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jeudi, 27 juillet 2017

27 juillet. Saint Aréthas et les saints martyrs d'Arabie, au pays des Homérites. 524 (?).

- Saint Aréthas et les saints martyrs d'Arabie, au pays des Homérites. 524.

Pape : Jean Ier. Roi du Yémen : Dunaan.

" Viens, allons mourir pour le Christ !"


Saint Aréthas.

Ils habitaient le Yémen, c'est-à-dire le sud-ouest de l'Arabie ou " Arabie heureuse " (jadis le pays de la reine de Saba ; ce nom " classique " d'Homérites que leur donne le martyrologe vient de l'arabe " Himyar ").

La région était depuis peu sous la mouvance éthiopienne, et chrétienne çà et là par des groupes venus d'Afrique ; mais le Judaïsme dominait depuis la fin du Ve siècle.

Un prince, juif de religion, Dhû Nowas (ou Dunaan), entreprit, au début de l'hiver 522-523, de secouer le " joug " des Noirs éthiopiens. Il prit la ville de Safar, massacra la colonie abyssine chrétienne, et transforma l'église en " ceux d'en-face ".
Puis ce fut le tour de Nedjrân (ou Nagran, ou Najran). Il proposa une capitulation, car le siège traînait un peu. On l'accepta.

Dès qu'il fut entré, il oublia ses engagements et massacra tout Chrétien qui refusait l'apostasie. L'évêque défunt fut exhumé et mis au feu. On aménagea une immense fosse ardente où l'on jeta tout le clergé avec les vierges sacrées, holocauste de 427 victimes.
L'église flamba. Il y eut au total plus de 4.000 morts. Et 340 guerriers, de la tribu des Harith-ibn-Kaab, avec leur émir que nous appelons Aréthas, s'étaient enfermés dans la ville : ils avaient conseillé aux assiégés une attitude vigoureuse et énergique, mais en vain. Ils eurent le déplaisir d'être immolés sans avoir pourfendu de mécréants. Aréthas fut décapité. Une femme fut étendue à terre : on égorgea sur elle ses deux filles en sorte que leur sang lui coulât dans la bouche, puis on la tua.

L'épisode émouvant, recueilli par Baronius au 24 octobre, de l'enfant qui se jette au feu pour rejoindre sa mère, est un enjolivement hagiographique *. Voici les faits, d'après le document le plus sûr, une lettre de Siméon, évêque de Beit Archam :

" Un petit garçon trottinait pendu à la main de sa mère qu'on menait au supplice. Il aperçut le roi assis en magnifique apparat. Aussitôt il quitte sa mère, court au prince, embrasse ses genoux.
Dhû Nowas (Dunaan), touché, l'embrasse :
" Que préfères-tu, mon petit, aller avec maman, ou rester avec moi ?
- Par Notre-Seigneur, aller avec maman. Elle m'a dit : " Viens, allons mourir pour le Christ ". Laisse-moi retourner avec elle. Elle m'a dit que le roi des Juifs tuait ceux qui obéissaient au Christ.
- Comment as-tu connu le Christ ?
- Chaque jour je le vois quand j'accompagne maman à l'église.
- Qui aimes-tu mieux, maman ou moi ?
- Par Notre-Seigneur, j'aime mieux maman.
- Et qui aimes-tu mieux, moi ou le Christ ?
- J'aime mieux le Christ !
- Alors pourquoi es-tu venu embrasser mes genoux ?
- Je croyais que tu étais le roi Chrétien qui était à l'église, mais je vois que tu es juif.
- Je te donnerai des noix, des amandes, des figues !
- Non, par le Christ, jamais je ne mangerai des choses juives. Laisse-moi retourner avec maman.
- Reste ici, tu seras mon fils.
- Non, tu sens mauvais, et maman sent bon."

Martyre de saint Aréthas.

Alors le roi s'adressant à son entourage :
" Voyez-vous cela comme le Christ a séduit jusqu'à leurs gamins !"
Un noble intervint :
" Arrive, je te mène à la reine, tu seras son petit garçon.
- Toi, répliqua le petit, je te battrai ! Maman, qui me conduit à l'église, vaut mieux que ta reine."

Comme on le retenait, il mordit le roi à la jambe :
" Lâche-moi, Juif ! Laisse-moi retourner avec maman et mourir avec elle !"
On l'éloigna de force ; il résistait, trépignait, appelait sa mère :
" Maman, maman, prends-moi et conduis-moi à l'église !"
Sa mère lui cria :
" Souviens-toi que tu es gardé par le Christ, ne pleure pas. Attends-moi chez lui dans l'église. Je t'y rejoindrai."

Là-dessus, elle fut décapitée. L'énergique garçonnet, nommé Baïsar, survécut. Il fit plus tard partie d'une ambassade envoyée à Constantinople. Il n'aimait pas qu'on le questionnât sur son héroïsme puéril.

Ces vaillants Chrétiens, victimes du fanatisme juif et des suspicions politiques autorisées par leurs rapports avec l'Éthiopie et Byzance, furent vengés par le roi d'Axoum, Ellesbaas (fêté le 27 octobre). Une expédition partie d'Abyssinie défit Dhû Nowas (Dunaan) et mit fin à la domination juive au profit de l'Éthiopie (et de Byzance). Plus tard, les Homérites, las d'un joug étranger, se révoltèrent de nouveau à la voix d'un chef, Chrétien cette fois, Abraham. Puis l'empereur Justinien essaya de soumettre leur pays à son influence ; enfin le roi des Perses, Chosroès, établit son autorité, en attendant l'invasion musulmane.

Les Syriens Jacobites (monophysites) ont fêté nos héros le 31 décembre (P. O., t. 10, p. 31, 36, 49). Le synaxaire de Constantinople porte Aréthas le 24 octobre, et le calendrier de marbre trouvé à Naples (du IXe siècle) note Aréthas au 1er et au 24 octobre. Usuard (875) a mis le 1er octobre Aréthas, « mort martyr à Rome, avec 504 autres ". Une hymne attribuée à Sévère d'Antioche fait d'Aréthas un " Docteur ".

Rq : Bibl. - La meilleure source est une lettre de Siméon, évêque de Beit Archam.
Voir aussi :
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/martyrs/martyrs0004.htm...

00:15 Publié dans A | Lien permanent | Commentaires (0)

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