de ce saint Evêque.

On représente saint Rieul avec un âne couché à ses pieds voici le sens de cette représentation qui, du reste, se trouve rarement dans les œuvres des artistes Rieul ayant délivré un possédé à Senlis, le diable chassé par l'exorcisme, témoigna le désir d'entrer dans le corps de l'âne, qui servait de monture au saint Evêque. C'était sans doute une compensation, comme celle des démons qui, d'après l'Evangile, demandèrent à pouvoir habiter le corps des pourceaux. Mais, dit la légende, l'âne, en bête bien apprise, fit un signe de croix avec son pied sur la terre, et le diable fut réduit à se pourvoir ailleurs. On voit encore un cerf et une biche sur les anciennes peintures représentant saint Rieul, sans doute pour rappeler le miracle de ces animaux, allant s'agenouiller devant son tombeau, au milieu de la foule, le jour de sa fête. Mais il y a peut-être à cela une explication plus allégorique.

Ne serait-ce pas la représentation pour ainsi dire hiéroglyphique de la conversion du pays de Senlis, dont les habitants s'appelaient habitants des bois, Sylvanectenses ? Il va sans dire que les grenouilles, dont la voix se tut à l'ordre du saint Rieul, ont figuré dans ses images. Les habitants de Ruily où s'opéra ce miracle, et dont le nom latin Reguliacus, vient de Regulus (Rieul), n'ont pas manqué de faire représenter des grenouilles sur le tableau de la chapelle de saint Rieul, leur apôtre.

Saint Rieul désigne son successeur. Vita et passio beati Dionysii. XIVe.

RELIQUES ET CULTE

Clovis, notre premier roi chrétien, étant venu à son tombeau pour y faire sa prière, en fit découvrir les précieuses reliques ; et, après leur avoir rendu beaucoup de respect, il pria les évêques de lui en donner quelques ossements. Les prélats n'osèrent démembrer un corps si vénérable ; mais ils ne purent refuser au roi une dent du saint Evêque. Lorsqu'ils l'arrachèrent de la mâchoire, il en coula un ruisseau de sang ; ce qui remplit encore les assistants d'une plus grande révérence. Clovis la reçut avec beaucoup de dévotion, et l'emporta avec une joie extrême ; mais, lorsqu'il voulut rentrer dans la ville, ni !ui, ni ses officiers n'en purent jamais trouver l'entrée reconnaissant sa faute, il reporta la relique au lieu où il l'avait prise et, pour témoigner davantage sa piété envers saint Rieul, il fit rebâtir fort somptueusement l'église où il était enterré, et la dota de quelques fonds de terre ; il lui fit faire aussi un sépulcre d'or, où il y avait tous les ans, au jour de sa fête, un concours infini de peuple et de pèlerins ; et ce qui est merveilleux, les cerfs mêmes et les biches avec leurs faons, se mêlaient sans crainte parmi le monde, comme pour faire paraître leur joie dans cette solennité publique.

Basilique Saint-Denis. Saint-Denis. Île-de-France.

Un habitant de Senlis s'étant consacré par voeu au service de cette église, changea, quelques années après, de résolution, et s'adonna aux emplois tout à fait séculiers ; mais il fut puni de sa transgression par une cécité subite, et n'en put être guéri que par beaucoup de prières et de larmes, et en reprenant les fonctions sacrées auxquelles il était engagé par sa promesse. Un pauvre estropié des environs d'Auxerre se fit apporter au tombeau du Saint, et il y trouva une guérison si parfaite, que, après être entré dans l'église par le secours d'autrui, il en sortit en sautant, et s'en retourna à pied, plein de force et de vigueur, en son pays. Il en a'riva de même à un boiteux du pays de Gâtinais, et à une pauvre fille de Sentis, qui était si percluse de tous ses membres, qu'elle ne pouvait aller qu'en les traînant misérablement contre la terre. Mais la guérison la plus illustre fut celle de la fille du roi et empereur Charles le Chauve, nommée Hermengarde elle fut délivrée d'une fièvre qui la réduisit à l'extrémité, aussitôt qu'elle eut fait ses dévotions et communié à l'autel de ce saint sépulcre le roi et la reine firent de grands présents à cette même église.

Les habitants de Sentis ont souvent ressenti les effets de la protection de leur bien-aimé Apôtre aussi, dans les circonstances critiques, se sont-ils toujours empressés de réclamer son appui on portait alors ses reliques dans les rues de la ville avec une grande solennité. Le 23 avril ou le dimanche qui en est le plus proche, saint Rieul reçevait encore (en 1872 notamment) les hommages d'une foule de pèlerins en mémoire d'une ancienne translation de ses reliques. Deux fêtes destinées à rappeler ses miracles se célébraient autrefois le février et le 13 juillet. Plusieurs chapelles lui ont été dédiées dans le Valois, où son culte a toujours été très-répandu.

Vision de saint Rieul pendant le Très Saint Sacrifice de la messe.
Vie de saint Denis. XIIIe.

Voilà ce que les auteurs que nous avons cités nous apprennent de saint Rieul. Nous savons que plusieurs savants de ces derniers temps ne tombent pas d'accord sur le temps de sa mission ; les uns ne la mettent que sous l'empire de Dèce, et les autres sous celui de Dioclétien. Mais nous n'avons jamais pu entrer dans le sentiment de ces auteurs, qui veulent que les Papes et les hommes apostoliques aient tellement négligé les Gaules, qu'ils aient été deux ou trois cents ans sans y envoyer de missionnaires, tandis que l'Evangile était porté chez les Scythes. les Indiens et les Brachmanes. Et d'ailleurs, comme un des auteurs que nous avons suivis, et qui vivait apparemment il y a près de huit cents ans, assure qu'il a tiré ce qu'il dit de plusieurs chartes très anciennes, nous avons cru que nous pouvions nous y arrêter sans crainte d'erreur.

Quelques-unes de ses reliques, conservées à la cathédrale d'Amiens, furent sauvées en 1793 par M. Lecouvé, maire de cette ville, gardées jusqu'en 1802 par M. Lejeune, curé constitutionnel de Notre-Dame, et vérifiées en 1816 et en 1829. Elles se trouvent aujourd'hui confondues avec d'autres reliques dans la chasse dite de saint-Honoré.

Vision de saint Rieul pendant le Très Saint Sacrifice de la messe.
Vita et passio beati Dionysii. XIVe.

L'opinion qui fait venir saint Rieul dans les Gaules vers la fin du Ier siècle, est appuyée sur la tradition constante de l'église de Senlis, et confirmée :
1. par trois vies de saint Rieul qui remontent au
IXe siècle ;
2. par l'ancienne liturgie de Senlis ;
3. par les liturgies conformes de l'abbaye de Saint-Denis et de l'église d'Arles ;
4. par les diptyques de cet évêché.

00:15 Publié dans R | Lien permanent | Commentaires (0)

dimanche, 25 mars 2018

25 mars. Saint Richard de Paris, enfant, martyr. 1180.

- Saint Richard de Paris, enfant, martyr. 1180.

Pape : Alexandre III. Roi de France : Philippe II, Auguste.

" Salvete, flores martyrum,
Quo lucis ipso in limine
Christi insecutor sustulit,
Ceu turbo nascentes rosas."
" Salut, fleurs des martyrs,
Moissonnées au seuil de la vie
Par le glaive de l'ennemi du Christ,
Comme la tempête en fureur brise les roses qui viennent d'éclore."
Prudence.

Sur la fin du règne de Louis VII, en France, et au commencement de celui de Philippe-Auguste, son fils, qui régna quelque temps avec lui, on vit à Paris un fait presque semblable à celui dont nous parlions hier, arrivé dans la ville de Norwich ; le martyr était aussi en âge de raison, et ainsi sa victoire fut plus remarquable et plus glorieuse.

C'était un jeune garçon appelé Richard, de fort bonne famille, âgé seulement de douze ans. Les Juifs s'en étant saisis vers la fête de Pâques, l'attirèrent en leur maison et le conduisirent en un caveau sous terre. Le chef de la synagogue, l'interrogeant sur sa croyance et sur ce que lui enseignaient ses parents, il répondit avec une fermeté digne d'un vrai Chrétien :
" Je ne crois qu'en Dieu le Père tout-puissant, et en Jésus-Christ, son Fils unique, né de la Vierge Marie, crucifié et mort sous Ponce-Pilate."

Le rabbin, offensé de cette profession de foi si pleine de candeur, adressa la parole aux Juifs complices de son crime, et leur commanda de le dépouiller et de le fouetter cruellement. L'exécution suivit aussitôt le commandement le saint jeune homme étant dépouillé, fut battu avec une fureur qui ne pouvait convenir qu'à des enfants de la race de Chanaan. Tandis que quelques-uns le traitaient de la sorte, les autres, qui étaient spectateurs de la tragédie, lui crachaient au visage, et, par un horrible mépris de la foi chrétienne qu'il professait, proféraient mille blasphèmes contre la divinité de Jésus-Christ, au lieu que le martyr le bénissait sans cesse, ne prononçant point d'autres paroles, parmi tous ces tourments, que le nom sacré de JÉSUS.

Lorsque ces tigres se furent suffisamment délectés de ce premier supplice, ils relevèrent sur une croix, et lui firent souffrir toutes les indignités que leurs, sacrilèges ancêtres avaient autrefois fait endurer sur le Calvaire a notre divin Sauveur cependant leur barbarie ne put ébranler le courage du Martyr; mais, retenant toujours l'amour de Jésus en son cœur, il ne cessa jamais de l'avoir en la bouche, jusqu'à ce qu'enfin son petit corps, affaibli par la douleur, laissa sortir son âme avec un soupir, et avec le même nom adorable de Jésus.

Une impiété si détestable, commise au milieu d'un royaume très-chrétien, ne demeura pas impunie. Le roi voulait même exterminer tous les Juifs qui se trouvaient en France, parce que presque partout on les accusait de crimes semblables, outre leurs usures il se contenta de les bannir du royaume.

Dieu voulut rendre illustre la mémoire du saint Martyr, qui était mort pour la cause de son fils. Le tombeau qu'on lui avait érigé en un cimetière appelé des Petits-Champs, devint célèbre par les miracles qui s'y opéraient tous les jours ; ce qui engagea les chrétiens de lever son saint corps de terre et de le porter solennellement en l'église des Innocents, où il a demeuré jusqu'à ce que les Anglais, s'étant rendus en quelque façon les maîtres de la France, et particulièrement de Paris, sous le faible roi Charles VI, enlevèrent ce précieux trésor pour l'honorer en leur pays, alors catholique, et ne nous laissèrent que son chef. Il se voyait encore au XVIIIe siècle, en cette même église des Innocents, enchâssé dans un riche reliquaire.

L'histoire du martyre de saint Richard a été composée par Robert Gaguin, général de l'Ordre de la Très-Sainte Trinité elle se trouve aussi dans les Annales et les Antiquités de Paris ; dans le martyrologe des Saints de France, et dans plusieurs historiens qui ont écrit les gestes de nos rois.

Particulièrement dans Scipion Duplex, lorsqu'il traite du règne de Philippe-Auguste, en l'année 1180, cet auteur remarque, avec le cardinal Baronius, au deuxième tome de ses Annales, que, huit ans auparavant, d'autres Juifs avaient commis un crime semblable en la ville de Nordwich, en Angleterre, en la personne d'un enfant, appelé Guillaume, comme nous l'avons vu hier.

Polydore Virgile parle de cet enfant en son Histoire d'Angleterre, ainsi que le religieux Robert du Mont, en son supplément à Sigebert.

Nous avons déjà cinq saints innocents martyrisés par les Juifs : Siméon, à Trente, Janot, au diocèse de Cologne, Guillaume, à Nordwich, Hugues à Lincoln, et notre Richard, à Paris.

Nous pouvons encore y en ajouter un cinquième, dont parle Raderus en sa Bavière sainte, à savoir, un nommé Michel, jeune enfant de trois ans et demi, fils d'un paysan, nommé Georges, du village de Sappendelf, auprès de la ville de Naumbourg. Les Juifs l'ayant enlevé le dimanche de la Passion, pour satisfaire leur rage contre les chrétiens, l'attachèrent à une colonne, où ils le tourmentèrent, l'espace de trois jours, par d'étranges cruautés ainsi ils lui ouvraient les poignets et le dessus des pieds, et lui faisaient diverses incisions en forme de croix, par tout le corps, pour en tirer tout le sang. Il mourut dans ce supplice l'an de Notre-Seigneur 1340.

Ajoutons que les Juifs étant devenus l'objet d'une telle haine générale, les Papes et les conciles les sauvèrent seuls, souvent du moins, de la fureur du peuple et des édits de proscription des princes. On en fit dans certaines contrées, dans certaines villes, d'affreux massacres, ou on les obligea, par les menaces et les tortures, d'embrasser le christianisme.

Alexandre II, pour ne citer que deux exemples, loua les évêques espagnols qui s'étaient opposés à ces violences ; le cinquième concile de Tours (1273), défendit aux croisés de persécuter les Juifs.

00:10 Publié dans R | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 28 février 2018

28 février. Saint Romain & saint Lupicin, frères, abbés de Condat, fondateurs des monastères du Mont Jura. 460.

- Saint Romain & saint Lupicin, frères, abbés de Condat, fondateurs des monastères du Mont Jura. 460.
 
Pape : Saint Léon Ier le Grand. Roi des Francs Saliens : Childéric Ier. Empereur romain d'Occident : Majorien. Empereur romain d'Orient : Léon Ier le Thrace.

" Il n'y a qu'une seule, vraie et douce patrie ; en dehors de celle-là, tout n'est que déplacement et pélerinage."
St. Aug. sup. Psalm. XLI.
 
http://i44.servimg.com/u/f44/11/64/82/51/saint_10.jpg
Saint Romain et saint Lupicin. Ancienne église abbatiale de
l'abbaye Saint-Oyend (saint Oyend fut un disciple de saint Romain
et de de saint Lupicin) aujourd'hui cathédrale
Saint-Pierre-Saint-Paul-et-Saint-André. Saint-Claude. Jura.

Saint Romain et saint Lupicin naquirent d'une honnête famille, vers la fin du IVe siècle, dans l'ancienne province des Séquanais, le Haut-Bugey, dans le diocèse actuel de Belley. Quelques auteurs pensent que la ville d'Izernore, considérable à l'époque, fut la patrie de deux frères.La jeunesse de Romain demeura pure de toute corruption du siècle. Après s'être mis quelques temps sous la conduite du saint abbé Sabin, qui gouvernait le monsatère d'Ainay à Lyon, et qui lui fit étudier sérieusement la vie cénobitique, il se retira, âgé de trente-cinq ans, à Condat, dans les forêts du Jura, où il mena la vie des anciens anachorètes, au milieu des bêtes féroces, et oublié du monde, qu'il avait oublié le premier.
Condat signifie en langue celtique confluent, et c'est effectivement au confluent du Tacon et de la Dienne que notre Saint s'installa.
 

Saint Romain. Bréviaire à l'usage de Paris. XVe.

Mais ce n'était là, dans les desseins de Dieu, qu'une préparation : la vocation de Romain, c'était de fonder des monastères où l'on verrait fleurir toutes les merveilles de sainteté accomplies depuis plus de deux siècles dans les déserts d'Orient. Le premier de ses disciples fut son frère Lupicin.Dieu avait donné aux deux frères des caractères fort différents ; autant Romain était doux et indulgent, autant Lupicin était ferme et rigide, et on eût pu l'accuser d'excès, s'il n'avait encore été plus dur pour lui que pour les autres. Chez les deux Saints, ces divergences étaient toujours, chose étonnante, accompagnées d'une parfaite union. Si Lupicin avait paru dépasser la mesure, Romain était là pour tout concilier ; s'il était besoin d'un coup d'énergie, Romain avait recours à Lupicin, dont le bras de fer brisait tout obstacle.


Cathédrale Saint-Pierre Saint-Paul et Saint-André. Saint-Claude. Jura.

Une année que les récoltes avaient été très abondantes, les religieux se relâchèrent de leur abstinence et ne se rendirent point aux douces observations de Romain. Le saint abbé confia l'affaire à son frère, qui ne fit servir à la communauté, pendant un certain temps, que de la bouillie d'orge sans apprêt. Douze moines quittèrent le monastère, les autres retrouvèrent leur ferveur. Romain pleura ses douze religieux et se plaignit à son frère ; il versa tant de larmes et fit tant de prières, que les douze fugitifs revinrent et menèrent une vie austère et pleine d'édification.


Chapelle Saint-Romain-de-Roche à Pratz. Franche-Comté.

Un des plus anciens religieux lui reprocha un jour de recevoir trop facilement tous les sujets qui se présentaient, au risque de n'avoir plus de place pour accueillir les sujets d'élite :
" Mon frère, lui dit le Saint, Dieu seul discerne le fond des coeurs, confions-nous en Lui. Accueillons toutes ces brebis que nous envoie le divin Pasteur, et, par notre zèle, conduisons-les avec nous aux portes du Paradis."

00:20 Publié dans R | Lien permanent | Commentaires (3)